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Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Quand encore petites, elles enseignent déjà le doux vivre

« Il y a des femmes que l'on rencontre pour une seule (fois),

 

 

certaines pour quelques mois, quelques années,

 

 

d'autres encore que l'on côtoie une vie entière :

 

 

elles ont toutes ce point commun de n'être pas oubliées.

 

 

Elles reposent dans un coin de nos mémoires

 

 

comme de précieux bijoux que l'on aurait portés

 

 

 et qui ne se seraient jamais altérés. Ce sont elles les Eternelles. »

 

 

Propos anonymes. 

 

 

 

 

-         « Heureusement que c’est une femelle ! » s’écria Anna soulagée, une fillette italienne de quatre ans, émerveillée devant une chatonne.

-         « Le jour où je suis devenue fille ! » précisa Wafa agacée, presque irritée, une fillette algérienne de trois-quatre ans, insistant sur la fierté d’être femme.

-         « Fais-moi voir où tu as jeté la carte du caramel ?! » demanda gentiment mais fermement Brigitte, une fillette française, de cinq - six ans à son frère mineur. Le petit frère docile indiqua à la sœur le bout de papier froissé, qu’elle ramassa sur le champs.

 

 

 

 

Qui lit « Lettres persanes » sera amené à faire une constatation de première importance : Montesquieux avait bien saisi ce dont il faisait déjà la différence entre d’une part, les nations de l’Europe occidentale et d’autre part le reste des nations de la terre et plus particulièrement celles dites arabo-musulmanes - sociétés plus archaïques alors qu’aujourd’hui ( ?)

Les nations de ladite Europe, déjà, tendaient vers la clémence et l’humanité dans leur mode de gouverner Etat et citoyens, contrairement à leurs contemporains « orientaux » qui eux continuaient à suffoquer sous le joug d’un despotisme cruel. L’observateur des « persanités » a touché du doigt l’origine sinon la cause des causes de ces tirannolands, ces soi-disant Etats et Royaumes dont se vantait alors l’Orient de Marrakech à l’Himalaya, du Ghana à Ferghana, Foyers ou marécages où se cultivait une culture de la barbarie : la mentalité du sérail avec ses accessoires de jalousie bête et cruelle pour les femelles de cette écurie qui s’appelait Harem, oppression aveugle et perverse qui associe le sadisme du mâle à sa jouissance boiteuse, complicité des malheureux et foutus énuques  qui faisait office de chiens de garde de ces écuries innombrables, punitions extrêmes et sans recours pour le malheureux ou la malheureuse qui osait transgresser ces uniques règles – paradoxalement les lois du mal existent dans de telles sociétés qui ignoraient toute forme ou conception de lois, où la stabilité des règles dépend de la stabilité de l’humeur du maître -, ignorance absolue, parce que voulue et recherchée, des progrès qui se faisaient chez les voisins du Nord ou du Couchant, culture enfin – malheureusement prospère et pérenne – d’égoïsme et d’arrogance. Il va sans dire que notre éducation repose sur la culture de la culpabilité. Celle-ci est déclenchée de deux schèmes tabous: le sexe et la politique. Deux tabous donc qui ont en commun la traîtrise comme épée de Damoclès. Un petit exemple : une personne (un mâle stupide) qui met une chaise au travers d’un passage, et une femme - qui vient heurter la même chaise - se pose volontiers (parce qu'élevée pour ça, habituée) comme fautive et se consume à implorer pardon au mal (mâle)! Une personne qui dénonce quelque corruption est considérée comme le traître de la nation. L'autre point commun est que le sexe réprimé concourt à l'enseignement de la culture de l'obéissance sans discuter. Peut-on savoir pourquoi on donne de l'importance à l'histoire du wali (tuteur il-légal de la femme in-complète)? C'est un règne de privilèges aussi bas que mesquins qu'on leur ôte évidemment quand on cherche à déstabiliser ces walis. En effet, que leur reste-t-il? sont-ils capables de quelques autres choses ou promesses? Pourquoi on ne parle pas textuellement d'une révolution sexuelle? Ainsi la sexualisation du corps humain qui s'alimente de la répression sexuelle sera désuète et le problème de la parité se posera avec plus de clarté et plus de sérénité. Jusqu’à quand resterons-nous otages d’une certaine in-sensibilité idéologique (odiologique) ? Pourquoi continue-t-on à citer encore tel ou tel imam ? N’est-ce pas ici une manière de consolider l’idée erronée – mais têtue – que l’algérien n’est rien d’autre qu’un homo islamicus ? Le comble est que ce sont les soi-disant démocrates, eux-mêmes, qui consolident inconsciemment mais pas forcément involontairement cette opinion bâtarde ! La religion c’est trop sérieux pour qu’on la confie aux théologiens ... à nous entendre réciproquement on nous croit être tous des prêtres et des sacerdoces ! Nous sommes des hommes avant tout, surtout et après tout : traitons-nous donc, nous-mêmes, d’hommes et non de prêtres. L’auteur des Lettres persanes a même réussi à déceler la mentalité figée et immuable – indéveloppable, dirais-je – des chantres de ce (dés)ordre de choses, des hommes et de la nature humaine. En témoigne la présence même des épistolaires persans qui regardaient bêtement et scandaleusement indifférents l’évolution de l’humanité ! Inertes comme des bûches, ils regardent le doux vivre des gens dans leur ménage et au sein de leurs institutions. Ils observent absents et avec des yeux de chauve-souris les rapports sains entre sexes et surtout le culte de la liberté et son corollaire la justice. Ils constataient donc ce doux vivre sans penser un seul instant à regarder leurs poulaillers de sérails pour y remettre de l’ordre et de l’humanité d’abord dans leurs têtes, ensuite dans les institutions et enfin dans les esprits des humbles gens exploités au paroxysme de la cruauté et de l’injustice. Ils ne pensaient pas un seul instant à interroger l’infâme marécage où se cultivaient despotisme et barbarie. Aujourd’hui quand on entend parler de code de la famille, si la femme a quelque droit de disposer d’elle-même, de sa liberté, de ses choix, de son corps, de ses relations, de ses rêves, de sa politique et des moyens personnels et bien à elle de poursuivre et de réaliser le projet de sa vie, si elle a le droit de revendiquer et de lutter dignement pour avoir ces droits ; aujourd’hui quand des apprenti-despotes se posent comme mètre et mesure de ce que se doit ou ne se doit pas faire dans notre société .. on se rend compte combien nous sommes crétins, égoïstes. Nous n’accepterions pas la fraction d’une seconde de faire le métier de femmes, cependant nous nous arrogeons le droit d’en réguler le destin ! nous nous arrogeons le plus bête des droits de nous mêler de ce qu’il ne nous concerne en rien devant dieu et devant les hommes ; aujourd’hui quand on ouvre nos journaux, quand on allume nos ordinateurs, radio et Tv et quand on voit cette antique et archaïque nouvelle de discourir sur le droit de la femme à ça et à cette autre chose ou droit ; aujourd’hui quand toutes nos forces devraient s’orienter vers l’édification de la personne algérienne et de la dignité qui lui échoit … on préfère encore les palabres crétines et insensées, obscènes comme des gros mots, reliques sans importance comme un bout de plastique en état de désintégration, des coquilles vides et stupides ; aujourd’hui quand on pense à notre malheur, on en découvre immédiatement le secret : c’est cette grande injustice que nous, mâles, avons toujours réservée et exercée (à cause de notre ignorance et notre bas égoïsme) sur nos mères, nos sœurs, nos amantes, nos filles qui si elles avaient quelque tort ou grief c’est celui d’avoir été toujours indulgentes, compréhensives, fidèles et tendres par-dessus tout. Mères, sœurs et amantes n’ont fait durant la longue histoire de l’humanité que rendre l’amour contre la haine, la reconnaissance contre l’égoïsme, l’honnêteté contre la ruse et la perfidie… et ce n’est que naturel : n’est-ce pas un bien fait de Mère-nature - qui a tout prévu – d’avoir choisie les femmes pour les préparer et les offrir comme un nid de tendresse au petit innocent de l’homme contre l’hostilité bête et cruelle du mâle. Ces qualités sont trop vitales et trop délicates pour les confier au mâle. Trop importantes et nobles pour que Mère-nature les soustraie à la sensibilité et à la générosité des femmes. L’homme ne donne la vie que d’une manière parasitaire, comme si Mère-nature ne voulait pas l’humilier davantage ! comme si elle ne voulait pas qu’il n’y ait pas du tout de rôle à jouer dans l’existence humaine en lui concédant un semblant de rôle extrêmement minime et secondaire dans la génération et la conception de la vie. Il ne pouvait s’acquitter de cette tâche noble : donner la vie véritablement, biologiquement, enseigner l’amour et la moralité. Savoir éduquer en somme en rendant la vie tendre et vivable donc en enseignant par l’exemple les fondamentales qualités de l’amour, la reconnaissance et l’indulgence. L’homme en tant que mâle (mal ?) est-il capable de ça ? sans se poser cette question, le voici depuis la nuit des temps cherchant à se venger lâchement sur la noble et innocente femme de l’injustice que Mère-nature lui a infligé. Se venger aveuglement de Mère-nature pour les faveurs dont elle avait su justement choisir comme réceptacle approprié, comme foyer de tendresse, l’âme de la femme pour les déposer.. le mâle comme le mal cherchant à dominer, pour toute prouesse il s’est donné à la chasse, à la guerre, à la tyrannie, à la répression, à l’absolue et gratuite cruauté pour défendre sa bêtise infinie, protéger son égoïsme, jusqu’à l’absurde. Combien de milliers d’années a duré cette situation et pour combien de temps le mâle algérien continuera-t-il à sévir ? le voici, l’effronté, sous le masque de n’importe quelle infamie qui continue à défendre ses bas et égoïstes intérêts. Il ne recule devant rien pour avilir sa mère, sa sœur, sa femme, sa fille, son enseignante, sa médecin, sa juge, sa ministre… peut-on être aussi bête et arrogant que ça ? C’est évident, tous, politiques, intellectuels et le reste des consciences révolutionnaires … ont montré jusqu’ici une persévérance acharnée dans le maintien de l’insoutenable statu quo de la femme comme objet écrasable après usage. Par quel calcul ? par quelle paresse ? paresse mentale ou paresse de la sensibilité ? par fidélité à quoi ? à l’hypocrite jalousie d’amour pour des traditions traîtresses et assassines, pour ces jougs de granit  et ces chaînes d’acier ? Il faut rompre le marbre de l’infâme et briser ses chaînes. Et quand ils seront brisés, ces modes cruels et crapuleux de concevoir et de traiter la femme, cet être le plus sensible qu’il ait été possible à la nature d’enfanter, alors vous verrez que le monde continuera à aller de l’avant et certainement avec la meilleure des manières. Le doux vivre sera multiplié, notre humanité deviendra pleine et surtout le ciel ne tombera pas. Quant à l’amour et les autres qualités naturelles de la femme, ils n’enfanteront que de l’amour et d’autres noblesses encore pour nos sentiments en tant que sœurs et frères. Aujourd’hui quand on pense que dans le monde libéré nos hommes n’ont aucune prise sur la femme émancipée, avec sa liberté retrouvée (pensons à la sergent d’Abou Ghreib en Irak), on s’étonne à avoir l’infarctus du myocarde de nous surprendre en train de palabrer encore inutilement sur le statut de la femme ! allons demander à la sergent de faire la soumise pour les prisonniers irakiens et mesquins (au sens arabe du terme) !!! A ces prétendus honorables Messieurs, je dirais : « Renoncez à votre arrogance crétine et d’un autre age. Ce n’est qu’une chimère, avant qu’il vous arrive ce qu’est arrivé aux résistants – pourtant ! - d’Abou Ghraeib. Cette fois-ci, dans votre cas cependant ce ne sera plus une soldate américaine qui vous humiliera, mais votre propre mère, sœur, amante, médecin, juge ou ministre que soit. Pensez un peu si quelqu’un vous vient à dire que vous n’avez plus aucun droit de disposer de vous-mêmes, de votre liberté, de votre dignité, hommes-mâles algériens, mais ça sera pour l’éternité une femme. Que sera votre vie, votre liberté, votre dignité, homme de principes … usurpés ?! pensez un peu si vous avez le droit de gérer comme de la volaille domestique, des êtres qui vous égalent et souvent vous dépassent en intelligence et en sensibilité. » Même s’il est trop tard, il est toujours temps pour que nous, citoyens aux mentalités machistes et fascistes, puissions renoncer à ce désordre séculaire des choses et faire un saut qualitatif pour braver les inhibitions, les fixations et les peurs absurdes que la nature de l’être ressent et tend à éviter devant chaque changement petit ou grand qu’ils soient. Certaines femmes, je dirais une bonne partie parmi elles, continuent à pêcher par excès d’indulgence. Parfois cette indulgence frôle l’indifférence et jusqu’à la complicité. Elles font mine donc que tout procède tranquillement pour le meilleur des mondes. Mes propos semblent révolutionnaires, toutefois, sous d’autres cieux ils sont déjà surannés et archaïques. Si je les prononce, je risque de faire éclater de rire les poules. Mais la pratique dans notre Algérie les rendrait actuels et pleins de promesses et de baraka. A propos de Montesquieu, il faut que le ministre chargé de notre éducation de citoyenneté et nos pédagogues pensent à l’insérer avec des ouvrages tels ceux de Kacem Amin et de Kawakibi par exemple dans les programmes scolaires. Ces ouvrages sont beaux, justes, doux, pertinents et éveillants. Il faut composer avec les nouvelles ères autrement il viendra un jour et c’est déjà proche où même lesdits érudits en fiq’h – les plus vénérables parmi nos sacerdoces - seraient une espèce de chiens qui aboient, point convaincus cependant, au passage de l’imposante caravane du changement et du progrès.

Smari Abdelmalek.

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A
Tout à fait d'accord sur ton analyse de la supériorité des qualités humanistes de la Femme. Je bénis le ciel d'avoir eu 4 filles. Plus de femmes à la tête des Etats, c'est le bonheur assuré pour le peuple, à condition que les hommes ne lui mettent pas de bâtons dans les roues. La France va-t-elle découvrir en Ségolène un cadeau royal? Rien n'est moins sûr!
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