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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Le luxe indispensable au pays de Bes-sif ouella bel-kh’tif (3)

« Vous devez imaginer la Sardaigne comme un champ
fertile et riche dont la fertilité est alimentée d’une veine
d’eau souterraine qui part d’une montagne lointaine.
Soudain vous voyez que la fertilité du champ a disparu.
Là où il y avait les riches moissons il y a seulement plus
d’herbes brûlées par le soleil. Vous cherchez la cause de
ce malheur, mais vous ne la trouverez jamais si vous ne 
sortez pas au-delà de votre petit champ, si vous ne poussez 
pas votre recherche jusqu’à la montagne d’où venait l’eau, 
si vous n’arrivez pas à comprendre que plusieurs kilomètres
plus loin, un malveillant ou un égoïste a taillé la veine d’eau
qui alimentait la riche fertilité de votre champ. »

Antonio Gramsci

 



Considérations générales et introduction
Cet article, en sa partie successive, sera parsemé d’un peu de citations qui tournent autour du sujet que j’essaierai de traiter ici, à savoir : d’où vient que l’Algérien, cultivé ou sans instruction, soit ou se donne par essence comme anti-fiscaliste ? J’entends par anti-fiscaliste le Citoyen qui refuse de payer les impôts même quand ils sont justes et modérés, en se moquant bien de ce qu’ils sont indispensables et vitaux pour la vie de la Cité et des Citoyens. Anti-fiscalistes seront donc nos compatriotes qui refusent de s’acquitter d’un important devoir civil et moral, en l’occurrence celui de participer à la création des richesses générales, tout en rêvant de pouvoir continuer de vivre décemment, en parfaits parasites, sur le dos des autres.
Il est évident que l’individu tout seul ne pourra jamais se garantir la nourriture, l’éducation, la santé, les routes, l’éclairage public, les jardins publics et parcs de distraction, le bon état des routes, sa propre sécurité, la justice, la retraite, en somme sa vie tout court. Il est du propre de l’homme, comme tous les autres êtres vivants, de s’unir en communauté avec ses proches. La division sociale des taches qui découle de la vie en collectivité ou, comme on dit dans la langue du terroir, la Touisa - qui peut, doit contribuer à la marche de la société avec ce qu’il peut – permet à l’individu de réaliser la vraie prospérité du pays et de s’assurer la sécurité et la défense de ses droits propres et de ceux de tous les autres membres de la Cité.
« J’aurais voulu naître dans un pays où le souverain et le peuple ne pussent avoir qu’un seul et même intérêt, afin que tous les mouvements de la machine ne tendissent jamais qu’au bonheur commun ;… J’aurais voulu vivre et mourir libre, c’est-à-dire tellement soumis aux lois,… J’aurais donc voulu que personne dans l’Etat n’eût pu se dire au-dessus de la loi,… » Quant à moi j’aurais voulu imprimer et distribuer gratis et à domicile à tous les Algériens ces grandes paroles de Jean Jacques Rousseau. Grandes paroles, oui. Elles sont justes et sincères et enseignent - outre à la dignité dans l’humilité - le civisme, l’honnêteté, l’amour et le respect entre les hommes.
 
Critique des critiques
Les citations, dont sera parsemé le prochain écrit, visent à donner au lecteur l’opportunité de juger par soi-même le sujet que je traite. Ces citations ne seront pas là pour exhiber quelques éruditions ni pour réprimander, gronder ou blâmer l’Autre (cet enfer, fondamentalement, méchant et de mauvaise foi). Elles y seront pour indiquer tout simplement un état d’esprit, le moins qu’on en puisse dire, contre-productif et négatif. Et puisque cet état d’esprit nuit tant à notre société, il faut le dénoncer, l’analyser et y intervenir pour en neutraliser les méfaits.  J’espère bien être dans l’erreur, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que ce genre de citations enseignent plutôt des mauvaises habitudes de comportements sociaux et – comble ! - la manière de s’en laver la conscience. Elles enseignent, entre autres vices la médiocrité, les lieux communs, la haine, l’inquisition, la démission devant les propres responsabilités et la confusion des esprit. Ces citations sont tirées d’une littérature quotidienne, malheureusement foisonnante d’oppressions charlatanes et de mystifications. Littérature qui sème la des-éducation, la confusion, l’arrogance et l’ignorance.
Puisqu’il est de mode aujourd’hui de critiquer les puissants, pour se donner la belle illusion d’être soi-même puissant (Grand et donc si immortel), on se lance dans ce sport avec fougue aveugle et féroce, avec un zèle frôlant les pires fanatismes. On s’y jette corps et âme, comme des essaims de mouches, vers la fausse lumière et vers le semblant d’air libre. Bien sûr l’on ne tarde et l’on ne cesse pas de buter inéluctablement contre les dures et décevantes parois de la prison des ridicules qui enferme les mystificateurs. A bien regarder ces pseudo critiques, on les trouve stupides non pas parce qu’elles ne disent pas les choses comme elles sont mais elles répètent toujours les mêmes mensonges. Est-il possible que leurs auteurs ne s’en lassent pas ou ne s’en rendent-ils pas compte ? Seront-ils de si méchants stupides ?
Oui, à bien scruter cette littérature, l’on trouve aussi que ses heureux auteurs et chantres sont autant obséquieux qu’insolents. D’abord leur critique est plus un dénigrement qu’une analyse objective des faits ; ensuite il n’ont pas un langage, qui leur appartienne en propre, qu’ils aient forgé et élaboré comptant sur leur seules raison et sensibilité ; enfin ils n’assument pas la responsabilité historique qui nous répète que l’Algérie ne peut réaliser en 50 ans seulement de souveraineté nationale une avancée civique et civilisationnelle comme celle que la France par exemple (Etat multiséculaire) a réalisé en 900 ans.
 
Obséquieux et insolents
Obséquieux sont donc grand nombre de nos intellectuels (sous forme de journalistes), car les puissants qu’ils harassent et molestent à longueur d’années sont de second ordre. Et s’ils ont le courage de le faire c’est qu’ils divisent le genre humain en puissants réels, en puissants d’apparence, en victimes absolues des pseudo-puissants et en (journalistes) glorieux et intrépides défenseurs de ces victimes. D’où leur courage de critiquer, mais seulement, les puissants d’apparence tout en étant sûrs d’être protégés par les vrais puissants. Ils ne critiquent que ce que la mode leur ordonne de critiquer. Leurs refrains préférés sont du type : « Les musulmans sont tous de dangereux fanatiques » ; « Les gouvernants arabes sont des corrompus » ; « Les citoyens des pays africains sont des pauvres victimes de leur régimes, ils sont sans aucune tache de responsabilité dans ce qu’il leur arrive, ils ont tous les droits et aucun devoir. » Insolents car ils ne savent pas être indulgents vis-à-vis de qui a le fardeau d’être libre, de qui est souverain du propre destin, de qui peine et persévère à ouvrir des horizons nouveaux en défiant l’hostilité de l’Histoire et des hommes, de qui tente de trouver des possibilité meilleures pour améliorer sa condition propre et la condition de sa communauté.
Cette attitude stupide, je pense, a eu comme raison d’être la réaction, sinon légitime du moins compréhensive, à l’optimisme mensonger et crétin du vieux « Tout va bien » de nos journaux d’avant octobre ’88. Il faut dénoncer ce pessimisme, non moins aussi crétin et bête que son défunt symétrique. Il est temps de dénoncer ce nouveau « Tout va mal » pour qu’il ne devienne pas une seconde nature bête et béate pour la crème de nos intellectuels, à toison jounalistique. Il faut protéger la matière grise de nos Citoyens, en protégeant nos intellectuels contre la médiocrité et la paresse qui risquent de les mettre sur le même niveau d’ignorance et d’aliénation des gens de la rue ; et c’est justement ce qu’il faut rejeter avec force et constance. Car un pareil état de choses est inacceptable.
Cette littérature aussi aliénée qu’aliénante porte directement les gens de tout bord à se prendre pour des anges, rien que des anges, pour des vraies victimes absolues et les autres, foncièrement méchants et diaboliques, en seraient les bourreaux. Elle leur donne un semblant de droit et de légitimité à dénigrer les autres, à les juger, à en envahir jusqu’aux espaces les plus intimes et les plus sacrés, à les dénoncer, à les justicier s’il le peuvent sans tarder. Cette littérature tend à masquer la bêtise des gens au lieu d’essayer de les comprendre et d’en respecter les choix et la dignité ; au lieu de faire des critiques objectives, pertinentes et propositives ; au lieu de leur enseigner le civisme, de les informer et de les éclairer. Cette littérature enseigne en fait à nos concitoyens la paresse mentale, l’assoupissement de la volonté, la tendance perverse d’opprimer le prochain et l’envie sadique de l’avilir gratuitement ; enfin elle enseigne surtout la justification du mal (ou ce qu’on considère comme tel) par le mal !
Toutes les informations que les sociétés humaines ont produites jusqu’ici et produiront dans le futur contiennent une proportion non indifférente de ce genre de littérature nihiliste. Je me contente quant à moi d’en citer ultérieurement (la quatrième partie de Luxe indispensable) quelques cas de figure pour montrer combien elles sont trompeuses et tendancieuses et montrer comment elles viennent perçues par les masses qui souvent ne s’arrêtent pas un seul instant – par manque de temps, d’intérêts ou de moyens épistémologiques – pour les analyser, les critiquer et les redimensionner donc afin d’en neutraliser les effets nocifs et destructeurs.
 
Délinquance du Zoufri algérien, qui se veut victime innocente et passive du voisin, du chef d’entreprise et surtout du Régime
A travers quelques exemples de comportements et d’attitudes de quelques Citoyens exprimées textuellement et d’une manière claire, je tacherai de montrer comment les Algériens pensent les gouvernants, perçoivent les taxes, les évadent, se justifient et maintiennent immaculées et impeccables  leurs consciences pourtant douteuses. J’essaierai aussi de donner quelques exemples où les anti-fiscalistes agissent en écho à des mystifications d’origines diverses. Mystificateurs donc et mystifiés s’alimentent les uns des autres et se donnent l’impression d’avoir raison pour avoir eu accès à des vérités indéfectibles et cosmiques. Vérités qui vont atterrir, s’enfoncer et s’implanter dans les profondeurs des oreilles crédules des gouvernés afin d’y faire pousser des consciences tranquilles et innocentes quand elles ne les incitent pas à usurper (bessif ouella bel kh’tif) le bien qui ne leur appartient point et auquel il n’ont pas du tout participé à sa création.
Une des expressions qu’on entend ronronner, ça fait maintenant trois ou quatre décades en Algérie, est : « Là-haut, au gouvernement, les pipelines passent avec du gaz ou du pétrole et retournent pleins à éclater de dollars. Les gens de là-haut n’ont qu’à s’en servir. Il ne leur manque rien. Ils sont tous des voleurs, des corrompus. Il faut les mettre tous en prison… » Ce genre de ronrons, je l’ai entendu de la bouche même de certains responsables des entreprises algériennes. Il m’est arrivé même d’en provoquer quelques uns pour les mettre dans l’embarras et leur faire toucher du doigt leurs incohérences et leurs présomptions trisomiques.
Je leur dis, par exemple : « Le simple travailleur de ton Unité dit la même chose de toi et des autres massa-il comme toi, tes collaborateurs, qu’est ce que tu y réponds ? Reconnais-tu que tu es corrompu ? que tu les voles ? que tu détournes l’argent de l’entreprise ? le ferais-tu si tu le pouvais ? l’as-tu fait ? as-tu tenté de la faire ? » Quant à sa condition enviée et soupçonnée par le simple ouvrier, le Zoufri prolétaire, elle n’est que tout mérites et honneurs dus, étant donné son rang social et sa responsabilité.
Mais quelque soit la réponse, mon interlocuteur ne réussira pas à cacher son embarras, non pas parce que mes questions sont sans réponses ou parce qu’elles sont complexes, mais tout simplement parce que son discours est absurde déjà dès le départ.
Ma provocation ne s’arrête pas ici, j’enchaîne : « Si tu affirmes que les habitants de cet Olympe, de ce Là-haut, ont volé, qui te l’a dit ? as-tu fais une enquête ? as-tu des témoins ? penses-tu vraiment que si quelqu’un, là-haut, vole, personne ne le prendra ? ni son collaborateur (qui veut l’évincer pour plaire tout seul au chef), ni son chef (qui vit avec la peur éternelle d’être à tout moment supplanté par le subalterne),  ni son subalterne même (qui souvent ne veut que sa tête et convoite éternellement son poste) ? Toutes ces catégories de hyènes intéressées (si nous excluons par absurde l’existence du sens moral chez homo berbericus) ne courent-elles pas à dénoncer un tel Responsable, voleur et corrompu, rien que pour montrer leur propre honnêteté et intégrité ? » « Dhib ma yakoul dhib » jamais un loup mange un autre loup ! se contente-t-il de dire pour me boucler le bec, pensant qu’il n’y en a argument plus fort. Et il croit de me convaincre et me vaincre…
 
Révolution agraire, Téléthons et Zakat
 Le premier des zoufris rencontré, à qui tu demandes s’il paie les taxes, te répondras net et sec : « Non ! » Si tu cherches à lui expliquer que la cause de notre malaise individuel et collectif, à nous les Algériens, revient au fait que nous ne payons pas de manière suffisante, parfois pas du tout, notre cote participative à la vie en société ; si tu ajoutes à ton explication ceci : que tous les services qui nous manquent et tous ceux que l’Etat s’efforce à nous garantir (école, santé, administration, justice, protection de nos droits et de notre vie) n’ont pour origine ni le ciel ni les entrailles de la terre, mais une part du fruit du labeur des Citoyens eux-mêmes ; si tu lui fais savoir que la cote qu’il donne – et qu’il doit donner, comme contribution, sous forme d’impôts et seulement d’impôts -, ne constitue en fait qu’une part infime mais précise et régulière de ses bénéfices ; et c’est tout ! et c’est simple ! et ce n’est point de la mer à boire ! Si tu lui dis ça avec éducation (sur ton de plaisanterie, j’entends) il t’écoutera et te répondra peut-être en disant ceci : « Vraiment ? A quoi bon ? l’Etat a-t-il besoin de mes misères ? et puis - ajoutant avec M. Tayeb Belghiche, le journaliste d’El Watan - le prix du pétrole continue à grimper et la rapine se poursuit. »
En Algérie, à part la propagande des années de ladite Révolution agraire, ou de quelques Téléthons (s’il n’y s’agissait pas d’une comédie), on n’a jamais entendu parler de legs en nature ou en espèce cédés par quelques Citoyens au profit de la communauté. Pour être honnêtes et pas mystificateurs nous devons en exclure les Tabarro-‘at, ces dons parfois substantiels, généreux et généralisés, pour la construction des mosquées (il faudrait tôt ou tard trouver quelque explication à cette exception déconcertante).
Par une sorte de logique découlant directement de la métaphore gramscienne citée ici en frontispice, l’Algérien, toutes versions confondues (fellah, Zoufri, journaliste, universitaire ou mas-oul, Responsable), donne l’impression de ne pas comprendre combien l’Etat est utile à la survie et à la dignité de la Cité. Il donne l’impression qu’il ne soit pas non plus capable ni intéressé de comprendre comment vit l’Etat si on lui coupe cette « veine d’eau » qui est la contribution ou, si l’on veut, la participation des Citoyens, tous les Citoyens. « Pourquoi devons-nous le soutenir ? n’est-il pas l’Etat en personne ? » - se demande presque innocemment les Citoyens – « Ne dispose-t-il pas des riches et éternels puits du pétrole ? ça ne lui suffit-il pas ? devons-nous lui livrer notre sang encore ?! »
L’Algérien, ici aussi, n’arrive pas à y comprendre quelque chose : est-ce de l’ignorance ? Est-ce de l’égoïsme qui lui obstrue le cours des pensées et du raisonnement ? Il ne sait pas que l’Etat, par nature, n’est pas producteur de biens palpables, matériels (comme un fellah qui sème et cueille le blé, comme un Zoufri qui déplace un tracteur, comme un ingénieur qui raffine du pétrole et pèse du ciment, comme un journaliste qui fait importer du papier pour inventer chaque jour des mots, comme un universitaire qui imagine des discours et photocopie des cours magistraux) mais des services. L’Etat veille à l’ordre, l’éducation, la sécurité, la solidarité, la santé, la distribution des richesses et, entre autres choses encore, à la protection sociale des handicapés et des personnes anciennes, la justice et la dignité du Citoyen.
Pour assurer tout ça il faut une armée de travailleurs et fonctionnaires comme toi et moi (à commencer par le premier magistrat du pays jusqu’au huissier, jusqu’au pointeur dans un parc communal). Tous ces travailleurs peinent et suent honnêtement comme toi et moi. Tous ces travailleurs ont le droit à un salaire, comme toi et moi. Tous ces travailleurs ne vivent pas d’air et de grâces mais de leur salaire. Est-ce que je me trompe ? Mais d’où vient le salaire de cette armée de salariés ? L’Algérien a tendance à ne pas comprendre que c’est l’Etat qui paie ces employés étatiques. Il les paie car ils sont utiles à la nation, aussi utiles que le fellah, le Zoufri, le journaliste ou l’universitaire. De leur part, ces employés déconcertants vendent leurs services indispensables aux citoyens dont ils attendent la contrepartie, et légitimement, très légitimement.
 
Urbem venalem et mature periturem si emptorem invenerit
A qui je fais cette sorte de discours, je me vois jeter à la face comme réponse qui se veut triomphante, toujours  vainquante : « Que viens-tu à me raconter ici ? Enta niya, tu es naïf et bête ! Depuis quand le gouvernant paie les impôts ? Dans quel film as-tu vu ça ? Et puis dieu ne nous a pas demandé ça ! » Voilà la boucle est bouclée et ma bouche aussi. Puis il ajoute : « D’ailleurs moi je paie la zakat et basta (encore faut-il qu’il la paie). Du reste, je m’en fous. Et puis encore où va l’argent du pétrole ? Tu ne lis pas les journaux ? L’état couche sur des centaines de milliards de dollars. Ceux de là-haut - tu comprends ? - ils les mangent. L’argent de notre pétrole finit toujours dans les poches et les panses des gens de là-haut. Ce pays, si je pouvais, je le vendrais… »
Presque les mêmes mots de cette sentence antique attribuée par Salluste à Jugurtha : « Urbem venalem et mature periturem si emptorem invenerit », à une différence ou deux près : notre grand Aïeul n’en fut pas l’auteur mais elle lui fut attribuée par les romains, comme le coup de l’éventail au Day Hussein. S’il est vrai que notre ave l’eut prononcée réellement, elle s’adressa à son ennemie, Rome ; alors que nous, indignes héritiers, nous osons insulter le pays que nous avons payé cher, très… très cher.
L’Algérien, version fan de la zakat, ne sait pas que la zakat n’est qu’une forme d’impôts. Il ne sait pas en outre que l’argent de la zakat, de tous les pays des Arabes, accumulé pendant un siècle, n’ arrivent peut-être pas à financer le barrage de Beni Haroun, l’autoroute Annaba-Tlemcen ou la paye des enseignants algériens actuels présents et retraités. L’Algérien dans tous ses habits ne sait pas aussi que ledit dollar est en chute libre, et pas seulement vis-à-vis de l’Euro, qu’il devient chaque jour impuissant  et qu’il est peut-être en train de mourir. Aussi importe-t-il peu à l’Algérien de savoir que la Sonatrach (bagrat leitama) prenne la moitié des revenus de ses exploitations, lâchant l’autre moitié auxdits partenaires (aux multinationales, ces reines incontestées des monopoles internationaux et d’autres formes de proxénétisme économique. L’Algérien ne sait pas que la Sonatrach soit le seul vrai producteur de richesse en Algérie et qu’elle doive payer avec ses 50% (la part que lui concèdent les multinationales) ses travailleurs, maintenir son parc, investir, se ravitailler, payer les factures de gaz, du téléphone et bien sûr les impôts. Oui, c’est ça : l’Algérie pour le moment ne vit pas avec de la Quodra de dieu ou la baraka des saints, mais elle cherche à vivoter dans la dignité avec les impôts que la Sonatrach, entreprise de l’Etat, verse à l’Etat, aux Citoyens donc!
De tout ce discours, mon interlocuteur n’y croit rien et pour cause : il n’y a pas un journal qui ait cherché à lui expliquer clairement ce genre de réalités. Et si parfois il s’y trouve quelqu’un qui le dise, ses propos seront ensevelis sous un tas d’articles et de chahuts médiatiques.
A suivre
 
Smari Abdelmalek
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