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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Presse indépendante ? en Algérie

Dans ce nouvel article, j’ai un peu haussé le ton pour que le quotidien algérien El watan m’entendait. Il s’agit d’un reproche pour ce journal qui se veut indépendant mais qui continue de patauger dans des contradictions et des snobismes d’un autre age. Journal qui croit défendre les valeurs humaines en Algérie, en défendant certaines personnes (mais seulement celles qui ont un certain prestige et que la mode veut qu’on les défende) tout en méprisant certaines autres (seulement parce qu’elles ne sont pas prestigieuses, elles sont noires et pauvres et viennent du Mali). Quant à Monsieur l’Ambassadeur des U.S.A., sa présence illustre bien l’incohérence de notre journal : d’une part il ignore l’appel lancé pour sauver un malien condamné injustement par un juge algérien ; mais d’autre part il ouvre ses colonnes à quelque collègue journaliste (algérien berbericus) pour qu’il distille impunément et avec effronterie sa rage et son venin de mal éducation contre un représentant diplomatique d’un pays bien enraciné dans la liberté d’expression comme les Etats-Unis. Cet hôte illustre avait péché par sincérité ou conscience : il a osé critiquer notre mode de faire du journalisme. Il le trouve encore immature et gauche ; journalisme donc qui manque de professionnalisme. Messieurs les fonctionnaires-dignitaires-journalistes d’El watan se sont sentis offensés à mort. D’où ce nouvel article :

Vos maîtres les tyrans

 Il n’y a pas de raison de me croire vaincu et toi vainqueur. Ta fortune l’a emporté sur la mienne ; mais ces choses fragiles qui changent de maître,  je ne sais où elles sont ; quant aux choses qui sont  miennes, elles sont avec moi et elles seront avec moi.   Sénèque « De la constance du sage »

 

 

 

Cher Journal, je vous ai écrit quelques fois pour me faire connaître de vous, et d’autres fois pour solliciter votre haute bienveillance de bien vouloir me répondre au moins avec un « Merde ! ». Cette fois-ci je compte vous arracher une réponse. Il y a quelque temps, je vous trouvais sincèrement digne d’égards et d’éloges pour les douces violences que vous infligiez à une médiocrité bien de chez nous. Je vous soutenais et je vous soutiens encore dans vos efforts de vaincre toute médiocrité, d’où qu’elle vienne et où que vous la diagnostiquiez, fût-elle dans les parages des redoutables faux grands – les importantes gens selon Jean Sur – et jusqu’aux fonds de vos propres viscères et entrailles. Mais jusqu’à ce jour vous ne m’avez honoré d’aucune réponse, si j’exclus le gentil geste de m’avoir publié « Notre justice », Juin 2004. Qu’est-ce que je dois en comprendre ? que vous n’avez pas assez de temps pour répondre à une marée de voix hautes, insistantes et impatientes?  Pourtant je vois que vous laissez assez d’espace à une ivre rage qui a traité de tous les noms - le pays de l’invention du vrai journalisme, de l’Internet et de l’e.mail -, en nous faisant croire qu’il voulait défendre le noble métier que vous professez ! Je parie que Monsieur le journaliste qui s’adressait à Monsieur l’Ambassadeur des USA était ivre ou sous l’effet de quelque substance odiogène ! Autrement, comment osait-il répondre à une critique – même si elle est visiblement mystificatrice, personnellement j’en doute – par des crues insultes qui ne faisaient aucun honneur ni à sa propre personne ni à la profession, ni à notre pays ? A-t-il oublié qu’il s’adressait à une illustre personne en des termes – le moins qu’on en puisse dire – pleins plus d’hystérie que de rage noble, de bêtises que de sagesse, de haine vociférante que de critique … ?! Et dire que c’est un journaliste qui écrivait ! Et dire aussi que c’est le pas-du-tout ridicule, le point médiocre quotidien El watan qui lui ouvre ses colonnes pour insulter l’un de nos hôtes, et quel hôte ! Serait-ce parce que nous, algériens, sommes des champions de l’insulte et de la diffamation gratuite ? en est témoin d’ailleurs le malien condamné, par nos soins, à périr dans l’indifférence criminelle de notre soi-disant conscience ! Ou dois-je comprendre que si vous ne m’avez pas répondu, c’est que vous êtes des snobs ? et qu’une fois vous vous êtes accaparés d’un bien public (en arrivés), ç’a été désormais de votre plein droit d’user à votre guise et d’en abuser ? et alors, qu’est-ce que vous avez à reprocher à nos dits dictateurs ? Vous avez donc deux faces ? La face illuminée qui sourit radieusement au monde libre pour lui dire en quelque sorte : « Regarde-nous, nous autres, journalistes (fonctionnaires dirais-je) d’un journal indépendant – regarde, comme on est libre autant que vous ! maintenant, vous nous acceptez dans vos cercles et salons ? » Et vous vous sentirez aux anges et vous sauterez des joie rien qu’à l’idée de recevoir quelques gestes ou doux regards de quelques représentants dudit monde libre ! L’autre face est sombre : elle brille par l’absence de tout humour, comme la nuit de la dictature de notre système. Système construit d’ailleurs par vous en premier lieu à cause de votre snobisme, par le citoyen ensuite par sa soumission et enfin par nos prétendus gouvernants en vertu de leur sentiment de toute-puissance. Attention, ceux-ci ne sont pas moins snobs que vous et obséquieux à la fois : pour la racaille qui vient du Sud de l’existence, ils sont bel et bien des Messieurs; mais quand ils se regardent dans le miroir du Nord, celui-ci leurs renvoie le reflet de simples heureux valets  au service d’autres Seigneurs, ceux d’un monde qu’on dit occidental-capitalist-chrétien. Malgré ça, vous vous érigez en conscience de l’algérien sans lui demander son avis. Et s’il commet l’insolence de vouloir aboyer par sa propre voix, vous voilà à chercher à le faire taire, à lui castrer la voix, à lui suffoquer la bête immonde qui a en lui et qui rugit de liberté et de dignité ! Je suis vraiment déçu par votre pratique de double face, Messieurs les journalistes de la presse in-dépendante de l’Algérie. Vous êtes arrogants quand vous sentez en vous l’illusion d’une force, mais humiliés avec la queue entre les pattes postérieures, quand votre illusion d’intérêt ou de peur vous oblige à vous soumettre aux maîtres du moment. Si vous êtes sincères dans votre bataille pour la liberté, la justice et la dignité de l’algérien et de l’homme en général, commencez par ne pas snober les personnes d’humbles conditions. Que feriez-vous de ces citoyens sans défense, si un jour la fortune vous souriait ? Vous savez que la liste des dictateurs et des tyrans dans l’histoire n’est jamais close. Je suis sûr que vous auriez une bonne place au panthéon des tyrans. On est dictateur, non pas parce qu’on se trouve sur quelque trône à gouverner sans foi ni loi la vie et la mort des hommes, mais seulement parce que on méprise les autres. Le Pouvoir n’est qu’un produit révélateur d’une alchimie cruelle et destructrice qui s’appelle tout simplement : Haine ! Si vous étiez sincères, Messieurs les in-dépendants de la presse algérienne, vous ne seriez pas si indifférents devant un appel aussi pressant comme celui qui dénonçait l’injustice qu’a subi le malien « sans nom » (sujet de mon article snobé par vous et censuré.) ! Vous ne seriez pas indifférents devant mes lettres qui vous sollicitaient de m’envoyer – ne serait-ce – qu’un semblant de réponse, peu importe si elle est favorable ou non. Pourtant, des instruments pour la communication rapide, limpide et libre existent : je songe à la poste électronique (grand mérite du pays de Mr l’Ambassadeur des USA), il suffit que l’on ait un tant soit peu de professionnalité et de bonne foi. Mais nous autres algériens (quidams et élites confondus) nous sommes des éternels parasites de tout, des paresseux, des sans-goûts, des mufles ; nous sommes à la limite de la  barbarie et nous n’y mettons rien de notre courage ni de nos efforts pour accéder au civisme et à la moralité. La volonté et la bonne intention nous manquent tragiquement ! figurez-vous la justice ou le respect de l’autre. Pleurer pour nos malheurs, dénoncer nos actes de mal éducation, éclairer les citoyens sur leurs droits et devoirs, les aider à y croire, à les revendiquer et à les avoir dans la liberté et la dignité, se montrer solidaires avec celui qui se trouve ou se sent en difficulté … sont des vrais actes de civisme et de courage. Oui, ces valeurs constituent le signe d’une bonne santé morale de la part de qui les professent (journalistes en tête), mais à condition qu’elles viennent prodiguées équitablement envers tous les citoyens de souche ou de passage, grands ou petits, riches ou pauvres, noirs ou blancs, saints ou diables … J’ai l’impression qu’au lieu de cela, vos idéaux déclarés, vos discours moralisateurs ressemblent plus à des épaves rouillées, à des coquilles vides et vétustes qui n’abritent aucune perle : tout ce qu’il y a : de fausses valeurs ! Vous voir pleurnicher pour Benchicou ou la Sgrena, puis vous regarder glapir d’une volupté sadique pour les sévices et injustices qu’est en train de subir notre frère le malien – et combien d’autres encore au nom de n’importe quelle raison d’un état de chose sans raison ! - n’est-ce pas là, la preuve par neuf que vous êtes double face ? Alors, son excellence l’Ambassadeur des USA et les instances de journalisme (le vrai, car professionnel) n’ont aucun tort à vous accuser de mensonge et de mystification . Exciter donc votre bourreau-même (le soi-disant Régime algérien répressif et ennemi de la presse libre) avec votre complicité voulue et recherchée consciemment ; aller jusqu’à le pousser pour qu’il cloue au pilori un pauvre citoyen malien pour le seul crime de s’être trouvé en Algérie ! … cela ne relève-t-il pas du sadisme, de la sottise, de la hogra et de la complicité tout simplement ?! Je vous tiens pour responsables d’une telle complicité parce que vous n’avez pas publié l’appel que je vous ai envoyé et, aussi et surtout, parce que vous avez fait mine de ne pas avoir entendu du tout un tel appel ! Surtout ne m’objectez pas par cette ineptie : « Qui es-tu pour avoir quelques prétentions sur nous et notre journal ? » Un journal qui se respecte est avant tout au service de la justice des citoyens de souche et de passage ! – vous répondrais-je. Le journaliste effronté qui insultait Monsieur l’Ambassadeur n’est pas au courant peut-être du journalisme pratiqué dans les USA : journalisme intègre qui aime la justice et se bat infatigablement pour la dignité et le respect des hommes et de la vie. Journalisme engagé, tombeur de présidents tout-puissants, révélateur du génocide du Vietnam, dénonciateur des massacres du 8 Mai 1945 en Algérie, diffuseur de culture, d’art, des manières de vivre modernes… Journalisme qui ne défend pas seulement les hommes forts ou les puits du pétrole, pas seulement ceux qui sont faibles ou les minorités écrasées de par le monde, pas seulement la liberté de penser et de faire la presse, pas seulement les chef-d’œuvres d’art, d’architecture et d’antiquité … mais son respect va jusqu’à l’environnement et aux animaux ! Qui a dénoncé les pratiques barbares à Abou Ghraib, à Guantanamo, in Afghanistan, in Vietnam et en Algérie et partout dans le monde ? Dites-moi un seul nom d’un journaliste algérien qui ait été capable de quelque exploit pareil, et vous auriez tous les droits de brûler mes écrits et de les mettre dans les cabinets et tirer la chasse. Pourtant vous avez pu entendre la voix d’indignation et de scandale de ce journaliste - calomniateur de Son Excellence l’Ambassadeur - qui n’a aucune rougeur de modestie ! Comment se fait-il que ma voix ne vous soit pas arrivée ? ou bien la voix de la calomnie et toujours la plus forte ? Oui, le monde n’est ni indifférent à ce que font les autres, ni aveugles de voir ce qu’ils sont vraiment ; et Monsieur l’Ambassadeur des USA a plus raison que vous. Vous donnez tant d’importance à un papier (fût-ce le Coran même !) qui peut facilement finir dans des cabinets de toilette et vous n’accordez aucune bienveillance à une personne qui souffre dans nos geôles parce qu’elle est étrangère, noire, pauvre et sans défense ! C’est justement cette nature de double face que Mr l’Ambassadeur des USA a bien vue dans votre manière de faire du journalisme et a bien dénoncée, indignes descendants d’Homo Berbericus-arabicus ! Vous ne pouvez pas le tromper ; car il n’est nullement bête, Monsieur l’ambassadeur des U.S.A. Sa franchise n’est point de l’arrogance – oubliez-le – au contraire elle dénote une intelligence, une sensibilité et surtout une lucidité et un sens de la justice qui manquent tant à nous, algériens de tout bord, malheureusement. Un tel acte est cependant toujours le bienvenu : il a le mérite de vous mettre à nu en vous révélant bien sûr votre médiocrité et votre mal moral. Soignez-vous donc, bon sang ! Oui, Messieurs les journalistes in-dépendants et patrons de la presse algérienne, vous êtes arrogants et humiliables à la fois ! Vous vous comportez exactement comme celui que vous pensez dénoncer ! Peut-être même avec plus de zèle encore mais toujours avec moins de dignité : vous êtes des imitateurs, une copie, un faux … Vous n’êtes point originaux comme le sont vos maîtres les tyrans. Mais votre bouc-émissaire, Son Excellence l’Ambassadeur, n’est pas dupe de votre bassesse : voilà pourquoi il ne vous accorde pas une grande importance. Voilà pourquoi les intelligents aussi ne vous prêtent aucun crédit ou respect. Et vous vous demandez peut-être : « pourquoi ? » !! Voilà pourquoi vous échouerez toujours et vous resterez éternellement médiocres et sans grande indépendance même si vous ne cessez d’implorer le monde et les hommes à vous l’accorder. Ce n’est pas en suppliant qu’on gagne de crédibilité, mais en étant juste et respectueux de soi et des autres. Vous voulez savoir d’où est-ce que je puise cette arrogance avec laquelle je suis en train de vous écrire ? Je suis algérien. « Tu ne fais pas de politique, je crois ; c’est ton affaire. Mais tu es Français, tu as le droit de dire ton mot. » - « L’enfance d’un chef » - J. P. Sartre. En d’autres termes, si mes devoirs de citoyen me sont interdits, je m’acquitte de ceux de l’homme, pour emprunter une belle sagesse à Sénèque. Et puis, bien que ce journal soit privé (j’ai quelques doutes sur son indépendance), je crois avoir le droit de lui demander des comptes. N’est-ce pas au nom des citoyens algériens qu’il est né, qu’il existe et qu’il vivra encore ? J’espère que cette fois-ci vous me répondrez. S’il en sera ainsi je conclurai que vous ne pouvez vous remuer que par réaction. D’ailleurs, vous manquez de tact et de courage et vous êtes encore loin de la capacité de prendre des initiatives. Les anciennes habitudes d’agir sous contrainte (chères à nos gouvernants dont vous avez fait de leurs dénigrement votre raison d’être) vous tenaillent encore et vous serrent la gorge. Devant ces mauvaises habitudes, vous ne pouvez rien, malheureusement ! Je conclurai aussi que loin de critiquer, votre rôle consiste plutôt à gêner et - pourquoi pas ? – à nuire à la marche de notre pays. Vous êtes des algériens de cette époque et ça veut dire que vous êtes vous-mêmes des dictateurs en puissance : combien de bonnes consciences vous écrivent chaque jour pour attirer l’attention des citoyens et des gouvernants sur des problèmes de grande importance pour nous et pour notre pays ? combien de personnes avez-vous jugé bon d’écarter ou mieux d’en écraser la voix ? Car je ne suis pas le seul à vous avoir sollicité, j’en suis sûr. C’est au nom de la justice que j’écris , et c’est aussi en son nom que j’insiste pour que me répondiez à chaque fois que je vous écris. Mais si, un jour, El Watan (le papier, non le pays) deviendra une propriété privée, sachez que jamais je n’irai jusqu’à la bassesse de vous supplier ou de vous baiser la main ! Soyez-en tranquilles. La justice ! c’est ça qui manque à tous les arrogants, aux lâches, aux hypocrites et aux autres lèche-bottes : qu’ils soient gouvernants de l’Algérie, journalistes des quotidiens indépendants de l’Algérie ou simples citoyens de l’Algérie. Je suis sûr qu’après ça, vous aimeriez plutôt me voir mort, condamné aux travaux forcés, à la prison à vie … mais sachez que tout ça n’entamera rien, même pas un atome, de ma conviction et de ma foi en la justice. Je suis convaincu que le décès moral gâche bien de métiers nobles. Vous êtes arrogants avec les « faibles » et vous faites un beau dos rond avec qui vous pensez qu’il soit puissant ou capable de vous traiter d’inférieurs ! Et si vous comptez m’intimider avec votre indifférence, ou en m’objectant que vous avez toujours été des démocrates consciencieux et courageux ; je vous demanderais tout simplement: « où est-ce que vous étiez avant 1988 ? » Evidemment, dans les rangs des organes officieux et officiels du Parti Unique où vous évoluiez heureux comme certains écoliers qui aiment les longues vacances. D’ailleurs vous maîtrisez bien l’art de séduire et de chanter, en adulant  les puissants  et en snobant les humiliés, à la manière de nos bourreaux ! Vous avez encore dans la bouche le lait de la dictature, des réminiscences de la manie de trier,  de moraliser et d’exclure surtout, par l’indifférence et le silence. Et puis maniant, tant bien que mal, une langue qui n’est point vôtre, vous pensez que les valeurs dont elle recèle vous reviennent de plein droit, vous viennent à pleuvoir dessus, comme ça, par enchantement?! Entre parler une langue (excellemment même) et en avoir la sensibilité, on doit courir encore des siècles ! mais alors cette même langue deviendra une langue hors catalogue. Alors, vous - ou les gens qui prendront votre place - vous mettrez à la recherche d’une autre langue dont vous vous servirez comme une houppelande de grandeur factice, comme l’âne de la fable. Je sais que ça a été de ma faute d’avoir cru à vos vagissements et clapotis d’ouverture et de justice. Je le reconnais : j’étais presque niais, mais à présent je me rebelle contre moi-même avant tout et j’assume ma déception. Il m’arrive de tomber souvent, mais j’ai bien appris l’art de relever, malgré tout, tête et buste. Vous pensez peut-être qu’après tout, c’est vous qui êtes bien importants, puisque ce sont les autres qui vous cherchent et vous adressent la parole. A vous donc l’honneur et la liberté de répondre ou de laisser tomber. Remerciez les circonstances pour ce privilège de censeur et de moralisateur dont elles vous ont chargés. Elles ont fait de vous, les seuls nains qui puissent pisser plus loin. Importants, vous ne l’êtes en aucune manière, de toute façon, tant que vous n’aurez pas un brin de souci pour la justice entre les hommes. Ça, enfoncez-vous-le bien et avec force dans vos rigides méninges. Mais, dites ! je vous fais peur ? ou quoi ? Suis-je si insolent que ça ? « L’APARTHEID a fait choisir aux vaincus noirs entre le silence, l’exil ou la prison. » a-t-il dit un de vos correspondants récemment. Et notre journal, El watan ? combien de choix nous a-t-il laissé, à nous intellectuels peu connus, à nous « faune humiliée » ? un seul : le silence !! Bref, mon mot n’est pas de la supplication, même s’il sent de supplices ; seulement je tiens à vous faire savoir qu’il y a toujours quelques citoyens jaloux de la dignité de l’homme et du respect pour la vie. Tenez, lisez quelque chose sur la vraie grandeur de l’intellectuel engagé et qui vous manque : l’affaire Calas par exemple. Le grand Voltaire avec sa modestie sublime a remué le trône de la France des tyrans pour un simple quidam ! Vous ? vous agissez seulement, et seulement, si on vous autorise à le faire: seulement si vous êtes sûr de ne rien risquer pour votre peau ou votre rang ! Oui, j’ai l’impression que parfois vous n’entendez que les voix qui grondent, tout comme ces maîtres de la dictature que vous ne cessez de dénoncer, pour ne pas dire dénigrer. Certes, vous agissez aussi pour quelques miettes de flatteries dignes d’un crétin corbeau. J’entends déjà votre langue glapir de joie à l’hostie de récompense comme les animaux du cirque après une acrobatie ou une épreuve du feu ! Oh ! lire ! vous êtes trop savants pour lire encore et trop sages pour méditer ce que vous lisez et ce que vous apprenez . Sachez que l’honnêteté intellectuelle procède de la justice et mène tout droit vers la liberté, le courage de sacrifice et la dignité. Ces paramètres constituent la vraie grandeur, que parfois par ignorance, parfois par provincialisme, parfois par arrogance, vous méprisez et vous en écraseriez volontiers l’ombre ! Au nom du citoyen, lecteur et écrivain que je suis, je vous demande gentiment d’ouvrir vos colonnes. Ne restez pas fermés, car l’air pourrira, comme tout le reste de notre existence, et vous suffoquera encore de plus, et vous tuera chaque jour davantage. 

God save the algerian journalist !   

Et son bourreau ? C’est injuste !  

Le nom du malien manque à la liste!

 

Ceci étant dit, je ne continuerai pas moins à admirer ceux parmi vos journalistes qui sont vraiment avec la justice : aux côtés des victimes de l’injustice, que ce soit Benchicou, le malien, son Excellence l’Ambassadeur des States ou autres.

Smari Abdelmalek.

 

 

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