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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Du fatalisme en Amérique Ou de la violence comme culture et divertissement (pascalien)

  

« Nous, Américains, sommes des tueurs incroyablement bons »

Michaël Moore

 

 

Qu’est-ce que le fatalisme ? c’est une attitude mentale primitive d’ordre magique (Sartre), à la limite de l’instinctif, qui servait jadis à protéger des entités psychologiques ou des groupes entiers et des peuples (eux-mêmes primitifs, à la limite de l’instinctif) pour palier leurs limites et leurs inadéquations adaptatives face à des forces hostiles cosmiques ou qui relèvent de l’inexorable et impitoyable force des choses et de la nature : du destin enfin.

Une attitude d’ordre magique puisqu’elle nous fait croire qu’on se mettant à plat-ventre, prêts à subir le diktat des lois du destin, on a des chances d'en susciter la pitié ou la clémence. Et de ce fait on est plein dans le fatalisme.

On sait désormais en quoi consiste concrètement le sémantème « destin » : il n’est que la traduction de la volonté inhibitrice "mystérieuse"(!), à des fins de domination et d’exploitation, que le plus fort exerce sur le plus faible. Rien que ça.

Le fatalisme c’est, en d’autres mots encore, quand on se trouve, sans en avoir les forces nécessaires, contraints à faire face à des forces hostiles à notre volonté existentielle ou historique et quand on se convainc qu’elles auront inéluctablement raison de notre combativité (peu importe que notre défaite soit imaginaire ou effective) ;

quand ces forces hostiles et puissantes et sourdes nous contraindront à jeter l’éponge parfois sans même formuler le vœu de les combattre ;

ou quand elles nous contraindront à nous résigner et à préférer la mort indigne dans l’inaction et la torpeur au lieu de la vie dans le mouvement et la vivacité, en nous faisant dire par exemple : « C’est le fatum ! » (fatum d’où l’attribut fatalisme).

Mais tout ça ce n’est pas encore du vrai fatalisme, le fatalisme pathologique, le fatalisme pur et simple, le fatalisme complet ; non.

Pour qu’une telle attitude mentale devienne vraiment fataliste, il faut que notre résignation s’installe dans la durée, d’une manière pérenne; 

il faut qu'elle devienne systémique et persévère dans notre inhibition, nous paralysant dans notre mode d’être, de percevoir, de vouloir et d’agir.

Les définitions servent à délimiter, à distinguer et à étiqueter donc. Souvent elles servent aux étiqueteurs surtout à stigmatiser une personne ou un groupe de personnes afin de les exclure de la sphère des humains, donnant par là à leurs petites âmes perfides l’illusion de s’être élevés à des statuts de supermen ou de dieux !

Jusqu’à présent on a souvent donné des définitions assez superficielles du mot ou de la catégorie « fatalisme » ; on a trop insisté sur les apparences culturelles et les caractéristiques physiques des gens ou de la personne qu’on veut taxer de fataliste, comme lesdits orientaux.

Dans le cas de ces-dits orientaux, fatalistes par nature et par vocation, le fait de porter un turban/khimar est signe de fatalisme,

être sale ou lent/e est fatalisme,

avoir le visage plein de mouche ou avoir une plaie à ciel ouvert est fatalisme,

être ignorants ou avoir des femmes respectueuses est fatalisme, à double détente celui-ci( !),

être de couleur sombre, rouge, jaune ou noire est fatalisme,

avoir pour religion l’islam est fatalisme,

parler l’arabe est fatalisme,

être en syntonie avec ses gouvernants est fataliste…

la liste est longue, très longue !

Pour  être respectée, une définition doit prendre en considération non pas l’ombre - qui, elle, peut toujours être trompeuse - mais l’objet, la matière même dont se constitue le concept à définir.

L’objet du fatalisme ne peut être que cette capitulation (d’origine culturelle ou idéologique mercantile) que l’individu ou la nation adopte face à des difficultés qui, aussi insurmontables paraissent-elles à leurs yeux obnubilés par l’histoire ou par la propagande idéologique, s’avèrent facilement solubles à peine la personne ou la nation consentent-elles un minimum d’effort et de détermination pour les combattre.

Si on applique une telle définition pour juger toutes les personnes et toutes les nations de la terre, on va découvrir que :

-         l’identikit de la personne fataliste va, lui aussi, changer de nature : de noir/e, squelettique, morveux/se, despote, vaincu/e, ignorant/e, malade, le visage plein de mouches etc… le/a fataliste va devenir aussi visage blanc, grande carrure, un sourire pleins les dents, sain/e et saint/e, femme en tenue d’Eve, macho touts muscles et vigueurs, bien propre et bien habillé/e, en somme de véritables WASP, et la liste est ici aussi longue, interminable presque…

-         la géographie même des fatalistes va changer pour aller répandre ses ombres et ses tristes voiles sur des nations qui se croyaient jusqu’ici incomparables avec les nations dites orientales : on trouve parmi ces nations la plus grande de toutes les nations de la planète, la plus grande en absolu : les U.S.A. qui, pour la dire un peu hâtivement (j’y reviendrai dans le prochain article), sont restés comme paralysés à subir pour deux siècles et quelques lustres, avec un tel stoïcisme, une telle résignation, un vraisemblable fatalisme, les affres d’une mesure que le temps a rendue obsolète, mais dont les tragédies sont encore en vigueur, répétées et de plus en plus amples.

Cette mesure (le droit constitutionnel qu’ont les citoyens des U.S.A. de porter les armes) est restée intacte, alors que les conditions qui l’avaient générée et qui l’avaient justifiée (une justice fai-da-te dans une société en constitution) n’existent plus depuis plusieurs décades, plus précisément depuis la fin du Far West.

Une mesure obsolète donc et létale au sens propre du mot, érigée malheureusement à loi fondamentale inviolable de leur constitution. A impératif moral! 

 

Abdelmalek Smari

 

 

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