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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Le luxe indispensable ou la preuve par le bâton des intellectuels gargotiers ( 4 )

 

« La modernité que nous ambitionnons ne saurait résulter

d’une extrapolation mécanique de recettes techniques ou

de modalités juridiques. Elle ne peut être que le résultat

d’un travail sur nous-mêmes et par nous-mêmes. Un  travail

 d’analyse autocritique et d’intériorisation des avancées

de la pensée humaine, à partir de notre riche patrimoine

et dans le respect de ce qui fonde notre personnalité profonde. »

 

 Abdelaziz Bouteflika, Président de la république

 

Une idée de gargotier

Nous verrons ci-dessous par contre quel type de discours nos journaux, soi-disant indépendants,  préfèrent tenir dans ce genre de situations. Au lieu d’éduquer les masses d’homo berbericus pour faire de leurs hordes barbares et grossières un peuple civil et responsable, les rédacteurs/détenteurs de nos journaux (sans être des juges et sans avoir des preuves tangibles) préfèrent accuser et condamner nos gouvernants ! Mais avant d’en exposer quelques incohérences et contradictions, il est souhaitable de braquer un regard scrutateur sur l’éthologie de homo berbericus (non seulement version quidam) qu’un certain piétisme stupide s’il n’est pas tendancieux, brandi par ces mêmes journaux, nous présente comme des victimes absolues.

En se comportant de la sorte, nos journaux dénuent cet homme (pourtant leur chouchou!) de toute dignité d’être responsable du propre destin et d’être donc fondamentalement libre. Aveuglés par la logique de leur haine pour notre classe gouvernante, ces pleurnichards de journaux ont trouvé une raison d’être, autrement valable et solide, dans la victimisation de la plèbe qu’ils ont censé informer et honorer au lieu d’en enterrer la dignité et la liberté.

Certes il ne faut pas trop en vouloir à ces masses qui n’ont pas encore pris pleine conscience de l’importance vitale de ce pilastre du civisme et de moralité (payer les taxes). Mais cela ne doit pas nous empêcher de les observer pour voir s’ils sont vraiment aussi victimes que ça, aussi aliénés et surtout aussi contraints de subir l’empire malveillant de leurs méchants gouvernants faits de leur propre chair, créés à leur image, pourtant.

Il faut voir par exemple comment ils conduisent leurs affaires au long de leur existence quotidienne : presque tous les Algériens sont des commerçants, ratés certes et au noir d’accord, mais des commerçants. C’est une constante. L’instituteur, le médecin, le prof universitaire, le balayeur de la commune, l’agent de sécurité dans une cimenterie, l’étudiant, la femme de ménage, le retraité immigré, l’apprenti boulanger, le jardinier de la République, les hauts fonctionnaires et bien sûr les … eh oui… les journalistes aussi. Le comble est que tous sont des commerçants bricoleurs, de fortune. Rares sont ceux qui le font par métier c’est-à-dire avec art, compétence et honnêteté (ainsi je ne risque pas de généraliser sans fondement).

« Son premier voisin - nous dit El Guellil du Quotidien d’Oran - avait transformé une des pièces de sa maison donnant sur la rue en magasin pour l’alimentation générale. Quelques jours après, plusieurs ont fait de même... Un autre, usant de la même pratique, a aménagé sa salle de séjour, transformant une des fenêtres en porte, en un petit salon de thé. D’autres ont fait de même quelques jours après... Un gargotier... des gargotiers. Un KMS... plusieurs KMS. Un cybercafé... des cybercafés. Une boutique pour produits cosmétiques... et zid el-boudouri pour la joie de toutes les femmes du quartier! Une table de vendeur de cigarettes pour le petit qu’on venait de renvoyer de l’école... ».

Ce que ne nous dit pas explicitement El-Guelli c’est l’idée que nos improvisés commerçants se font de ce métier vital et rentable (même si c’est un métier de service) et qui se résume pour eux en ceci : tout ce qu’ils gagnent est un gain net. Ils n’ont pas à faire la part des choses entre les aspects de toute activité commerciale telle la vocation, par exemple, le capital, les frais de gestion, l’investissement, le service, la responsabilité, les impôts et enfin - s’il y’en a – le bénéfice. Tout ce qu’ils veulent en savoir c’est que dans le commerce il y a de la baraka : une idée de gargotier, quoi !


Messieurs les journalistes… indépendants !!!

Nos commerçants, semble-t-il, sont incapables de réaliser que vendre un mouton par exemple signifie dépenser de l’argent pour l’acheter, le transporter, l’engraisser, le servir (eh oui servir les moutons ! n’est-ce pas drôle ? Et puis que peut-on attendre de quelqu’un qui sert un mouton !?), le protéger, le porter au marché, payer le maks (avec un sou , quelque corruption, des jurements et une brassée de mensonges) et enfin le vendre. Ils ne savent pas que toutes ces opérations requièrent argent, temps, énergie, risques et surtout distraction et improduction donc pendant le travail officiel ; sachant que notre commerçant est toujours un fraiseur, médecin, ingénieur, journaliste ou balayeur de la République et qu’il n’hésiterait pas à déserter, toujours volontiers, son poste de travail dans quelque chantier ou quelque bureau pour prendre soin de ses moutons personnels.

Quand le commerçant berbericus vend son mouton, tout l’argent qu’il touche est un gain. Saura-t-il un jour que c’est justement ce genre de tromperie qui constitue l’origine de son malaise et du malaise de son peuple ? Saura-t-il un jour qu’en réalité c’est lui-même qui trompe lui-même et pas les gens du haut ou du bas ou ceux de l’au-delà ? Bref, tant qu’il maintient l’argent gagné dans la poche, notre prétendu commerçant se croira le plus riche du monde. Ergo, il se met à caresser l’espoir sérieux de voir arriver chez lui, dans son houche , un jour (qui sait d’où ? du ciel peut-être, comme ce que s’était passé avec sidna Brahim El Khalil ?), un troupeau de moutons gras et cornés pour les vendre et gagner encore et gagner plus et seulement gagner.

Son enfant ou sa femme peuvent bien avoir envie de quelque chose d’essentiel, de médicaments, de vêtements, de livres, de jouets ; sa maison ou son gourbi peuvent avoir besoin de quelque réparation ; le percepteur d’impôts (mekkas)  et le vendeur peut-être peuvent avoir besoin de l’argent qu’il leur est resté chez lui… mais notre commerçant invoque à sa rescousse dieu et la baraka de ses saints pour les en dissuader. Souvent ils finissent par se disputer.

Et l’Etat dans tout ça ? Niente, normal : l’Etat est ici pour ça, pour veiller au bonheur du Citoyen, même s’il est commerçant. Il doit gérer les problèmes et contentieux de son commerçant de Citoyen et ne pas l’abandonner à ses rapaces de mekkas et autres créanciers. Il doit lui payer les frais de l’affaire, la police, le tribunal et même la prison et toute cette panoplie d’anarchie et de stupidités ! Et dire que l’Etat, le nôtre, est voleur. Messieurs les journalistes !!!


Contradictions tranquilles

« En faisant condamner des journalistes à l’embastillement, ceux qui nous gouvernent se ridiculisent davantage et offrent d’eux-mêmes une piètre image à l’étranger. Apparemment, ça ne les dérange pas, pourvu que le prix du pétrole continue à grimper et que la rapine se poursuit. » Tayeb Belghiche, El Watan 09-03-08

Au lieu de se la prendre avec le système judiciaire et le juge de Jijel, ce respectueux journaliste se la prend avec tout le régime qui serait le responsable d’une telle sentence ! Selon lui c’est le gouvernement, l’Etat, ou peut-être même le premier magistrat du pays en personne qui en serait le responsable unique et direct, comme si c’était Bouteflika lui-même qui avait instruit l’affaire et jugé les journalistes ! Ceci étant dit, je n’entends pas cautionner les harcèlements, de ces jours, contre les deux journalistes d’El Watan. Il n'est pas non plus juste continuer de harceler et de dénigrer les hommes du pouvoir pour la simple raison de prouver qu'on est démocrate et qu'on est soi-même plus honnête qu'eux.

« C’est la philosophie du bidonville. Il se construit autour du premier et hop c’est toute la familia qui se met à la taule. Bni oueskoune. Et les autorités chouf oueskout. Mieux on leur installe l’électricité pour éviter les branchements illicites et comme dar el-mire fonctionne ghaya, avec le reçu Sonelgaz il peut avoir sa «fiche de résidence». Il devient votant recensé. » El Guellil.

S’agit-il, dans ce comportement incivile, d’une complicité flagrante entre l’Etat et ce type de Citoyen parasite et délinquant plus que fourbe ou intelligent ? Ou bien s’agit-il d’une sorte d’indulgence de la part des autorités qui savent que le marasme de l’Algérien est le produit de tant de siècles de peines et d’efforts qu’il faut donc du temps pour en avoir raison ; d’où ce geste de compréhension éducative pour aider le Citoyen à réfléchir, à apprendre dans la sérénité à être responsable et honnête ? Ou bien encore s’agit-il d’une simple incompétence de la part des solotates ?

De toute façon nos journalistes ne sont pas d’avis qu’il faut aider ces autorités à être compétentes au lieu de les calomnier gratuitement et à longueur de journées en les traitant de bandes de brigands et de proxénètes sans foi ni loi. Nos journalistes savent pourtant que ce n’est pas avec des insultes qu’on éduque ou qu’on informe, mais avec l’exemple et la méthode.

« Pendant que l’Algérie a les yeux rivés sur le prix du baril de pétrole, un mouvement d’ajustement planétaire est en train de s’opérer. Produits agricoles et matières premières, que l’Algérie importe en abondance, connaissent une flambée des prix exceptionnelle, les plus importants depuis un demi-siècle… A titre d’exemple, le prix du blé a doublé en un an. Mais certaines variétés ont connu des hausses encore plus importantes, de 270 pour cent pour le blé dur à une multiplication par quatre pour certaines variétés plus cotées destinées au pain et aux pâtes… Cette évolution des prix des produits agricoles s’est déjà reflétée dans les importations du pays en 2007. Celles-ci ont dépassé 27 milliards de dollars. Pour 2008, les spécialistes estiment que le seuil symbolique de 30 milliards de dollars sera dépassé. Un chiffre faramineux, qui installe le pays dans une situation de dépendance très inquiétante. Les économistes s’inquiètent aussi d’une autre évolution, encore plus grave. Ils redoutent en effet que le déficit alimentaire du pays atteigne un seuil irréversible. » Abed charef in le Quotidien d’Oran du  8 mars 2008.

De sa part, El Watan du 19 mars 2008, sans se soucier de ses propres contradictions, dit sur la langue de Nora Boudedja « L’euro a atteint lundi un nouveau record à plus de 1,59 dollar. La vulnérabilité de l’Algérie vient du fait qu’elle est fortement dépendante des marchés internationaux » !!

Où sont passés ces trésors de Qarone que la chute du dollar a dégonflés misérablement mais que El Watan, en premier, indiquait comme infinis qui finissent toujours par finir quand même dans les poches de nos gouvernants malins ou corrompus, peu importe puisqu’ils sont seulement et seulement des voleurs ? Ces joutes entre le dollar et l’euro ne devraient plus servir à notre Journal pour jeter l’anathème sur nos dirigeants. Mais il n’en est rien : à présent, semble-t-il, notre Journal a déjà oublié qu’il avait dit ça, et le voilà qui procède sans gêne.

Serait-il parce qu’il sait qu’il possède le redoutable pouvoir de dire ce qu’il veut d’une manière sensunicale, sans que personne puisse le démentir ou le dénoncer ? En fait qui pourra crier en face à ce type vénérable de journaux : « Vos fonctionnaires sont des menteurs et des mystificateurs de marque. Ils terrorisent les gens avec leurs fausses informations et leurs mensonges tendancieux. » ? Personne, car la censure le protège.

Comme vous voyez ce n’est pas que nos journalistes ne disent ou ne savent pas parfois dire quelques vérités, mais c’est que – semble-t-il – ou il ne lisent pas ce que leurs collègues écrivent, ou ils ne se rappellent pas de ce que eux-mêmes ont écrit quelques temps auparavant. D’où leurs contradictions insouciantes et point gênées. Autrement, comment peut-on continuer à parler de ces prétendues caisses de l’Etat algérien gonflées en milliards de dollars (monnaie désormais scandaleusement dégonflée !) qui seraient la panacée contre tous les malheurs s’ils n’étaient pas détournés par nos gouvernants ?

Qu’ils se fassent eux-mêmes gouvernants ou bien sont-ils incapables ? ont-il peur de la responsabilité ? Qu’ils se fassent gouvernants et qu’ils essaient de voler et détourner eux aussi comme nos gouvernants sont en train de faire ! Sans blague ! Pour qui nous prennent-ils ? pour des moutons ?

 

Le souci de François de Closets
Sans nier l'importance de nos journalistes, je suis en droit d'attirer leur attention sur le manque flagrant de la rigueur logique et de l'honnêteté intellectuelle qui caractérise leur mode de nous informer. Et s'il ne s'agit pas de ça, il s'agit sûrement d'autre dysfonctionnement : la mystification, peut-être non voulue, qui parsème imperturbable leurs écrits quotidiens. 
De leur part nos journalistes ont l'obligation morale de s'expliquer ou de se prononcer au moins sur leurs impairs épistémologiques. Qu'ils me convainquent que je suis dans l'erreur ou dans la stupidité. Ça sert à ça la critique, je pense. Pour ce qui me regarde, je le répète, je voudrais tout simplement travailler, à partir de mon infime coin, pour transformer l'idée erronée qui suppose que l'Etat soit fondamentalement tout répressif au lieu d'être un instrument de libération et de réalisation civilisationnelle au service des Algériens. Il faut reconnaître d'abord qu'un tel divorce entre l'intérêt individuel et celui de la collectivité (car il s'agit bien de cela) n'est pas l'apanage du seul Algérien. Oui, il n'y a pas que chez nous que la politique soit suspecte et sensée rendre des services à gratis aux seuls politiciens.
Dans une recension publiée sur le site Decitre.fr du livre « Le divorce français. Le peuple contre les élites » de François de Closets, on lit : « Pourquoi avons-nous construit trop de bombes atomiques et pas assez de logements, trop de centrales nucléaires et pas assez d'universités ? Pourquoi nous sommes-nous laissé prendre au piège du second choc pétrolier ? Pourquoi ces 100 000 morts sur les routes que l'on aurait pu éviter, ces 1100 milliards de dettes injustifiables légués à nos enfants ? Pourquoi les français ne peuvent-ils pas choisir leur fin de vie ? Pourquoi cette impossibilité de moderniser notre société ? Si nous en sommes arrivés là, c'est parce que la démocratie française est paralysée par l'incompréhension, la méfiance régnant entre le peuple et les élites. Ce divorce entretient les querelles stériles, favorise les fausses solutions, s'oppose aux réformes nécessaires. Il trouve ses racines dans les erreurs d'analyse. Le manque de transparence et de concertation, l'abus de l'idéologie de nos élites. Mais aussi dans l'absence d'engagement et la protestation systématique qui sont devenues l'apanage des Français. » 
D'autre part voici ce que pense un compatriote de M. de Closets des dernières élections présidentielles en France : « J'ai suivi - dit-il - d'un œil distrait et amusé, les joutes des candidats pour la conquête du pouvoir : A l'énergie qu'ils mettent en œuvre pour mener à bien leur campagne, il faut croire que le poste visé offre des avantages hors du commun ! »
C'est dire combien est répandu dans le monde ce genre de divorce entre le Citoyen et la Cité qui n'a pas encore trouvé une Eglise ou un dogme pour le déclarer peccamineux ou l'interdire. Cette méfiance presque naturelle, puisque elle est politiquement nécessaire, ne va pas jusqu'à remettre en cause la légitimité des gouvernants de la France. Pourquoi chez nous la même méfiance doit être synonyme d'illégitimité de nos gouvernants à gouverner l'Algérie et ses habitants ?

 

La preuve par le bâton

 « Deux prévenus – lit-on sur El Watan 10-03-08 - D.H.A. et M.M. ont comparu, hier, devant le tribunal criminel siégeant au niveau de la Cour d’Oran, … le dénommé D.H.A., plus connu sous le prénom « Samir », se faisait passer pour un colonel de la sécurité militaire et membre de la famille du président Bouteflika. Son coaccusé, M.M., prétendait quant à lui être un officier du service de renseignement français, DST, et qu’il avait des accointances à tous les niveaux parmi les gouvernants. Le duo exigeait d’énormes sommes d’argent pour intercéder, en faveur de leurs victimes potentielles, auprès des autorités concernées par leur problème. Ils promettaient même des papiers français pour ceux qui souhaitaient s’installer dans l’Hexagone. »

Supposons que les autorités n’aient pas encore réussi à mettre la main sur de tels délinquants ; supposons que l’une de leurs victimes se soit plainte – comme il arrive souvent chez nous - près d’un intime ; supposons que cet intime se trouve justement un journaliste indépendant, que se serait-il passé ? Le journal dudit journaliste serait sorti avec un titre du type :

« Les parents de Bouteflika achèvent de saigner les Algériens ! » Quant au soi-disant parent de Sarkosy, il nous viendrait présenter plus comme une victime trompée que comme un complice corrompu, pour la simple raison qu’il est français, civil donc.

Grâce à dieu, les inefficientes autorités algériennes – n’en plaise à nos journalistes divorcistes - ont réussi à avorter une telle monstruosité épistémologique et ont épargné par là même à nos journalistes de faire l’une de ces figure de M… Nos autorités, pourtant illégitimes et inefficientes, ont épargné à nos indépendants Légitimissimes de faire la figure d’Eric Fottorino avec son histoire sur « Marie 13 minutes » (voir sur ce même blog « Presse indépendante ? en Algérie? et ailleurs? »)

A force de tisser des mensonges et à force de voir que les faits finissent toujours par nous démentir, on passe à la preuve par l’invention des faits.

A propos de preuve, j’en connais quelques unes d’un type étrange : la preuve par le bâton ! En voici la première : cependant elle est restée confinée dans la lointaine époque de 1980 dans une salle de cours à l’université de Constantine. Un notre collègue étudiant, barbu de gai savoir et bien appuyé sur un bâton, voulant nous démontrer au tableau la suprématie du système économique d’inspiration islamique par rapport aux deux autres : communiste et capitaliste (sa tête étant trop étroite pour en contenir davantage et surtout ne voulant point ruiner le cours lisse, sans accident, de sa démonstration géniale qui se base sur une certaine linéarité des faits et des phénomènes) nous brandît sa baguette magique et nous expliqua : « Si nous tenons ce bâton par le bout gauche, il tombe par le bout droit. Si on le prend par le bout droit c’est la gauche qui croule. Si par contre et enfin on le tient par le centre il est la stabilité et l’équilibre incarnés. Fa bouhita lladhi kafara ! »  

L’autre preuve par le bâton - officielle celle-ci puisqu’elle est passée à la télévision - ne fait pas moins rire les poules : Un vénérable vieillard, lui aussi barbu d’une sagesse blanche et d’un gourdin bien de chez nous, fut invité à dire son mot dans une assemblée couverte par les caméras de notre Entv. Notre Moise démonstrateur, boucleur des grandes gueules brandît lui aussi sa baguette et perça les flots de la médiocrité régnante pour en créer le chemin de la sagesse et du salut.

Il expliqua lui aussi sous forme de demandes didactiques, une sorte de maïeutique à la Socrate : « Voyez-vous ce gourdin ? de quelle extrémité est-il tordu ? – il n’attendit pas de réponse, puisqu’il en avait à profusion - De la tête – tonna-t-il, triomphant » Puis il rejoignit sa place conscient et content d’avoir dit leurs quatre vérités aux algériens d’en haut. Lui aussi, comme nos journalistes indépendants, n’acceptait aucun compromis avec les corrompus de nos gouvernants. Lui aussi comme nos journalistes savait que nos gouvernants sont des brigands. Qu’est-ce qu’ils attendent pour les mettre en prison ? ou bien ces bandits les ont-ils corrompus à leur tour ?

Je conclus avec cette autre preuve par la bâton. Cette fois-ci il s’agit plutôt de pleurer. Sous l’œil du caméra, l’on voit un simple policier, un quidam quelconque (souvent lui-même victime du Régime –comme aiment répéter nos journalistes indépendants), en train de pester un intellectuel de renom algérien (Abdallah Rkeibi) dans un sit-in de pacifique protestation. C’était la fin des années 80 et le début de l’enfer algérien. Nos indépendants journalistes, au lieu de protester contre le responsable direct d’un tel délit c’est à dire le policier, ils se la prirent avec ledit Régime, des moulins à vent, quoi !

A suivre

 

Smari Abdelmalek

 

 

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Ilhem 18/05/2008 19:19

 Votre blog est d'une nullité. Au lieu de vous attaquez aux journalistes et d'une piètre manière aller plutôt vous occupez de vos pompes. On voit bien que vous êtes un suppôt du pouvoir et que la presse indépendante vous dérange. Les seules bonnes idées développées dans vos contributions sont celles que vous avez pris le soin de mettre entre guillemet