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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Lettre ouverte aux algériens et aux faiseurs d'opinion en Algérie

Quand le singe se gratte …

La bêtise de l’homme n’a pas de limite, c’est pourquoi il faut lui poser quelques unes de temps en temps. Il ne faut jamais taire les choses qui savent de médiocrité et les injustices qu’on commet, malheureusement, comme on respire ! Il faut apprendre à les déceler et à les combattre. Il faut avoir pour ça la lucidité de les reconnaître et le courage de les dénoncer. L’abus de pouvoir en ce sens en constitue l’une des plus graves. Il ne doit jamais être considéré comme une bavure, car il conduit immanquablement à des tragédies où la justice, la liberté et la dignité des citoyens viennent bafouées! Comme en ces jours par exemple où l’on assiste à la fièvre de vouloir réviser la Constitution algérienne, non pas pour l’améliorer mais pour la rapporter à la période primitive où régnait le despotisme oriental. Qu’ainsi ne soit-il, jamais ! il ne faut pas faire comme ce singe qui, voulant se gratter le derrière, s’est fourré un doigt là où il n’aurait pas dû  !

 

Et alors ? s’il est vrai que la révision de la Constitution dans le sens régressif s’impose, on pleurera tous ensemble et pour combien de générations ?! Il faut dès ce moment – et il ne sera jamais tard si l’on sait et l’on veut - se mobiliser et sensibiliser honnêtement l’opinion des algériens. Il faut surtout faire en sorte que le chemin de dignité que l’Algérie a accompli jusqu’ici sur la voie de la démocratie se consolide et progresse vers d’autres sphères de la société pour embaumer notre existence de justice, de liberté et de dignité. Si l’on considère l’alternance des magistrats suprêmes - alternance introuvable ailleurs chez nos voisins et frères arabes – l’on peut mesurer le privilège, le progrès et l’heureuse position où se trouve actuellement l’Algérie sur le chemin de la maturité politique. Il ne faut pas donc gâcher cette chance et détruire cet acquis précieux. Il n’y a aucun prétexte pour s’engourdir la pensée et se castrer l’esprit. Il n’y a aucun motif pour retourner à la case départ, à l’ère primitive ou nous étions des chiens – joufflus et rondelets, certes ! – mais, rappelez-vous, nous n’avions aucun droit d’aboyer sérieusement. Il n’y a aucun motif pour retourner à l’état piteux et malheureux, toujours en vigueur chez nos voisins et frères proches ou lointains, où la bêtise sévit encore plus cruelle que jamais. Voisins et frères  qui, faute d’être éternels, vont jusqu’à faire hériter leur semblant de trône qui à un fils naturel, qui à un fils adoptif plutôt que de le partager avec un autre qui le mérite, en bonne entente avec les règles de l’équité et de l’alternance démocratique saine. Il n’y a aucune nécessité de faire d’un simple mortel (fut-ce le Président de la République) un dieu éternel ; d’un simple agent - indispensable l’espace d’un ou de deux mandats (5 ou 10 ans) – au service de la nation une Providence. Il est urgent de convaincre avec liberté et justice les citoyens algériens, tous les citoyens, à dire : Non ! Non, surtout, au Troisième Mandat pour le président de la république! Non au prolongement du mandat présidentiel de 5 à 7 ans ! Sachez qu’une bonne campagne, juste et limpide, convainc facilement même les plus réticents au changement, même ceux qui avaient voté pour le second mandat du président Bouteflika. Je vous conjure chers citoyens, il y va non seulement de notre dignité mais de la survie de notre Algérie, de la stabilité de notre société et surtout de notre souveraineté. Nous n’avons pas le droit, après avoir été libérés du joug du colonialisme et de l’exécrable despotisme oriental qui sévissait avant 1988, nous n’avons pas le droit de récidiver, de rechuter dans le déshonneur historique ! Le temps où la magistrature suprême se confondait avec l’Etat et celui-ci avec la Providence est passé sans retour aucun. Ce temps-là n’est plus, heureusement. Il n’est qu’un mauvais cauchemar. Comment serait-il encore nécessaire ?! On n’avait pas eu besoin de guide illuminé durant notre lutte politique et révolutionnaire pour la libération du pays et la construction de l’Etat algérien … nous n’avons pas eu besoin de guide ou de Zaim dans de tels moments noirs et décisifs, pourquoi aurions-nous besoin d’un père éternel aujourd’hui qu’on est majeur et vacciné ? Pourquoi aurions-nous besoin de stagner, de mourir de médiocrité et de servilisme comme des ânes - au XXI° siècle ! - alors que le monde autour de nous continue à changer à vue d’œil et à vivre avec décence? L’Etat n’a pas besoin d’une personne particulière qui s’appelle X ou Y – unique indispensable parmi des millions d’hommes et de femmes ?! – pour pouvoir fonctionner. Il a besoin tout juste d’une personne compétente pour un ou deux mandats au maximum ; mais qu’elle ne s’éternise pas. Si elle se montre capable dans le premier mandat, qu’elle fasse le second avec la bénédiction bien sûr des citoyens. Cette personne aura entre-temps enseigné aux autres l’art de gouverner et préparé la relève avant que le temps et les évènements la dépassent. Si par contre elle se révèle incapable déjà dès le premier mandat, qu’elle se retire à temps dignement et honnêtement. Pour ce qui concerne le troisième mandat, il ne doit pas exister parce qu’il mènerait tout droit à l’exécrable monarchisation et à son corollaire l’héritage de la gestion de la res publique, d’un côté ; de l’autre côté il tue l’initiative chez le reste des citoyens et leur capacité d’être responsables et de se comporter en tant que tels. Le troisième mandat  ne doit pas avoir lieu afin que le reste des citoyens ne désapprennent pas la culture de la dignité et de la liberté en cultivant la fausse obéissance, l’hypocrisie et la paresse civilisationnelle. Je ne pense pas que nos gouvernants arrivent à ce genre de calcul bas, égoïste, stupide et surtout destructif ! que nos citoyens et citoyennes aient la possibilité d’apprendre à gérer leurs affaires personnelles et publiques. Qu’ils apprennent à ne pas donner en gestion par procuration, à des tierces personnes, le propre destin ! Et puis pourquoi avons-nous cette manie d’appendre et suspendre le tout au cou d’une unique personne ?! alors qu’on sait que si une société fonctionne bien, c’est grâce au concours de tous les citoyens quand ils agissent pour le commun intérêt. « Qui fait pour soi, fait pour trois », dit-on dans les pays qui se respectent. Il faut donc que chaque citoyen se sente aussi honorable et responsable que le chef de l’Etat. Il faut aussi que les politiciens, les intellectuels, la classe politique, la société civile et tout citoyen éclairé diffusent ce message simple et clair avant qu’il ne soit trop tard. C’est un message vital pour notre survie politique et civilisationelle. Que les algériens apprennent à se prendre en charge. Qu’ils sachent qu’ils sont les seuls artisans et maîtres de leur propre destin. Voilà ce à quoi on doit travailler. Les algériens doivent savoir que la noblesse ne réside pas dans le fait d’être président de la République ou président tout court ! Au contraire, une tâche est dite noble et, partant, la personne qui se l’assume, quand cette dernière joue bien et dignement son propre rôle dans le complexe réseau des rôles et des tâches que nous impose notre vie en société. Il faut seulement savoir convaincre en étant juste, clair et sincère. Le Gouvernement peut avoir raison, dans le sens qu’il peut se tromper en voulant faire du bien. C’est légitime parce que c’est humain. Mais ce qui est inacceptable c’est notre consentement, notre silence, notre complicité et - pourquoi pas ? - nos mesquins applaudissements ! Nous, citoyens, nous ne devons pas rester muets et crétins comme des bûches à regarder la bêtise létale et à l’accepter pour la simple raison qu’elle nous est tombée dessus de là-haut, du ciel, comme un destin ! Il se peut aussi que le Gouvernement bluffe pour d’autres motifs, mais on ne doit pas se laisser berner par des chimères ou des suppositions. Il faut couper court jusqu’aux rumeurs, jusqu’aux velléités, jusqu’aux pieux vœux même de réviser notre Constitution pour servir les intérêts égoïstes et tyranniques d’une minorité ou d’une seule personne ! Qu’on prenne pour exemple l’Italie de ces derniers jours qui a sauvé sa Constitution de sombrer dans le chaos et l’obsolescence. Qu’on condamne et méprise les pratiques paléolithiques d’un Yémen, proie de tribalisme et qui prêche encore le pervers despotisme oriental ! Il faut empêcher ce genre de régression, de violence à notre encontre si par cette révision l’on compte nous priver de notre dignité, de notre liberté. Il ne faut pas nous nous laisser écarter de la sphère politique, d’être des acteurs et des participants actifs dans la gestion de nos affaires. Oui ce sont nos affaires : puisque c’est notre destin, à nous, citoyens algériens, qui se joue en politique. Il faut empêcher ceux qui comptent nous re- positionner dans la case départ, en abusant de leur pouvoir et de notre confiance, de notre torpeur ou de notre silence ; ceux qui tentent de nous confiner dans le primitivisme, de livrer en pâture notre destin à des styles de gouvernement du type tribal ou clanique, monarchisant la res publica ; ceux qui veulent nous pousser dans le marécage où pataugent encore nos voisins et frères arabes - despotes et victimes du despotisme ! S’il est vrai que l’Algérie soit une belle Nymphe et que tout algérien en soit légitimement fou d’amour, il est aussi vrai qu’elle, l’Algérie, ne saurait être – jamais, au grand jamais – la propriété privée et exclusive d’un seul parmi ses 35 millions d’amoureux. Alors ? Alors, au travail ! Si l’art de gouverner n’est en rien un simple caprice d’une âme malade de pouvoir, si la politique est une culture, la défense de l’alternance politique, elle, est une grande école où tous les citoyens pourront apprendre le respect, les valeurs humaines, le civisme et l’art de compter sur soi. Il faut travailler pour diffuser cette culture et les enseignements d’une telle école parmi les gens. Nous verrons ensuite si les gens n’en tomberont pas amoureux, s’ils n’iront pas jusqu’à sacrifier argent, énergie, repos et loisirs pour la défendre des prédateurs, des usurpateurs, des mystificateurs … Il ne faut pas oublier qu’une valeur précieuse telle que la dignité ou la liberté est un feu sacré qui habite chaque âme. Feu sacré dont est jaloux à en mourir chaque cœur. Il suffit de le jeter parmi les gens (pour paraphraser le Grand Zighoud Youcef), ce feu sacré, ce droit légitime, précieux, indéfendu, innocent, et vous verrez que les gens se chargeront de le défendre et d’en protéger l’innocence. Vous verrez se déclencher chez eux le mécanisme de générosité, l’instinct de protéger sa propre dignité avec tous les sacrifices que notre morale présente et moderne demande et exige : avec sérénité, diplomatie et civisme donc. Traduisons cet appel en arabe et en berbère et diffusons-le : il y va – je le répète – de notre survie en tant que nation sur les portes du civisme, de la modernité et de la dignité historique. Pourquoi est-ce qu’ils sont morts nos martyres, ces grands hommes ? pour nous dire que si nécessité de mourir et de souffrir il y a, qu’elle soit pour la dignité de la vie. Et si dignité il y a, qu’elle soit protégée comme on protège ses pupilles. C’est là le vrai sens de la libération, c’est là la vraie liberté. Et croyez moi, chers algériens et chères algériennes, la liberté comme la dignité existe et fait bien partie de ce bas-monde. La liberté existe et nous appartient pourvu qu’on l’adopte et qu’on la défende. Mourir pour un lopin de terre n’est pas l’apanage des seuls hommes libres : l’éthologie nous enseigne que la défense du territoire comme du reste gagner son pain quotidien est un instinct que l’homme partage avec le reste des animaux. Le territoire et le pain demeurent donc des bas instincts si la dignité ne vienne pas leur donner un sens humain. En quoi consiste la dignité ? en la liberté de disposer du propre destin politique, sans l’hypothéquer sans le déléguer à quelqu’un ou le faire gérer par procuration. C’est ici une forme non seulement d’interroger l’Histoire (et en particulier celle de la Révolution de Novembre 54) mais de la faire vivre et fructifier autant de fois qu’elle serve ou puisse servir. C’est aussi le mode le plus direct de dire qu’est-ce qu’un algérien : en rappelant le lien qui le rattache à la culture révolutionnaire, le continuum entre les différentes générations du même peuple, la persévérance sur le sentier de la conquête de la liberté et de la dignité historique.

 

Smari Adelmalek.

 

 

 

 

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Guy Queytan 14/07/2006 18:43

Lettre ouverte au Premier MinistreGuy QUEYTAN54 bd Jean Jacques PRAT13800 ISTRESCourriel : guy.queytan@aliceadsl.frMonsieur le Premier MinistreHôtel Matignon57 rue de Varenne75700 PARISIstres, le 13 juillet 2006Monsieur le Premier Ministre,Le dix neuf juin dernier le conseil des Prud'hommes de Martigues rendait une ordonnance de Référé en faveur de Madame Isabelle LACARA contre la Mairie d'ISTRES.Cette décision a été régulièrement notifiée aux parties le vingt trois juin 2006.La Mairie d'ISTRES a fait appel de cette décision le vingt six juin 2006 auprès de la neuvième chambre de la cour d'appel d'AIX EN PROVENCE sous le numéro 06/11541.Cet appel ne fait pas opposition à l'exécution de la décision en application de l'article 489 du nouveau code de procédure civile.Madame Isabelle LACARA, Mère élevant seule deux adolescentes scolarisées âgées de dix huit et dix neuf ans se retrouve dans une situation préoccupante. En effet elle se trouve actuellement en arrêt maladie et subit une baisse de 60 % de ses revenus avec des charges maintenues.Or le Maire d'ISTRES Michel CAILLAT refuse obstinément d'exécuter la décision rendue au mépris des lois de la République.- Ceci est intolérableAussi en ma qualité de responsable de son comité de soutien je vous demande instamment de bien vouloir prendre toutes les mesures d'urgence qui s'imposent et pour cela :-Attirer l'attention de Monsieur le Préfet de région sur ce dossier-Interpeller Monsieur le Sous-préfet d'ISTRES sur la situation-Mettre en œuvre un éventuel rappel à la loi en direction de Monsieur Michel CAILLAT Maire d'ISTRESJe vous adresse ci-joints :-Copie de l'ordonnance de Référé N° 06/00123-Copie de la notification-Copie de l'avis de déclaration d'appelEspérant vivement que vous saurez comprendre l'ampleur, la gravité et les conséquences de la dérive constatée et restant à votre disposition, je vous adresse Monsieur le Premier Ministre l'assurance de ma parfaite considération.Guy QUEYTANJ'ai adressé ce courrier à notre 1er Ministre en recommandé le 13/07/06 .Manifestez votre sympathie à Isabelle LACARA en déposant vos messages de soutien dans son bloghttp://lacara.over-blog.net/