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Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

ENQUÊTE SOCIOLINGUISTIQUE SUR LES LANGUES D’IMMIGRATION AFRICAINE EN LOMBARDIE (1)

 

Données sociologiques

 

  1. Quel est votre nom ?            

Je m’appelle Abdelmalek Smari

  1. Quelle est votre âge ?

Je suis né en 19..

  1. Quelle est votre nationalité ?               

Algérienne

  1. Quel/le est votre village/ville d’origine ?   

Ma ville d’origine est Constantine

  1. Pourquoi avez-vous décidé d’émigrer ?              

Je croyais pouvoir faire des études supérieures en France.

  1. Pour quelles raisons avez-vous choisi l’Italie ?  

J’ai choisi l’Italie parce que ce pays était plus accessible pour nous, les Algériens, et puis il était à la porte de la France.

  1. Vous êtes en Italie depuis combien de temps ?   

Je suis en Italie depuis presque 17 ans, depuis 1992.

  1. En quelle année êtes-vous arrivé(e) en Lombardie ?  

La nuit même de mon arrivée à l’aéroport de Rome, je pris le train pour Milan.

  1. Dans quel/le village/ville lombard(e) habitez-vous ?

J’habite à Milan

  1. Pourquoi avez-vous choisi ce village/cette ville ?             

Cette ville m’avait été conseillée par un ami qui avait bien compris que le Sud n’avait pas de grandes promesses ni pour le travail ni pour la vie culturelle…

  1. Vous habitez au centre ville ou en banlieue ?     

J’habite au centre ville.

  1. Vos voisins, sont-ils surtout des étrangers, des italiens ou tous les deux ?            

Mes voisins sont surtout des Italiens

  1. Quel est le niveau d’études que vous avez atteint dans votre Pays ?       

Je suis licencié en psychologie clinique.

  1. Est-ce que votre titre d’études a été reconnu ici ?              

Non, je devrais le faire équivaloir avec celui italien, mais il y avait tellement de bureaucratie que je dus y renoncer.

  1. Quelle est votre profession ?                

Je travaille comme employé de bureau.

  1. Êtes-vous satisfait(e) du travail que vous faites et pourquoi ?   

Oui j’en suis satisfait car c’est un travail qui me permet de rester dans une ambiance de livres et de culture. Et puis, c’est un travail léger ou élastique puisque je fais le part-time. Ce qui me permet de consacrer plus de temps à l’écriture surtout.

  1. Vos collègues au travail, sont-ils surtout des étrangers, des italiens ou tous les deux ?

Pour le moment ils sont tous des Italiens.

  1. Avec qui cohabitez-vous ?   

Je vis avec une Italienne.

  1. Êtes-vous marié(e) ou avez-vous un(e) copain(copine) ?   

Nous ne sommes pas mariés.

  1. Avez-vous des enfants ?       

Non

  1. Sont-ils nés en Italie ou pas ?
  2. Souhaitez-vous que vos enfants se sentent italiens ou qu’ils gardent leur identité d’origine ?
  3. Quelle est votre religion ?    

Ma religion est l’Islam

  1. Êtes-vous pratiquant(e) ?     

Je suis musulman un peu à ma manière. Je conçois la religion, à l’instar des autres systèmes de socialisation mis en place par l’histoire et la culture, comme une espèce d’échelle où il serait préférable de se hisser jusqu’au plus haut gradin (qui en réalité n’existe pas), mais, qui ne le veut ou ne le peut, il n’a qu’à s’arrêter là où il épuise ses forces et ses capacités, et aussi ses désirs et sa volonté.

  1. Dans votre temps libre, vous fréquentez surtout des compatriotes, des italiens ou tous les deux ?              

Mes amis compatriotes sont très peu et habitent d’autres villes. Quand mon temps et mes soucis me laissent un peu de temps je puis voir quelques rares amis italiens.

  1. Fréquentez-vous des associations ? De quel type ?            

S’il m’arrive de fréquenter des associations elles doivent être d’ordre culturel. Avant je fréquentais jusqu’à 2-3 associations à la fois, maintenant je suis un peu en hibernation.

  1. Vous comptez rentrer dans votre Pays d’origine un jour ou vous projetez rester en Italie toute votre vie ?     

A vrai dire je ne me pose pas ce genre de problèmes. L’Algérie est à une heure trente de Milan. Terminer ma vie ici ou ailleurs, ce n’est pas de mon ressort.

  1. Avec quelle fréquence retournez-vous dans votre Pays d’origine ?               

Pour le moment, je me rends en Algérie une fois par an.

  1. Souhaitez-vous garder un lien avec votre patrie ? Par quels moyens ?

Bien sûr, voyons ! Je garderai ce lien par mes visites annuelles, par mes communications avec les amis et les parents (à travers téléphone, sms, mails et vidéo conférences), par la lecture des journaux, revues et livres, par l’écoute de la musique, par la télé, par l’écriture enfin…

  1. Êtes-vous informé(e) de ce qui se passe en Italie ?            

Assez informé – dirais-je.

  1. Êtes-vous informé(e) de ce qui se passe dans votre Pays d’origine ?   

J’ai une information sommaire mais assez ajournée de ce qui se passe dans mon pays.

  1. Vous vous sentez bien intégré(e) dans la société italienne ?     

Bien que je n’accepte pas le mot « intégration » - car outre le fait qu’il est flou et qu’il ne veut rien dire, il sonne à mes oreilles comme une violence épistémologique – je vais te répondre quand même en essayant de lui donner ma définition propre : Je manie assez bien les outils de la citoyenneté « italienne » pour pouvoir vivre avec les Italiens dans un respect mutuel. Je ne suis donc pas une feuille jaune et morte que l’automne a détachée d’un rameau ; bien au contraire je suis un rameau vert, vivant ; vivant par moi-même.

  1. Quel est votre sentiment vis-à-vis de votre identité étrangère en ce Pays ?            

L’étiquette est toujours l’autre qui nous la colle, d’ailleurs sur un habit superficiel et amovible, mais le sens de ce que nous sommes vraiment et ce que sentons être il n’y a que nous-mêmes qui en possédons les clefs et les brides. Je ne suis pas un psychisme morcelé, mais une personne totale et une, qui se structure d’abord pour structurer le monde et l’intégrer à son entité ensuite. Mon identité c’est moi-même ; et de ce fait je ne suis pas et je ne me sentirai jamais étranger, quelque soit le pays qui m’abrite.

  1. Vous pensez que vous arriverez, un jour, à percevoir vous-même comme italien(ne) ?

Franchement, cette idée ne m’est jamais passée par la tête. Et je ne pense pas qu’elle puisse un jour avoir quelque sens pour moi ou qu’elle me soit de quelque pertinence.

Abdelmalek Smari

 

 

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