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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Signés à jamais par la cruelle, indélébile et perverse marque du destin :

Despote oriental !!!

 

 

« Par la suite Agatocle suivît toute la filière devenue

 

traditionnelle pour les dictateurs militaires (ou autres) qui

 

s’emparaient du pouvoir. Il rassembla les citoyens et leur

 

déclara que, ayant désormais restauré les libertés démocratiques,

 

 se serait retiré ; la déclaration suscita l’opposition déjà

 

 prévue, et alors, après avoir simulé une réluctance –comme cela

 

se devait- il accepta de se faire élire commandant en chef

 

avec pleins pouvoirs pour une période illimitée. »

 

Diodoro Siculo, in “Storia di Cartagine”

 

Brian H. Warmington.

 

 

L’article qui suit a été écrit il y a exactement 11 ans. Je le trouve encore actuel même si le langage est un peu fané et les évènements obsolètes. La substance quant à elle, celle qui constitue le stable de la nature de l’homo berbericus et, partant, arabicus est restée la même : les différentes manœuvres pour accéder au pouvoir, le maintenir à vie et surtout ne le partager avec personne !

Il parait que les maîtres du pouvoir, chez nous, nous aient condamnés pour l’éternité à subir les affres du despotisme et à vivre nécessairement sous quelque joug ! Joug qui a pour constantes l’exploitation à outrance et donc le mépris, l’oppression, les exactions, l’humiliation et l’arbitraire. Et s’étonner ensuite de la soi-disant nature belliqueuse du pauvre et incompris homo berbericus ! Cet écrit n’a pas été destiné originairement à mon blog comme tant d’autres d’ailleurs que je publierai dans tel site, mais c’est le blog qui a été créé pour eux ! Bref. Cet article se voulait une lecture de la chose algérienne faite par un algérien à l’attention des italiens. Oui pour les italiens : je pensais que les italiens se trompaient par ignorance sur le compte des algériens! plus tard, cependant, je suis arrivé à comprendre qu’il s’agissait de tout sauf de l’ignorance : je suis arrivé à soupçonner la mystification voulue ou érigée en culture. Mais ça c’est une autre histoire. Bref ledit écrit se voulait une lecture authentique et limpide de la situation politique en Algérie, à partir d’un évènement majeur : les élections présidentielles qui avaient porté le Général Lamine Zeroual à la chefferie de l’Etat algérien en 1995. Aussi cet écrit me servait-il, alors comme aujourd’hui, de porter un regard nouveau en analysant la folie chronique qui sévit encore dans nos sociétés dites arabes, à l’aube du XXI° siècle ! encore ! Voici, en ce qui suit, l’article en question revisité et remanié: « Quand j’étais petit, il y a une quarantaine d’années de ça, mes amis et moi aimions tant un jeu qui se faisait à quatre. Nous y jouions pour passer du temps, quand nos parents se trouvaient absorbés par les différentes besognes des grands et ne réussissaient donc pas à nous raconter fables et autres contes merveilleux dont on n’arrivait jamais à s’en rassasier ! Ce jeu-là était plus élaboré par rapport à d’autres qui étaient superficiels ou bêtes. Il s’agissait de préparer quatre morceaux de papier de dimensions égales, d’y écrire sur chaque morceau l’un de ces quatre  mots : "le Sultan" ou "le vizir" ou "l’indic" ou "le voleur", de les plier ensuite de manière à ce qu’ils ne laissassent transparaître aucun des mots écrits (surtout au regard indiscret de l’indic. N’oublions pas que celui-ci a le devoir de deviner qui parmi les trois serait le voleur) et enfin de mélanger les bouts de papier afin que chacun choisît son sort. Même si elles ne sont pas écrites, les règles dudit jeu - qui définissent le rôle de chacun, les prérogatives et les différentes procédures – elles, existent. Le sultan fixe le châtiment, le vizir exécute l’ordre du sultan et l’indic doit dénicher le voleur. Quant à ce dernier, il ne lui restait qu’à espérer de ne pas être démasqué. Il arrive naturellement que l’indic se trompe et accuse le sultan ou le vizir. Alors gare à lui ! du reste le sultan peut être clément ou terrible en réduisant ou en augmentant le nombre des coups. Le châtiment consiste souvent à donner des coups au coupable (le voleur ou l’indic quand il se trompe) sur le dos de la main quand on frappe à main nue. Coups légers de clémence qui ne dépassent pas les dix. Mais l’on peut arriver jusqu’à cent coups violents au moyen d’une savate. Cependant quelque soit la cruauté des enfants, leur folie ne dépassait pas les dix coups forts : d’une part le coupable ou, mieux encore, la victime ne se laissait pas faire, et d’autre part – et c’est justement ça qui constitue la morale du jeu – tous les protagonistes savent bien qu’ils puissent être appelés à jouer tôt ou tard et nécessairement l’un ou l’autre de tous les quatre rôles. Ils ont intérêt donc à gérer rationnellement et bénéfiquement la chance éphémère que le destin leur octroie de temps en temps : ainsi ils apprennent à être indulgents. Si par exemple le sultan d’un tour de jeu qui a su être clément deviendra le coupable dans un tour successif, il sera traité avec quelques égards ou reconnaissance … ainsi de suite. Où est-ce que je veux arriver ? Je voulais parler de la nécessite de l’alternance dans la détention du pouvoir, n’importe quelle forme de pouvoir. Comment les enfants sont arrivés à une telle découverte ? Comment ont-ils eu cette intuition illuminante, alors que les adultes – ceux qui font le même jeu -  l’ignorent encore ? ou feignent de l’ignorer ? c’est pareil. C’est dangereux n’est-ce pas ? C’est tragique même ! Il suffit de regarder bien et nettement les haillons ensanglantés d’une dame qu’on appelle Histoire. Je sais que c’est une question très délicate, compliquée et, donc, il est très difficile d’y répondre. Tout ce que nous pouvons dire cependant est que le sultan adulte n’a jamais assez de temps à consacrer à ce jeu d’alternance comme l’heureux enfant. Serait-ce parce qu’il aura perdu la plasticité de l’esprit et de la sensibilité ? ou parce qu’il est devenu déjà sénile ? Ce qui est certain c’est que l’age en politique se calcule en générations, en durée de vie de la singulière personne ! si elle ne verse parfois dans la monarchisation ou l’héritage et la dynastisation surtout en ces jours et surtout chez nous et chez nos frères et voisins dits arabes, signés à jamais par cette cruelle, indélébile et perverse marque du destin : Despote oriental ! La notion du temps n’est pas pareille dans les deux cas : l’adulte, terrorisé par la mort prochaine, se sentant à peu de distance du trépas et ses jours donc comptés, il est certain que s’il lâche prise, il n’aura jamais plus une chance d’accéder une autre fois au pouvoir, au prestigieux rôle de faire le sultan. Mais y a-t-il vraiment une gloire à faire le sultan en ces temps modernes, après que l’évolution des mœurs ont démocratisé le prestige absolu ? (Que vaut un monarqule devant une simple pop star ?) Celui-ci, jadis, dans les temps archaïques, était monopolisé par les seuls rois ou empereurs. Mais nos sultans sont-ils vraiment au courant de ce changement de mœurs ? Il me semble que non : au contraire, ils vivent encore dans l’age de pierre ! Ils vivent encore sur l’idée paradisiaque bien ancrée dans la mentalité orientale que le bonheur consiste en l’acquisition par tous les moyens - sadico-masochiques de préférence - du seul rôle prestigieux de l’existence : faire le roi sur tout et tous sauf sur soi-même (le prestige d’être Humain tout court, n’est pas concevable chez eux). Faire le roi – patron, même s’il est seul avec son chien ou sa compagne ! Idée-paradigme de paradis qui consiste en l’acquisition de la station – roi pour ensuite ne plus bouger de là jusqu’à ce que mort s’en suive. Idée-paradigme que le mythe du paradis perdu ou à venir semble avoir bien saisi en promettant aux plus braves un salut éternel qui consiste en l’oisiveté éternelle( !) après les sacrifices et les peines consentis l’espace d’une simple vie terrestre. Paradigme dont la crédibilité est assurée par cette espèce de chimère qui pour l’ignare sultan n’a plus le rôle de moteur de l’évolution humaine, mais qui est devenu une fin en soi ! une aubaine donc à saisir hic et nunc et malgré tout ! Une telle mentalité, la mentalité d’être servi sans servir, d’avoir tout sans rien concéder – quelle inconsolable déception pour nos rois ! - n’est pas l’apanage de nos gouvernants qui sont au sommet de la pyramide du pouvoir despotique, mais elle est partagée par la majeure partie de leurs sujets ! Ce qui explique pourquoi dans ces malheureux pays un tyran en tire un autre dans une chaîne de succession, et malheureusement de succès aussi, ininterrompue et infaillible. Ce qui explique aussi les coups d’états et les violences et répressions diverses de ceux qui possèdent un brin de pouvoir sur celui qui en possède moins ! on peut même hasarder une loi de l’éthos de l’homo berbericus-arabicus, de sa violence sui generis,  en disant qu’elle est proportionnelle à la quantité du Pouvoir-en-plus qu’une personne peut avoir par rapport à son prochain et à son entourage. Un de leurs poètes ne disait-il pas « Qui n’est pas despote n’est qu’un vil impotent » ? voilà pourquoi, selon la logique royale de ce type de roitelets d’un autre age, il convient à notre sultan de préserver coûte que coûte son prestige et sa position présente … » A suivre.

 

 

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