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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Du tourisme en Algérie et de l’impréparation psychique et mentale de Berbericus

 

"Grandeur et servitudes coloniales d'Albert Sarraut

établit pour le colonialisme un objectif important:

pas moins que l'unification biologique de l'humanité,

'la solidarité humaine'. Les races inaptes à utiliser

leurs ressources (…) doivent être ramenées au sein

de la famille humaine: « C'est là pour le colonisateur,

la contrepartie formelle de la prise de possession; elle

enlève à son acte le caractère de spoliation; elle en fait

une création de droit humain »"

 

Edward W. Said Cultura e imperialismo.

 

 

« Et s’ils [Indigènes et Exogènes ] ont tous des ancêtres, ceux-ci ne leur auront laissé que la rancune en partage, au mieux l’oubli, le plus souvent le désir de partir, de fuir, de renier, de chercher n’importe quel horizon pour, dans draps de crépuscule, s’enfouir… »

Assia Djebar « Nulle part dans la maison de mon père »

 

Souvent l’on entend dire avec une bête satisfaction d’un touriste riche et européen, et tous les Européens sont riches et heureux pour les imbéciles et les autres complexés, qu’il a bien apprécié notre pays, nos paysages et nos mœurs (folklore) simples et authentiques, notre fitra en somme( !)… Mais l’homme en lui-même, notre homme: l'Algérien, lui, n’est pas apprécié ou s’il l’est c’est en vertu de son enracinement dans sa bêtise originelle, dans son archaïsme de bon sauvage, dans son atavique idiotie en somme !

Mais qu’est-ce que cette fitra ? C’est notre homme, l'Algérien, qui la définit ; du moins il pense que la fitra n’est rien d’autre que la simplicité (entendre superficialité) de la vie et des mœurs.

Cette soi-disant simplicité de la vie et des mœurs  réside dans l’observation des règles et des lois que les traditions – c’est-à-dire l’inertie ou la paresse - nous indiquent ou plutôt nous dictent.

Et tout ce qu’il nous reste à faire à ce point c’est nous laisser guider, nous abandonner à ladite fitra sans peur, sans souci, sans esprit critique ou de remise en question, sans chercher à trop comprendre, à déconstruire, à démolir de telles vieilleries et à apporter du nouveau dans notre vie ennuyée et ennuyeuse…

Nos hommes (le touriste-satisfait de soi et sûr de son importance comme son admirateur le tout simple Berbericus, homme de fitra et de nature primitive) ignorent - l’un par mystification, l’autre par aliénation - que toute chose, petite ou grande, doit avoir nécessairement une histoire, une anamnèse, un parcours vécuel existentiel et est sujette au passage du temps, à la corruption donc et au changement, c’est-à-dire à l’évolution et en fin de toutes analyses à l’anéantissement total et inexorable.

Nos hommes, le touriste et son admirateur, ignorent surtout que seule l’intervention disciplinée de l’homme - c’est-à-dire grâce à sa science, sa conscience et sa volonté - peut et doit prendre en charge les rênes de son existence, s’il veut vraiment agir sur le cours de l’histoire et du destin.

Nos hommes ignorent surtout que sont fruits de telle science et tels efforts ces jardins verts et fleuris, ces cours d’eau limpides et bleus, ces rues propres, ces édifices sobres et bien tenus, ces jolies femmes souriantes aux yeux bleus (ou aux lentilles bleues) et aux cheveux blonds ou teints en blond, ces bébés roses, ces enfants bien habillés et sains et ces hommes ; Ah ! surtout ces hommes éternellement forts,

éternellement actifs,

éternellement intelligents,

éternellement  beaux et élégants

et, ça va de soi bien entendu, éternellement jeunes même s’ils sont vieux avec des yeux morts et des sphincters qui ne tiennent déjà plus rien même la moindre bulle d’air ;

Ah ! surtout ces hommes éternellement forts, qu’on voit justement dans la tv et dont on peut vérifier l’existence réelle en se déplaçant dans l’une des villes ou villages de cette Europe qu’on dit riche et heureuse et qu’on oublie de dire qu’elle se fait un « culo così » pour être ou paraître ce qu’elle est ou parait…

Hélas, ces vérités sont trop simples pour que homo bebericus arrive à les comprendre et, à défaut, à y croire.

En veut-il tant à soi-même, cet antique berbericus, pour choisir la paresse, la bêtise et la culture de la médiocrité ?!

Concluons avec Pierre Fréha : « On n'ose même pas imaginer le paradis que cet endroit pourrait être, avec un peu, juste un peu de développement. On a l'impression que c'est tout ou rien. Pour l'instant, c'est le rien qui domine. »

Malheureusement !!!

 

Abdelmalek Smari

 

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