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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

La ir-raison égoïste chez berbericus l'homme de fassade ou à tout Oultache un Tounsi (3)

 

En politique, il est préférable d'omettre la récompense

pour celui qui agit pour le bien plutôt que de laisser impuni

un coupable: dans le premier au maximum diminuera le zèle,

dans le second augmentera l'effronterie. Du reste,

s'il n'y avait pas de maux il n'y aurait pas besoin de remèdes.

Salluste « La guerre de Jugurtha ».

 

 

Responsabilité de chacun et de l’Etat en particulier

Selon Djilali Hadjadj (entretien El Watan du 06-11-09) il résulte que « l'État (algérien) ne soit pas si sérieux que ça à lutter contre la corruption : il fait et défait des organismes qui restent à l’ombre douillette dès leur naissance et peuvent rester des années sans utilité sinon celle de faire subir des ponctions injustifiée aux ressources publiques. »

En effet, sans exclure la probabilité qu’il existe au niveau de l'État même des responsables qui dorment (paresse) ou qui (par mauvaise foi ou opportunisme) rament dans le sens contraire des efforts de leurs collègues et de l’intérêt général, on peut dire de nos gouvernants - issus d'ailleurs de la même matrice qui génère et nourrit les gouvernés – qu’ils ne sont pas bien préparés à l’art de gouverner, qu’ils en sont incapables, en de-ça ou sans moyens matériel et humain pour se défendre et défendre leurs administrés ; alors qu’ils peuvent optimiser les revenus fiscaux, en éduquant les citoyens dès l’école primaire à la culture fiscale, en faisant de même pour les adultes tout en combattant l’évasion fiscale sans état d’âme pour financier non seulement les œuvres sociales de la nation mais aussi pour lubrifier les rouages de la machine administrative et la rendre efficace.

Est-ce si difficile que ça ? ne serait-il pas mieux si l’on s’appuyait sur des organismes indépendants et des instituts compétents et spécialisés pour déterminer le vrai visage de cette endémie fatale que nous appelons corruption et qui pourrait aussi être, bien tranquillement autre chose : une culture mafieuse qui mène au sabotage et à la destruction de l'État et de la cité.

Oui Berbericus, comme tous les hommes qui se respectent, est enclin à suivre la loi du plus fort. Il se crée donc des chaînes et des maîtres et se promet de suivre ses maîtres : si ceux-ci lui disent « Tu es corrompu », lui, il se prend pour tel, même s’il est une personne toute autre.

Que ses semblants de protestations ne nous trompent ; car s’il ne s’agit pas de lui, c’est de son parent, ami ou compatriote ! Paresse mentale oblige – notre homme ne va pas jusqu’à vérifier les allégations que les rumeurs portent à ses oreilles. Le médecin lui dit qu’il est mort, et il est mort ! Il est mort même s’il continue à aller au marché à vendre les épinards pour acheter des œufs ou une carpe du barrage ; même s’il continue à payer la tchippa pour – croit-il – échapper aux exactions du fisc (c’est le monde à l’envers) pour avoir une fiche individuelle vierge et une autre tchippa pour avoir sa fiche remplie et une troisième pour l’avoir légalisée et une quatrième pour la faire accepter dans le dossier…

Ou bien notre mal et notre malheur viennent-ils de ceux qui nous gouvernent qui ressemblent à une hydre aux têtes multiples où chacune de ces têtes, réfléchit et projette des plans et des actions pour son propre compte sans coordination, dans l’anarchie totale et peut-être d’une manière antagoniste où chacune agit contre toutes ? Ce que pense ou décide la tête Ammar Bouzz’ouarr, le rejette le contredit et le repousse la tête Benzarbaddar.

Jugurtha trahi par les mots de Jugurtha

« Urbem venalem et mature perituram si emptorem invenerit! » s’écria un jour un grand homme de la lignée de berbericus.

Évidemment cette sentence est à prendre avec les pinces de la critique ; il se peut que Salluste, qui ne cachait pas sa haine envers les Numides et leurs chefs, l’eût rapportée ou montée de toutes pièces pour salir l’image du jeune Général reconverti à la cause de son peuple et pour le discréditer.

Tout comme Jugurtha qui fut un Numide qui aimait la Numidie, Salluste fut un Romain qui aimait Rome et il ne pouvait se permettre de dorer le blason à un ennemi redoutable qui visait à amputer Rome des ses possessions nord-africaines…

Jugurtha préparait et conduisait alors l’insurrection contre Rome pour libérer de son joug la Berbérie numide et rétablir le règne de Massinissa; règne et peuple qui ont été morcelés, affaiblis, exploités, humiliés donc et asservis.

« Cité vénale – railla Jugurtha - destinée à périr très bientôt, pourvu que tu trouves un acquéreur ! »

La corruption est corrélative à l’existence même de l’homme en société. Ça existe depuis Noé, ou plutôt depuis déjà Caïn et Abel, depuis Adam même ; n’est-ce pas elle qui sous les traits d'Ibliss a induit notre premier père (avec sa compagne) à manger le fruit interdit pour payer la tchippa qui leur aurait ouvert le droit inaliénable à la vie éternelle ?

Tamaa (cupidité) qui bien entendu se révéla chimérique bien que légitime ; car autrement (au moins pour les cultures des peuples bibliques, monothéistes), comment dieu aurait-il pu faire valoir sa grâce et pardonner à Adam et à sa compagne (pour les musulmans) ? Comment aurait-il pu justifier l’envoi de son dit fils, Jésus, sur terre pour racheter les Chrétiens dudit péché originel ?

Toutefois la fameuse sentence de Jugurtha n’a pas laissé indifférente Rome qui, plus, était encore en plein dans sa vigueur civilisationnelle. Pour elle, les mots de l’illustre Algérien étaient une précieuse aubaine que même un laboratoire de think tank des plus avancés n’aurait pas pu relever ni donner pour un si bas prix : gratuit !

Les mots de l’Algérien constituaient un véritable diagnostique de la société romaine, lucide et juste, à tel point qu'il fit paraître nu le ver (la corruption) qui avait commencé déjà à ronger l’empire, fraîchement sorti de ses guerres sur la redoutable rivale qui fut Carthage.

Eh oui, il en a toujours été ainsi de berbericus : il tend à donner de très bons conseils même à l’ennemi et même en temps de guerre, oubliant d’en profiter, bien entendu. D’ailleurs peut-il, bebericus, aller au delà du simple et commode fait de donner des conseils, laissant à l’autre l’honneur et la responsabilité de disposer et de décider ?

Comme tous les gens impériaux et impérialistes, sérieux donc et inflexibles quand il s’agit de la survie même de leur puissance et de leur domination, les gouvernants romains firent trésor de cette boutade grave mais à laquelle l’illustre Général numide, aveuglé par le projet fou d’affranchir son peuple de l’emprise de Rome, ne prêta attention qu’à son sens revanchard : l'insulte.

Cette culture d’utiliser l’insulte comme une arme pour faire la guerre, pour polémiquer, pour débattre, pour éduquer, pour gouverner (souvenons-nous des mots du chef de l'État qui voulait faire fondre la graisse aux Algériens), pour aimer, pour prêcher, pour causer, pour prier… cette culture de l’insulte, qui semble être la nature et le destin de homo berbericus, nous poursuit et nous caractérise jusqu’à nos jours !

Les Romains par contre en avaient tiré deux leçons précieuses :

1 – l’ampleur du phénomène de la corruption qui minait ou risquait de miner leur régime au niveau de tous les secteurs jusqu’à ceux vitaux de l’administration et de l’armée.

2 – la boutade révéla à l’ennemi même la stratégie de Jugurtha et les fins de sa stratégie !

Mais attendez, il y a peut-être une autre explication : Jugurtha leur a enseigné que la corruption peut être une arme fatale à utiliser nécessairement en politique et a fortiori dans le très important accessoire de la politique qu’est la guerre.

Quoi qu’il fût de cette histoire antique, il est hors de doute que notre génial ancêtre faillît à son art et se trahît dans tous les cas. En effet c’est ce que firent ipso facto les Romains, bien avertis par un ennemi mal averti : ils corrompirent les frères de Jugurtha même et avec eux Bocchus le roi de Mauritanie (l’actuelle Algérie occidentale et le Maroc).

Peut-on dire qu’une telle sentence a été tragique pour l’Algérie et qu'elle l’avait marquée et condamnée pour toujours à être l’occupée et l’envahie de toujours ? c’est fort probable, car une telle sentence a révélé le caractère scandaleusement corruptible de Berbericus et par extension des éternels vaincus. Ce qui reste certain c’est que le sort de Jugurtha fut joué non pas le jour où il avait pris les armes contre Rome, mais après une telle auto-dénonciation. Il est mort cruellement, le grand glorieux, après avoir été affamé et exposé au froid pour six jours ou plus, étranglé dit une version, déchiqueté et dévoré vif par des lions dit une autre, mort de faim et de froid dit une troisième!

 

La corruption sur le chemin de l’évolution

Sur le chemin de l’évolution, la corruption fait partie de ce retour éternel de l’homme – adulte malgré lui – vers ses enfantillages perdus, vers sa mentalité magique. C’est aussi un mode pour l’individu de s’affirmer devant le groupe qui, lui, n’est là que pour l’écraser ou au moins tenter de l’écraser ; au nom de l’intérêt public, au nom de la solidarité et au nom de la raison de l'État, ce même État qui représente justement la société. Si le vrai problème est de ce type, alors la solution ne tarde pas, avec le concours de l’imagination intelligente, à sauter à nos yeux : tenter d'alléger le poids du groupe en créant une espèce de fraternité parallèle. Une fraternité où l’individu ne se pose plus comme un rival hostile au groupe et où sa liberté n'est plus un sacrilège (affront, menace ou atteinte à l’existence même de la collectivité) mais une espèce d'allégeance au groupe puisque l'un est la chair de la chair de l'autre.

Mais quel espoir peut-il nous rester quand, dans une infime entreprise publique, c’est l’Omnipotent Wali qui commande ? quand c’est ce manitou qui fait la pluie et le beau temps ? quand c’est lui qui descend de son altissime piédestal pour sanctionner un simple ouvrier ? que fait alors le directeur et tout le personnel administratif, inutile et improductif, de ladite entreprise ? et puis qui se charge du travail du Wali? n’est-ce pas ridicule ? heureusement que chez nous le ridicule ne tue plus…

Écoute, cher berbericus, cette histoire qui parle honnêtement de toi et de moi. Écoute-la et essaie de ne pas en rire… pour mieux pleurer de ce merdier d’absurde et de médiocrité inconscients dans lequel nous pataugeons béatement depuis des années, depuis des siècles…

« Questionné sur ce sujet, le directeur de l'unité par intérim tient à faire savoir que pour ce qui concerne la revendication de la tenue de l'assemblée générale des travailleurs, ‘‘sa date sera fixée incessamment’’. Pour ce qui a trait aux sanctions de mises à pied et de mutation de postes, ‘‘l'affaire ne concerne en vérité qu'un travailleur et qu'elle a été exagérée. Il s'agit en fait d'agent de sécurité et de prévention, donc porteur d'arme, et c'est le wali qui lui a enlevé l'habilitation à être reversé dans son ancien poste et c'est pourquoi il en a été muté’’, conclut l'intérimaire. » Quotidien d’Oran du 24 mars 2010.

Un esprit qui jouit de la moindre intelligence peut comprendre des propos de ce dit directeur qu’il y a là une fuite flagrante de la responsabilité, une mystification et une forme de corruption des institutions de l'État et des Collectivités locales. Le comble est que le même Wali, accusé de cette prévarication, de cette intrusion, de cet abaissement, de cette usurpation de responsabilité, n’a pas daigné réagir à cette calomnie, n’a même pas démenti…

Et que dire du quotidien d’Oran ? a-t-il daigné suivre l’affaire, la creuser, contribuer à sa solution si non au moins à sa clarification ? non !

Et que dire de son journaliste qui reste comme anesthésié devant le mensonge manifeste dudit directeur qui fait du Wali de Constantine (le gouverneur d’un département comme celui de Constantine, un haut fonctionnaire de l'État) une espèce de garde champêtre, un vulgaire gorille de discothèque, un vulgaire metteur à la porte au service d’un même-pas directeur, d'un intérimaire ? Que dire de ce journaliste (intimidé ? censuré ? incompétent ? absent pour ne pas dire idiot ?) auquel il ne lui est pas venu à l’esprit de demander à l’imposteur directeur « Entendez-vous dire que la ’’mise à la porte’’ constitue l’une parmi les illimitées et exclusives prérogatives du Wali ? »

Et puis cette régression stupide et lâche à la période de la persuasion par l'intimidation et par le recours aux hautes autorités ou à la Sécurité militaire; ledit directeur par intérim (je parie que c’est un intérim qui durera) utilise le wali comme un épouvantail.

Il sait qu’on n’ose pas aller demander au wali ce qu’il en pense et s’il est vrai que c’est lui qui a viré le rebelle malchanceux, d’ailleurs on ne sait même pas dans quel ciel, son excellence M. le Wali loge ou trône. Il sait, M. ledit directeur (ce n’est pas un bégaiement) que de par soi-même, il ne compte pas pour un iota. Il n’a aucune autorité ni politique, comme celle de M. le Wali, ni de compétence digne d'un vrai responsable.

Et puis, où sont les syndicats, l’inspection du travail, les mécanismes de gestion de conflits et de contentieux prévus par la loi ? où est la justice, la solidarité sociale ?

Ou bien M. ledit directeur est une poule mouillée, un mauvais menteur, un simple légume sur couscous ; ou bien l’Algérie est profondément et vraiment foutue quand elle donne à croire encore qu'il est normal que l’éléphant use ses défenses pour lutter contre un insecte...  avec tous les respects que je dois à l'éléphant et à l'insecte

Partout dans le Délicieux pays, des plus grandes affaires vitales et stratégiques pour la société et le pays jusqu’aux infimes charges des plus infimes des responsables, on voit sévir malheureusement l’incompétence, l’inconscience, la mystification, le défaitisme, le fatalisme, enfin la mort civile sans scandale, sans sensibilité, sans honte !

Les Italiens ont évalué à 60 milliards d’euro le prix payé à la corruption. C'est énorme comme catastrophe, mais au moins eux il savent évaluer avec précision le mal. Cela signifie qu'ils ont identifié les lieux et les mécanismes de la corruprion, qu'ils ont identifié les responsables et qu'ils sont enfin en train d'étudier les voies et les mesures adéquates pour combattre le mal et punir ou éduquer les responsables et surtout récupérer le bien public dilapidé.

Il n’y a pas pays qui échappe à ce fléau, seulement il y a des pays qui le font avec art en puisant dans le superflu (c’est un mal également) pour ne pas trop aggraver la misère des misérables et il y a ceux qui le font avec muflerie comme chez nous où l’on ne sait même pas combien ça nous coûte notre corruption.

Heureusement (est-ce vraiment un heur?) qu’on sait où elle se situe: elle nous traverse de part en part, de nos cheches et chéchias jusqu’au plus petit de nos orteils. Et vraiment il n'y a pas de quoi nous réjouir...


 

à suivre


 

Smari Abdelmalek


 


 

 

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