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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

L'occidentalista: Roman à la recherche d'un éditeur français... ou francophone

Une bonne nouvelle

Chers lecteurs, je crois qu'il est arrivé le moment de prendre un petit congé mais de travail! Oui un congé pour travailler! Vers la fin du mois d'octobre la maison d'édition milanaise LibriBianchi, publiera mon nouveau roman en italien dont le titre est "L'occidentalista". J'espère qu'il sera bien accueilli par le public des lecteurs, par la critique et par les media aussi.

Je dois, bien évidemment, en tant qu'auteur contribuer à sa promotion: présentations, interviews, réponses aux demandes, aux commentaires, aux critiques… pour ce faire, il me faut donc un peu plus de temps que je glane ici et là dans mes diverses occupations. Ça ne sera pas pour longtemps, de toute façon.

Je vous promets que mes articles retourneront à paraître régulièrement à partir du premier novembre prochain, mais cette fois à raison d'un article par mois. Périodicité et rythme que je tâcherai de garantir avec soin et régularité.

Dans ce qui suit je vais me présenter un peu à vous car vous avez le droit d'avoir une idée sur la personne qui vous écrit, qui vous parle… Je saisis l'occasion de la sortie prochaine de mon nouveau roman "L'occidentalista" pour vous parler de moi.

 

Note biographique de l'auteur

Je suis de nationalité algérienne. Je suis psychologue clinicien de formation. J'ai travaillé pour des années comme responsable de formation information et documentation près un organisme étatique de sécurité du travail en Algérie.

A présent je vis en Italie où j'ai déjà publié un premier roman "Fiamme in paradiso" près Il Saggiatore de Milan (2000), des articles divers sur des journaux et revues, d'autres nouvelles (“L’asino sulla terrazza” entre autres) et des traductions de et vers italien/français/arabe (comme par exemple "Le stress" chez Fabri Editori, Milan 2000). J'ai écrit et présenté à Milan une pièce théâtrale "Il poeta si diverte" restée inédite.

En 2001 j'ai eu le prix “Marisa Rusconi” VIII édition – Milan, pour mon roman Fiamme in paradiso. En octobre 2006 j'ai eu la "Mention d'honneur du prix Lorenzo Montano de poésie pour mon recueil de poèmes inédit “Tempora et Mores”.

 

L'histoire du roman

Pour commencer, je renvoie le cher lecteur à ce lien

http://www.lafeltrinelli.it/products/2685489.html Lien où il pourra visualiser la couverture et l'aspect éditorial du livre.

« L'occidentalista » raconte l'histoire d'amour contrastée entre Adra et Samir, "le spectre", où l'on peut voir, à travers les yeux de ce dernier, la ville de Milan. Une ville inédite et contradictoire, mais bien réelle, faite de clochards et d'"intellectuels", de consommations et de banalités, d’élans de générosité et de clichés sociaux et autres lieux communs mais aussi de réflexions inattendues sur la culture et la philosophie de la vie de la part d'un "public" étranger de par ses excentricités et sa condition toujours originale. Une ville peuplée de gens qui perçoivent et vivent la ville avec un regard plus analysé et désenchanté et, peut-être à cause de cela même, plus objectif.

Dans le roman, l'ironie du personnage désacralise  les lieux érigés en culte, comme la fameuse Brera, et pousse à l'appréciation de ce que fonde vraiment la culture, toutes les cultures, sans distinctions fausses et fallacieuses entre les deux "O": Orient et Occident.

Les réponses que Samir reçoit pour ses demandes et ses questionnements, dans l'évolution des évènements, riches de dialogues entre les Fausto et les Mourad, ne coulent jamais de source. Bien au contraire, ces dialogues nous ouvrent les yeux, avec une écriture tantôt grave tantôt amusante, sur une réalité plus variée de ce que l'on peut penser. Ce qui déchire à jamais l'hymen de notre innocence. Notre engagement personnel et collectif sera alors de ne rester jamais à la superficie des choses et des évènements. Il nous porte à comprendre davantage notre condition et à vivre une amitié authentique entre les hommes indépendamment du sexe, de l'idéologie, de l’origine, de la langue, de la conception de la vie…

 

Extraits choisis:

En ce qui suit je vous propose trois petits exemples de dialogue.

I- )

- Qu’est-ce que tu faisais au cimetière, la nuit ? - demanda le juge à la jeune femme, pendant que l’huissier cherchait à fermer les battants de la fenêtre qu’un coup de vent avait ouverts violemment.

- J’étais en train de creuser une tombe – dit-elle avec une fierté qui palpitait sur le visage et dans la voix.

- Tu sais, Adra, ma fille,  dit le vieux juge avec un ton plein de reproches, tu sais qu’il est défendu de faire une chose pareille ; tu te rends compte du délit que tu as commis ?

- Ce n’est pas un délit, Monsieur le président. Le délit, le crime des crimes, c’est de brûler vifs les gens- s’écria-t-elle puis fondit en larmes au souvenir douloureux.

- Outre  la raison, as-tu perdu la mémoire aussi ?  poursuivit le juge froidement.

- Quelle raison ? la vôtre, peut-être ? celle qui m’a brisé le cœur et m’a réduite à une larve humaine ? Je n’ai jamais eu votre raison, comment pourrais-je la perdre ? quant à ma mémoire, elle est maintenant plus enflammée que jamais et plus vive encore.

 

II- )

- Peux-tu nous expliquer le motif de ton méfait ? – demanda le juge sans même attendre que la jeune femme finît de pleurer.

- Le motif est dans l’acte même, Monsieur le président.

- Cesse de jouer ta comédie ! Nous sommes dans un palais de justice, pas au théâtre et n’oublie pas que tu es l’accusée. Tout ce que tu dis ou tu diras doit correspondre à la vérité.

- Il y a un an, j’ai reçu la lettre qui est là devant vous où Samir, l’homme que j’aime…

- Un peu de décence ! - menaça le juge, pendant qu’un début de brouhaha, vite étouffé, naquit.

- Samir – continua, imperturbable, Adra - me demandait de lui envoyer une poignée de terre de notre pays ou de lui creuser symboliquement une tombe à côté de celle de sa mère afin que son âme y trouvât un refuge éternel. Je ne suis pas une sorcière !

- Tu es inconsciente. Ça peut te coûter la prison à vie, tu sais ?

- Que m’importe, Monsieur le président ? – continua Adra sanglotant - Je suis en train de dire la vérité. D’ailleurs dans ce pays, la femme est, déjà depuis sa naissance, condamnée à la prison à vie. Pour ce qui me concerne, il s’agit seulement de passer d’une prison à une autre. Ce serait pour moi une consolation, en quelque sorte. C’est fort dommage que je ne sois pas née aveugle… ou, mieux, chienne, bête ou que sais-je encore ?

Il n’y a aucune différence entre les sorcières du Moyen-age qui affrontaient le bûcher et nous qui n’avons même pas le droit à un avocat, juste ou injuste soit-il ! Appelez-moi Sorcière, si cela vous plaît, et condamnez-moi à l’enfer mais vous devriez savoir que cela ne changera rien à ce monde stupide tant qu’il restera injuste. Nos concitoyens, malheureusement, manquent d’imagination et ne peuvent pas encore comprendre la grandeur des âmes généreuses. Comment serait-il possible à un aveugle de jouir des splendides couleurs du jour ou à un sourd des divines mélodies ?Il me reste quand même le profond regret de ne pas avoir pu exécuter la volonté de mon ami. Pour le reste j’ai la conscience tranquille.

- Tu as reconnu qu’il s’agit bien d’un acte de magie noire.

 

III- )

Cette conversation importunait Fausto mais il chercha à cacher sa gêne. Samir continua sur le même ton, et son ironie n’eut pas raison de son pathétisme.

– Ne te laisse pas berner - reprocha-t-il à Mourad -, avant d’accéder à l’universalisme il faut bien avoir une culture locale. L’universalisme est une terrasse et la culture locale est l’escalier qui y mène. Si, au nom de l’universalisme, nous nous mettons à nier toute culture locale, que diable nous restera-t-il ? Si Ghandi fut un esprit universel, c’était parce qu’il avait su mettre à profit le meilleur de sa culture indienne, c’est à dire la non-violence. La sienne est une caractéristique des grands hommes et des grandes nations. Regarde les Italiens – ça fait désormais des années que je les tiens sous observation, en faisant « l’occidentaliste » pour ainsi dire -, il n’y a pas un parmi eux qui n’aime pas Dante, pas un qui ne soit pas convaincu que l’Italie soit le plus beau pays du monde et enfin tous possèdent à merveille l’auto-ironie qui ferait penser à une espèce d’auto-méprise, mais ce n’est pas de l’auto-méprise.

Fausto, qui le regardait depuis quelques minutes et qui était fort gêné, explosa – Toi, tu es le détenteur de la vérité ! – Du coup Samir se tut et il se mit à regarder désespérément Mourad qui regardait Fausto qui s’affairait à se verser à boire. Le silence pesa lourd pour un peu de temps sur le groupe des trois amis, puis Mourad le rompit en reprochant à Fausto

- Je ne te connaissais pas si agressif !

- C’est une simple provocation. – répliqua-t-il imperturbable.

 

Chers lecteurs, je vous donne rendez-vous le 1er novembre.

Smari Abdelmalek

 

 
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