Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Du fatalisme en Amérique : quand les fils des dieux meurent minablement, impuissamment, comme les chiens de Bucarest ! (3)

« Mais les historiens ont souligné que les armes

à feu n’ont pas toujours fait partie de la culture

américaine. Avant la guerre de Sécession, très peu

d’Américains en possédaient, y compris les hommes

de l’Ouest, qui avaient plus de livres que de fusils... »

Pap Ndiaye, historien des Etats-Unis

 

 

 

Nos valeurs sont-elles des épiphénomènes de nos instincts carnassiers ?

Les Américains lambda sont à la hauteur de leur grande nation. Et sur ce il n’y a rien à redire. Et par conséquent ils sont les premiers à relever de telles contradictions puisqu’ils les reçoivent comme une poudre extrêmement irritante dans les yeux.

Il est évident donc que les citoyens américains, du plus simple au génie, comprennent le sens juste et strict de cet exemple de comportement officiel de leur gouvernement fondamentalement violent et sans état d’âme ; comportement érigé en doctrine stratégique, et en Raison d’Etat même, et en tirent toutes les conséquences logiques et possibles.

En fait ce que les citoyens américains reçoivent à travers ces discours mystificateurs de leurs gouvernants et de leurs amis et alliés avec toute leurs intelligentsias, c’est une sorte de recette pour la vie décente et de gloire : ils apprennent ou ils comprennent que la liberté, le droit, le respect, la prospérité et la dignité sont des épiphénomènes de l’instinct carnassier.

Et il est évident alors qu’une telle recette leur enseigne la culture de régler leurs moindres problèmes et tous leurs conflits avec tout ce qu’ils ont de ruse et – s’il est en leur pouvoir – avec tout l’arsenal qu’ils possèdent dans leurs foyers ou dans leurs tiroirs.

Et alors pour un oui ou pour un non, les armes d’assaut étant à disposition, ils ne réfléchissent pas deux fois pour les empoigner et en finir avec les obstacles qui gênent leur liberté et leurs droits au respect, à la prospérité et à la dignité !

Et si par contre le mal de l’Amérique n’était rien d’autre que la pulsion de ses ethnies - opprimées par celles qui détiennent le pouvoir dans cette grande nation, les WASP (Blancs, Anglo-Saxons et Protestants) - de dénoncer quand même leur condition ?

La question est purement rhétorique et ’idée qui en découle n’est pas mauvaise. En fait, n’étant pas autorisées à étaler au grand jour les injustices dont ils font l’objet – d’où leur malheur et leurs velléités dissidentes -, ces ethnies épouvantablement lésées, émasculées, humiliées et laissées pour compte « délèguent » en quelque sorte leurs jeunes (les assassins de ces tueries sont tendanciellement tous des jeunes dans la force de l’âge) à réaliser par une sorte d’enchantement ce dont elles rêvent dans le plus profond d’elles-mêmes.

 

Bien sûr…

Bien sûr le pouvoir des USA est encore indéfectible ;

bien sûr les supermarchés sont encore pleins et les poubelles aussi et ça constitue, pour les non-contents, de forts motifs pour se réjouir et pour rester encore amis et frères entre eux et leurs oppresseurs ;

bien sûr il y a encore la peine capitale et les guerres qui servent de réalisation déguisée aux désirs malades de ces âmes mortes, à la poussée incontrôlable des instincts carnassiers de ces frustrés de l’empire ;

bien sûr cela met un tantinet de sel dans la vie qui autrement se ferait sentir ennuyeuse et plate surtout pour les amants des spectacles de la violence et de la cruauté (l’homme moderne est un grand consommateur de ces spectacles nécrophiles) ;

bien sûr les journaux et les télévisions y trouvent largement leur compte pour satisfaire leur pulsion sadique, vorace de suspense et scoop, et, cela va sans dire, pour accumuler surtout des tas de frics et de pouvoir sur les opinions des gens et sur leur mode de raisonner ;

bien sûr les constructeurs et vendeurs (il vaut mieux dire Trafiquants) d’armes amassent eux aussi sous et honneurs de contribuer (XXXLent) très extra-largement à donner aux gens des moyens très concrets d’exprimer leur droit indéniable à la libre expression et surtout à exercer avec force le second amendement de la constitution de la plus grande nation dont la terre n’a jamais vu de pareil jusqu’ici. En cela ces trafiquants de la mort agissent par leur psychologie schizophrénique comme on agit chez berbericus, dans sa version islamiste, quand il dit d’appliquer la charia tandis qu’il pense d’enfermer sa mère dans une prison à vie !... ;

bien sûr qu’il y a tout de même un certain équilibre salutaire pour la nation américaine, pour son existence même, puisque les ethnies qui la composent constitueraient une bombe à retardement autant puissante que l’Amérique elle-même…

mais le jour où cet équilibre se rompra,

quand les autres peuples souffre-douleurs se rebifferont et gagneront,

quand les poubelles seront vides et les problèmes commenceront à ne pas trouver de solutions pas même au niveau des discours mielleux et des métaphores,

quand tout se transformera en son contraire,…,

ce jour-là l’Amérique telle que nous la connaissons aujourd’hui ne sera pas là pour comprendre ce que lui sera arrivé, et alors elle ne sera qu’une vieille mémoire seule, dolente et laide et les larmes même lui manqueront pour pleurer son sort… Historia docet.

 

Entretemps…

Tandis que l’Amérique, par les yeux des mères, pleure ses enfants (élèves, étudiants et soldats adolescents tombés pour les causes du Capital et du trafic des armes), les mesures « sérieuses » de M. Obama en matière de lutte contre la gladiatorisation des States - admettons qu’elles passent les épreuves du Congrès et du Sénat – ces mesures consistent en, écrit Jeune Afrique :

« - Meilleure vérification des antécédents judiciaires et de l’état mental des acheteurs,

- restrictions sur la vente des chargeurs de haute capacité,

- poursuites aggravées contre ceux qui tentent d’acquérir frauduleusement une arme,

- interdiction de la vente des armes d’assaut (comme pendant la période 1994-2004 [la loi de Clinton])...

Telles sont quelques-unes des mesures présentées par le président, entouré pour l’occasion d’enfants [ !!!] venus de tout le pays. » (http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2715p052.xml0/usa-barack-obama-sondage-congresetats-unis-halte-aux-armes-a-feu.html)

Mais ces mesures pour efficaces qu’elles puissent être ou paraître resteront impuissantes tant que le fond du problème demeurera : la licence de posséder et porter les armes.

Bien entendu, cette liberté est garantie par le sacro-saint deuxième amendement de la Constitution des States.

Le fatalisme est une antivaleur non seulement parce qu’il est anachronique mais, et surtout dans le cas d’une société dite extrêmement rationaliste comme les States, parce qu’il est enveloppé dans un voile de magie et de superstitions :

s’entourer des enfants (comme l’a fait Obama selon l’article de Jeune Afrique sus-cité) pour susciter( ?) la clémence des cœurs des lobbies des pro-gun et des trafiquants d’armes est un signe d’impuissance.

Bien entendu, en s’entourant d’enfants, M. Obama fait preuve d’une capacité de comprendre les instincts des hommes et de savoir les utiliser pour parler à ces derniers, d’ailleurs comme tout homme politique…

En fait l’éthologue Desmond Morris a remarqué l’habileté qu’ont les hommes politiques, les coureurs de jupons et les coureuses des bragues et surtout les mendiants d’utiliser la gestalt de l’enfant (les dimensions minuscules - ou minusculisées dans le cas des mendiants - le visage rond et souriant et la joue exposée) pour déclencher chez leurs congénères des réactions d’aide et de protection à ces êtres frêles que sont les enfants, leurs masques ou leurres ou ce qui les substituent comme les toutous, les tout petits toutous.

A ce sujet il me vient à l’esprit l’image du président Monti qui a caressé pendant un temps interminable un toutou blanc, cadeau de la présentatrice du programme auquel il a été invité. On sait que le temps dans la télévision est trop précieux et la seconde de publicité télévisuelles peut coûter des milliers d’euro. Mais outre à être Premier, Monti est candidat à succéder à lui-même : il peut se permettre un tel luxe… indispensable. D’ailleurs en ayant misé sur un toutou, il a misé sur (un cheval ?non !) un toutou gagnant par la force de l’instinct.

Observons les mendiants qui se font accompagnés des enfants, des chiens sales et vulgaires ou qui s’inclinent volontiers devant le plus minable parmi les hommes pour quatre sous… sans oublier les prostitués de touts bords et les mercenaires…

Enfin celui qui est en état de faiblesse cherche à profiter de ce « leurre » pour déclencher, chez son vis-à-vis sollicité, une réaction instinctive de cure de la prole et ce indépendamment des conditions objectives qui dénoncent la fausseté ou l’artificialité des faits.

 

Les armureries sont prises d’assaut…

Donc M. Obama fait tout pour convaincre ses concitoyens gladiatorisés à se comporter en honorables chevaliers sauf travailler pour abroger l’amendement de la mort.

Entre temps, les gun shows continuent de monter les chapiteaux de leurs foires très populaires d’ailleurs. Foires de la mort qui échappent à tout contrôle.

Au contraire écrit encore Jeune Afrique « Aujourd’hui, alors que les armureries sont prises d’assaut par les Américains qui anticipent l’adoption d’une législation plus restrictive, il n’a jamais été aussi facile de se procurer une arme. »

Somme toute « Selon un sondage réalisé après Newtown, 49 % d’entre eux seraient favorables à un contrôle accru, alors que les pro-gun seraient environ 42 %. »

207 vies humaines des citoyens américains, considérés comme des dieux sur la terre, sont tombés victimes d’une démission scandaleuse face au destin ?

Oui, c’est exactement ça ce que je veux dire, si par destin l’on entend les millions de pro-gun épaulés par la puissante et redoutable NAR - véritable syndicat du meurtre et du trafic d’armes !

Le malheur est que ces mêmes criminels seraient capables, s’ils le voulaient, d’imposer au Tiers-Monde cette belle et sacro-sainte liberté d’expression via B52 et autres drones et Rafale ou Tornado.

Oui si par destin l’on entend l’impuissance pour ne pas dire l’abdication des décideurs américains devant le diktat de ces lobbies de la mort !

Même dans les guerres qu’elle est en train de faire au Yémen et en Somalie, l’Amérique n’a pas perdu autant de vies humaines parmi ses citoyens ! Ni la France et l’Angleterre réunies dans leur guerre à l’Irak à l’Afghanistan, à la Libye et, depuis le 11 janvier 2013, au Mali où pourtant elles auraient tué des milliers d’Irakiens, de Yéménites,  de Somaliens, d’Afghans, de Libyens et de Maliens… pour ne citer que cette goute dans l’océan des massacres « propres » œuvres des armes dites intelligentes et des drones de M. Obama.

 

Abdelmalek Smari

 

 

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article