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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Le plaisir de servir chez les bédouins (13)

“L’urlo d’un cane alla catena, e il canto

più lontano d’un rauco vagabondo,

nell’alta notte, era la gioia e il pianto

che al monastero pervenìa, dal mondo.”

Giovanni Pascoli

 

  

 

"Les pouvoirs de droite comme de gauche ont toujours préféré les islamistes aux autres Algériens et pour cause : ils leur rappellent l'Algérie des indigènes."
Saâdeddine Kouidri

 

 

 

Entre esclavage et liberté

Avec les guerres d’Afghanistan et l’Irak – les plus longues guerres de l’histoire américaine – l’armée yankee a fini par avoir du mal à recruter des troupes pour ses nouveaux chantiers de guerre (Somalie, Afghanistan, Irak, Yémen, Libye, Mali, Syrie et tant d’autres sus ou occultes…).

Elle y a remédié, selon Matt Kennard, en ouvrant ses portes aux néo-nazis, suprématistes blancs, aux membres de gangs, des malades mentaux, des criminels et des harragas de toutes sortes avant et après ce terme.

Voici avec quelle sorte de messies notre Oncle-à-tous compte nous importer la démocratie. Avec des gens de la male vie il nous fait la guerre, outre qu’avec les armes d’extermination et de destruction massives de notre flore, de notre faune, de notre vie et de notre humanité…

A cette armée immorale il faut ajouter les légions des collaborateurs, traitres bénévoles et zélés, recrutés parmi les néo-citoyens américains (ce procédé fait des émules en Europe des prédateurs). Ces citoyens précaires et de second ordre sont proie au chantage de la part de l’empire : pour consolider leur prestigieux statut d’être Américains (pour lesdits Afro-Américains et lesdits hispaniques) ou pour y accéder ex novo (pour les harragas du monde entier) ces citoyens précaires doivent payer leur séjour ou le justifier sur cette nouvelle terre promise, la terre haram/interdite des States. Souvent ils le payent par du sang versé, le leur ou bien celui de leurs confrères et sœurs en misère. Ils doivent coûte que coûte servir la nation élue, quitte tuer ou se faire tuer, même si cette nation ne les sert pas !

Ils doivent servir la nation élue, avant même de lui appartenir !

« On suppose que Kelley a travaillé au 'Village Coalition' à MacDill, une zone de la base dans laquelle les travailleurs étrangers aident dans la guerre contre le terrorisme. Mais le rôle qu'elle y aurait joué n'est toujours pas clair. explique le Daily Beast,… » - rapporte Le Monde du 13-11-12

Et ajoute : « Jill Kelley , qui a grandi à Philadelphie, est d’origine libanaise. Elle serait issue d'une famille  maronite de Jounieh, dans le nord du Liban , qui a émigré aux Etats-Unis vers la fin des années 1970, selon le Philadelphia Inquierer »

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/11/13/jill-kelley-la-deuxieme-femme-derriere-le-scandale-petraeus_1789651_3222.html

Mais ces citoyens de second ordre, ces criminels patentés et ces harragas (même millionnaires ou milliardaires comme cette dame du monde, Kelly) ont-ils vraiment le choix d’agir de la sorte : refuser de suivre les States dans leurs killerages ethniques, de les servir, de leur servir d’hommes de main dans leurs crimes contre les damnés de la terre ?

Ont-ils vraiment un grain de dignité pour pouvoir renoncer à ce chemin de fausse rédemption ?

Ce ramassis de mercenaires a-t-il vraiment le choix de renoncer à une telle tentation ?

Théoriquement il serait possible de se libérer de tout. Dans ce cas il suffit de renoncer à cette bassesse stupide de vouloir faire l’Américain coûte que coûte, même en baissant son pantalon pour se faire sodomiser.

La mente religieuse, dit-on, tue inéluctablement son partenaire mâle après copulation avenue. Mais ce mâle peut-il pour autant renoncer à son devoir de mâle par peur de perdre la vie ?

Pour ces citoyens précaires, pour ces légions des bas fonds et de la male vie, pour ces harragas, il semble que l’art de se mercenariser, de se vendre, de vendre les siens soit une seconde nature pour eux sinon un instinct et rien d’autre.

D’ailleurs c’est ainsi qu’une telle société - qui se veut élue et bénie – compte fabriquer de la cohésion entre ces Moins-que-citoyens et ces Pas-encore-citoyens d’une part, et de l’autre entre eux et leur nouvelle mère-patrie : selon la vieille technique du bouc émissaire, de « l’enfer c’est l’autre »… S’ils y arrivent vivants, bien entendu.

Et dans ce cas alors ils auront mérité leur statut par l’épreuve du feu et du sang ; ce même sang que seule la mère-patrie vraie peut en revendiquer le versement et à laquelle il ne sera refusé que par un lâche, un traitre ou un mercenaire justement.

Héros qui, n’ayant aucune raison de vivre, se donnent une raison de mourir. Ames de kamikazes, traitres, serfs et terroristes de la pire espèce !

Ils sont en cela semblables, parfaitement comparables, aux Douze salopards (du film homonyme réalisé en 1967 par Robert Aldrich d’après l’œuvre de Ernest M. Nathanson) où « Douze criminels, tous condamnés à mort, aux travaux forcés ou à une peine de prison, se voient proposer une mission suicide en échange d’une amnistie… »

Nathanson est convaincu que de tels hommes( ?!) ont existé vraiment même si « il n’en a jamais trouvé confirmation dans les archives de l’armée ou du gouvernement américain. »

Il ne faut pas s’étonner de cette absence de preuves tangibles : ça relève du secret militaire qui est toujours un top secret.

Et il faut croire l’auteur donc : il suffit de penser au pacte que les alliés (Américains surtout) avaient établi avec les maffieux siciliens lors du débarquement en Sicile.

Si alors de tels pactes étaient justifiables voire nécessaires pour combattre l’horreur du nazisme et du fascisme, le même procédé de nos jours n’est plus acceptable.

Car un tel procédé est recyclé pour être utilisé contre des gens innocents, déjà condamnés par l’histoire et l’injustice des colonialismes classiques à la misère et à la souffrance.

Il est utilisé justement pour semer, maintenir ou intensifier la pagaille et le chaos chez ces misérables.

Et leurs auteurs s’inventent des prétextes et des alibis mensongers - comme ceux du fardeau de l’homme blanc, de la mission civilisatrice ou la récente importation de la démocratie - non pas pour justifier leurs crimes, car ils n’ont aucune conscience, mais pour les mystifier, pour ne pas se dénoncer, pour – croient-ils – échapper à leur responsabilité, à leur culpabilité.

Pourtant, même misérables, ces gens ont toujours vécu dans des pays paisibles et ne demandent qu’à être laissés tranquilles pour penser eux-mêmes à leur destin !

 

Agents doubles

Selon le matin citant le quotidien algérien Echourouk, Mohamed Merah « l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban aurait affirmé avoir découvert durant ce siège qu’un homme qu’il croyait être son ami était en fait une "taupe", un agent des services français qui l’aurait manipulé, l’incitant notamment à partir en Irak, en Syrie et au Pakistan. »

 « Allô Mohamed »  peut-on lire d’un extrait de conversation entre Mohamed Merah et l’agent secret, son ancien compagnon, un certain Jossier, qui faisait partie des forces de sécurité qui l’encerclait alors : « sors et rends toi, personne ne te fera de mal, tu me connais et tu connais ma parole… »

« Va au diable » lui a répondu Merah « espèce de traître, pourquoi voulez-vous me tuer aujourd’hui, qu’ai-je fait ? Je n’ai rien fait, je n’ai tué personne. C’est toi qui m’as emmené dans cette situation et je ne te le pardonnerai pas. […]

Tu m’as envoyé en Irak,

au Pakistan

et en Syrie

pour aider les musulmans

et ensuite tu apparais comme un criminel et capitaine dans les renseignements,

 je ne te pensais pas comme ça, jamais ! »

C’est dire combien est vraisemblable la complicité entre certains services de sa majesté le néocolonialisme et les hommes de mains conscients ou non de leur implication voulue ou imposée par voie de manipulation dans ce processus de bordellisation des pays du Tiers-monde.

Souad Merah affirme ainsi que son frère Mohamed avait eu envie de collaborer avec la police si on le lui demandait, rouvrant le trouble sur la thèse de l’agent double : « Il m’a dit qu’il collaborerait avec la police si on lui proposait de bosser avec elle. »

Qui est cet agent double ? c’est ledit terroriste et tueur, Merah lui-même.

Certaines informations à son sujet indiquent clairement qu’il a été recruté par les services secrets français pour infiltrer (gonfler, en tant que mercenaire) lesdits rebelles dans les pays à déstabiliser.

Et jusqu’ici, dans un tel monde qui a pour seule caractéristique la guerre aux nations-proies, riches mais faibles, tout devrait être normal : les gros poissons mangent les petits.

Mais ce qui au départ était pour un bougnoule un simple prix à payer (pour racheter le péché mortel commis par ses parents d’avoir émigré en France et pour prouver sa séparation définitive d’avec ses origines ethnique et culturelle et montrer donc sa loyauté envers sa nouvelle mère-patrie adoptive) est devenu à la fin du parcours un chantage tragique. 

Les autorités françaises semblent dire à M. Merah (dont la citoyenneté est toujours précaire, toujours à prouver, toujours à démontrer) :

« Pour prouver que tu n’as plus aucun lien affectif avec ta communauté d’origine (musulmane et arabe : deux péchés mortels pour un néo-Français comme Merah) tu dois non seulement lui déclarer la guerre mais la mener aussi jusqu’à la fin de tes jours, jusqu’à ce que destruction totale s’en suive… Donc tu n’as qu’à marcher ou tu vas crever ! Et de toute façon, tu vas collaborer malgré toi et tu vas laisser ta peau, inexorablement ! »

En fait il a servi la France et la France l’avait récompensé avec justice, justement comme il doit être récompensé un traitre.

Il faut préciser que Merah n’avait trahi ni la France ni le pays d’origine des parents, mais toute l’humanité. Car il n’y a pire traitre qu’un mercenaire.

Ce qu’on peut déduire d’une telle histoire c’est qu’il est fort probable que pour des raisons communautaristes (solidarité entre l’agent Merah et l’islam, sa communauté d’origine) ou pour des raisons tout simplement humanitaristes (prise de conscience de l’injustice d’un tel engagement) Merah décida un beau jour de dire : « Basta. Ça suffit maintenant ! »

Et alors, impliqué jusqu’au cou comme il était dans ce trafic de mercenariat, introduit jusqu’au cœur des services qui s’en chargent, il était devenu une menace qui aurait pu dénoncer ces milieux dont la spécialité et la raison d’être sont celles justement de chaotiser les pays-proies par voie de mercenariat.

Merah, serait-il une simple victime, innocente ? je ne sais pas, puisque je ne suis pas juge et il me manque beaucoup d’informations à ce sujet… mais une chose est sûre :  l’avoir tué de sang froid, sans lui avoir donné la chance d’être écouté par la justice est – et a été – matière à susciter curiosité, suspects et différentes lectures…

Quoi qu’il en soit, il faut avoir toujours présent à l’esprit ceci : Il est impératif que ce monde de damnés de la terre ne connaisse jamais la sérénité.

Il y va des intérêts vitaux de l’empire et de ses vassaux et complices.

Il y va de leur survie même.

Mais l’empire (et ses vassaux) ne fait pas confiance à ces mercenaires qui ne seront jamais de vrais patriotes et dont le seul but est et reste celui de :

être reconnu comme un citoyen à part entière de la part des pays de l’empire,

empocher un chèque,

régler son compte, par représailles et vendetta, à quelque responsable-bougnoule réputé dictateur, ouvrir droit à un boulot, même comme ramasseur d’excréments des chiens ou des porcs,

ouvrir droit aux études universitaires,

ou vivre enfin, pour le seul plaisir de servir quand on est actifs, droit à faire la serpillière pour les bottes des maitres ou à mourir traqués comme des sangliers dans l’indifférence totale des hommes et du monde.

Non, l’empire se sert de ses mercenaires mais jamais il ne leur fera confiance. C’est pourquoi il ne cesse de mobiliser ses vrais enfants, seuls capables de vrai patriotisme, seuls aptes à défendre leur patrie et l’empire (ce qui revient au même).

D’où la gladiatorisation de ces nobles citoyens.

Le vétéran de l’US Army Special Forces, Larry Jordan, a été chargé par ses supérieurs de concevoir un système de combat corps à corps vraiment bas et sale pour les bérets verts de l’US Army Rangers.

L’objectif de ce système est de donner aux soldats une poignée de hard-core,  techniques faciles à apprendre, à maîtriser et à appliquer dans n’importe quelle situation de combat rapproché.

Jordan a élaboré un ensemble de 12 techniques étonnamment simples, rapides, brutales et terriblement efficaces ; conçues pour permettre au citoyen moyen de régner dans toute situation de violence.

A présent il a adapté ce système militaire pour l’autodéfense civile. Il l’appelle "The Dirty Dozen", les douze salopards. Ça nous rappelle quelque chose ?

Les armes d’assaut et la pratique des arts martiaux ne suffisent pas à elles seules contre la menace toujours présente de la criminalité violente et contre les récentes attaques terroristes à bord des avions commerciaux. En plus les gens montrent qu’ils ne peuvent plus compter sur quelqu’un d’autre pour les protéger.

Reste donc cette tentative de gladiatoriser les citoyens civils, argue l’auteur du livre et de la technique : Résister et vaincre les méchants relèvent désormais de la responsabilité de tout le monde.

http://www.amazon.co.uk/Assassins-Creed-Forsaken-Oliver-Bowden/dp/0718193687/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1355739280&sr=1-1

 

Abdelmalek Smari

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