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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Berbericus homo de zaouias et de superstitions, de despotismes, de vertus… égoïstes et des 17 vices (2)

« En ce jour anniversaire, il serait prétentieux d’affirmer

que nous avons accompli notre devoir d’informer, comme

il était exigé de nous. Tout au plus, nous aurions tenté

de nous conformer avec notre rôle en l’accompagnant

d’erreurs, petites et grandes, avec à notre décharge une

 lourde inexpérience sur le dos et dans la tête, commune

à l’ensemble des acteurs du pays. »

Abdou Benabbou du Quotidien d’Oran

 

 

Nous existons donc et nous faisons partie de la communauté des lumières !

S’il y a un thème que nous avons hérité de l’ère des grandes médiocrités et des grands archaïsmes c’est celui où nous pouvons sans honte et avec tant d’effronterie prétendre que chaque réalisation (toujours boiteuse d’ailleurs) de chaque modeste projet en Algérie soit l’unique et grandiose réalisation, si ce n’est, au monde du moins en Afrique. Puisque les Algériens n’ont aucun moyen ni logico-mental ni logistico-locomoteur pour aller vérifier les vraies dimensions de ladite réalisation, ils ne leur reste qu’à exulter d’orgueil et à hululer de joie en confondant l’ampleur du mensonge avec la grandeur des réalisations. Et c’est normal, là où il n’y a pas grand-chose, il y aura du mensonge.

Ainsi, il y a des gens typiques de notre terroir (fief de l’ignorance, de la stupidité et de l’arrogance) qui continuent de croire que les réalisations - outre à être l’œuvre d’un seul Zaim (qui répète à longueur des jours aux oreilles voraces et sans fond de notre peuple : أنا ، غير أنا ، ما كان شي خلاف ) –, elles, sont les seules au monde ! Ils croient que toutes les salades qu’on leur raconte soient authentiques, vraies, végétales, non génétiquement modifiées !

Ils croient, les pauvres, que nos stades sont les plus grands du monde, nos barrages et nos digues les plus grands d’Afrique, notre El Hadjjar - quand il nous appartenait - était le plus grand, notre peuple est aussi grand que la Jamahiryia de nos voisins qui nous ressemblent… et enfin notre président est unique, irremplaçable, immortel, fort, constructeur de paix, de chemins de fer et d’autoroutes.

A propos des chemins de fer : en Italie par exemple presque chaque 5 minutes en moyenne partent des trains de et vers toutes les grandes villes ; et toutes leurs agglomérations sont des villes et toutes leurs villes sont grandes et complexes et impeccablement organisées. Chez nous par contre en toutes les longues et interminables 24 heures de la journée, un seul train part de la grande Constantine vers la grande Alger la blanche. Pauvres de nous ! Pauvres de nos Douars de villes ! Pauvres et vrais misérables que nous sommes !

En plein centre de Milan, tout proche de notre consulat de via Rovello, il y a une exposition de photos. Le thème de cette fois (désormais ce lieu est une galerie d’art à ciel ouvert)  parle un peu de la géographie de la civilisation. Il y a une photo qui m’a attiré particulièrement par son originalité : c’est une prise de vue, à partir d’un satellite, de nuit quand tout se tait et seules les lumières des zones habitées et électrifiées renvoient au ciel leurs rayons comme pour savoir gré au même ciel qui depuis la nuit des temps n’a jamais omis de nous procurer généreusement chaleur et lumière. Evidemment d’Algérien, malade d’Algérie, je fis courir mes yeux vers l’Afrique du nord puis vers l’Algérie. Je dois dire que j’ai éprouvé un peu de soulagement et trop de fierté : il y avait une bande de lumière, mince certes, mais elle couvrait tout de même le nord de notre pays. Il n’y a pas de doute que quelqu’un hors de nous (l’œil froid et objectif du satellite) nous a reconnus et reconnue notre existence. Nous existons donc et nous faisons partie de la communauté des lumières ! et ce n’est sûrement pas grâce à l’œuvre d’un seul Zaim.

Croire à cette salade c’est justement croire à une salade. L’histoire, la construction des sociétés n’est jamais l’œuvre d’une seule personne. Elle ne peut être que la résultante des efforts de tous les membres de la communauté. L’histoire c’est une entreprise publique, commune, collective, générationnelle… jamais elle ne pourrait être l’oeuvre d’une seule personne, fut-elle, cette personne, géniale comme Napoléon ou un Zaim arabe.

 

La Femme, les semi-hommes et l’exécrable pacha de steward

Air Algérie par exemple en cette année à peine écoulée a été classée par miracle au rang peu reluisant de 113e place, presque la dernière des Air. C’est un quotidien algérien qui en a annoncé la nouvelle. Quelqu’un parmi les lecteurs a réagi avec ironie, quelqu’un avec mépris et quelqu’un d’autre avec le fameux esprit qui nous caractérise tous, nous autres Algériens : l’esprit du foukh wa zzoukh.

« Tant qu’il n’ y a pas de vrai concurrent à Air Algérie – dit une voix-, elle ne va rien changer à  son mode de fonctionnement ( médiocrité de service, saleté a bord , hôtesses vieillissantes ou obèses, franchement cette compagnie a du potentiel mais elle ne fait rien …… j’espère que ça va changer. »

De ma part, j’ajoute à ce tertre palmarès de la médiocrité l’arrogance de ses employés qui les rend minables, minables. Notre compagnie est la dernière des Air !

Dernièrement, j’ai été témoin oculaire d’une scène qui aurait été déplorable pour notre réputation d’Algériens, si nous avions vraiment quelque bonne réputation. Qu’on en juge : une dame, bien Algérienne - elle le disait elle-même -, en essayant de prendre place dans l’avion, elle s’aperçut qu’il y’avait des fils électriques dénudés et éviscérés juste devant elle au niveau de ses genoux.

Elle appela hôtesses et stewards pour qu’ils lui permissent au moins de changer de place. Il n’y avait rien à faire : l’avion était archicomble de bagages et d’autres sacs version humanoïde. La dame alors se mit à hurler pour mieux faire arriver sa protestation aux oreilles de ces massa-hils (pluriel de mess-oul, responsable) de l’air.

Un steward la prit en charge. C’était particulièrement un steward haut, cousteaud, chemise blanche, tant de photons de sueur sur le front chauve et rouge de colère, des moustaches généreuses et rousses comme celles d’un pacha. Au début il avait cherché de la convaincre (billati hia ahsène). C’était en plein Ramadhan et il ne restait qu’une heure à l’iftar et le pacha de steward lui disait : « A Madame, si dieu ne veut pas qu’il t’arrive quelque accident, tu ne l’auras pas. Arrête donc de pleurnicher comme une gamine ! »

Elle insistait et il contre-insistait. Têtus tous les deux, comme de purs Algériens de race et de souche, personne ne céda. Elle voulait un soutien de la part des semi-hommes y présents qui assistaient impuissants à son malheur devant le diktat du steward.

Qui nous connaît bien, sait qu’à défaut de faire valoir la loi, nous autres Algériens, nous cherchons d’y remédier en faisant appel à la force brute du nombre des hommes (beni ammisme) ; et nous sommes en quelque sorte tous des cousins si nous ne sommes pas frères. Il suffit de nous observer… Quant au steward, il était plus malin que la femme voyageuse. Et puis Air-Algérie c’est lui. Ou plutôt que serait Air Algérie sans lui ?! rien.

Lui, il a couru directement au haut Commandant de bord, à défaut d’arriver à El-Mouradiya. Je l’ai entendu dire à ce non-moins-pharaon de choisir entre lui et la voyageuse ! Puisque la voyageuse, malheureuse elle, n’était pas jolie ; elle n’était pas jeune non plus, ni séduisante, et puisque sa conscience politique et son intelligence étaient si insolentes, elle a eu perte de cause. Entre temps elle s’est défoulée sur nous, les semi-hommes. Le seul homme qui était présent après le commandant et qui avait des moustaches d’un exécrable pacha c’était le steward évidemment.

 

Mea culpa, mea maxima culpa !

Quand on est sûr de soi et que l’on mise sur un cheval boiteux, mais qui cache bien son infirmité, l'on ne sera que cuit. Quand je croyais à l’honnêteté de notre président, avant qu’il ne me trahissait avec une bonne part des Algériens et toute notre constitution, j’écrivais à un certain éditorialiste pour lui faire un peu de morale.

Je défendais alors cet homme qui a trahi aujourd’hui nos expectatives et notre espérance en une Algérie vraiment démocratique et libérée une fois pour toute du noir destin du despotisme oriental qui ne cessait de nous guetter, qui ne cessait de nous ronger l’âme et qui, malin, létal et inexorable telle une malédiction, il ne nous a pas manqué. Il nous a eu ce salaud de destin !!

Je défendais donc cette personne, qui nous a trahis plus tard, en lui accordant le bénéfice du doute ! je l’ai défendue, certes, et je le reconnais - mea culpa mea maxima culpa ! - mais du seul point de vue méthodologique : en me basant sur les infondées informations que j’avais à ma disposition. Je ne savais pas que notre président (avec tout son passé historique qui pouvait bien être honorable) était capable de telles conduites… dignes seulement d’un dirigeant dictateur d’une simple et primitive république de bananes.

Dans son discours auxdits élus des APC et des APW, cette personne - dont je défendais comme un avocat défendait un vrai innocent – avait reconnu quelques erreurs dans la gestion des affaires de l’Etat. Certaines gens (dont l’éditorialiste) plus aguerris en politique et plus intelligents que moi préconisaient une réaction forte et rigoureuse devant ce laxisme, moi ingénument je faisais l’avocat du diable. Voici ce que j’écrivais :

« … je crois que votre malheur (la déception que vous cause l’absence d’une réaction verbale de la part de Bouteflika) est à imputer plutôt à la manière dont vous avez posé la question et élaboré votre analyse de ce présumé silence aussi bien mystique que maladif de notre Président de la république. Analyse qui, jusqu’à preuve du contraire, demeure inconsistante, erronée, hors jeu, pour ne pas dire autre chose. Non Monsieur, notre Président n’a pas l’air d’être un lâche ou un crétin. Il n’a pas démissionné, comme vous le prétendez, face à ses responsabilités envers son peuple ; et il sait bien ce qu’il fait. De vrai démocrate (l’autocritique et la franchise sont rares en politique), il s’est même montré réaliste en reconnaissant ses limites propres et celles de ses collaborateurs devant des problèmes extrêmement compliqués et complexes.

Comme tout responsable qui se respecte, il n’a pas jeté l’éponge et il n’a pas non plus eu peur de dire les amères vérités, qui ont secoué son deuxième mandat, à son peuple. C’est une autre façon de dire que les gouvernants de cette nouvelle Algérie, avec leur chef en tête, ne sont que des hommes : ils travaillent, ils réussissent et parfois, contrairement aux dieux et mieux qu’eux, il leur arrive de se tromper ! Qui sait, c’est peut-être aussi une manière d’inciter les citoyens à être plus malins à l’avenir dans la recherche et l’élection d’un président plus compétent que lui, plus sensible, plus courageux et donc moins charlatan et moins nocif ? Non Monsieur, il faut être honnête et reconnaître la sincérité des autres, fussent-ils présidents de la république algérienne.

Notre terrorisme a été enfanté par notre société et c’est cette société qui doit le combattre. La lutte contre le terrorisme c’est donc la responsabilité de tous les citoyens ; et ce n’est pas les quelques rots ou mots creux du Président de la république qui vont l’effacer comme par enchantement. Non, mais c’est notre lucidité, à nous tous, gouvernants et gouvernés, c’est notre détermination et notre solidarité qui pourraient avoir raison de ce fléau. Quant à l’impatience qui agite et tourmente votre analyse, Monsieur, je crois qu’elle vous causera encore d’autres déceptions, malheureusement. Rien de plus.

L’heure est au travail ; les discours, bien qu’indispensables, peuvent attendre - semble nous dire Bouteflika par son présumé mais combien bavard et éloquent silence (en admettant qu’il ait au moins votre degré d’instruction, de patriotisme, de civisme, de lucidité, de bonne foi, de courage, en somme). En d’autres termes, votre analyse est peu crédible car vous posez deux questions qui vous sont strictement personnelles et vous prétendez (avec scandale, avec un amour-propre inutilement, ou qui se veut, froissé) qu’une tierce personne vous y réponde et pertinemment (Bouteflika en l’occurrence). Personne n’est tenue à être constamment intéressée ou au courant de ce qui trotte dans votre tête ou se couche sur vos colonnes. Qui a dit que Bouteflika pense à la même chose que vous ou s’en fasse les mêmes idées ou la même opinion que vous ?

Quelques fois l’idéologie nous aveugle et pousse les adultes parmi nous à régresser vers des attitudes prélogiques, infantiles et tragiquement ridicules. A votre place, je relirais encore deux ou trois fois ce que j’écris en me mettant avec fair-play dans la peau du diable qui joue, même sans le vouloir, à vous déconcerter. Disant cela, je vous assure Monsieur que votre journal est mon journal préféré et que ses éditorialistes restent de loin mes journalistes les plus admirés et les plus lus. »

Je me suis trompé sur l’homme et c’est justement là où il y a toujours lieu de se tromper : l’homme est surtout intentions et celles-ci sont virtuelles, elles peuvent se cacher, retourner, disparaître, se transformer, se déguiser… j’ai péché par ignorance et par souci de cohérence aussi. Je sais que l’ère des bûchers est révolue, mais j’ai honte et j’espère que ça me servira à être moins arrogant dans l’avenir. J’espère seulement que la peur de me tromper ne va pas m’inhiber ou m’empêcher dans l’avenir de continuer de hasarder des hypothèses et de formuler des idées et des opinions. Je compte surtout sur l’esprit critique des gens libres et justes et sur leur indulgence aussi. Je ne suis qu’un homme comme tous les hommes.

Ceci étant dit, je me rappelle d’avoir écrit quelque part, presque huit mois auparavant, un certain 24-02-08 « Je joins ma voix à celles de mes concitoyens pour dire clairement et catégoriquement :

- Non au 3° mandat présidentiel !

- Non à la révision, en ce sens, de la constitution algérienne actuelle !

- Que les adeptes du révisionnisme respectent la constitution et la volonté de la nation !

- Qu’ils cessent de bafouer la loi fondamentale du pays !

- Qu’ils nous enseignent plutôt la Démocratie par l’exemple au lieu de nous imposer l’archaïque despotisme ! »

J’avais écrit ça contre la grande conspiration à la « Uno e trino » ou Président = FLN + RND + MSP. J’avais même dit en substance : « Vous n’avez pas encore un plan pour redresser l’Algérie et instaurer la vraie démocratie. D’ailleurs vous n’en avez pas besoin ; car vous êtes capables d’annoncer au lendemain des élections que M. Bouteflika est réélu chef de l’Etat (non de la république, ce qui est très différent) pour la nième fois, démocratiquement et avec le score de 99,99%. Bien sûr vous vaincrez. Bien sûr vous serez heureux. Bien sûr vous serez ridicules car alors vous susciterez le rire même chez les poules ou les canards, eux qui ne rient jamais. »

 

Le dinar, les artistes, le brave wali et autres soucis des Algériens

Le zaimisme est une maladie du sous-développement. C’est un état d’esprit. Cet état d’esprit continuera à exister (chez nous, gouvernants et gouvernés) tant qu’existeront des gens qui applaudiront un wali donné pour le simple motif qu’il accomplit un travail pour lequel il est hautement et distinctement payé.

En se comportant ainsi, ces gens montrent qu’ils sont fidèles à leur structure mentale primitive et magique qui leur fait croire que le destin même d’un sanglier perdu aux frontières algéro-tunisiennes ou celui d’un oued de fourmis qui court ou coule dans un douar perdu dans les flancs de Sidi Driss sont l’œuvre du même wali ou de son président de la république.

Ils ne savent pas que les destins, c’est strictement personnels. Il me vient de leur hurler : « Bande de distributeurs de mérites, oh vous qui criez "Bravo!" au wali qui jouait à réprimander les élus locaux et le chef de daira, sachez  qu’on ne peut absolument pas applaudir avec une seule main. Dire ou écrire « Bravo ! » ça ne vous coûtera que l’effort de le dire ou de l’écrire - ; Vous devez savoir plutôt que nos douars de villes (y compris Alger la sale) ne seront jamais capables de se débarrasser de leur crasse connaturelle par la bonne intention ou l’ire d’une seule personne, fut-elle le Grand Wali de Constantine (même s’il est secondé en cela par un escadron de lieutenants).

Sachez, mes chers concitoyens ignorants et aliénés, que la propreté de nos villes et de notre environnement est une affaire culturelle : elle présuppose l’existence (dans la mentalité et dans les mœurs des citoyens) du sens de l’ordre, de la responsabilité, de la discipline et de la conscience civile et morale, le tout doit être bien personnel. Le tout doit être « فرض عين ».

Ce n’est pas la baraka d’une seule personne (wali ou président, soit-elle cette personne) qui arrive à faire de nous un peuple organisé, éduqué et propre. Vous devez savoir que nous ne serons propres et organisés que le jour où nous abandonnerons notre sale et lâche habitude de déléguer, avec une volupté imbécile, toutes nos responsabilités et toutes nos destinées à quelque seigneur ! Ces valeurs doivent être partagées par l’ensemble des citoyens ; elles ne doivent en aucune manière être l’apanage du seul Rais ou Wali. »

Or ce que nous constatons chez les Algériens, malheureusement, c’est une mentalité de capituler devant la force, n’importe quelle force, et de déléguer leur propre destin donc - à une seule personne (au Zaim, Rais ou Wali) ! Cette mentalité perverse fait de nous autres Algériens des gens sales, c’est-à-dire des gens entourés de saleté et vivant dans des villes sales.

Comportons-nous en responsables et nous verrons que nos villes seront propres et agréables sans l’intervention d’aucun Wali ou Père éternel.

Ensuite ce sont ces mêmes personnes qui viennent se lamenter non pas du fait d’être sales, mais du fait que notre dinar n’est pas convertible ! Et pourquoi est-ce qu’ils ne demandent pas au wali - avec ses pouvoirs de père éternel - de promouvoir notre monnaie ? Peut-être qu’ils pensent que leur wali n’y ait pas encore pensé…

Réveillez-vous, bandes de stupides endormis, et vous verrez que l’Algérie n’est pas aussi riche qu’on le prétende. Pour avoir une idée d’un tel mensonge répété à nous casser les oreilles, il faut vous imaginer avec à la main un seau plein d’eau et que vous ayez le devoir de le verser sur l’esplanade, de Maquam Ec-chahid ou celle de l’université de Constantine. Pouvez-vous le répandre sur toute la superficie ? Certainement pas.

Ainsi, chers concitoyens endormis, y va-t-il de l’argent de l’Algérie : tant qu’il continue à circuler dans une enceinte fort restreinte, comme notre pays qui n’est pas du tout consommateur, même s’il est gaspilleur, il nous semble puissant et capable d'être convertible ; mais la flaque qu’il constitue, à peine se voit-elle dans la nécessité de gagner la Tunisie ou le Maroc, elle s’essouffle et commence à s’évaporer sans atteindre son but. Le contraire ce n’est que du blablabla d’un singe qui se veut sapiens, d’un ennuyé qui cherche à s’amuser ou d’un mystificateur qui cherche à nuire à l’Algérie, aux Algériens et surtout à l’intelligence de la race humaine.

Regardez ce homo qui sort d’une stupidité pour rentrer dans une autre encore plus scandaleuse que la première. Il croit que les honneurs et les mérites se glanent comme on ramasse la bouse des vaches o les crottins des ânes : Mouloudji, fils d’une Française et d’un Algérien, devient algérien et sa baraka vient, par le même enchantement couvrir, à l’asphyxie, le frustré homo berbericus, assoiffé de médailles et de reconnaissance universelles ; il n’a pas honte d’en réclamer la gloire et la grandeur !

Personnellement je dirais aux gens de cette espèce de parasites, usurpateurs de mérites. Vous dites qu’il (Mouloudji, le Français, aussi français que Sarkozy) ne doit avoir rien à envier à un Algérien de souche ? Vraiment ?! N’est-il pas un grand problème que de continuer à tirailler d’une rive à une autre ce type de pauvres gens qui ne seront jamais à la fois ceci et cela, d’ici et d’ailleurs ? Ne vaudrait-il pas mieux les laisser se reposer et jouir de la paix d’être une seule personne : comme… mettons… M. Sarkozy, c’est-à-dire simplement Français et rien que Français ?

Mais quand l’occasion se présente pour chanter les mérites d’un Algérien entier, comme Lounis, les voilà (les mêmes personnes qui voudraient voler Moulodji à sa mère, l’orpheliner post hum) faire de lui une simple ombre de quelqu’un d’autre ! Quel désastre dans leur esprit !

Je me demande personnellement : « Pourquoi nos génies restent-ils de simples queues qui suivent les vraies bêtes artistiques ? M. Lounis préfère-t-il vraiment être l’ombre ou la queue d’un Brassens ? Est-il vraiment tout simplement un Kabyle ? Pourquoi cherche-t-on à l’isoler de son vrai pays l’Algérie et de son vrai peuple les Algériens ? M. Lounis est-il d’accord d’être considéré seulement et seulement un Kabyle, ombre de Brassens? Les gens qui l’acculent à de telles pauvres (car fausses) identités ne se comportent-ils pas paradoxalement comme des fossoyeurs de ce génie de la chanson algérienne quand ils bafouent sa dignité d’homme tout court capable de faire seulement et seulement Lounis, pas Brassens en tout cas ?

Chers Algériens, ignorants et présumés cultivés, quand est-ce que vous apprendrez à distinguer et reconnaître ces vérités? Car il y va du respect même de la personne qu’on croit louer ; ou bien en matière de critique artistique, êtes-vous encore à ce stade bédouin de magnifier nos héros et nos princes en les comparant à des chiens?!! Chien dans sa qualité d’avoir nécessairement un maître, de le suivre et seulement le suivre.

A votre place, j’éliminerais au moins l’expression qui fait de Lounis une simple queue qui suit un vrai corps muni d’une vraie tête ; fut-il, ce corps, Brassens en personne. Hélas, vous n’avez pas bien médité ces mots qui sont bien les mots de M. Lounis « Les choses évoluent et bougent et chaque jour est une histoire » que même pas un Brassens saurait prévoir ou inventer.

Parfois ce que je qualifie de stupidité chez homo berbericus peut ressembler plutôt à de l’ironie ; une profonde ironie où notre homo se révèle capable de se moquer de tout le monde, de le prendre par les boyaux, comme disent les Italiens.

Je voudrais terminer par une blague - Berbericus est capable de rire aussi. Voilà à peu près ce qu’avait écrit un Algérien, bien de chez nous, à propos des émeutes de la Grèce :

« Mais ils sont fous ces Grecs. J’ai vu à la télé qu’ils cassent tout... Ils ont un malaise profond et ils ne se sentent pas bien chez eux. Moi je leur conseille de suivre l’exemple de l’Algérie… ne pas écouter les partis d’opposition, il faut écouter seulement le grand chef (chez nous c’est Boutef ). Il faut applaudir très souvent et montrer au chef qu’on est d’accord avec lui ; comme ça il décidera tout seul tout ce qu’il veut et il pourra mener son peuple là où il veut. Moi je pense que les Grecs ont beaucoup à apprendre des Algériens (l’inverse n’est pas valable). S’ils veulent, on peut même leur prêter Bouteflika ou même le leur donner définitivement… »

A suivre

 

Smari Abdelmalek

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