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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Du fatalisme en Amérique : quand les fils des dieux meurent minablement, impuissamment, comme les chiens de Bucarest ! (2)

« Papa était sicilien seulement de la part de mère. »

« Mais il avait pris tout d’elle. Il avait le même caractère insinuant… il rendait un service à l’un, un autre à l’autre… c’est de cette manière qu’il est allé de l’avant dans sa carrière. Moi je le lui disais, tu as la mentalité maffieuse. « C’est la mentalité de nous autres siciliens » répondait-il. Car il se considérait siciliens de la tête jusqu’aux pieds. Et qui sait s’il ne l’était pas vraiment… »

« Monte Mario » roman de Carlo Cassola

 

Hic sunt yenae

Les Américains, avons-nous ditb - oua ma Adraka ma les Américains !- sont fatalistes. Le fatalisme est un monstre bipède. Il se tient debout de gauche sur les masses aliénées et aliénables (y compris les intellectuels) de droite sur les forces intéressées et mystificatrices.

Avec l’industrie et la culture de « l’induction à la violence », via Hollywood, les mass media et une certaine intelligentsia - criminelle puisque complice ou incitatrice - visent et atteignent les plus jeunes même les enfants encore malléables, dont la conscience est encore en formation.

Fatalistes ? oui, les Américains le sont et d’une manière scandaleuse même ; autrement comment se fait-il qu’ils ne réagissent pas d’une manière adéquate et efficace face à un véritable holocauste que des présumés fous ou de prétendus criminels continuent de perpétrer périodiquement, quasi systématiquement, contre leurs propres citoyens ?

Passe encore pour les raids et les massacres menés d’une manière systématique par leur gouvernement et leurs alliés prédateurs contre les enculés de la terre (les populations de : Afghanistan et Irak en tête en passant par le Yémen et la Syrie et en arrivant enfin – et cela depuis seulement l’autre hier - jusqu’aux Maliens), mais permettre de tels massacres sur leur propre territoire, contre leurs propres citoyens, sans prendre de vraies mesures de prévention (c’est-à-dire « sans jamais remettre en cause le fameux deuxième amendement. » « qui donne aux Américains le droit de "garder et porter des armes". »), cela relève du fatalisme.

Et le fatalisme, dans le cas d’un pays comme les USA serait de loin plus grave encore que celui qu’on relève généralement dans les pays sous-développés, vu les capacités technologiques, culturelles et organisationnelles de l’empire du moment - et de tous les apprentis ou déchus empires - qui sont incomparables avec les déserts culturel et moral des enculés de la terre.

 

Silence les enfants, on vous massacre… en série !

« Etats-Unis: une succession de tueries qui alimentent le débat sur les armes - titre Le Monde.fr dans l’une de ses livraisons online fin décembre 2012 et les passe en revue :

14 décembre 2012 Une fusillade a fait 27 morts dont 18 enfants, dans le Connecticut ;

16 octobre 1991. Un homme tue vingt-deux personnes dans un restaurant de Killeen (Texas) et en blesse une vingtaine d'autres ;

20 avril 1999. A Littleton (Colorado) – situé à une trentaine de kilomètres d'Aurora, où ont été tués les spectateurs de la première de Batman – les lycéens Eric Harris, 18 ans, et Dylan Klebold, 17 ans, ouvrent le feu au lycée Columbine. Douze élèves et un enseignant sont tués ;

29 juillet 1999. Après avoir tué sa femme et ses deux enfants dans leur domicile d'Atlanta (Géorgie), Mark Barton, spéculateur boursier de 44 ans, ouvre le feu dans deux sociétés de courtage du centre financier, tuant neuf personnes, puis se suicide ;

21 mars 2005. A Red Lake (Minnesota), un adolescent de 16 ans tue dans son école neuf personnes, dont cinq lycéens, avant de se suicider ;

16 avril 2007. Un étudiant de 23 ans d’origine coréenne, Seung-Hui Cho, tue trente-deux personnes, dont vingt-sept étudiants, avant de se donner la mort … ;

24 décembre 2008. Un homme déguisé en Père Noël ouvre le feu sur les convives d'un réveillon à Covina, banlieue de Los Angeles, tuant neuf personnes, et se suicide ;

10 mars 2009. Après avoir établi une "liste de cibles", Michael McLendon, 28 ans, tue dix personnes, dont sa mère et son oncle, dans trois villes de l'Alabama (sud) avant de retourner l'arme contre lui.

3 avril 2009. Un immigré d'origine vietnamienne, Jiverly Wong, 41 ans, ouvre le feu dans un centre d'accueil pour immigrés à Binghamton (Etat de New York), tuant treize personnes ;

5 novembre 2009. Un psychiatre militaire d'origine palestinienne, Maj Nidal Malik Hasan, déclenche une fusillade dans la base militaire de Fort Hood, au Texas, tuant treize personnes ;

8 janvier 2011. Jared Lee Loughner tire à bout portant et blesse grièvement l'élue démocrate Gabrielle Giffords, devant un supermarché de Tucson (Arizona). Le bilan fait état de six morts et dix-neuf autres blessés. Cette fusillade se distingue des précédentes par son mobile ouvertement politique : la violence du climat politique américain, notamment dans les rangs du Tea Party, est pointée du doigt. Lire " Les Etats-Unis en pleine introspection après la tuerie de Tucson" ;

12 octobre 2011. Dans la station balnéaire de Seal Beach (Californie), un homme, en conflit avec son ex-femme pour la garde de leur enfant, ouvre le feu dans le salon de coiffure où elle travaille. Le bilan est de huit morts, dont son ex-femme ;

2 avril 2012. Un Coréen de 43 ans tue sept personnes et en blesse trois à l'Université religieuse d'Oikos (Californie) ;

20 juillet 2012. James Holmes, 24 ans, ouvre le feu dans une salle de cinéma à Aurora (Colorado), tuant douze personnes et en blessant 58 ;

5 août 2012. Un tireur lié au mouvement néo-nazi attaque des fidèles dans un temple sikh à Oak Creek, dans le Wisconsin, tuant au moins six personnes avant d'être lui-même abattu ;

21 octobre 2012. Trois personnes sont tuées et quatre autres blessées par un homme qui a ouvert le feu dans un institut de beauté dans la banlieue de Milwaukee.

 

Même l’empire de l’oncle Sam peut avoir son régime et ses dissidents du régime !

Pas moins de deux cents sept (207) personnes sont abattues sur le territoire de la grande nation des droits de l’homme ! Cette même nation qui va jusqu’à punir des nations entières si elles osent toucher à un cheveu de leurs citoyens !

Et peu importe à l’hyper-Puissance justicière, malade de la caritas urget mais fort soucieuse des intérêts personnels de ses potentats locaux, peu lui importe si ce qu’elle veut faire passer pour des atteintes graves aux droits de l’homme dans les pays cibles ne sont en réalité que des mensonges ; ou à la rigueur le souci des gouvernements de ces pays malheureux de combattre la délinquance et le crime dans leurs pays par la prévention ou par des punitions pourtant légales.

Deux cents sept (207)  personnes - et quelles personnes : il s’agit ici des dieux, fils de dieux ! - sont donc abattues comme on abattait des chiens enragés il y a quelques années à Bucarest.

Le motif ? Une espèce de folie étrange qui, parait-il, n’affecte que les Etats-Unis, si l’on exclut la tuerie du 08 janvier 2011 qui, celle-ci relève bien du domaine du politique.

Eh oui, même l’empire de l’oncle Sam a son Régime et ses Dissidents du Régime, pareil en cela aux états qu’on disait ou qu’on dit encore : « voyous ! »

Ces tueurs agissent en justiciers, comme la maffia en Italie. Cette maffia dont on préfère plutôt grimper sur les vitres que lui reconnaître un caractère politique ! et à cet effet seules des sphères initiées ont compris qu’il y aurait dans sa nature un peu du politique « sécessionniste » certes mais politique tout de même car ce serait la tendance qu’affiche le Sud de s’affranchir du Nord considéré par les habitants du Sud comme un véritable colonisateur.

Mais les « anti-sécessionnistes » font passer cette tendance politisée pour de la criminalité organisée. D’où les affres dues à cette impasse où se trouve l’Italie depuis des siècles.

D’où aussi cette tendance de caractériser de scandaleuse et d’inadmissible toute velléité de négociation entre l’Etat et la maffia.

L’écrivain Carlo Cassola dans son roman « Monte Mario » fait dire à deux de ses personnages :

« Papa était sicilien seulement de la part de mère. »

« Mais il avait pris tout d’elle. Il avait le même caractère insinuant… il rendait un service à l’un, un autre à l’autre… c’est de cette manière qu’il est allé de l’avant dans sa carrière. Moi je le lui disais, tu as la mentalité maffieuse. « C’est la mentalité de nous autres siciliens » répondait-il. Car il se considérait siciliens de la tête jusqu’aux pieds. Et qui sait s’il ne l’était pas vraiment… »

Si les mots en-soi ont un sens et s’ils ne mentent pas trop ou pas du tout, cela démontre que l’âme du peuple sicilien saisit bien le sens profond du mot maffia – sens originairement politique et il l’est encore jusqu’aujourd’hui.

 

Cacher l’éclat de la vérité par un filet !

Mais retournons à notre Amérique : Entre temps que font les autorités, les citoyens et la société civile par excellence ? Ils continuent à débattre de tous les maux de la terre et de toutes les barbaries des cieux sauf de leur propre folie.

Folie ? c’est un euphémisme - combien mystificateur ! - derrière lequel on cherche à cacher la véritable nature de ce terrible et barbare mal qui afflige l’Amérique, pays présumé respectueux de la liberté de l’homme et de ses droits à la vie et à la dignité !

Oui la libre circulation des armes est déterminante dans ce type de massacres : elle l’est dans la mesure où elle donne la forme dont le massacre s’habille et détermine le nombre des victimes à abattre.

Mais tant que l’Amérique et ses alliés (sont-ils vraiment alliés ou amis ceux qui font semblant de ne pas voir nos maux et nos faiblesse ?) ne procèderont pas à une sorte d’auto-analyse intelligente, honnête et sérieuse ; tant qu’ils se refuseront à reconnaître le caractère politique de tels massacres, notre hyper-Puissance (dont notre époque est fière comme en sont fiers d’ailleurs tous les peuples de la terre dont elle est constituée) ne sortira jamais d’une telle barbarie.

Il est évident que tous les mielleux discours sur la fraternité des hommes, leurs droits à la vie et à la dignité etc. etc., ne servent pas à grand-chose si de l’autre part les puissants continuent d’exploiter les masses, si l’Amérique continuent de faire des guerres atroces et rapaces aux autres peuples et si elle continuent d’armer son peuple contre… lui-même !

Les Américains, enfants de cette terre de discours sur la liberté et le respect des droits de l’homme, ne sont pas dupes de telles contradictions dans le fond et dans la forme de tels discours.

 

Abdelmalek Smari

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