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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Deuil, révolte et espoir à Hamma Bouziane

Avant tout, je m’incline sur la mémoire d’un jeune Algérien que les circonstances défavorables de l’existence avaient porté un peu au delà de la vie dite normale, vers la solitude et la marginalité. Une solitude et une marginalité qui étaient cruelles, fatales.

Il y a à peine quinze jours, ce jeune homme, « ami » et voisin, trouva la mort dans le commissariat de police à Constantine !

Que la police algérienne, sensée protéger les Algériens, laisse mourir un Algérien dans le sanctuaire même de la sécurité et de l’assurance, voilà ce qui relève du scandale et de l’amertume.

J’espère qu’à cette négligence ou légèreté (ou délit si les agents qui avaient arrêté la victime s’avéreront coupables de sa mort), notre Police saura remédier et dans les meilleurs délais.

Car n’oublions pas : même si nous ne sommes que des Algériens, nous vivons de toute façon, et depuis déjà une décade, en plein XXIème siècle, le siècle du respect des hommes, des animaux, de l’environnement et de la vie.

La police doit donc accepter l’ingrate et ardue mission d’éduquer les gens. Il ne faut pas qu’elle continue à confondre le mot Autorité avec celui de Violence.

Elle doit avoir de l’autorité, certes, mais elle n’a aucun droit à exercer la violence sur qui que ce soit de leurs concitoyens et des hôtes de l’Algérie.

Et s’il se trouve quelque agent qui n’est pas d’accord avec cette mission et cette conception modernes de la police, qu’il se retire du corps de la sûreté. Ainsi rendrait-il un grand service à son employeur direct (la Police) et indirect (le citoyen. Oui le citoyen !)

La police, que quelque langue accuse d’avoir commis ce meurtre, nie toute responsabilité dans cette affaire et présente le cas tout simplement comme un suicide. Et si le directeur général de la Sûreté nationale épouse cette thèse, il ne ménage pas pour autant ses hommes et parle, lui, de négligences dans la professionnalité.

De leur côté, les parents et les amis du défunt accusent les agents de l’avoir frappée (la victime) à mort. Ils réclament, pour ça, que justice soit rendue aux citoyens.

Et c’est tout à fait légitime que les citoyens demandent des comptes à la police qui est sensée les protéger et veiller sur leurs intérêts.

Toutefois nos citoyens doivent savoir ceci : à s’occuper de ce volet il n’y a que la Justice. C’est la seule instance compétente. Elle seule peut légitimement et objectivement déterminer les responsabilités dans cette mort suspecte : ou est suicide et le dossier serait classé ; ou est homicide volontaire (ou involontaire) et le ou les coupables devraient alors répondre de leur acte.

Malheureusement aux parents et aux amis du défunt il ne reste que pleurer, attendre et prier pour la victime qui s’appelait Kamel.

Quand j’avais connu Sisour (ainsi le surnommait-on), il était encore enfant et déjà orphelin. Il était beau garçon, fort et trop fier… un lionceau ! Mais souvent le destin réserve à ce genre de caractère fougueux et indomptable assez de surprises graves, souvent tragiques !

Son cas me fait penser au célèbre film « La fureur de vivre » interprété par le non moins fougueux James Dean. Lui aussi fut victime de cette fureur… de vouloir vivre.

Donc si nos concitoyens de Hamma, qui étaient sortis pour brûler les pneus en guise de protestation, s’étaient donné un moment de réflexion, avec calme et objectivité, ils auraient pu découvrir qu’eux aussi sont en quelque sorte responsables, pas pénalement bien sûr, mais moralement.

Ils auraient pu empêcher dès l’origine un tel incident : Hamma est une petite ville (si on peut l’appeler ville !) et les habitants se connaissent entre eux et ont encore cette timidité paysanne qui fait qu’on croit encore et qu'on accorde une pieuse importance aux conseils et à la sagesse des gens sincères et sages… ou du moins de ceux qui semblent tels.

Sisour n’était pas si bête ; il aurait écouté, compris et obéi, si une personne l’avait « prié » de ne pas commettre le méfait qui l’avait porté au commissariat.

Hélas il parait que les Hammais commencent déjà à s’éloigner de l’esprit de l’aide et de la solidarité qui les caractérisaient.

Bien sûr il y a aussi la responsabilité des autorités et des parents... d’accord mais ça ne nous exempte en rien de notre responsabilité.

A cet ami, auquel j’ai parlé une seule fois dans ma vie et qui était entré pour ne plus sortir de mon cœur, j’offre ce bouquet que j’ai cueilli dans un très joli poème de la poétesse de Sienne Liliana Valentini

 

Entre brume et voiles

J’essayais de  trouver

Le logo de la vie…

Mais d’imperceptibles

Mots et sens

Défient le récit,

Ou l’émotion

Obnubile l’esprit

Ou bien la parole manque

 

Smari Abdelmalek

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