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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Les élections présidentielles d’avril 2009 en Algérie et le discours annonçant sans gêne la violation de notre constitution (1)


La constitution, sans laquelle tout ordre judiciaire, même avec

des magistrats vertueux, n’est qu’un redoutable jeu de hasard.

[Mirabeau, Collection complète des travaux de M. Mirabeau l'aîné]

 

 

Je joins ma voix à la vôtre, rares Consciences encore vives de notre pays, et je dis:

NON AU TROISIEME MANDAT!

 

Dis et meurs ? non ! Dis et vis

Parler de politique ou des choses qui concernent la politique ce n’est pas seulement un droit mais c’est surtout un devoir civique du citoyen ; peu importe le pays, la géographie, l’époque, la culture, les peuples ou le type de gouvernements en question.

Parler en l’occurrence de la constitution algérienne et de son amendement controversé n’est pas un fétichisme constitutionnel mais une manière de réfléchir sur le sens de l’Etat et des rapports que cet Etat peut avoir avec les citoyens ; des rapports que cet Etat permet de tisser entre ces mêmes citoyens et entre gouvernés et gouvernants.

Ici aussi il s’agit pour tout Algérien d’exercer ce droit et de s’acquitter de ce devoir. Car, pour paraphraser benjamin Stora « Ce pays (l’Algérie) était toujours en nous, mais désormais il est aussi en face, nous regardant (nous interrogeant)… »

Dans ce qui suit, je tâcherai de résumer le type d’attitudes et de réactions qu’une partie non indifférente des Algériens adoptent face à la manière dont notre président gouverne son Algérie ou l’Algérie de certains élus : la classe des moudjahidines et des gouvernants.

Je n’ai pas mis ces assertions entre guillemets car il y a des Algériens - et des non Algériens aussi ! - qui pensent et croient vraiment que l’Algérie soit la propriété privée de ces deux classes privilégiées d’Algériens.

Elus que les souffrances de la guerre d’indépendance ou l’héritage de ces souffrances ont viciés et gâtés, quand elles les ont érigés en dieux détenteurs des destins de leurs compatriotes ou au moins en héros infaillibles et suscitant mille avantages et mille égards parfois en dépit de leurs concitoyens et malgré l’austérité de notre société…

Ces citoyens qui réagissent ne sont pas toujours des simples quidams non initiés à l’art et au métier de gouverner. Bien au contraire, l’on trouve parmi eux des opinionistes, des journalistes, des cadres et plusieurs autres catégories de personnalités politiques indépendantes ou représentant quelques partis ou quelques associations. Certains noms sont largement connus, d’autres le sont discrètement.

 

Les quidams, les serfs et le maître à servir

Je commence donc par le commentaire des citoyens qui ont trouvé dans la rubrique d’El Watan (Avis des lecteurs) un forum où ils peuvent enfin exprimer leurs points de vue.

Parfois la manière dont nos gouvernants gèrent la chose publique leur semble tellement impertinente et insupportable qu’ils recourent à l’ironie, au sarcasme, à la violence des mots pour la dire.

Parmi nos concitoyens, il y a qui, par désespoir, a choisi la rupture. Pour ce genre de personne continuer à dialoguer avec les hommes du pouvoir, c’est comme « vous leur demandez tout bêtement de vous donner le bâton pour leur taper dessus. »

Il y en a d’autres qui pointent sur l’état de santé du président, comme si le fait d’avoir franchi les 70 ans signifie la mort imminente !

Le comble est qu’ils lui accordent une durée de vie qui ne dépasserait pas les 5 années du futur mandat présidentiel. Pour ça, ils lui conseillent (en toute sincérité ?) de se retirer honorablement, s’il veut vraiment avoir des obsèques similaires à celles d’un grand président comme Boumediene.

Il leur arrive de se moquer de lui  «… on te remercie pour tout, le peuple est très satisfait et fier de l’augmentation des salaires, de l’Aadl, des cités dortoirs bâtis par les Chinois et les Egyptiens, des routes et tunnels qui n’ont servi à rien et qui ont aggravé la bonne circulation, pour les pommes de terres importées et vendues à 40 D.A., pour les lois et les mesures de contrôle du marché de l’immobilier, on est vraiment un peuple heureux même le taux de mortalité a diminué. Merci à l’émergence des classes sociales ; on est maintenant soit riche soit pauvre et merci surtout pour le niveau scolaire de nos enfants qui s’élève d’année en année avec les idées de génie et les bons programmes d’enseignement de Mr Benbouzid, merci, merci... »

Ironie à part, n’importe quel président algérien aurait fait plus ou moins la même chose pour l’Algérie actuelle. Et ses résultats et réalisations ne devraient pas être vus comme un chef-d’œuvre politique ni devraient être considérés comme un summum mérite : ils ne sont que services et devoirs pour lequel il est d’ailleurs suffisamment payé, du point de vue moral surtout.

Malheureusement, chez nous, l’on continue à croire en la vertu du gouverneur, du monarque, du président qui seul lui compte dans l’univers, seul lui fait mouvoir le pays, seul lui est capable de pousser ou traire le char de la modernité et de la prospérité !

D’autres encore ne voient aucune utilité à ce 3e mandat et doutent que l’envie du président de le briguer soit le symptôme d’une soif de pouvoir pour garantire les privilèges des gens du clan qui détient le pouvoir, comme le dit un lecteur :  « certainement pas pour rendre service à son "cher" pays comme il prétend souvent le dire. C’est juste pour servir des intérêts dans il n’a aucun intérêt. »

Des gens comme ce lecteur vont jusqu’à le mettre en garde contre ces requins pour qui il se consume et gâche sa réputation politique et sa dignité historique.

« C’est vrai, - disent-ils - il aura droit à des obsèques d’un roi, mais il doit savoir que le lendemain de sa disparition ceux qui aujourd’hui sillonnent les rues des villes pour le réélire viendront cracher sur sa tombe car ils auront un nouveau dindon à farcir ou un maître à servir. Et son nom restera dans un coin d’une page noire de ce pauvre pays. »

« Mais – répond, lucide et désabusé, un autre - j’ai comme l’impression que ce rêve ne va pas se réaliser de suite (du moins pas cette fois ci). Les Algériens (la masse) ne sont pas assez mûrs (absence d’instruction, d’éducation et de civisme) ce que le pouvoir exploite pour assurer son existence. »

Il y a aussi ceux qui - pourtant conscients de la gravité d’une gouvernance sans alternance et de la nécessité de la combattre - ont peur de semer la pagaille non seulement dans la classe dirigeante mais dans les fondements mêmes de l’Etat et de la souveraineté nationale ; pour cela ils préconisent de gagner d’abord si non le soutien du moins la neutralité des gens du vrai pouvoir comme l’armée et rallier ensuite les masses « Je crois – dit l’un des leurs - s’il y’a des actions à prendre c’est de sensibiliser des gens d’abord au Tagarin pour qu’ils comprennent que le peuple ne les vomit pas, il a besoin de leur couverture, … »

 

Puisque là-haut on ne respecte pas la loi

Mais d’où est-ce que ces quidams tirent-ils ces observations, pertinentes ou pas, qui restent quand même dignes et légitimes ? De la classe politique et intellectuelle.

Cette classe accuse les détenteurs vrais du pouvoir en Algérie d’ « un refus obstiné de s’engager résolument dans l’Etat de droit » pour paraphraser le titre d’un éditorial du quotidien El Watan.

Sur les colonnes du même quotidien du 20-11-08,  Sid-Ahmed Ghozali observe « Malheureusement, la société est nécessairement façonnée par ses institutions. A partir du moment où ceux qui sont chargés de faire la loi et qui ont la responsabilité de veiller à son application ne le font pas, ce sont tous les éléments de la société, collectif ou individu, qui disent : puisque là-haut on ne respecte pas la loi, pourquoi nous, devons-nous la respecter ? »

Ghania Oukazi - sur le colonnes du Quotidien d’Oran du 20-11-08 - ne s’est pas contentée de dire la même chose avec les mêmes mots, mais elle a versé plutôt vers une ironie piquante qui sent le sarcasme : « Le pouvoir politique - dit-elle - (chez nous) s'est bien accommodé de responsables avec, comme seul bagage, le maniement de la flûte, l'encre du taleb et même un plateau de thé posé avec doigté sur la tête d'un danseur du ventre... » la brakah et les youyous, quoi !

Qui n’a pas recouru à l’image de berger, de superstitieux et de l’homme de folklore (Boussaadia, Aissaoua) pour décrire des personnes qui devraient être responsables mais qui agissent sans respect aucun pour la volonté et la dignité des citoyens ?

 « On entre dans une espèce de jungle - observe encore Sid-Ahmed Ghozali -, ce qui est exactement le contraire de la société civilisée qui, elle, est mue par des règles du jeu que tout le monde respecte. »

Ghania Oukazi enfonce encore la lame d’un cran en semant le doute et la mauvaise foi ou la gaffe politique de notre président qui est allé jusqu’à changer la constitution pour satisfaire la pulsion de gouverner encore pour quelque temps, elle écrit :

« L'on se demande pourquoi le Président se sent-il obligé d'amender sous le coup de l'urgence un texte aussi lourd en importance que la Constitution, quand on sait que la seule urgence exprimée bafoue en même temps la liberté du peuple de faire ses choix politiques, le prive de son droit de décision et désagrège le sens réel de la démocratie et de l'alternance au pouvoir. »

C’était en plein campagne présidentielle américaine et les grands espoirs encore incertains que Barak Hussein Obama promet non seulement à l’Amérique des States mais à toutes les nation de la planète. Les Algériens ont beau penser faire raisonner notre président en lui citant l’exemple de cette très, très grande nation qui pour rien au monde peut ou pense de renoncer à l’alternance…

« Dans la soirée de mardi, Barack Obama pourrait fort bien être proclamé successeur de G.W. Bush et confirmer cette tradition politique aux Etats-Unis qu'un président, aussi puissant fût-il, n'a pas la possibilité de briguer un 3e mandat. » Ali Babès - Quotidien d’Oran 4-11-08

Mais prêcher l’alternance politique est une chose ; autres choses encore sont les faits d’écouter ces prêches, de les comprendre et d’en partager les vertus. Etant donné que la légitimité révolutionnaire, socialiste, religieuse, idéologique sont désormais avariées et périmées, la nouvelle possibilité de légitimation du pouvoir reste l’alternance.

Oui l’alternance au pouvoir « est une façon – pour citer Ammar Koroghli, Quotidien d’Oran 06-11-08 - de conférer une assise durable aux institutions, de faire l’économie des dissensions et des guéguerres au sein des appareils d’Etat et au sein de la société en général… »

« L’aspiration à la démocratie - poursuit encore Koroghli -, conçue comme moyen de résolution de la question du pouvoir autrement que par la violence, ne peut tolérer longtemps l’étouffement des libertés publiques et du droit à l’expression… » l’Etat ne peut pas fonctionner sereinement et durer dans le temps s’il ne se met pas à « penser sérieusement au renouvellement de la classe politique menacée de gérontocratie, … garde-fous de nature à prévenir les risques certains de l’autoritarisme et de
l’arbitraire. »

« Le fonctionnement de l'Etat en Algérie – se plaint un autre dans le Quotidien d’Oran du 12-12-08, débat - n'obéit pas à la Constitution, et c'est pourquoi la dernière modification s'est déroulée dans l'indifférence des citoyens qui n'ont même pas été consultés. »

Alors que déjà à son époque Ibn Khaldoun notait que le gouvernement sans une constitution (avant le terme) ou avec une constitution non crédible c’est la jungle ! et l’on voit de nos jours avec quelle légèreté et quelle irresponsabilité légifère un autocrate et gouverne le pays !

Quant au parlement algérien, il y a ceux qui pensent (Benbitour El Watan du 23-11-08) qu’il n’a pas vraiment voté « mais il vient d’entériner les amendements apportés à la Constitution. Et cela, lors d’une session dont le règlement intérieur n’autorisait ni les débats, ni le scrutin secret, ni même la possibilité d’utiliser le point d’ordre. Cette méthode de mise au service du Parlement a commencé avec le recours à l’ordonnance. »

Le parlement en ce cas n’a pas joué le rôle de contre-pouvoir et « en l’absence de contre-pouvoir, personne ne vous empêchera de faire des erreurs. Dans un tel cas, la tentation de la facilité l’emportera sur la difficulté de la rigueur. C’est alors le droit chemin vers un Etat défaillant. Effectivement, la procédure de l’ordonnance a été utilisée dans des situations aussi ridicules que l’importation de la pomme de terre et dans des situations aussi graves que la révision de la Constitution. »

 

Des chimères et du vrai problème

Il est toujours utile de lire ces opinions. Quant à leur objectivité, il faudrait laisser faire à la propre capacité du lecteur de distinguer ce qu’il y a de pertinent et de sensé et ce qu’il y a de bête et de sot.  Car personne ne pourra aider le lecteur mieux que sa propre conscience et sa propre capacité de critiquer les discours qui lui viennent de l’Autre.

Pour le moment prions pour que nos journaux indépendants nous restent tels que nous les recevons aujourd’hui : ouverts, honnêtes et patients. Et s’ils doivent changer un jour (et ils changeront sûrement), que ce soit pour plus de liberté encore, de lucidité, de courage et d’ouverture.

Les dernières sorties médiatiques de Monsieur Benyelles nous ont offert un important corpus d’informations et d’hypothèses. A considérer les commentaires sur le bilan des deux mandats de M. Bouteflika, on a l’impression que cet homme - qui n’est pourtant qu’un homme, en plus « réduit à une vie végétative…d’un  état d’extrême épuisement… un septuagénaire à bout de souffle, gravement diminué physiquement » - soit le seul homme ; le seul qui doive et puisse faire des miracles !!

On oublie, ou l’on feint d’oublier, que le marasme de l’Algérie est immense car il est le fruit amer non seulement des siècles et de l’histoire mais il est fondamentalement la résultante des agissements et des bêtises de tous les Algériens. Il ne faut donc pas imputer la responsabilité de tout ce mal à une seule personne, ou alors on devrait lui reconnaître tous les mérites là où l’on peut diagnostiquer quelques saluts ou quelques gloires, si l’on a vraiment l’intention d’être juste et cohérent.

Oui, si nous adoptons cette attitude tordue, l’on ne fait que reconnaître à un simple mortel le caractère divin… et alors on ne fait que le servir sans s’en rendre compte.

Une autre chimère est que les auteurs de ce genre de commentaires tendent à nous faire croire que si nous changeons le président, on arrive ipso facto à sortir l’Algérie de son marasme. Il n’y a pas de plus superficiel et de plus faux que de croire en ces chimères car le progrès - ou le Développement - est une entreprise collective et surtout séculaire pour ne pas dire millénaire.

Une troisième chimère, tactique cette autre, est que tirer des boulets de ce calibre sur une personne si fragile et fragilisée par la maladie, l’age et l’isolement que lui réserve une bonne partie de son peuple, me semble une accusation démesurée et infondée donc ; c’est une attitude démesurée car elle ne suscite paradoxalement que sympathie et envie de prendre la défense de notre proie vilipendée et de lui rendre justice.

L’Algérien doit comprendre que le problème que nous a posé M. Bouteflika n’est pas celui d’être vieux et malade, ni d’avoir mal géré une hydre historique comme le sous-développement. Non ce n’est pas ça : le problème que nous a posé est celui d’avoir arrêté, par l’amendement de l’article 74 de notre constitution (sans avoir consulté à ce sujet tous les citoyens par un referendum), le processus de démocratie en Algérie.

Le vrai problème et le seul pour lequel on doit critiquer objectivement et légitimement donc notre président actuel est d’avoir abrogé l’article 74 de notre constitution et porté par là même atteinte à la souveraineté du peuple et à son aspiration à la liberté politique. Ce qui constitue un acte très grave en ce début du XXI° siècle.

Quant à l’appel au boycott, par M. Benyelles particulièrement, c’est une bonne perspective car elle est légitime, mais je ne pense pas qu’elle ait un exit sûr et pertinent, à moins que les Algériens y adhèrent par millions, ce qui est peu probable. D’où il faut garder un peu les pieds à terre et œuvrer pour une participation au vote, en toute liberté, pour les candidats que les citoyens jugent porteurs de promesses de justice sociale et de démocratie. M. Bouteflika serait sanctionné auquel cas par les résultats obtenus, à condition que les Algériens, tout en votant, aient présent à l’esprit l’alternance politique comme une condition sine qua non de la démocratie et de la dignité citoyenne donc.

En ce qui concerne des recommandations comme celles-ci « Il faut suspendre la Constitution et les partis politiques, dissoudre le Parlement, remettre le pouvoir à un gouvernement de transition qui aura pour tâche, dans les six à douze mois de son mandat, de gérer les affaires courantes et de mettre sur pied un Conseil national pour l’instauration de la démocratie (CNID)… » personnellement je les trouve politiquement contre-productives : bien au contraire elles ne font que convaincre ceux qui sont sceptiques et les gagner au camp de Bouteflika à moins que M. Benyelles soit un homme qui travaille pour Bouteflika et son camp.

 

Nous sommes faits pour parler

« Les Constitutions successives que notre peuple s’est souverainement octroyées depuis le recouvrement de son indépendance, ont, à chaque fois, eu pour objectif fondamental une organisation de l’Etat répondant aux enjeux du moment et au stade atteint par notre pays dans la construction de son système démocratique, après une longue lutte pour restaurer l’Etat algérien indépendant et des efforts intenses pour jeter les fondements de la construction nationale, puis, plus récemment, à la lumière des leçons d’une douloureuse tragédie nationale » a relevé le Chef de l’Etat lors de la réunion du Conseil des ministres le 03-11-08

Ce qu’il dit, semble vrai et légitime, mais attention : il y a un leurre quand il nous donne à croire que l’alternance fait partie de ces dysfonctionnements qui sont dus à l’action corrosive du temps qui rend obsolètes toutes nos œuvres et nos actions et nous oblige à toujours créer de nouvelles solutions et chercher de nouvelles adaptations.

C’est vers l’alternance qu’on doit aller et non vers la dictature et le despotisme moyenâgeux ou vers la monarchie moyen-orientale.

Certes les constitutions ne doivent pas être des Iliades, des Bibles ou des Corans, mais personne ne devrait avoir le droit de les reporter en arrière. Si changement se doit, il doit être vers le mieux et l’original, pas vers l’archaïque et le périmé.

Ce qu’il nous a demandé de faire M. Bouteflika et son camp c’est de régresser simplement sans scandale vers l’exécrable despotisme oriental, vers la lâche culture de la soumission, vers la peur, vers les ténèbres de la superstition, vers le mortel culte des mortels, vers le fatalisme, vers la mort politique et morale.

Mais le président actuel est-il conscient de la gravité de son acte ? En connaît-il les conséquences et les retombées ? Et, surtout, pourquoi, lui, l’homme vraiment cultivé, fin politique, digne révolutionnaire, historique, très intelligent, élégant, appartenant à notre époque par excellence, moderne, grand diplomate et deux fois président du délicieux pays… pourquoi se laisse-t-il abaisser jusqu’à fouler des pieds les lois du pays qu’il gouverne ? Pourquoi a-t-il agi de cette sorte ?

Pour le pouvoir ? Mais un homme comme lui, n’a pas besoin de pouvoir, c’est le pouvoir qui a besoin de lui ! Par quelle faiblesse a-t-il péché ? A-t-il l’orgueil entêté de voir l’Algérie décoller de ses mains propres ? Mais, intelligent comme il est, ne sait-il pas que les grandes nations se construisent leurs grands moments et leur age d’or longtemps après la mort de leurs promoteurs et protagonistes ?

Ce n’est qu’après leur mort – longtemps après que le feu de leur vie s’éteint – qu’on commence à rechercher les cendres des grands hommes et ce n’est qu’après cela qu’on vient de découvrir et connaître un Roosevelt ou un Boudiaf.

Et puis quelque soit les réalisations que l’Algérie pourrait avoir durant cet éventuel troisième mandat, elles ne seront jamais différentes en quantité ou en qualités de celles des deux défunts mandats ! Comme on dit chez nous  اللّي ما يشبع من القصعة ما يشبع من كراطها    .

Alors ? Faut-il comprendre par cette attitude et cet acte absurdes une forme de résister à l’alternance, d’y être allergique ? Est-ce tout simplement abuser de la confiance des citoyens et de leur indulgence ; attitudes qui ne devraient point rimer avec ignorance ou impuissance ? Est-ce de l’opportunisme ou pire encore de l’indifférence ? Est-ce une forme de rétorsion punitive de cette absence constatée de l’adhésion citoyenne aux affaires de l’Etat, de ce divorce entre le gouverné et le gouvernant ?

Je comprends ce grain d’innationalisme un peu khaldounien, cette apparente absence de l’intérêt pour la chose publique chez nos concitoyens ; mais un compte est solliciter leur indulgence (ou leur semblant d’indifférence), un autre est bafouer les lois (lesquelles sont certes le produit des hommes mais elles transcendent ces mêmes hommes) et alors c’est la jungle ! Et dans ce cas il convient d’adopter la loi fondamentale des habitants de la jungle : ne plus parler.

Le problème c’est que nous sommes faits pour parler…

Alors moi je parle et dis :

Non à cette mort constatée de notre dignité citoyenne !

Honte à la servilité de nos irresponsables de députés !

Non au 3° mandat !

Disons-le, chers citoyens, et nous verrons combien est belle la liberté et combien est belle la dignité. Vive la liberté, vive la dignité !                     à suivre

 

Smari Abdelmalek

 

 

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