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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Le cigare de Thomas Edison ou Un nouveau homo berbericus est-il possible ? ( 1 )

« Dans chaque moment de l'histoire, non seulement l'idéal moral, mais le ''type'' de citoyen défini par le droit public est supérieur à la moyenne des hommes vivant dans un Etat donné. Cet écart devient plus prononcé encore dans les moments de crise, comme l'est ce moment d'après guerre, soit parce que le niveau de ''moralité'' s'abaisse, soit parce que le but à atteindre se pose plus en haut et aura donc à s'exprimer dans une nouvelle loi et dans une nouvelle moralité. Dans un cas comme dans l'autre la coercition de l'Etat sur les individus augmente, augmente la pression et le contrôle d'une partie sur le Tout et de celui-ci sur chacune de ses composantes moléculaires. »

« Lettre de prison » tome 2   p. 92  Antonio Gramsci .

 

  

Eloge de l'inégalité ? non ; de la différence

Il s'agit dans cet écrit de traiter de l'élite et de l'élite en Algérie. L'élite que nous entendons ici ne devrait rien à voir avec celle dont parle et se moque Mostefa Lacheraf dans ses « Ruptures » ; à savoir, cette bourgeoisie locale qui s'ouvre uniquement sur d'autres bourgeoisies affairistes, amies ou complices en occident, indifférentes ou hostiles aux intérêts de leurs propres pays.

Cette élite égoïste se révèle fort négative au sens où elle ne crée chez les masses qui l'élisent - pour le dire avec des mots de Paul Nizan - que soumission, stupéfaction et admiration.

En plus elle est basée sur le pouvoir que lui confère l'amassement des fortunes avec le prurit d’exhiber ces fortunes (et de s'exhiber elle-même) en les dilapidant à gauche et à droite dans les stupidités.

Admettons que cette sorte d'élites ait, elle aussi, le droit d'exister et même d'être indispensable ; elle doit cependant avoir à ses côtés d’autres types d’élites concurrentes qui la critiquent, la guident et l’orientent pour le bénéfice de tous les citoyens.

Quant au type d'élites dont il sera question dans cet écrit, il est plus sérieux et plus honnête car il doit travailler pour organiser nos masses toujours informes et carencées, les animer - pour paraphraser encore Lacheraf - mais aussi tenir en échec les manœuvres de retardement, les blocages des nantis et de leurs maîtres étrangers.

Si nous n'avons plus besoin, par les temps qui courent, de prédicateurs, nous aurons toujours besoin d'éducateurs. Mais ceux-ci seront nul avec leurs idées et leurs actions si l'on ne voit pas chez eux des exemples concrets de moralité, de tact, de goût, d'intelligence et de civisme. Seulement alors ils pourront faire d'exemples... justement.

L'élite est ce processus qui a lieu dans une société donnée où se trouve un groupe d'hommes, acteurs historiques, véritable moteur de changement, qui sont touts conscience, engagement, travail et discipline afin de moraliser le reste de la société et la mobiliser autour d'un projet de société pertinent, partagé par tous et participé.

Ecoutons encore Gramsci, ce maître à penser de nos temps modernes, : «  Il faut toujours - dit-il - être supérieur à l'environnement dans lequel on vit, sans toutefois le mépriser ou se considérer supérieur. Comprendre et raisonner, ne pas pleurnicher comme de vieilles femmes » « Lettre de prison » tome 1 p. 104.

Il est clair qu'on ne va pas demander à tout le corps social d'être tout cerveau, toute conscience et tout génie. Ce serait une erreur ou une stupidité sans remède. D'ailleurs c'est cette erreur de perspective qui nous a englués pour des décades dans la situation de la « vue longue et le bras court ».

Il s'agit de savoir précisément de quoi il nous faut rêver et, en même temps, savoir reconnaître les chimères et ce qu'il ne saurait être de notre ressort ni « de notre figure ».

Poser le problème du progrès et de la modernité en ces termes et à partir de ce point de vue c'est ne pas le poser du tout et c'est donc ne rien faire pour attiser le cours de notre destin et lui imprégner l'orientation du but que nous attendons de lui, c'est ne lui préparer ni outils ni méthode ni enfin en avoir une conception lucide, librement choisie et voulue, pour l'atteindre.

Poser de la sorte ce problème, c'est accrocher à nos pieds deux boules atlassiques, qui pèsent autant que les chaînes de l'Atlas, et c'est malheureusement ce que nous continuons à faire, à croire et - comble ! - à rechercher activement.

Persister dans cette entreprise vaine n'aura d'autres significations que celles de chercher à justifier notre paresse et notre impuissance civilisationnelles et nous bien accommoder de notre inertie seconde-naturelle et de notre sensibilité fataliste. Car l'on sait bien qu'on ne peut faire d'un doigt, d'un cheveu ou d'un orifice de notre corps une substance grise.

La société et le cosmos entier ont toujours été perçus et conçus à l'image du corps et des caractéristiques du corps percevant et concevant : un ensemble d'organes indispensables, vitaux, complémentaires mais différents dans leurs constitutions, dans leurs formes et dans les fonctions qui incombent à chacun d'eux. Un poème amusant de La Fontaine, parmi une infinité d'exemples qu'on peut trouver dans la littérature et les discours des hommes, rend pertinemment compte de ce genre de cruelle harmonie : les bras ou les genoux qui en veulent à l'estomac !

Donc poser comme condition sine qua non, pour accéder au progrès et à la modernité, le fait de faire de tous les membres de la société des génies et des bien-élevés (des gens qui aient une conscience et une responsabilité historiques, des gens qui aient une capacité de volonté et de puissance pour réaliser le projet social et l'épanouissement individuel) c'est signe de n'y rien comprendre ou de ne rien vouloir entreprendre, c'est l'intention de ne pas changer.

Et puis si tous les citoyens sont déjà à un tel niveau de conscience historique, de volonté, de moralité et de liberté… ils n'auront plus besoin d'aucun prêche et d'aucune éducation ; ni donc de ceux qui les devraient éveiller ou les aider à se lever ou à se relever.

 

L'origine de l'élite est biologique

L'esprit d'élite procède de celui de conquête qui, lui-même, procède directement de la vie en toute sa crudité, s'il n'est la vie elle-même. C'est un comportement adaptatif que le processus d'hominisation a traduit en termes culturels lui confiant la tâche de porter de l'avant la part de l'évolution que mère nature a délégué (par alternance?) à la culture.

De ce fait l'esprit d'élite s'est présenté à notre conscience historique avec l'appellatif de l'esprit des pionniers et des téméraires qui poussent et repoussent toujours plus loin la membrane qui nous protège et nous aliène et qui fait notre misère quand nous nous contentons d'une bêtise existentielle et civilisationnelle appelée gloire, quiétude ou bonheur. Cette membrane nous tient au chaud de l'irresponsable médiocrité et nous suffoque à la fois.

L'esprit de pionnier, quant à lui, nous incite et nous porte à chercher et inventer de nouveaux horizons et de nouveaux espaces et à explorer les possibles réalisations des inquiétants rêves de bonheur, de prospérité, de plaisir de découvrir, de se dépasser, d'être à la hauteur de l'image de dieu.

Il n'y a pas une société qui en ait été dépourvue dans toute l'histoire des vraies nations et peuples vifs qui ont été historiquement utiles à la race humaine :

« Avise Ayad et insiste parmi leur élite ! » - disait Louqait ben Ya'mor, un poète arabe, qui savait déjà ce que le mot élite voulait dire et quelle importance avait-elle dans la protection de la cité, pour son bien et son salut, dans un temps où les Arabes sont considérés comme de simples et vulgaires brigands sans foi ni loi ; Figurez-vous s'ils devaient saisir le sens et l'utilité politique de l'élite !! et pourtant...

Dans l'allégorie de l'arche et de son perceur, attribuée au prophète de l'Islam, c'est peut-être de ça qu'il s'agissait ; de l'immanquable division de la cité en deux parties : l'une forte et n'a pas de ce fait besoin d'être nombreuse. L'autre grouillante justement car mal organisée et précaire et proie aux forces qui animent les moeurs de la jungle.

En d'autres termes : nous vivons sur une arche en plein dans des flots hostiles et ténébreux et il y aura toujours quelqu'un qui, pour une stupidité ou une autre, se trouve tenté de percer cette arche protectrice avec la pioche de l'ignorance et de l'irresponsabilité. Et il y aura toujours quelqu'un qui essayera de l'empêcher de le faire, avec la force de la raison et le bon motif de l'intérêt commun.
S'il était resté dans les mains de la nature, à dépendre de ses seuls soins, l'homme aurait également survécu et continué à végéter, mais seulement, à la même enseigne de ses frères ou cousins les singes et les porcs. Mais il avait quelque chose de plus ou, mieux, de différent par rapport à ces proches parents : il avait cette capacité de se projeter dans les profondeurs de l'espace-temps et ce grâce à sa redoutable mémoire, à sa capacité d'extrapolation, de synthèse, de conceptualisation, de communication et last but not least la capacité d'organiser sa vie et d'éprouver surtout le besoin de l'améliorer et de considérer vital ce besoin même.

 

L'Algérie a-t-elle une élite ?

L'Algérie a-t-elle une élite ? Bien sûr que non, mais elle tend à l'avoir. Il semble, hélas, que l'entreprise lui résulte ardue et peu concluante. Pour le moment notre élite est dominée par ces couleurs tertres : la stupide tchi-tchi, les grosses 4X4, les grands ventres pour les grandes occasions des zerdas et autres sagras où le bouillon coule à flots sur les montagnes de la chakhchoukha, les Nike, les portables, les télévisions numériques et les gros moutons pour l'Aid et tant d'autres tristes tentatives de s'élitiser.

Ce n'est donc pas proprement une élite, puisqu'il suffit de lui ôter ces signes extérieurs de ce faste grossier et sauvage - d'ailleurs usurpés et fixés superficiellement avec du chewing-gum ou une colle de mauvaise qualité - pour constater une mer de gens nivelés, au sol, plats et monochromes.

Non, la nôtre n'est pas une élite à proprement parler ; puisqu'il lui manque une identité sui generis, une langue, un style, un pouvoir, des institutions (cercles, festival, publications, exploit, salons et même, parfois, quelques scandales...), une sensibilité et des couleurs politiques cohérentes, une conception originale de la vie, un intérêt moral et économique pour la vie dans et de la cité.

Toutefois nous devons, par honnêteté intellectuelle et pour l'histoire, reconnaître à cette pseudo élite un grain de générosité ; puisque tout ce qu'elle a (si l'on exclut les 4x4), elle le partage avec le bas peuple, la non-élite : de la Omra jusqu'aux gandouras et changlas.

Lors des pénuries, ses membres sont prêts à toutes formes de bassesses et de coups lâches pour avoir un morceau de beurre, un électroménager ou autres gadgets rares et précieux. Pour un service - leur droit pourtant - au niveau de la mairie, de la douane ou de quelque ambassade prestigieuse représentant l'élite universelle, ils bousculent comme les autres, ils usent les mêmes injures qu'eux.

Tout comme les membres de la classe écrasée, ils avancent sous forme de bakchich une rachoua plus copieuse, espérant avoir gain de cause dans quelques affaires juteuses. Ils ne font jamais de sacrifices pareils pour promouvoir le théâtre, le cinéma, les idées, les arts ou le livre...

Dans l'intimité de leurs psychismes, ils souffrent des mêmes complexes dont souffre la non-élite et de la même instabilité de l'humeur due à l'incohérence, à la pratique du culte des traditions et des zerdas, à l'oppression de leurs femmes ou soeurs et aux catégories de misérables mal protégées ou qu'ils croient telles. Quand ils parlent, ils ne discutent pas : ils se disputent et vous agacent les oreilles. Ils ne critiquent jamais, bien qu'ils soient épouvantablement sceptiques, mais ils dénigrent et médisent jusqu'aux plus nobles parmi eux...

Et quand leur âme est sereine, ils font les mêmes beaux rêves et rêvassent peut-être de réaliser les mêmes ambitions et les mêmes désirs que ceux des heureux (imbéciles?) membres de la non-élite. Leur esprit est saisonnier comme celui de la plèbe et occasionnel : le temps menace-t-il de sécheresse ? Les voilà qui courent, sérieux comme des papes, à faire la prière de l'istisqa' ou à en parler (raillant ou admirant les fidèles).

Le Ramadan approche-t-il, le pèlerinage, le sacrifice de l'Aid, les interminables fêtes de mariage et de circoncision ou d'autres futiles occasions du genre (futiles dans le sens qu'elles ne devraient plus susciter à chaque année, à chaque génération les mêmes discours stériles et écoeurants) ? Les voilà à rabâcher des mots morts et des délires, confondant les styles et mélangeant les genres...

A propos du type d'élite que nous avons, nous autres exemplaires de la race bénie de homo berbericus, il y a une revue en Italie qui s'intitule Left. Elle est de gauche, comme l'indique honnêtement le mot, elle a deux couvertures valables où l'on peut lire tranquillement des titres et sous-titres et voir les photos du jour ou les dessins.

Dans un numéro de juin, sur l'une de ces couvertures double-face, l'on peut voir l'image caricaturée d'un "roi des rois" issu, parait-il, de la terre sainte de la Berbérie, avec son trône mobile qui ressemble à la tente d'un bédouin, son kabbous qui attend d'être couronnisé (devenir une vraie couronne)... seulement on l'avait livré, le pauvre, en tenue d'Adam !

En fait la caricature du jour nous donne ce représentant de l'élite berbéro-arabe avec le derrière découvert en fuite devant un minuscule personnage, lui aussi, nu et vu de derrière.

La différence entre le géant berbericus et le nain italicus est que ce nain est bel et bien doté d'une quiquette et deux balles qui se voient malgré la position et la posture qui auraient dû les éclipser. A part le sceptre, le nôtre, il n'avait rien de tout cela ; peut-être que le caricaturiste l'avait confondu avec les amazones qui l'entouraient et le protégeaient.

C'est dire combien sont importantes nos élites d'abord aux yeux de notre plèbe (pensez aux blagues sur nos hommes dits politiques) et ensuite aux yeux de ces peuples dits du premier monde.

Si nous étions vraiment à la hauteur de notre ambition ou prétention, nous aurions eu pu forcer le respect de n'importe quel adversaire ou ennemi, mais puisque nous ne sommes que des clowns de mauvais goût, en faillite et malchanceux, nous n'attirons que rigolades, moqueries et peut-être quelques rares pleurs de pitié.

 

Labora et intelliget ou Arriver tôt pour voir passer les stars

Mais le coeur de l'Algérie bat, on l'entend distinctement, avec cette frénésie incohérente et ce chaos d'envies de faire et de bien faire. Et ce n'est pas seulement ostentation de gens impuissants qui substituent les devoirs d'agir au bête contentement de rêver les choses déjà faites. Seulement, ce coeur n'est pas bien relayé dans sa besogne à un centre nerveux et reste ainsi aveugle... et pour cause : ça lui manque l'intelligence, le cerveau. Ce centre nerveux ne peut être que l'élite.

Concevoir l'existence d'une élite dans une société donnée ce n'est ni de la niaiserie, ni du luxe, ni de la futilité ; bien au contraire, c'est une entreprise stratégique et vitale pour ce corps social. Ça rentre dans la logique très efficace de la division sociale du travail. L'élite explore le monde, le structure, le conceptualise et le donne à la non-élite comme matière à étudier et àmodeler, comme chemin à suivre, comme tâche à compléter et à enrichir, comme un feed-back critique et constructif.

Il faut donc que l'élite enseigne et éclaire la non-élite sur les objectifs à caractères et intérêts communs, sur son rôle, sur ses responsabilités. La non-élite - on le voit dans la vie de tous les jours - s'agrippe à tous ceux qui se proposent comme exemples dignes d'imitation ou, mieux, d'inspiration. Et ça prouve qu'elle est bien disposée à apprendre, pour peu qu'on lui offre de la matière, le travail, la discipline, le savoir, la bonne éducation et le sens de citoyenneté.

Ces concepts, c'est à l'élite de les forger, de les adapter, de les assumer et de les faire agir dans leur vie même, de les incarner par leur culture spécifique, par leurs comportements, par leurs modes de vivre, de les rendre accessibles et pourvus de sens et de valeur et de prestige aussi.

La non-élite alors suivra inéluctablement son élite, comme l'on tend avec essoufflement et malgré les déceptions, les vexations et les résistances (nôtres et autrui) à suivre cette autre élite universelle qu'on appelle communément le monde occidental.

La non- élite a besoin d'une élite qui la soutienne, la rassure, lui fasse de guide et surtout qui l'élève vers les hautes sphères de la simple moralité et du simple civisme, qui la reconnaisse et qu'il lui enseigne enfin le respect de soi-même et celui des autres.

« Dans cette petite sala Pasinetti - écrit Azzedine Mabrouki El Watan 03-09-08 -, on est à la fois au coeur du palais du festival et loin du bruit et de l'agitation fiévreuse du Lido, quand la foule italienne arrive tôt pour voir passer les stars... »

Ce n'est pas que nos concitoyens manquent d'un tel faible pour les stars, non, mais les stars à leur disposition sont de type religieux d'abord, footballistique ensuite, et puis et surtout mercantile et bakhchichiste enfin, nihiliste dans tous les cas, malheureusement.

Nos modèles sont ces Egyptiens dont parle Amina Kheiri (El hayat 12-09-08  ) qui, dès qu'ils peuvent, ils sont capables de laisser mourir de soif toute une métropole en détournant l'eau potable pour remplir des marres et des marécages qu'ils appellent piscines individuelles ou privées! Que peut-ont attendre de ces Kouavas, sinon le ridicule, rien que le ridicule ?

Si j'ai cité cet exemple c'est pour montrer - et les exemples ne manqueront jamais et les personnes qui les suivent aussi - jusqu'où l'on peut arriver à force de devoir imiter ceux que l'on retient plus chanceux et plus futés que soi : plus dans le pire que dans le meilleur, surtout pour ce qui nous regarde, nous autres, misérables du tiers monde.  A suivre

 

Rendez-vous au 6 août. Bonnes vacances à ceux qui sont déjà partis et bonne continuation à ceux qui sont encore au boulot !

 

Smari Abdelmalek

 

 

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