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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 00:06

Qui ne soutient pas l'ordre commandé dudit Occident, qui démontre un brin de résistance à l'hégémonie dudit Occident, ou c'est un Régime (dans le cas d'un État ou d'un gouvernement) ou c'est un suppôt du Régime (dans le cas d'un individu). Un enfantillage épistémologique qui cache un réel chantage dangereux?

 

Pourquoi décerne-t-on des prix Nobel de la paix à des malheureux damnés de la terre et pas ceux de littérature, de physique, de chimie ou de médecine? Pourquoi dans le cas des nobélisés damnés de la terre, parle-t-on de dissidence de leurs gouvernements? Pourquoi parle-t-on de prix de la paix dans le cas des nobélisés dits occidentaux?

 

Combien compte-t-on de Nobel chinois en chimie, combien en physique, combien en médecine et combien en littérature?

 

Pourquoi Liu Xiaobo? Et pourquoi en ces jours mêmes?

 

Et Julian Assange, est-il un simple vulgaire violeur? N'a-t-il pas lui aussi un régime dont il fait le dissident? En ce cas-là ne mérite-t-il pas lui aussi le Nobel de la paix ou bien ce serait pour la prochaine session?

 

On dit que la Chine a fait des pressions sur les pays qui ont boycotté la « masscarade-cérimonie de remise dudit prix – mascarade nonobstant la blague de la chaise vide », on dit aussi que la Russie fait partie de ces pays ingrats et scélérats... Mais la Chine a-t-elle le pouvoir et les moyens pour exercer des pressions sur la Russie? Vraiment?

 

La Chine, si elle n'est pas capable de dompter ses citoyens (excusez le lapsus, devrais-je dire Sujets-prisonniers?) serait-elle capable d'exercer une pression sur ses ressortissants qui vivent très loin de sa prise, à10000 miles d'elle, à Oslo?

 

Est-il possible que depuis 1901 (date de l'institution du prix Nobel) jusqu'à 2010, la littérature chinoise n'a pas encore eu la chance-capacité d'avoir au moins un Nobel?

 

Et si quelqu'un me jette en face le nom de Gao Xianjian, ce quelqu'un ignorerait-il que justement Gao Xiangjian est le 14° prix Nobel de littérature de la France? Ce quelqu'un aurait-il le courage, après ça, de parier sur la nationalité chinoise de Gao Xianjian?

 

Et déjà que nous y sommes, pourquoi Jean Paul Sartre aurait décliné le prix Nobel tandis que Boris Pasternack aurait été contraint de le refuser?

 

Ce chaos ou, si vous voulez, cette flagrante injustice dans la distribution de ce prix de la paix prestigieux, ne serait-elle pas due au fait que plus un pays est belliqueux plus il mérite le Nobel de la paix? Konrad Lorenz accuse le symbole de la paix, la blanche colombe, d'être le pire des animaux agressifs! S'agit-il ici d'une simple coïncidence?

 

P.S: Et qu'en est-il du citoyen Mordehai Vanunu de Demona (Israel)? Se rendra-t-il en Allemagne pour recevoir sa médaille Carl Von Ossietzky? Qui sait si sa chaise aussi restera vide, s'il va décliner ou s'il va être lui aussi contraint à la refuser?  

  

Smari Abdelmalek

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 01:09

 

Une amie, Cristina, m'a mis au courant d'un site-internet où l'on peut lire que l'Algérie serait l'ennemie éternelle d'Israël, ce qui est faux évidemment. Alors, indigné par une telle accusation absurde, j'ai réagi avec la lettre que voici:

 

Chère Cristina, à ta phrasette, petite et cependant pleine de sens, je répondrai avec une longue lettre. Et je te serai très reconnaissant de cette provocation féconde. Un grand baiser, aussi grand que ta croyance dans la paix!

Excuse-moi si je ne me fais pas vif: c'est que voici presque deux ans que je me suis fourré dans une forte dépression... mais tu as le droit de m'en vouloir pour avoir négligé, mais pas oublié, notre amitié.

Merci aussi de continuer à être amie à la Palestine et attentive à ses peines... mais prêter oreille à la voix infâme qui prétend que l'Algérie serait une éternelle ennemie pour Israël, c'est tout simplement une chose laide, c'est exécrable!

L'Algérie c'est aussi moi, Malik, et moi je ne me sens ni je me pose comme ennemi d'Israël. Et ce dernier, je suppose, ne me considère point comme son ennemi.

Je condamne donc de toutes mes forces ce site-internet de la haine et j'espère que l'auteur se réveille du sommeil de l'aliénation et retire ses mensonges et ses insultes qu'il avait écrits et publiés non seulement contre Israël, mais contre son propre pays et, comble, contre sa soi-disant cause!

Non, l'Algérie n'est pas l'ennemie d'Israël; comme toutes les nations, elle a essaie de travailler pour porter paix et entente entre les deux peuples cousins (que dis-je?) frères!

C'est cette idée de paix et de fraternité qui meut l'âme de l'Algérie et c'est cette idée de l'Algérie humaine qu'il faut écouter et diffuser. C'est ça le vrai visage et le vrai cœur de l'Algérie: travailler pour la paix. Autre, ce ne serait que mystification.

Chère Cristina, nier que l'État d'Israël est en guerre effective contre un peuple désarmé, rejeté, mis au ban, mis à la marge de l'histoire... nier cette dure condition des Palestiniens ce n'est pas mon but... et c'est affreux en plus!

Et même si je le veux, admettons-le par absurde, je ne crois pas pouvoir avoir, jamais, la capacité de le nier ni les moyens pour en montrer le manque de fondement.

Revenons au sujet: étant ou se considérant en guerre - par États ou par groupes ethniques interposés - les hommes n'ont pas d'autres possibilités que celle de se conduire comme on se conduirait en état de guerre, c'est-à-dire: agir avec violence et infliger au-dit ennemi le maximum de violences possibles, de restrictions et d'autres mal-traitements dans le but de le soumettre et de lui faire passer de l'esprit jusqu'à la l'idée même de protester ou de maintenir vives et la conscience de ses droits légitimes et la nécessité de les revendiquer.

Et c'est évident donc que, dans ce cas, nous pouvons assister à toutes les formes de cruautés et d'injustices. Et Israël n'en ferait pas exception.

Quant aux images de violence qui nous parviennent, en dehors de celles que tu m'as envoyées, toi, dernièrement, elles ne sont pas certainement mensongères ou mystificatrices (à moins qu'il s'agit de manipulations opérées dans quelques studios ou quelques cine-città; et franchement je crois que dans la plupart des cas, il s'agit vraiment de ce type de « montage » - nous en avions déjà parlé. Tu t'en souviens?)

Au contraire tes images réfléchissent avec acuité, hélas, la situation du calvaire quotidien que les Palestiniens vivent, maintenant depuis presque un siècle, avant l'officialisation même de la naissance de l'état d'Israël.

Mais une chose est dire ces vérités qui font le tour du monde et qui ne sont plus maintenant un secret pour personne; une autre chose est trainer injustement dans la fange la réputation de toute une nation (l'Algérie) en la condamnant à être "éternellement une nation nazie!"! C'est un mensonge nu. Et ça, oui que c'est une mystification.. et quelle mystification!

Quelqu'un peut m'objecter que le peuple et l'État algériens ont toujours montré une certaine hostilité vis-à-vis de l' État d'Israël et du peuple israélien... et que les Algériens "seraient allés jusqu'à prêcher et demander avec force (en témoignent sa participation avec un contingent militaire à la guerre du Golan-Sinaï de 1973, je crois) qu'Israël devait rendre les terres qu'il avait confisquées aux Palestiniens et les laisser en paix...

Je peux dire seulement que dans ce grand conflit, l'Algérie avec sa participation voulait être solidaire avec le peuple égyptien, en partie déjà occupé par un pays étranger, menacé alors d'être envahi et occupé entièrement.

N'oublions pas que l'Algérie a une grande dette envers le peuple égyptien qui l'avait aidée pendant sa révolution. La position de l'Algérie n'était ici que gratitude.

L'on peut m'objecter aussi que jusqu'à aujourd'hui l'Algérie ne reconnaît pas diplomatiquement Israël... c'est vrai, mais on oublie ou on ignore non seulement la nature et les arcanes de la vie politique et diplomatique mais aussi et surtout on oublie ou on ignore la complexe, riche et humaine âme de l'Algérie et de l'histoire de son peuple.

Avant de survoler quelques points d'histoire des rapports Juifs/Berbères algériens, il est nécessaire de comprendre que l'Algérie est un État moderne, même s'il lui échappe encore une grande partie de ce que peut signifier le terme "modernité", même s'il n'y contribue qu'avec peu de positivité et beaucoup de médiocrité.

Un État moderne signifie un État lié, par choix et par nécessité, par les lois qui fondent les rapports entre les peuples; rapports qui doivent être fondés sur la recherche de la justice, de la paix et de la vie en commun dans le respect et dans la solidarité entre les peuples de la terre.

Ça signifie aussi qu'un État moderne ne doit pas se contenter d'appliquer ces lois-là passivement mais qu'il doit travailler pour les rendre davantage plus justes, plus respectueuses, plus pacifiques et plus applicables et respectées et enfin en diffuser la culture dans chaque coin de la terre.

L'hostilité du gouvernement algérien n'est pas une vraie hostilité donc mais une protestation, une espèce de chantage diplomatique – d'ailleurs tout à fait légitime – adressé non pas contre le peuple d'Israël mais contre la poignée des gouvernants israéliens et leurs partisans dans le monde qui continuent à répondre avec une violence extrêmement exagérée aux Palestiniens pour la revendication de leurs droits humains les plus essentiels, de leur survivance dans la paix et dans la dignité; droits auxquels les Palestiniens, parait-il, n'ont pas droit d'en jouir encore, au XXI° siècle!!

En ceci il y n'a rien à reprocher à l'Algérie. Exercer des pressions politiques, économiques, diplomatiques et même culturelles sur un pays pour qu'il respecte ses voisins est une monnaie courante entre les nations depuis que l'homme inventa État et politique.

Et l'Algérie ne le fait pas parce que Israël est un État qui s'est déclaré juif, mais le fait parce que c'est une forme - je répète - de protestation tout à fait légitime.

Une protestation légitime parce qu'elle est calme et elle a pour but de contraindre le pays objet à persévérer dans la recherche d'une solution vraie, politique (pas militaire), juste et durable qui épargne à une tranche non-indifférente de l'humanité, aux Palestiniens et aux Israéliens mêmes, de grandes souffrances inutiles; qui leur épargne, à cette tranche de l'humanité, la laide culture de l'incompréhension, de la haine et du mépris réciproque.

Si l'attitude de l'Algérie était dictée par sa "haine éternelle" présumée vis-à-vis du peuple d'Israël, pour la simple raison que ce peuple est juif, comment pourrions-nous expliquer l'autre attitude hostile de la même Algérie vis-à-vis de l'état naissant du Kosovo qui est musulman?

Comment expliquerions-nous son attitude hostile, cette fois, vis-à-vis de son grand et important voisin État du Maroc?

La réalité est que, ayant été écrasée et portée jusqu'à l'anéantissement par presque cinq siècles de domination étrangère, turque Ottomane et française, l'Algérie a viscéralement appris ce que l'injustice et l'oppression veulent dire.

Ce n'est pas tout; elle a aussi appris à vénérer la liberté et à s'opposer avec vigueur, mais jamais avec injustice ou mépris, à chaque forme d'injustice ou d'oppression.

C'est ça la lumière qui a guidé et porté à bon port sa grande révolution contre le colonialisme français. Et c'est cette même sagesse qui l'a toujours inspirée et qui l'inspire dans ses rapports avec les autres nations et dans sa lutte pour la modernité: émancipation, solidarité humaine, respect de l'autre, justice et prospérité.

Quant aux données historiques concernant le sujet, il faut savoir que les Juifs étaient arrivés en Algérie avant qu'ils arrivassent en Italie, en Pologne, en France, en Allemagne, en Angleterre, en Russie, en Espagne ou au Portugal... (nations qui aujourd'hui se vantent d'être les amis exclusifs et les seuls vrais amis des Juifs).

Nous pouvons ajouter qu'ils étaient arrivés dés l'antiquité pour s'établir déjà en Algérie avec d'autres peuples arrivés eux-aussi de l'Orient sémitique.

Et ils ont naturellement converti une bonne partie des Berbères longtemps avant l'arrivé des Romains et de la chrétienté! Voilà pourquoi Derrida, Macias, Fréha, Daniel, Guedj, Stora et de nombreux autres Juifs Algériens sont non seulement algériens mais aussi frères, chair de la chair des Algériens...

Et, plus tard, quand l'inquisition se déchaîna contre les Juifs et autres Musulmans, dans l'Espagne catholique, celle des conquistadores, les Juifs ibériques avaient devant eux, comme terres hôtes et vraiment hospitalières (car elles étaient leurs terres), seulement les terres du Maghreb... la tolérante Hollande était encore sous domination ou influence de l'intolérante Espagne.

Mais venons à l'histoire contemporaine de l'Algérie, seulement pour faire un exemple: l'historien italien, Romain Rainero, dans sa brève histoire de l'Algérie rappelle la protestation des-dits indigènes, des Algériens donc, qui (dans le plein de la nuit coloniale, dans le plein de leur disgrâce historique quand ils risquaient l'anéantissement) ont pris position en faveur de leurs concitoyens et frères de sang (oui de sang!), les Juifs, persécutés et victimes des mesures raciales cruelles que les Français de Vichy avaient appliquées à ces derniers.

En cette prise de position en faveur des Juifs, les Algériens indigènes, malgré leur condition de "damnés" de la terre, ont oublié jusqu'à leur propre condition mortelle! Comment pouvons-nous appeler cette attitude si non fraternité et solidarité?

Peut-on continuer encore à croire dans la tertre fable que l'Algérie serait l'éternelle "ennemie d'Israël?

Et même si nous admettons, par absurde, que l'Algérie soit un ennemi d'Israël, quels seraient les avantages ( si nous excluons la sottise, la laideur de sensibilité et la perte de la propre âme) pourrait-elle tirer d'une telle haine et d'une telle hostilité gratuites?

Face à cette grande et infâme mystification où l'Algérie passe par être l'" éternelle ennemie d'Israël", ma réponse est: stupeur totale, invraisemblance, dénonciation et ensuite condamnation d'un tel mensonge et de son auteur.

Et je ne te parle pas, chère Cristina, de la poignée de main entre Ehud Barak et le président algérien Bouteflika... car ici aussi, celui qui connait un tant soit peu le langage de la diplomatie comprendra que cette poignée de main était la preuve qu'après tout « nous ne sommes pas si monstres que ça et que d'une façon générale nous n'en voulons pas aux Juifs ni d'ailleurs aux Israéliens en particulier. »

Dit et résumé en langage diplomatique, si l'Algérie reproche quelque chose à Israël, ce sera la politique répressive et expansionniste de ses gouvernements "zélés" hostiles à reconnaître au peuple palestinien ses droits légitimes à vivre en paix et avec dignité sur leur propre terre.

 

Smari Abdelmalek

 

 

 

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Samedi 30 octobre 2010 6 30 /10 /Oct /2010 23:12

 

 

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Demain, une partie non indifférente des peuples de la terre célèbreront la fête des morts. Ça signifie que les hommes s’arrêtent un instant de faire les dieux, se détournent de la vie, s’en détachent, l’oublient pour dire : Basta à la course effrénée et insensée de l’illusion et de l’arrogance ! Basta à ces vanités et ces riens, éphémères en plus, que la vie même leur impose!

Demain ces hommes rassérénés prendront leurs bambins et leurs aïeux et se dirigent vers les fleuristes, aux portes des cimetières.

Demain ces hommes achèteront des bouquets de fleurs et iront se recueillir sur la mémoire de leurs chers défunts et leur dire qu’ils sont encore en vie et que la vie se porte bien et qu’eux, ils peuvent se reposer en paix, sans soucis…

Demain nous aussi, Algériens, honorerons nos morts qui avaient sacrifié leurs vies pour que vive notre pays.

Demain, qui avec un soupir de nostalgie, qui avec un poème, qui avec une prière, qui avec un sourire d’orgueil, qui avec des gerbes de fleurs, qui avec des salves de baroud, qui avec des youyou d’amour, qui avec des mots de reconnaissance et d’admiration…,

Demain nous aussi nous saluons nos martyrs…

  --------

Les morts

Ils sont là

Ils ont grandi

Les morts

Sous l’œil doux de l’espoir

Ils ont joué

Ils ont aimé

Ils ont connu la joie

De guérison après la maladie

De prospérité après la misère

Du réveil après le cauchemar

Ils ont causé et rigolé

En sirotant du thé ou du café

Avec les friands biscuits

Et les douces brises

Des tendres saisons

Dans les mois d’été

Ou durant les veillées d’hiver

Devant les kanouns

Qui palpitaient de chaleur

Ils ont chanté enfin

Et puis ils se sont tus

Avec les indifférents

Et ceux qui tout oubliaient.

 

Abdelmalek Smari

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 22:58

Chères lectrices, chers lecteurs,

Comme je vous ai promis dans l’article précédent, je publie ici - en versions originale (italienne) et française - la mention motivant l’attribution du Prix du Giovedì à mon premier roman « Fiamme in paradiso ».

Ce prix a une grande importance pour moi car il a récompensé une œuvre écrite en italien par un Algérien et (excusez ma vanité) disputé à des écrivains italiens !!

Voir le lien suivant http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:NeGoqiaTyywJ:it.wikipedia.org/wiki/Premio_del_Gioved%C3%AC_Marisa_Rusconi+premio+marisa+rusconi+2001&cd=1&hl=it&ct=clnk&gl=it

 

Bonne lecture et à la prochaine !

 

Smari Abdelmalek

  

  

  

Version originale

  

Premio del Giovedì

“Marisa Rusconi”

(8° Edizione)

 

A: Smari Abdel Malek

 

Per

 

“Fiamme in paradiso”

 

Edito nel 2000 dalla Casa Editrice Il Saggiatore

 

Da quando i neocolonialismi di fine millennio hanno indotto migliaia e migliaia di persone del Sud del mondo a dolenti migrazioni, è nata – da loro più che intorno a loro – una letteratura detta, come altre forme d’arte su questi temi, letteratura di necessità. Nella pletora di opere del genere (spesso testimonianze troppo patetiche, ovvero interviste troppo schematiche) la storia raccontata – per lo più in forma di diario “in presa diretta”, con tutte le riflessioni sottese che il genere comporta – da Smari Abdel Malek, algerino che vive a Milano, si stacca in modo netto e originale.

Quella messa in atto dall’Autore è infatti una “rivoluzione copernicana” che presenta ai lettori, senza retorica, una Milano vista – come se fosse la faccia sconosciuta della luna – con gli occhi di un immigrato dal Nordafrica. Nelle aspirazioni deluse, nei silenziosi stupori, nei ricordi dei luoghi maghrebini idoleggiati nella lontananza, nelle piccole grandi ambasce di chi proviene da uno dei tanti Paesi ipocritamente definiti “in via di sviluppo”, la tavolozza variegata dello scrittore toglie le sfumature delle diverse culture attraverso un confronto di esse tanto più soggettivamente poetico quanto più si sforza di essere oggettivamente documentario. E, quando il faticoso tentativo di rendere consapevole la reciproca accettazione sta – forse – per avere sbocchi positivi per il protagonista, un tragico e imprevedibile destino (ancorché frutto di nuove e più subdole violenze) cancella in un sol colpo lo stesso personaggio e la sua storia.

Nella narrazione - quasi filmicamente ora in prima ed ora invece in terza persona – la scrittura alterna con efficacia coinvolgente uno stile ingenuo, ai limiti di un connotativo naïf ; e raffinati costrutti più letterari, non senza inferenze di alcuni francesismi di ritorno, eredità della passata storia coloniale.

La Giuria ha ritenuto quest’opera prima degna di essere premiata – oltre che per lo stile, nuovo e personale – per la capacità di evidenziare senza enfasi temi sociali di grande e tragica attualità.

 

Quelli del Giovedì

 

Milano, 28 giugno 2001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Version française 

 

 

 

Prix du Giovedì

“Marisa Rusconi”

(8° Édition)

 

À:  Smari Abdelmalek

 

Pour

 

“Fiamme in paradiso”

 

Publié en 2000 par la Maison d’édition Il Saggiatore

 

Depuis que les néocolonialismes de cette fin du millénaire ont induit des milliers et des milliers de gens du sud du monde aux migrations douloureuses, une littérature dite, comme autres formes d’art sur ces sujets, littérature de nécessité est née par ces gens - plus qu’autour d’eux. Dans la pléthore d’œuvres du genre (souvent témoignages trop pathétiques, c’est-à-dire interviews trop schématiques) l’histoire racontée - pour la plupart sous forme de journal intime "en prise directe", avec toutes les réflexions sous-tendues que le genre comporte – par Smari Abdelmalek, Algérien vivant à Milan, se remarque de manière nette et originale.

Une telle mise en acte de l’auteur est en effet une "révolution copernicienne" qui présente aux lecteurs, sans rhétorique, un Milan vu - comme si c’était la face cachée de la lune - avec les yeux d’un immigré du Nord-Afrique. Dans les aspirations déçues, dans les stupeurs silencieuses, dans les souvenirs des lieux maghrébins redorés par l’éloignement, dans les petites grandes inquiétudes de celui qui vient de l’un des nombreux Pays définis hypocritement "en voie de développement", la palette bigarrée de l’écrivain enlève les nuances des différentes cultures en les confrontant entre elles et, sans pour autant perdre sa subjectivité poétique, il s’efforce de documenter objectivement les évènements. Et, quand la tentative fatigante de rendre consciente l’acceptation réciproque est sur le point - peut-être – d’avoir des issues positives pour le protagoniste, un destin tragique et imprévisible (même s’il est le produit de violences nouvelles et plus sournoises) efface d’un seul coup le personnage même et son histoire.

Dans la narration - presque d’une manière filmique tantôt en première personne tantôt par contre en troisième personne - l’écriture alterne avec une grande efficacité un style ingénu, aux limites d’une connotation naïve; et des constructions raffinées plus littéraires, en plus de l’interférence de quelques francisismes de retour, héritage de l’histoire coloniale passée.

Le Jury a jugé cette œuvre première digne d’être récompensée - outre que pour le style, nouveau et personnel  - pour la capacité de souligner sans emphase des thèmes sociaux de grande et tragique actualité.

 

Ceux du Giovedì

 

Milan, le 28 juin 2001

 

 

 

 

 

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 08:51

  

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Cet écrit sous forme de lettre est une réflexion sur le devoir, le sens et le plaisir d’écrire.

Je l’ai écrit pour remercier Augusto Bianchi, promoteur du Prix Marisa Rusconi, et « Quelli del Giovedì » pour m’avoir assigné ledit Prix pour mon roman « Fiamme in paradiso » (*) 

Cher Augusto je t’embrasse avant le départ pour les vacances. Je l’ai déjà fait à paroles, mais comme on dit:  verba volant et … les écrits restent. 

Pour les écrivains, ne l’oublions pas, chaque manifestation de la vie douce ou amère, rose ou noire, est matière et prétexte à écriture et création.

Ecrire pour écrire n’a pas beaucoup d’importance si les mots, dans leurs efforts pour les fixer noir sur blanc les états d’âme et les événements de l’existence et en garder de beaux souvenirs, n’arrivent pas à arrêter le temps en défiant sa nature fluide, volage, fuyante qui entraîne l’âme humaine sans lui laisser le temps de reprendre haleine dans sa course folle, effrénée, vers la nuit de l’oubli éternel. 

Ah, le temps! Le temps finit évidemment toujours par exténuer cette même âme toujours en peine et la tuer en la condamnant en fin d’analyse à l’inertie, au néant.

Écrire pour écrire n’a pas de sens si la matière et l’astuce de l’intelligence sont incapables de donner forme à l’informe, d’humaniser ces monstres que nous appelons, par commodité et parfois par paresse mentale :  sentiments ou cette large gamme de couleurs et de nuances infinies de la condition humaine.

Écrire aura de l’importance seulement quand ça nous permet de scruter, pendant qu’ils sont en œuvre, les monstres meurtriers éparpillés dans notre âme, insaisissables, fougueux, méchants, inquiétants et magiques, et de leur assigner un nom. Car les noms sont plus dociles que les objets que leurs objets et en les domptant nous espérons dompter les choses et le monde

Les mots! Les mots sont comme du linge sale ou propre que nous étalons devant nous et voir s’il est à laver ou repasser et décider enfin dans le calme et la sereinité quoi en faire. 

Les mots sont comme ces nuages gris ou blancs que nous scrutons pour lire l’état des cieux:  les cieux de notre âme.

Les mots sont comme les sentiers de la nostalgie raides mais magiques que nous parcourons toujours avec l’étonnement de l’enfant qui a à peine appris à marcher.

Les mots sont ces endroits sacrés que nous visitons, angoissés et haletants mais toujours volontiers, avec la peur religieuse d’un vieux pèlerin.

Folle entreprise donc que celle de dompter les mots que, à chaque instant de la vie, notre sensibilité avec la complicité de la matière et l’astuce de l’esprit mettent au monde avec mille douleurs et leur choisissent le nid sans fond qu’est notre cœur.

Écrire aura un sens quand on réussit à se faire, soi même, yeux qui contemplent la vie et les choses de la vie à la lumière de la vérité et de la justice. 

Et quand-bien même cette lumière sera voilée par quelque mystificateur, les rayons de la vérité et de la justice finissent toujours par crever ces voiles infâmes.

Il faut être soi même non seulement yeux mais aussi lumière pour éclairer les sentiers sombres et indiquer le chemin à qui en a besoin.

Écrire ça sert donc à démentir les mystificateurs de l’histoire et de la mémoire humaine pour restituer à l’être son humanité. Être sensible ou intelligent ou moral ou juste ou libre signifie la seule et même chose: être humain. 

Écrire pour compléter l’incomplet ou rendre imparfait le complet, combler la faille insatiable du désir ou en attiser la flamme et la vie.

Écrire pour être témoin de l’époque, de ses coutumes, son esthétique, ses angoisses, ses espoirs, ses luttes pour la vie et la dignité.

Ecrire pour vivre et exercer son droit à la vie. Car aussi précaire soit-elle, la vie doit être toujours vigoureuse et vigilante puisqu’elle est toujours aux prises avec l’inertie des hommes et de la matière ; inertie dotée cependant d’un pouvoir inexorable corrompant et destructeur.

Écrire consiste à savoir cueillir le moment de sérénité de l’être, à savoir résister aux ténèbres quand  la nuit tombe sur nous et nous submerge de mille esprits méchants qui ne se lassent jamais de nous observer, de nous juger, de nous justicier.

Savoir résister quand les crêtes de l’inconscience nous chantent des berceuses et nous font croire que nous sommes loin des monstres qui nous habitent.

Savoir se tenir loin de l’agitation fanfaronne et stupide du troupeau assoupi, abattu, par les courants ronronnants et fatigués du jour qui vont se déposer en lambeaux de cauchemars dans nos entrailles gênant la danse joyeuse de notre cœur, atelier de musique et de poésie.

Savoir résister quand les flammes de l’arrogance et de la médiocrité humaine brûlent jusqu’à la cendre de nos vanités du jour laissant transparaître la fraîcheur tendre d’une ombre vert-bois où flambe un métal pur et noble comme la liberté.

Savoir résister quand le flux crache de son propre sein les baves impures laissant transparaître un fond limpide où évolue une symphonie de splendeurs d’une faune saine et d’une flore vierge.

Ecrire c’est savoir chevaucher les vents des tempêtes hurlantes qui paralysent le dragon de l’égoïsme et de la tristesse et l’emportent très loin au-delà des monts et des horizons libérant le bleu du ciel et le sourire du soleil.

Ecrire c’est chasser la tristesse et l’ennui de la solitude comme le printemps chasse l’hiver du froid et des moisissures avec un sceptre de fragrances et de chaudes lumières.

Écrire c’est communier avec les âmes vives et sensibles en aimant leurs désirs, comblés ou avortés, gravés pour toujours sur les tablettes d’un marbre blanc avec des caractères d’or.

Oh écrivains ! Oh poètes ! Âmes justes et sensibles, amants d’une poésie nommée vie, vous qui craignez l’indifférence comme on craint la mort, vous savez très bien – n’est-ce pas ? – ce qu’écrire veut dire…

Écrire ça signifie réhabiliter l’honneur perdu des opprimés dont la voix est éternellement étouffée mais qui reste une source inépuisable des belles rébellions. Ecoutons-les donc, ces damnés de la terre, et diffusons leur parole.

L’entreprise est difficile mais possible grâce à l’élégance de notre sensibilité et la justesse de notre engagement.

Rappelons-nous et rappelons-le aux âmes orphelines et solitaires que la musique peut jaillir de derrière l’apparence scandaleuse de la matière sourde, de derrière l’enfer noir de l’anonymat et de l’indifférence.

Elle peut jaillir de l’infiniment petit, de l’atome et de la molécule. Elle peut nous tomber du ciel là où courent les astres. Elle peut fleurir avec les patientes plantes…

Elle peut tout simplement nous parvenir des peuples écrasés mais toujours embellis de colère, de rébellion, d’espoir et de féroce amour pour la liberté.

Écrire c’est sculpter la dignité dans la roche indestructible du destin de l’enfant de l’homme avec la force rouge de la lave des magmas.

Ecrire c’est affronter l’arrogance d’une hydre multi-têtes: le bouclier spatial, la dérive de l’Alliance atlantique, la trahison de Rio et de Kyoto, l’usure légalisée du F.M.I. et de la Banque mondiale, la fabrication et le trafic d’armes, la traite des Blanches et des Noirs, le commerce des organes, le vols des enfants pauvres par les perfides O.N.G. de ladite charité et de l’hypocrisie, la voracité des multinationales...

C’est dire à cette hydre terrible et stupide : « Ça suffit avec le mensonge! Ça suffit avec la mystification! Hydre, toi qui sèmes partout misères et guerres, qui verses partout larmes et sang, qui laisses partout orphelins et martyrs, laisse-nous un peu tranquilles… ! »

Écrire c’est plaindre la poignée des soi-disant puissants du monde qui sont incapables paradoxalement de défendre leur propre ghirba quand la Dame des destins s’en prend à eux… et elle s’en prendra à eux!

Ecrire c’est plaindre ces froussards inconscients - qui pullulent dans les laboratoires et les bases de la terreur à Los Alamos, à Londres, à Paris ou à Moscou - qui recourent lâchement à une armada apocalyptique pour semer la mort et la destruction dans les pauvres poulaillers qu’on appelle par charité et hypocrisie : Somalie, Yougoslavie, Afghanistan, Irak ou que sais-je encore... ?!

Plaindre ces gens arrogants aux pieds d’argile est la moindre des gentillesses qu’une âme juste et libre peut accorder, non pas par indulgence mais par indifférence, à cette « parodie de la puissance ».

Ecrire c’est plaindre ces va-nu-pieds, ces bêtes clowns, ces bouffons impotents… savent-ils d’ailleurs qu’en ça ils ressemblent à un clochard de 80 ans qui tantôt traîne un chariot inerte d’un quintal d’ordures et d’objets inutiles et tantôt le tire en défiant les looongues rues de Milan ?!

Écrire c’est, finalement, suivre les contorsions et les turbulences de l’irrépressible âme qui joue infatigablement la belle et complexe comédie de la joie et de la douleur et qui ne craint pas de trahir Éros pour Tanatos et vice versa. 

Écrire c'est cueillir la masse brute et la débarrasser de ses luxes et ses laideurs qui lui enombrent l'essence et la candeur.

Écrire c'est façonner le vide après l'avoir meublé de sens et de beauté; c'est mettre d'accord Léonard et Michelange.

Écrire c'est fondre en un les esprits, appremment inconciliables, de Léonard et Michelange.

Écrire est un chant sans lequel la vie serait une médiocrité, un ennui continu, qui nous ronge l’âme, et ce serait alors l’angoisse, la perdition, la faillite… 

À Quelli del Giovedì, merci de la part de la spontanéité déconcertante de l’âme !

 

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(*) Suivra dans quelques jours le texte motivant l’assignation du prix.

 

Smari Abdelmalek

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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