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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Le plaisir de servir chez les bédouins (10)

 

« Mais nous tous, y compris l’ENI

[genre Sonatrach italienne],

nous avons intérêt à avoir

un gouvernement stable. »

Paolo Scaroni, il Fatto quotidiano 11-09-13.

 

 

Lacrimarum valle d’un dégénéré nommé Qaradaoui

Mais pour que l’exclusion soit complète et impeccable, il faut qu’elle soit sanctifiée, dite par des mots : il n’est pas question pour nous - ni avons le droit - d’user de termes aussi dignes comme sérénité, stabilité, gouvernement, citoyens...

Nous, enculés de la terre, nous n’avons droit qu’à des adjectifs aussi abjects et humiliants comme fatalisme, soumission, statu quo, régime, tribus, clans…

« Le fait que tu as lâché ton président Morsi » reprocha Qaradaoui au recteur d’Al-Azhar, Ahmed Tayyeb « est en soi un sacrilège, un péché capital » !

Cela n’empêche pas ce même Qaradaoui de soutenir l’avis contraire quand on lui fait miroiter quelques rials sonnant et tintant, comme le bordel qu’il sème pour inciter les soi-disant combattants pour la démocratie en Syrie à renverser le président syrien.

Il ne s’est pas contenté du crime qu’il avait suggéré à ses ouailles pour qu’ils assassinassent son rival (syrien), Ramadhan El Boti: il veut, l'arrogant, pas moins que la tête du président syrien en personne !

Pourtant M. Bachard Al-Assad est, lui aussi, le Morsi de son pays : dans le sens qu’on l’avait élu et qui devait honoré son mandat présidentiel, le portant jusqu’à 2014 .

Il ne se contente pas du fait que quelque général le dépose comme Al-Sissi et son clan avaient déposé son cher président Morsi, bien au contraire il a décrété son arrêt de mort et la ruine de la Syrie !

Ecoutons-le, dans cette lacrimarum valle, comment il pleurniche et supplie, le lâche( !), non pas pour réhabiliter Morsi mais pour mériter la misérable poignée de pétrodollars et le plaisir bête de servir ses maitres d’Al-Jazeera.

Au fond il s’en fiche éperdument, comme d'ailleurs il s’en fiche qu’on nique sa mère de Masr (les Egyptiens appellent leurs pays « ya mma ».) ou qu’on la pulvérise.

Il sait pertinemment, le malin – mille fois maudit soit-il autant, voire plus, qu'Ibliss Satan qu’il ne cesse de maudire – il sait que l’Egypte constitue l’état le plus vieux du monde et est de ce fait presqu’éternel.

Et puis il ne peut plus se passer de l’illusion de monopoliser l’islam et donc la piété, d’être le pharaon, le Borgia, le Napoléon de l’islam et des musulmans !

Depuis qu’il a goûté à ce plaisir pervers de dominer pour maudire et pour opprimer, aux frais des bédouins qataro-saoudites (c’est eux qui l’ont acheté avec quelques pétrodollars et quelques instants d’écran sur Al-Jazeera), il ne veut plus quitter sa prestigieuse chair de l’infamie.

Il croit vraiment, le trisomique (avec tout le respect pour cette catégorie de personnes), le sage des sages, le pieux de tous les pieux ; alors qu’il n’est qu’un mercenaire prédicant le mensonge, la ruine et la bordellisation des pays de ses coreligionnaires au profit des ses seigneurs les bédouins eux-mêmes esclaves des States et de leurs roquets frétillants, les puissances ex et néo colonialistes.

Dans son appel à assassiner Assad il est tout haine et cruauté, tout intransigeance et insensibilité… par contre dans son appel au nouveau maitre putschiste de son Egypte, Al-Sissi et sa bande, il est tout douceur et miel, il ruisselle sagesse, aménité et bonne éducation.

 

Les supplications de Qaradaoui

« J’appelle le Maréchal Al-Sissi et ceux qui sont avec lui, avec tout l’amour et toute la sincérité du monde, j’appelle tous les partis et les forces politiques en Egypte, j’appelle mes frères savants [Mouftis qu'il voudrait corrompus comme lui] de toute la planète, les amants de la liberté, de la dignité et de la justice, je les appelle tous à se lever comme un seul homme pour rétablir le droit et réhabiliter le président Morsi à son poste légitime. […]

Et son excellence le grand moufti, le moufti planétaire, poursuit : « J’appelle du fond de mon cœur le peuple égyptien entier, que j’aime et que je vénère […].

Je l’appelle dans la Haute Egypte et dans la face de la mer, dans les villes et dans les villages, dans les déserts et dans les campagnes ;

je l’appelle - hommes et femmes, jeunes et vieillards, riches et pauvres, employés et ouvriers, musulmans et chrétiens, libéraux et islamistes - à se lever tous comme un même homme pour défendre les acquis de la révolution […]

Que Allah prenne garde de notre Egypte et protège notre peuple et ne nous punisse pas à cause de ce qu’ont fait les pécheurs parmi nous. Amen ! »

Al Qaradaoui Fetwa pour le quotidien Al Hayat du 08-07-13

Quel éclectisme, quelle tolérance, quel amour, quel sens de sacrifice et de responsabilité, quelle moralité, quelle détermination, quelle douceur, enfin quelle citoyenneté !

Et quelle indulgence pour Al-Sissi et son gang de putschistes qui n'ont pas hésité un instant à décimer les Frères musulmans après les avoir utilisés pour régler leurs comptes à Moubarak et à son clan; tout comme Nasser en son temps.

Maintenant que l’ogre Moubarek est terrassé et mis hors état de nuire, voilà la bande "victorieuse" à le remercier en faisant couler à flots le sang et les larmes des citoyens égyptiens.

Qaradaoui qui se comporte en faucon avec les pacifiques musulmans de la Chiia (pourtant musulmans comme lui, pourtant des « frères » à lui) et les gouvernants de la Syrie... regardez-le, le lâche, l’hypocrite, le sans-dignité comment il s’est allié avec le diable (le diable pour un hypocrite musulman comme lui c’est l’Amérique WASP et chrétienne, c’est la christianité, c’est le laïcisme, c’est le progressisme…) pour « briser l’échine » - l’expression est de Saddam Hussein - aux Syriens laïcs et progressistes et à travers eux aux shiites arabes et iraniens.

Et c’est surtout pour écraser les shiites arabes en Arabie Saoudite, au Qatar (ses maitres et patrons) et au reste des pays du Golf et des bédouins qu’il s'est fait assumer, l’avide, le parasite, l’impitoyable mercenaire, et qu’il est payé.

 

Entre Leibnitz et Qaradaoui

« Mais – écrit Ibrahim Al Ariss – si Bonaparte [le dictateur], le commandant militaire ambitieux, avait porté les Lumières à la région [en Egypte] par la voie de la science, de la pensée et des découvertes, il est curieux que nous découvrons dans ce même contexte un philosophe européen appartenant aux Lumières et dont l’humanisme avait caractérisé toutes ses publications, vint un siècle avant Bonaparte pour mettre au point un plan à la campagne d’Egypte ; plan qui n’avait aucune justification scientifique ou intellectuelle et qui se contentait de se présenter comme un projet religieux chrétien nécessaire afin de redonner de l’importance au christianisme contre les barbares autochtones, les habitants de l’Egypte. »

Il s’agit ici de Leibnitz, connu pour avoir été parmi les philosophes les plus humanistes et dont les écrits avaient préparé le terrain à l’illuminisme.

Le souci de Leibnitz fut motivé - comme il l’avait écrit (dans son projet), nous explique encore Al Ariss, à l’attention de Louis XIV - par l’échec des croisades et la nécessité de les reprendre.

Mais le message n’a été compris que plus d’un siècle plus tard par Bonaparte qui s’en était inspiré et l’avait mis à exécution même si les fins de Bonaparte étaient différentes de celles de ce philosophe chrétien fanatique et chantre des croisades.

Al Ariss explique ensuite que le motif de fond de ce fanatique chrétien réside dans son souci d’épargner à la Hollande une guerre avec la puissante France de Louis XIV.

Pourtant des années durant ce philosophe doublé de fanatisme religieux fut le pourfendeur des politiques européennes du Roi-soleil. Il avait en effet publié des œuvres où il accusait  Louis XIV d’être un ambitieux expansionniste et impérialiste ! 

Mais Leibnitz savait clairement ce qu’il voulait : épargner à sa région (les pays dits civilisés)  une espèce de guerre entre frères en religion et ce en dirigeant l’agressivité par diversion à l’endroit des pays arriérés, infidèles et inciviles.

L’Etat nation était alors naissant : les Francs défendaient les Francs, les Teutoniques les Teutoniques… et tous, (en tant que chrétiens), devraient défendre le christianisme…

Il est évident qu’un roi dit Soleil (il n’avait pas besoin d’être illuminé par un jeune astre qui plus brillait par la lumière reflexe des autres) ne pût se laisser influencer par les manœuvres d’un esprit, aussi illuminé et génial fut-il, comme celui du grand Leibnitz.

La France du roi Soleil - plaida Leibnitz - ne devrait pas entreprendre une guerre pour des motifs vulgaires tels que la vente du vin, mais elle devrait, si le roi cherchait vraiment une gloire digne de Louis XIV, se diriger vers l’Egypte car c’est là, dans une telle campagne, où se trouveraient le bien de l’humanité et son bonheur.

Ou du moins ce fut ce que notre philosophe « engagé et illuminé » espérait. Mais Louis refusa tout simplement ses conseils. Leibnitz l’espérait de tout son cœur et ce pour épargner à son protecteur et patron le prince ou roi de la Hollande une guerre et à la Hollande un désastre.

Bien entendu il y a une différence abyssale entre Leibnitz et le dégénéré, inutile et sanguinaire Qaradaoui.

Celui-ci veut la ruine du Moyen-Orient.

Celui-là le salut de l'Europe et des ses peuples.

 

Abdelmalek Smari

 

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