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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Homo berbericus et son Algérie entre la conscience révolutionnaire et les enfantillages politiques

« Pour éviter que la pensée et le pouvoir

uniques se fassent sans opposition »

Tabbou Karim


Hier

Quand tu étais, Algérie, chérie et vraiment révolutionnaire, tes fils t’aimaient et te respectaient.

Ton fellah effleurait tes entrailles tout simplement mais avec une infinie douceur, une mystique, une sacrée volupté, et il te savait gré du peu de grains que sage et généreuse tu lui concédais et du modeste gourbi.

L’enfant de ton fellah jouait avec tes pierres et ta sainte poussière.

Ton médecin te consolait et te guérissait.

Ton journaliste te tenait éveillée, t’informait et donnait au monde de tes nouvelles, de celles de tes fils chéris, de celles de leurs exploits et de leurs rêves aussi.

Tes fils, même en pleine misère, trouvaient chatouilleuses tes épines, tendres tes tortures, caressants tes sentiers caillouteux et frais tes juillet-août et cléments tes hivers.

Ton taleb de religieux tel un pieux aumônier te confessait avec des psaumes de l’espoir et ne te prévoyait que du salut et de la prospérité.

Tes soldats mouraient au milieu des youyous pour que ton drapeau ne s’arrêtât jamais de flotter fier dans les airs purs de tes vastes terres. Et quand les morses des peines et des jours te serraient le cœur, ils te divertissaient et t’amusaient avec des spectacles de fantasia et de baroud.

Tes politiques prévoyaient pour toi, tendre mère, des moments radieux et des lendemains meilleurs.

 

Aujourd’hui

Maintenant que tu t’es oubliée dans les fiefs de la médiocrité et du vulgaire égoïsme, tes fils se sont lassés – paraît-il – de toi et de tes douceurs.

Ton fellah est mort. Le voici qui gît à l’ombre de l’olivier et des figuiers qui se meurent eux aussi de lassitude dans les champs assoiffés des caresses de jadis désertés à cause de l’hébétude, à cause de la paresse.

L’enfant de ton fellah soutient les semblants de murs avec son cul usé et rêve des nefs de la harga qui l’aideraient à te répudier - déjà ? à son age ? – à te fuir.

Ton médecin s’amuse à faire durer ton agonie.

Ton journaliste te médise et te calomnie.

Tes fils, prospères avec le ventre plein à craquer, rotent et pètent des grossièretés et de l’ingratitude. Ils te répugnent et s’enferment dans les âpretés d’un indigne luxe mesquin… même pas mérité.

Tes Imams zélés dans leur perversité ne savent plus dire que de vilains mots… et encore ! … mais seulement pour ton oraison funèbre.

Tes soldats, devenus entre-temps mercenaires embourgeoisés, te tirent sur les jambes et te tirent au dos et te violent et violent tes lois et s’essuient leurs sales godasses avec la soie verte et blanche et rouge de ta précieuse bannière.

Tes gouvernants ont fait de toi un pays bananier et se sont autoproclamés rois – de qui ? de quoi ? – ils ne pensent qu’à t’éviscérer pour se servir de tes entrailles, pour asservir et avilir tes fils chéris, mal protégés et dont l’âme n’est désormais qu’inconscience et bêtise.

 

pourtant

Pourtant – nous dit-on - nous sommes une nation jeune ! Et alors pourquoi nous nous présentons au monde comme une nation déjà vieille, déjà sénile, déjà morte ?

Espérer et prier pour toi, Algérie, pour tes cortèges de nobles chevaliers morts pour que tu vives, ce n’est pas pathétique. Ils y a ceux qui arrêtent le cours des astres pour que passent quelques morts tombés dit-on au champ d’honneur. Pourtant dans leur vie ils faisaient les mercenaires pillant et semant la mort chez les damnés de la terre !

Smari Abdelmalek

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