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Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Agonie du solitaire

 

 

 

Mon lit gémit sous le poids de mon corps

Verre de terre triste est mon cœur

Dans les marécages je sème les herbes sauvages

Et j’arrose les roses florissantes de venin et d'épines

J'attends la cueillette j'attends impatient

Sur mon lit convalescent la récolte de douleurs

Mon règne est à la dérive ma couronne est une guirlande d'épines

Je rampe comme un lombric mon calepin de moi s'éloigne

Et la cigarette flamme parmi les flammes qui m'assaillent

Je suis un fauve fier de mes blessures

Je lèche mes plaies et j'avale mes douleurs

Réduit en morceaux mon corps est à la débandade

Sans défense sans force pour chasser une mouche

Et le vacarme en silence des fourmis et la pique des moustiques

Rangés autour du grand banquet offensés d'être dérangés

Ils foncent et défoncent et la vierge chair déflorent

Mes yeux supplient avec une voix aphone mon téléphone

Pompiers sapeurs mes pleurs courent et coulent

Mon coeur pompe le sang et voyant pleurs et sueur s'étonne

Patience se dit-il et me le répète encore et encore

Tout passe et repasse la joie comme le temps et la douleur

Les plaies se forment et dans un rythme fou se ferment et se reforment

Chair carnivore avides trompes des vampires me dit-il encore

Toi apprends plutôt à souffrir en l'attente du grand jour

Où sont tes amis pour lesquels tu m'as tourmenté et tes amours

Détourne-toi du téléphone laisse faire les vampires

Prends les clés enfermes-toi dans ta chambre obscure

Et moi qui planais dans les hautes cimes majesté de condor

Moi qui naviguais dans les hautes mers des rêves lointains

Qui de vigueur sautais de val en val et enjambais les collines

Me voici lent reptile lourd sac de douleurs qui git dans l'agonie

Fier et stoïque cependant j'attends impatient le jour

Ou plutôt l'heure H de la grande douleur.

 

Abdelmalek Smari                   24/07/97        Midi

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