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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Le luxe indispensable : Les M. pleureurs des sorts des autres et les M. Caritas urget ( 5 b)

Caritas urget de l'un des Messieurs les experts internationaux
Il n'y a pas que les gouvernants algériens qui endurent ce genre de calvaire et il n'y pas que les journalistes algériens qui le leur font subir : il y a aussi, parmi les compagnons du calvaire, le monde arabe entier et l'Afrique aussi dans toute sa longueur et sa largesse ; il y a aussi d'autres journalistes et d'autres journaux encore qui s'en mêlent et y foutent le nez mais avec la différence que cette fois le donneur de leçons est un expert international qui sait parler de la grande délinquance financière des chefs de Etats africains !
In « Le patrimoine des chefs d'Etat africains en France » article paru au monde du 31-01-08 , l'auteur dit « C'est un monde enchanté où l'on vogue d'une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l'Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d'euros. Un microcosme constellé d'une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d'Hollywood ? Non : chefs d'Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète. » ... des brigands en somme ! (c'est moi qui l'ajoute.)
Notez d'abord la présence des rudes mots péjoratifs réservés aux Russes et aux Saoudiens d'une part et le doux et sublime qualificatif en anglo-saxon, le mot Stars, que le journaliste réserve d'autre part aux habitants d'un Olympe pur et intègre appelé Hollywood. Utiliser le qualificatif « homme d'affaire » ou « homme riche » pour le Russe, semble un blasphème et un tabou que le journaliste du monde ne peut en aucun cas et jamais transgresser ! surtout pas ça ! Quant aux Saoudiens, s'ils sont rois, ils le sont seulement grâce au pétrole. Autrement ils ne sont que des méchants bédouins.
Voir les avoirs de l'un de ces présidents délinquants et les comparer avec ceux d'un avocat milanais par exemple, n'est pas dans mes modestes capacités et ne peut rentrer dans le champs de mes compétences ; mais le Net peut nous parler des avoirs d'un Bernard Tapie ou d'un Berlusconi. Les richesses des présidents africains, de leurs fils, de leurs femmes, de leurs proches et de tous leurs ancêtres entassés les uns sur les autres, ne peuvent égaler la fortune de ces deux seuls oligarques/riches hommes de France ou d'Italie. Tout ce que peuvent avoir ces pauvres présidents africains serait de l'argent de poche pour un Tapie ou un Berlusconi.
L'auteur du monde, mu par l'exécrable règle caritas urget, poursuit imperturbable « Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l'immobilier en France, qu'ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n'est pas une révélation. Mais, cette fois, l'inventaire de ce patrimoine vertigineux n'est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la "Françafrique". Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF). »
Ces trois grandissimes Oligarques ne sont point chefs d'Etat et encore moins Africains, Russes ou Saoudiens, ils sont des vulgaires délinquants.
Si l'on donne pour argent comptant que nos journalistes sont des arrivistes ou des apprentis intellectuels, comment explique-t-on l'incohérence de M. l'expert international qui a compromis une institution journalistique prestigieuse comme le Monde ? Mystification ? Mépris ? Certainement mais aussi Ignorance et surtout Malhonnêteté.
« Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété "est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d'une piscine", précise le procès-verbal. "Un chef d'Etat, en fonctions depuis quarante ans dans un pays pétrolier et qui a des revenus officiels importants, peut économiser suffisamment d'argent pour acheter plusieurs appartements à Paris, explique Me François Meyer, avocat d'Omar Bongo et de sa famille. Surtout avec les prix très bas de l'immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans." »
Quelle précision... de névrotique ! Quels efforts bêtes et inutiles que de vouloir démontrer ce que n'existe que dans l'imagination !
Voyez où réside la partialité et la mystification : l'auteur de l'article ne conteste pas ce démenti ou du moins ne l'explique pas. Au contraire il va de l'avant dans ses bêtises inquisitrices sans se soucier de la dignité du lecteur. L'impératif catégorique auquel il obéit, d'une manière pavlovienne, est de consolider le cliché de la corruptibilité innée, seconde-naturelle, des responsables des pays tiers-mondains, du continent noir en l'occurrence !
Pourquoi devrait-il se soucier de la réputation ou de la moralité de l'Africain ? L'écrivain du Monde a le privilège d'exprimer sensunicalement ses mensonges et ses présomptions, d'accuser impunément les Faibles de parole, de s'essuyer les semelles à leur dignité comme l'on se les essuie à une serpillière. Il sait très bien, l'auteur, que sa parole ne peut pas être déniée ni démentie, ni par ses confrères complices ni par les accusés qui sûrement n'ont pas les moyens de contre informer ni d'ailleurs assez de temps ni d'énergie à perdre inutilement pour donner de l'importance à de telles chienneries et à de tels aboiements.

Qui sont ces parias donc ?
Et puis qui sont ces parias qui sont mis au pilori, ces humiliés de la sorte, car il s'agit ici de l'intention de nuire par l'humiliation, de confirmer le destin injecté intra cutanément à l'Africain qui, même s'il est président de la République, ne pourrait ni devrait être honnête, respecté donc et respectable ? Qui sont ces parias donc ? Les voici : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l'Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang.
Allez fouiller ensuite dans la vie publique et professionnelle de ces dirigeants (personnes braves et meilleures d'ailleurs que leur envieux détracteur-inquisiteur, l'auteur d'une telle ineptie), vous trouverez des personnes qui se meurent de peines et d'efforts pour servir, à leur manière et sincèrement donc, leurs pays et leurs peuples respectifs ; comme le font d'ailleurs Berloscuni, Sarkosy, Merkel et, quoi qu'en puisse dire, Bush ou El Maliki.
Les dirigeants africains peuvent se tromper aussi, comme tous les humains qui acceptent et assument les grandes responsabilités publiques, en servant leurs peuples et leurs pays. On peut critiquer leurs politiques, leurs méthodes ou leurs compétences ou incompétences mais on n'a pas le droit de les juger à partir de leurs intentions ou de leur volonté, bonne ou mauvaise, de servir leurs peuples.
Allez fouiller aussi dans certains cercles de l'idéologie à laquelle appartient l'auteur de cette injustice, M. l'expert international (ou, si vous voulez, M. Caritas Urget), vous trouverez des deux choses l'une : ou bien il veut les faire chanter pour leur demander quelques miettes de ces soi-disant empires alléchants, ces richesses faramineuses qui sont à portée de la main de ces primitifs mais si loin de sa portée à lui, lui, le civilisé ; ou bien ces braves responsables, honnêtes et loyaux envers leurs peuples et leur principes de liberté et de dignité, ont répondu Niet à quelques sollicitations reçues de la part des rapaces qui peuplent les cercles idéologiques auxquels l'auteur, M. Philippe Bernard, adhère ou voudrait bien adhérer et faire partie.
Quelque cohérence, cependant, ce M. Caritas Urget, il l'a : il ne faille pas à sa moralité de Citoyen français. En fait ces discours de teneur diabolisante ont pour fonction de jeter de l'ombre sur les défauts que peuvent bien avoir les Français pour en exalter les qualités. Le fait de dire que les chefs d'Etat africains investissent en France est la preuve et le témoignage de la stabilité de ce pays pour les investisseurs. Pays sûr où les droits de propriété sont garantis, où les droits de l'homme sont garantis, où même les présumés délinquants ont la chance de posséder des biens en tout respect et toute discrétion.
Voyez comme il traite bien l'image de la France, M. Philippe Bernard. L'on dirait que la France avait besoin, pour paraître grande, de s'appuyer sur les inflexibles Damnés de la terre ou qu'elle se sentait si petite qu'elle devrait rapetisser ces Africains, pourtant nains et misérables, en leur écrasant l'échine et les épaules afin d'émerger haute et grande.
Pas satisfait de se comporter de la sorte, d'insulter ces Africains à partir de son pays, l'auteur propose d'aller les insulter chez eux, dans leur maison africaine, avec tous leurs peuples et en présence de ces mêmes peuples ! Malheureusement pour lui, il existe encore des freins de décence, des gens sensés, des limites souveraines et surtout des Africains avertis, qui se défendent bien tout en restant indulgents envers leurs mortifères de bourreaux.
Malheureusement pour lui, il existe encore des Africains assez intelligents pour se laisser accrocher à ce genre d'indiscrétions stupides et à ces aboiements épistémologiques comme émis par quelques chiens ennuyés, perdus et ne sachant plus quoi faire de leurs gueules.
Malheureusement pour lui, il existe une immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d'Etat en exercice et que des régimes africains bénéficient du soutien indéfectible de Paris.
Autrement, « Il faudrait - dit encore Philippe Bernard, auteur de l'article en question - enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. »

De la soi-disant corruption de nos gouvernants
« Il a été détrôné par Warren Buffett - titrait El watan 10-03-08 et ajoutait en sous-titre - Bill Gates n'est plus l'homme le plus riche de la planète » Notre Samir Ben Djafar, le journaliste d'El WAtan, explicitant le titre continue « Après un règne sans partage de 13 ans, le fondateur de Microsoft a perdu sa couronne d'homme le plus riche de la planète au profit de l'investisseur américain Warren Buffett, selon le classement établi par le magazine économique américain Forbes.
Forbes explique sur son site Internet que le « gourou » de la finance à la tête de sa holding Berkshire Hathaway a vu sa fortune enfler et atteindre 62 milliards de dollars (...) Avec une fortune estimée à 58 milliards de dollars (37,9 milliards d'euros), la dégringolade de Bill Gates est rude, puisqu'il doit se contenter de la troisième place, la deuxième étant désormais occupée par le magnat mexicain des télécoms Carlos Slim Helu qui a vu sa fortune passer de 49 à 60 milliards de dollars (39,2 milliards d'euros) depuis mars 2007. Le quatrième de cette liste est l'homme d'affaires indien Lakshmi Mittal dont la fortune est estimée à 45 milliards de dollars (29,4 milliards d'euros). » ouf !
Interrogeons un peu ces longs chiffres : que représentent-ils ? Il nous disent tout simplement qu'en 2007 la fortune de deux Américains, Warren Buffett avec Bill Gates, a dépassé de 10 milliards de dollars lesdites sommes faramineuses qui ont été encaissées par l'Etat algérien à l'issue de la même année. Hélas nos journalistes, qui pourtant publient ce genre d'informations, semblent insensibles devant une incohérence flagrante, la leur. N'ont-ils pas encore acquis la capacité de synthèse, étant restés à la phase anal-ytique ? Ou bien sont-ils tout simplement fainéants et attendent que quelqu'un d'autre synthétise à leur place ? Pourtant ils donnent à croire qu'ils sont plus actifs et plus intelligents que Bouteflika et tous les chefs d'Etat africains réunis !
Que veulent-ils au juste, nos journalistes et nos gargotiers, leurs protégés ? Sont-ils plus malins ou plus efficients que nos gouvernants ? Si c'est ça, pourquoi ne mettent-ils pas les mains à la pâte pour corriger et redresser les torts de l'Etat et des hommes de l'Etat en Algérie ? Ne reprochent-ils pas justement à nos gouvernants d'être des usurpateurs, des incompétents, des arrogants, des prétendus indispensables ? Ou bien sont-ils incapables ?
Et alors qu'ils reconnaissent aux gouvernants au moins le mérite et le courage de relever les défis et d'affronter une telle responsabilité. Qu'ils s'approchent de ces caisses et de ces trésors et qu'ils essaient d'en détourner quelques liasses ou quelque lingot, ne prétendent-ils pas qu'il est facile et aisé de s'en servir ? Qui les empêchera-t-il d'en profiter eux aussi ? Pour qui nous prennent-ils ? Pour des naïfs à leur image ?!
La mystification devient plus forte et plus séduisante quand elle est l'œuvre d'experts journalistes ou intellectuels. Elle devient pire encore quand elle est l'œuvre d'un responsable parce quelle prend le caractère d'un témoignage cru et crédible donc. Les masses malheureusement ne sont pas en mesure de consacrer assez de temps à séparer le bon grain de l'ivraie. Les masses préfèrent se tenir à ce que leur disent les experts flatteurs qui les laissent somnoler dans leur abêtissement, qui les font rêver de minables intérêts égoïstes, pourvu qu'ils ne leur demandent pas de payer les taxes et de participer au bien public. Les masses aiment ceux qui leur font cultiver surtout l'image de victimes absolues, que tout leur est hostile sauf bien sûr leurs propres bêtises (prises de positions, choix ou actions.)
Ces mystificateurs préfèrent montrer et présenter leurs protégés comme des victime d'Allah, de Mahomet, du régime, des Généraux, des criquets, du ciel, sauf de soi-même. Les masses aiment ça. Elles aiment aussi leur aliénation et leurs aliénants, journalistes surtout, qui les aiment en retour car ils savent pleurnicher par procuration sur leur malheur. Cette race d'aliénants savent pleurer sur le malheur de ces élus-malheureux mieux que les malheureux eux-mêmes. Ils ne donnent aucune chance à leurs victimes de pleurer par eux-mêmes leur propre sort et de se défouler donc.
Ce faisant, ils les rendent deux fois victimes : victimes de ceux qui les font pleurer et au même temps de ceux qui ne les laissent pas pleurer. Les masses d'Algériens sont victimes par excellence, malgré leur innocence immaculée, et oppressés déjà, si l'on croit nos journalistes, depuis 1962. Oui, certains avancent cette date précise. Ça fait pleurer mais vous pouvez rire.
« M. Abdesselem (Belaid) - disait le Général Tawfik Medien - a prétendu que j'avais apporté une protection ouverte à de gros importateurs et c'est précisément ce genre d'inepties qui m'a décidé à répondre à la série d'allégations proférées par cet ancien dignitaire de l'Etat. Je n'ai jamais eu, à ce jour, le moindre rapport avec les milieux d'importation. J'ai même interdit à mes enfants de s'y engager pour éviter toute interférence regrettable dans mes fonctions et les mettre ainsi à l'abri d'approches intéressées et peu fiables. »
Accuser les gens comme ça, sans fondement, c'est le moins que l'on puisse dire de la mesquinerie inquisitrice. Les gens de chez nous s'attachent davantage à leur médiocrité et à leur mesquinerie qu'à leur dignité. Ou plutôt ils font de ces deux tares de l'Etre, leur dignité. Pourquoi ? Nos gens ont une idée tordue de la responsabilité et c'est par ignorance qu'ils pèchent politiquement et moralement. Quant à nos élites, on peut dire qu'ils ont presque la même idée que les profanes ont du pouvoir. Au lieu d'éduquer les masses, au lieu de les élever à leur niveau, nos intellectuels semblent séduits par la superficialité et la médiocrité des lieux communs de la plèbe. Ils confondent superficialité avec simplicité et médiocrité avec modestie et ils les épousent sans gêne. Le comble c'est qu'ils sont aptes à déclarer la guerre pour faire régner ces inepties.
En outre, en Algérie, on n'a jamais mis en prison un homme qui insulte un autre, à la limite c'est la personne offensée qui s'en charge comme Zidane avec Materassi, par exemple. Si l'on continue à accuser les gouvernants d'être des voleurs c'est qu'on sait qu'on ne nous tient pas rigueur. D'ailleurs quelle valeur peut avoir la parole si les langues qui la produisent puent de haine et de mensonges ?
En outre, nos journalistes le font sans crainte désormais. D'aucuns, les plus malins, sont protégés par l'usage des généralisations et des allusions ; d'autres, plus cyniques et lâches, savent que s'ils viennent d'être cités en justice, l'on s'écrie à la censure, à la menace de la liberté d'expression et alors quelque saint protecteur ou quelque chevalier d'outre méditerranée, viendra à leur rescousse. Les pauvres, quand seront-ils capables de défendre leur guirba par eux-mêmes ?
Les gens mystifient aussi quand ils sont envieux ou quand ils entendent régler des comptes avec quelque rival, comme Belaid Abdesselem...
Ignorance et envie voilà les deux piliers du monstre Mesquinerie.. nos masses (journalistes confondus) pensent que l'argent public soit une rivière qui passe sous l'Eden des gouvernants où ils auraient l'exclusive d'y puiser à en tarir les flots. Alors ça leur saute à l'esprit, en vertu d'un mécanisme psychologique repéré par Italo Svevo : Pourquoi pas nous ? ou, mieux, Moiiii ?
A suivre

Smari Abdelmalek

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