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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 22:56

 

L’abracadabra de l’Euro-Américaine de la Hograh et des hégémonies mondiales

Hier c’était Gramsci par sa vie et son œuvre à dénoncer l’Anglo-Française des systèmes coloniaux. Aujourd’hui c’est Karim Metref qui est l’hôte de ce blog avec son brillant article qui dénonce la nouvelle trouvaille de l’Euro-Américaine de la hograh et des hégémonies mondiales avec l'aide et la barakah de ses satellites et lieutenants. Trouvaille qui consiste pour leurs malins auteurs à changer le nom d’une réalité qui n’est plus « rentable, commerciable » (les biens souverains des peuples et des Etats) par un nom nouveau (les fortunes colossales des dictateurs et de leurs familles) !

Une intox comme une autre qui vise d’une pierre deux coups :

D’une part alimenter et consolider la cassure déjà, par elle-même, flagrante entre les gouvernants et les gouvernés dans les pays du tiers monde qui ne souffrent justement qu’à cause de cette cassure. Ce qui mène l’Euro-Américaine à jouir pleinement et impunément du chaos créateur (de richesses pour les nations mêmes de cette grande Générale de l’hégémonie, bien entendu) que les think tanks des Néo-cons et leurs théoriciens ont envisagé et réservé aux Etats proies.

D’autre part s’emparer de ces mêmes avoirs attribués d’une manière mensongères à des gouvernants que la même Euro-Américaine appelle Dictateurs. Ainsi personne ne s’en indignera ! Au contraire la plupart applaudirait cet acte de justice… de la jungle !

La soi-disant opinion publique internationale soupirera de soulagement, car la mystification continuera jusqu’à l’affirmation, toujours mensongère, que ces avoirs seraient restitués aux peuples spoliés et volés ! « Col fischio, comme disent les Italiens. »

Karim Metrf a bien décrit le mécanisme de cette tromperie criminelle avec une analyse pertinente. Une analyse en outre très actuelle et démystificatrice! En fait il est rare qu’on tombe facilement, dans ces jours troubles, sur des écrits avec une telle lucidité.

Je me demande seulement si ces avoirs, dits des tyrans, n’appartiennent pas plutôt aux États et non aux gouvernants. 

Je me demande même si le fait d’attribuer la propriété de ces fonds à des personnes (lesdits tyrans déchus) n’est pas un instrument dans les mains des pays gelants pour s’approprier des richesses d’autrui.

Ainsi ces pays gelants et rapaces peuvent dire sans remords de conscience après avoir volé les État malheureux:  « Après tout ces sommes colossales appartiennent au dictateur (ce qui veut dire à un brigand) et du reste on n’en sait pas non plus la provenance. Donc ils nous appartiennent en toute légitimité. »

 

La force des Etats dominants…

En ce qui concerne ce type de vols, légalisé par la force des Etats dominants, il semble que ces rapaces et leurs banques soient déterminés à en perpétuer la manne et l’usage (cet écrit de Karim a identifié et décrit d’une manière éclatante la mécanisme de perpétuation de cette manne et du self-service y inhérent) sachant que les révoltés, de ces derniers deux mois, sont et seront encore loin années lumière de la vraie démocratie. 

Mais en dehors de ces mêmes État brigands, qui peut donner une définition « acceptable et entendue » du mot démocratie ?

Quant à nous, tiers mondains, nous ne saurons jamais si nous sommes sur la bonne voie pour l’atteindre ni si nous serons capables de l’atteindre ni quand nous y arriverons.

Entre temps les États voleurs continueront à nous plumer et à accuser de dictateur n’importe quelle personne nous osons élire pour nous gouverner… quand je dis "nous", j’entends les peuples damnés de la terre auxquels j’appartiens moi et nos dits dictateurs.

Je me demande enfin si nos gouvernants, encore « incontestés », aient pensé à trouver une manière plus sûre pour préserver les avoirs de nos États.

Je dis « avoirs » des États parce que je suis convaincu qu’aucune personne sensée ne croirait que les biens souverains de la nation puissent être confisqués par les gouvernants dits « dictateurs ».

Mais malheureusement, et au moins pour le moment, la culture dominante est justement la culture de ces États dominateurs.

Plusieurs citoyens tiers mondains croient hélas comme des moutons qu’il est facile pour leurs souverains de les voler ! Ils les accusent sans preuve et sans honte !

Qu’il y ait des abus, personne ne peut le nier;  qu’il y ait des tentatives de détourner ces avoirs, il est possible;  qu’il y ait des pots de vins, tous les gouvernements du monde en ont bu et continueront à en boire, qui plus, qui moins (à partir de celui des Etats-Unis, à celui de la France, de l’Italie et la liste est longue… ) ;

Mais de là à penser qu’un chef d’État, un responsable ou un Général du tiers monde sont foncièrement négatifs, sans foi ni loi seulement parce qu’ils font partie du tiers monde, c’est ce qui est faux, mensonger et inadmissible.

Penser en outre qu’il est facile, quasi naturel, sui generis, pour un chef d’État, pour un responsable ou un Général du tiers monde de pouvoir puiser et disposer si librement, si exagérément et si impunément du trésor public de son propre pays c’est un mensonge, c’est une mystification scandaleuse, c’est une effronterie, c’est tout simplement une injustice flagrante.

 

Ces mystificateurs sans gêne…

Ces mêmes mystificateurs ne se scandalisent pas un tantinet quand parfois ils parlent de vols de sommes qui peuvent dépasser les recettes d’un État entier comme la France ou le Brésil !

Mais beaucoup de personnes n’ont pas la possibilité médiatique de les démentir ou d’aller vérifier si de telles informations soient vraies ou fausses. Les Italiens diraient que ces mystificateurs « donnent des numéros », c’est-à-dire délirent.

L’origine de ce mensonge se trouve dans le cœur et dans les discours des État voleurs surtout ; et ce pour un autre motif (le premier étant celui de voler avec la force des armes et des escroqueries) : ne pas permettre, jamais, que s’établissent, se renforcent et perdurent, une confiance mutuelle, un lien de solidarité et une cohésion indéfectible entre le peuple et ses gouvernants.

Les Etats prédateurs savent bien que la force d’un peuple procède justement de ce climat de confiance et de solidarité entre gouvernants et gouvernés.

Et c’est pour ce motif stratégique (empêcher qu’un Etat proie devienne fort, acquière une dignité et apprenne à se défendre) que les Etats prédateurs ne vont pas s’arrêter, jamais, de troubler le climat de confiance et casser les liens de solidarité qui devraient exister au sein de chaque peuple de la terre lui assurant cohésion, force et unité.

Je remercie tant Karim Metref qui a su traiter avec pertinence et clarté ce sujet stratégique, vital pour la vie et la dignité des peuples.

Karim Metref est écrivain et bloggeur, originaire de la Kabylie (Algérie) http://karim-metref.over-blog.org/article-dove-finiscono-i-soldi-dei-dittatori-decaduti-68288949.html

Voici en ce qui suit son texte :

 

Où va l’argent des dictateurs déchus ?

 

Les temps sont vraiment mauvais pour les dictateurs. Jadis les tyrans à la retraite finissaient leurs jours en de jolies propriétés en Angleterre, en France, en Italie ou en Suisse.

Ils n’étaient dérangés par personne et ils pouvaient continuer à dépenser tranquillement leurs fortunes colossales éparpillées dans les différentes banques du monde riche ; même Bocassa « l’ogre de la République Centre Africaine » fut bien servi.

Aujourd’hui ce même monde riche semble ne vouloir plus les accepter sur ses terres après les avoir pressés et en sucé le sang . Cependant, même loin du monde « libre et démocratique », ils ont toujours droit à des exils dorés.

Ils sont devenus presque comme des déchets radioactifs, on refuse de les mettre définitivement au ban de l’histoire, mais personne n’en veut chez soi.

Benali est en exil en Arabie Saoudite (probablement l’État marionnette le plus stable et le plus puissant de la région), Moubarak est en exil à Charm-el-Cheikh. Oui en EXIL!. Car celui qui a vu Charm s’est aperçu que là ce n’est pas l’Egypte. Pas du tout.

S’il sera renversé, probablement Kadhafi ne se rendra pas ; ou bien il sera exécuté comme Ceauşescu, vite vite. Ou bien il sera condamné par un faux procès comme Saddam.

De toute façon un procès véritable contre ces gens n’aura jamais lieu : ils savent trop de choses pour qu’on les laisse parler.

Après tout la fin de ces gens n’est pas de grande importance. Même la fin la plus tragique ne rendra jamais justice à tous ceux qui ont été volés, trompés, insultés, réduits en esclavage, humiliés, arbitrairement arrêtés, torturés et/ou tués.

Ce qui importe plus ce sont par contre les fortunes astronomiques volées aux peuples et déposées dans des banques occidentales et des paradis fiscaux.

Quelle fin feront-elles?

Les biens personnels de Saddam et de sa famille et ceux de l’État irakien, par exemple, furent retirés en comptant, du moins ceux qui étaient dans les banques américaines, et portés en Irak pour, officiellement, financer la reconstruction.

Il s’agissait de plusieurs milliards de dollars qui auraient pu vraiment servir à reconstruire les infrastructures du pays et à relancer l’économie.

Par contre ils n’ont servi à rien de tout cela! Ils se sont évaporé alors que l’Irak est encore sinistré comme au lendemain de la guerre. Les rues sont encore comme les a laissées Saddam. Les chemins de fer sont un souvenir lointain. Le réseau électrique laisse à désirer et, quand l’électricité y est, elle y est pour une moyenne de 5-6 heures par jour. « Le courant électrique dans notre quartier est intermittent – dit une blague irakienne: une heure non, l’heure d’après non plus. »

L’eau manque et l’industrie a presque disparu ainsi que l’agriculture, comme à peu près tout le reste. Et alors à quoi ont servi ces milliards de dollars que Bremer et Negroponte ( les deux chefs qui s’étaient succédés l’un à l’autre à la tête de l’Autorité Provisoire de la Coalition) avaient dans leurs caisses au début de l’occupation?

Ils ont servi à obtenir probablement le résultat actuel, c’est à dire:  le chaos le plus total.

Il est vrai que détruire une nation jusque dans ses fondements, diviser sa population en ethnies qui se haïssent à mort, semer la guerre civile, la corruption... tout ça a des coûts plutôt salés.

L’argent a été souvent octroyé à des sociétés américaines qui ont sous-traité avec des sociétés turques qui à leur tour ont sous-traité avec des sociétés égyptiennes qui ont sous-traité avec des sociétés irakiennes qui ont accepté, elles, de faire semblant de travailler et ne faire presque rien. Une autre partie est allée au profit des compagnies de sûreté privée et d’insécurité publique ;

au profit d’associations de malfaiteurs déguisées en partis politiques et de délinquants en costume et cravate déguisés en personnalités politiques; au profit des chefs de tribus, des chefs religieux, des milices armées, des formations militaires et paramilitaires occultes, des sociétés de pseudo intervention humanitaire, des affairistes, des espions, des bandits, des criminels, des trafiquants de tout et de rien, des murs de béton-armé, des fils barbelés, des équipements militaires... au profit de tout et de tous sauf du pays !

Aujourd’hui les pays qui ont annoncé le gel des avoirs des Benali (et de Trabelsi, leurs beaux-parents), des Moubarak et des Kadhafi sont nombreux. Mais la destination de cet argent demeure un grand point d’interrogation.

Une grande partie ira probablement dans les oubliettes de l’histoire, et sera dévorée par les banques comme c’est arrivé souvent avec les comptes des différents chefs d’État et politiciens corrompus et des petits et grands délinquants communs, morts ou emprisonnés.

Une autre partie sera utilisée par chaque pays où a été effectué le dépôt pour faire du chantage aux nouveaux gouvernements qui naîtront des protestations ou de leurs manipulations : « Je vais te rendre tes capitaux – diront les banques des pays détenteurs de ces dites sommes - à condition que tu les utilises pour faire ‘‘ceci et cela’’. Et je te les restituerai seulement si ce ‘‘ceci et cela’’, tu le feras faire à la société ‘‘un tel’’ ou à la compagnie ‘‘un tel autre’’... »

Conditions inacceptables dans une situation normale. Conditions que seul un nouveau gouvernement aussi corrompu que le précédent, sinon davantage, pourrait accepter. Conditions qu’il accepterait, cependant, seulement avec la contre-condition qu’une part de ce butin soit versé dans des comptes secrets au nom des nouveaux chefs.

Enfin, un éternel recommencement!

Et c’est aussi pour cette raison que ces puissances (prédatrices) font leur possible pour que ces révoltes portent seulement un changement de marionnettes et qu’à la fin le spectacle sur le petit théâtre soit toujours le même.

Heureusement la rue semble assez consciente de ces risques et continue à être mobilisée comme récemment à Tunis et au Caire où il y a eu de nouveaux affrontements dans la rue et où on a vu les membres des gouvernement – laissés par les vieux régimes – contraints à présenter leurs démissions.

Nous espérons que la lassitude ne s’empare pas des révoltés avant qu’ils envoient à la maison tous les dinosaures.   

Karim Metref

 

Traduit de l’italien par Abdelmalek Smari

 

 

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 09:39

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L’homme qui, à un certain moment se sent fort, avec la conscience de sa propre responsabilité et de sa propre valeur, ne veut pas que quelqu’un d’autre lui impose sa volonté et prétende contrôler ses actions et sa pensée.

...   

Mais l’homme qui est hypocrite par nature et faux, déjà, ne dit pas:  « Je veux conquérir pour détruire », mais, « Je veux conquérir pour civiliser. » Et tous les autres, qui l’envient mais qui attendent leur tour pour faire de même, feignent d’y croire et applaudissent.

Antonio Gramsci  

 

 

Si les idiots savaient

“Il faut empêcher ce cerveau-là de fonctionner pour au moins une vingtaine d’années”. Cette déclaration du fasciste Isgrò, procureur de la république, qui se référait à Antonio Gramsci exprimait substantiellement la volonté personnelle de Benito Mussolini dans le grand procès qui en 1928 conduit à la barre, en plus de Gramsci, la plupart de la direction du parti communiste italien (Terracini entre autres, Scoccimarro, Marchioro et Flecchia). Et la condamnation arriva, le 4 juin 1928, avec vingt ans, quatre mois et cinq jours : une autre manière de condamner à mort le prisonnier Gramsci, dont les conditions précaires de santé précipitèrent à cause du dur régime pénitentiaire qu’il dut subir. » Francesca Chiarotto : (Conf. lien ci-dessous: http://www.gramscitalia.it/processone.htm)

Mais les idiots sont justement idiots car ils ne savent rien et sont incapables de pouvoir savoir : une tare organique, un aveuglement dû à leur égoïsme, leur ignorance légendaire, leur méchanceté due à la libido dominandi ou partie de tout ça ou… tout ça à la fois les empêche malheureusement, pour eux, de comprendre et de se comporter en humains et pas en monstres.

En le condamnant si lourdement, les tortionnaires de Gramsci, idiots comme ils étaient, n’avaient fait que lui assurer une certaine sérénité recherchée justement par les grands esprits ; ils l’avaient mis en condition de multiplier par mille ses performances intellectuelles et de perfectionner sa pensée historique, philosophique et politico-morale.

Les idiots, s’ils avaient pu savoir, lui aurait offert au lieu du geôle et de la souffrance un palais avec des jardins et des fontaines, un harem de houris aux yeux noirs et languissants, de beaux serviteurs et ils l’auraient couvert d’or et de diamants !

Mais ils étaient idiots ! 

Toutefois Gramsci n’était pas que cerveau; il était aussi cœur et poésie. Qui lit ses « Lettres de prison » adressées à Tatiana Schucht s’en aperçoit et en sort plein d’humanité et fier d’être homme.

Qui lit ses Lettres et ses autres écrits saura aimer la vie et faire la paix avec ses semblables tout en maintenant incandescentes l’indignation critique, l’intelligence et la fine analyse.

Gramsci fut l’homme du courage quand, ayant compris la nature mortelle du régime fasciste et la dictature absolue de son chef, Mussolini, refusa de serrer la main tendue de ce dernier et ce au moment même où les « exploits » fascistes étaient en pleine fureur et en pleine ascension !

C’était aussi l’homme extraordinairement lucide qui avait refusé de courber l’échine et de s’excuser pour ses idées, malgré les maladies qui le rongeaient et le bagne qui l’avilissait et le conduisait vers la mort inexorable.

C’était l’homme de la volonté d’acier qui malgré les contraintes du bagne et les restrictions des maladies, continuait à lire, écrire et servir son pays et les idéaux de l’humanité.

C’était l’homme qui dans ces conditions extrêmes, où même une plante d’Octavio Paz aurait fini par perdre sa patience et son espérance, était arrivé à lire par exemple en trois mois jusqu’à 85 ouvrages très « impegnativi » sans compter les quotidiens et autres revues !

C’était l’homme dont les idées et la sensibilité avaient séduit le cœur et l’esprit de l’aisé et généreux Piero Sraffa, Juif qui démentait le cliché du Juif avare et insensible aux malheurs des autres, qui avait fait de lui un ami.

Cet homme généreux avait fait d’agent di liaison entre Gramsci et le parti communiste.

Cet ami sincère s’était engagé à lui payer tous les ouvrages que requérait l’insatiable faim de livres qui taraudait l’esprit de Gramsci, et qui l’avait ainsi sauvé de l’enfer du geôle et des ténèbres de l’histoire.

Cet ami sensible lui payait aussi les médicaments dont il avait besoin.

Gramsci était l’homme dont les idées et la sensibilité avaient séduit le cœur et l’esprit de Tatiana Schucht, sa belle-sœur, qui avait dû sacrifier sa liberté de voyager ou de retourner à son pays, la Russie.

Elle s’était établie en Italie pour le suivre d’une prison à l’autre et elle ne l’avait jamais laissé tout seul dans sa disgrâce. Elle l’avait consolé de l’injustice qu’il subissait et elle lui avait procuré tout ce qu’il lui fallait (nourriture, médicaments, habits). Elle lui rendait visite et lui écrivait souvent des lettres et faisait tout son possible pour le soulager de la terrible solitude. Elle n’avait pas épargné ses forces et ses connaissances près les tribunaux pour essayer de le sortir de prison (combien de fois Gramsci s’était irrité du combat forcené qu’elle menait pour y réussir !)

Enfin c’est elle, Tatiana Schucht, qui avait plus tard joué un rôle déterminant pour assurer la sauvegarde des écrits magistraux, fort précieux de Gramsci ; ces mêmes écrits qui ont fait de Gramsci, le grand penseur politique, l’esprit universel que nous connaissons ; ces mêmes écrits qui ont fait de ce bambin sarde, d’origine modeste pour ne pas dire pauvre, inconnu, malade, qui travaillait déjà jusqu’à 10 heures par jour pour une misère afin de payer ses études… ; ces mêmes écrits qui ont fait de l’enfant de Ghilarza le génie universel que nous connaissons.

Je vais le présenter en ce qui suit par l’un de ses premiers articles journalistiques qui n’a pas perdu sa fraicheur et je ne pense pas qu’il la perdra un jour, en tout cas pas avant la mort de l’homme et de l’humanité.

Quant à sa belle(vraiment belle)-sœur, chers lecteurs, elle sera présentée par son portrait que j’ai moi-même exécuté – en guise d’hommage et de reconnaissance de ma part – et qui accompagnera mon présent écrit.

Bonne lecture donc !                           Abdelmalek Smari

 

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… le texte de Gramsci :

 

Opprimés et oppresseurs *

La lutte que l’humanité mène depuis un temps immémorial est vraiment une lutte merveilleuse; une lutte incessante avec laquelle elle tente d’arracher et déchirer tous les liens que la libido de domination d’un seul, d’une classe, ou même d’un peuple entier tentent de lui imposer.

C’est ici une épopée qui a eu des héros innombrables et qui a été écrite par les historiens du monde entier.

L’homme qui, à un certain moment se sent fort, avec la conscience de sa propre responsabilité et de sa propre valeur, ne veut pas que quelqu’un d’autre lui impose sa volonté et prétende contrôler ses actions et sa pensée.

Il semble que ce soit là un destin cruel qui attend les hommes avec cet instinct qui les domine ; l’instinct de vouloir se dévorer l’un l’autre, au lieu de faire converger leurs forces unies pour lutter contre la nature et la rendre de plus en plus utile aux besoins des hommes. 

En revanche quand un peuple se sent fort et aguerri, il pense tout de suite à attaquer ses voisins, pour les chasser et les opprimer.  Car il est clair que chaque vainqueur veut détruire le vaincu.

 

Mais l’homme qui est hypocrite par nature et faux, déjà, ne dit pas:  « Je veux conquérir pour détruire », mais, « Je veux conquérir pour civiliser. » Et tous les autres, qui l’envient mais qui attendent leur tour  pour faire de même, feignent d’y croire et applaudissent.

 

Ainsi avons-nous eu une civilisation qui a tardé à se diffuser et à avancer;  nous avons eu des races d’hommes, nobles et intelligents, qui ont été détruites ou qui sont en voie d’extinction. L’eau-de-vie et l’opium que les maîtres de la civilisation leur distribuaient abondamment, ont accompli leur œuvre délétère. 

Puis un jour une voix se lève:  « Un étudiant a tué le gouverneur anglais des Indes », ou: « Les Italiens ont été battus à Dogali », ou:  « Les Boxers ont exterminé les Européens missionnaires »;  et alors c’est la vieille Europe horrifiée qui peste contre les barbares, contre les sauvages et une nouvelle croisade est annoncée contre ces peuples malheureux.

Et sachez que  les peuples européens ont eu leurs oppresseurs et ils ont combattu des luttes sanglantes pour s’en libérer, et maintenant ils élèvent des statues et des souvenirs marmoréens à leurs libérateurs, à leurs héros, et ils érigent en religion nationale le culte des morts pour la patrie.

Et n’allez pas dire aux Italiens que les Autrichiens étaient venus pour nous apporter la civilisation:  car alors même les colonnes marmoréennes protesteraient.

Nous, bien sûr que nous sommes allés porter la civilisation et en effet maintenant ces peuples se sont affectionnés à nous et ils remercient le ciel d’avoir eu cette chance. Mais on sait;

 

sic vos non vobis.

 

La vérité consiste par contre dans un désir insatiable que tous les hommes ont de saigner leurs semblables, de leur arracher le peu qu’ils ont pu épargner avec de grands sacrifices.

Les guerres sont faites pour le commerce, pas pour la civilisation:  les Anglais ont bombardé je ne sais combien villes de la Chine parce que les Chinois ne voulaient pas entendre parler de leur opium. Et ça s’appelle civilisation!

Et Russes et Japonais se sont massacrés pour avoir le commerce de la Corée et de la Manchourie. On dilapide les substances des sujets, on leur ôte toute personnalité;  mais ça ne se suffit pas cependant aux civilisés modernes:  les Romains se contentaient de lier les vaincus à leur char triomphal, mais ils réduisaient ensuite à province la terre conquise:

 

maintenant on voudrait par contre que tous les habitants des colonies disparussent pour laisser place aux nouveaux venus.

 

Si après ça la voix d’un homme honnête se lève pour dénoncer ces arrogances et ces abus, que toute morale sociale et toute civilisation sainement entendues devraient empêcher, on lui rit au nez;  parce que c’est un ingénu et il ne connaît pas toutes les ergoteries machiavéliques qui soutiennent la vie politique. 

Nous, Italiens, nous adorons Garibaldi; ils nous ont enseigné, depuis notre enfance à l’admirer. Carducci nous a enthousiasmé avec sa légende garibaldienne:  si on demandait aux enfants italiens qu’est-ce qu’ils aimeraient être, la plupart choisirait sans doute d’être le héros blond.

Je me souviens qu’en une célébration de la commémoration de l’indépendance, un camarade me dit:  « mais pourquoi tous crient: Vive Garibaldi! et personne:  Vive le roi? » et moi je n’ai pas su lui en donner une explication.

Bref, en Italie des rouges aux verts, aux jaunes, tous idolâtrent Gairibaldi mais personne ne sait vraiment apprécier les hautes idéalités; et quand les matelots italiens sont envoyés à Crète pour baisser le drapeau grec élevé par les insurgés et remettre le drapeau turc, personne n’enleva un cri de protestation. 

Mais oui la faute était aux Candiotes qui voulaient troubler l’équilibre européen. Et personne parmi ces Italiens, qui peut-être dans ce jour-là même acclamaient le héros libérateur de la Sicile, ne pensa que si Garibaldi avait été encore vivant, il aurait même osé braver toutes les puissances européennes pour aider un peuple à acquérir sa liberté.

Et puis on proteste si quelqu’un vient nous dire que nous sommes un peuple de rhétorique! Et qui sait pour combien de temps encore durera ce contraste.

Carducci se demandait:  « Quand le travail sera-t-il heureux? Quand l’amour sera-t-il sûr? » Mais on attend encore la réponse, et qui sait qui saura la donner.

 

Beaucoup de gens disent que désormais tout ce que l’homme devait conquérir en matière de liberté et de civilisation, il l’a déjà obtenu, et qu’il ne lui reste plus maintenant que jouir du fruit de ses luttes.

 

Je crois par contre que nous avons bien autre chose à faire encore:  les hommes ne sont que badigeonnés de civilisation;  mais dès qu’ils sont éraflés, tout de suite leur pellace de loup apparaît. Les instincts sont apprivoisés mais pas détruits, et le droit du plus fort c’est le seul droit reconnu.

La Révolution française a abattu beaucoup de privilèges, elle a soulagé beaucoup d’opprimés;  mais elle n’a fait que remplacer une classe par une autre dans la domination.

 

Cependant elle a laissé un grand enseignement: les privilèges et les différences sociales, étant produits de la société et non de la nature, ils peuvent être dépassées.

 

L’humanité a besoin d’un autre torrent de sang pour effacer beaucoup de ces injustices:  que les dominants ne regrettent pas alors d’avoir laissé les foules dans un état d’ignorance et de férocité comme celui où elles se trouvent maintenant.  

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* In « Scritti politici » Antonio Gramsci - L’Unità – Editori Riuniti, Roma 1967

 

 

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Vendredi 18 février 2011 5 18 /02 /Fév /2011 08:53

 

Chers lecteurs, je vous confie le commentaire à mon article « La haine de « L’Orient après l’amour » ou une autre manière chez Berbericus d’être antisémite (2) et fin » que M. F. cité dans ledit article m’avait envoyé et autorisé à publier.

Je le traduirai, à peine possible, en français.

 

 

 

 

السلام عليكم

تعرف بأنني ما كنت لأتأخر عن الكتابة لو لا تسارع الأحداث الجارية في تونس و خاصة مصر. أنت تعرف بأنني مسيس و عندي كره شديد لكل الأنظمة الشمولية مهما كان مدهبها. هدا السبب جعلني أتفاعل بشدة مع هدين الثورتين لدرجة أنني أحسست بنفسي كجزء منها.

ثاني شيئ أخرني عن الرد هو ردك نفسه و الدي أقول لك و بكل صراحة بأنه صدمني لدرجة لا يمكنك أن تتصورها. هدا ما ضطرني لإعادة قراءته مرات عدة علني أستوعب بعضا مما جاء فيه.

لقد وعدتك برد مزلزل هههههههه لكنني سأحاول أن أكون موضوعيا لأبعد الحدود

و سأحاول أن آخد أجزاء من رسالتك لأناقشها نقطة بنقطة

Personnellement j'ai entendu un jour du bout de mes oreilles discourir le Dr Omro Khaled sur un sujet dont je n'avais retenu rien sinon la figure d'un homme qui ressemblait à un stupide arrogant et sa manière de discourir qui faisait penser à de l'autosuffisance.

أول ما شدني في رسالتك هو تهجمك المجاني على الدكتور عمرو خالد. لو جاء هدا التهجم من شخص عادي لتقبلته و لكن أن يأتي من رجل أعتبره أديب فهدا ما لم أستصغه. كيف حكمت على الرجل بأنه غبي و متعالي فقط من خلال نظرة؟

Je l'avais vu (en tv!!) entouré de quelques fillettes et demoiselles enveloppées dans ce qu'on appelle désormais el-hijab pendant que lui, adulte, savant, extrêmement pieux et prédicateur, restait frisé, civilisé et moderne au lieu de porter lui aussi un hijab.

تقول بأنك رأيته محاطا بآنسات مغلفات داخل ما نسميه الآن حجاب. هناك في كلامك إيحاء  بأن الحجاب مشكلة أو ربما تريد أن تقول بأن تلك الفتيات متخلفات بسبب إرتدائهن للججاب؟ لكن الأغرب من دلك هو تساؤلك لمادا لم يكن هو يلبس الحجاب و كان لباسه عصريا.

أعرف بأنك لا تعني ما تقول و بأن هدا نسميه لغويا الأسلوب الساخر لكن مادا و راءه؟

C'est cette contradiction ou cette incohérence scandaleuse (pour utiliser ton langage) que j'avais retenu de lui.

لكن هده الجملة تقطع الشك باليقين. لم يعد هناك مجال للشك بأنك ترى تناقضا بين الحجاب و العصرنة. إدا كان هدا هو رأيك فلنكن صرحاء و نقول الإسلام دين تخلف من دون إيحاءات

Et quand, quelques années plus tard je me trouvais à fouiller les librairies de Constantine à la recherche de quelques livres à acheter, je suis tombé sur l'un de ses ouvrages, je l'avais écarté sans mollesse et sans le moindre regret.

موقف يعبر عن أفكار مسبقة  مع دلك أنت حر

C'était là et ce jour-là que j'avais appris son nom justement en voyant sa photo d'efféminé sur la couverture du livre (car c'est aussi cette manière efféminée qui me rebute de lui, me fait venir la nausée). « Efféminé - pensais-je - et il ne porte pas le hijab! »

هدا الموقف صادم للغاية. كيف لأديب أن يحكم على كاتب لمجرد أنه رأى فيه شيئا من الأنوثة؟ و لنفترض أن عمرو خالد مخنث فهل نحن كمثقفين نأخد دلك كمعيار وحيد للحكم عليه؟

بكل صراحة. هل لديك مواقف جاهزة ضد الكتاب المثليين في أوروبا؟ لن أصدقك لو أجبت بالإيجاب. أما تعليقك عن عدم ارتدائه للحجاب فدلك يبين لي بوضوح موقفك من الحجاب و أنت حر فيه

Sincèrement je ne vois pas en quoi il peut servir à l'éducation de nos filles et nos fils... mais je ne vais pas pour autant crier à l'interdiction de ses livres.

Je ne le ferai jamais et cela pour deux grandes raisons:

d'abord je crois en quelque sorte à l'utilité fondamentale des ténèbres pour exalter encore davantage la splendeur du jour et des lumières.

أعد قراءة رسالتك لتكتشف بأنك تحكم على كاتب و أنت لم تقرأ له حرفا واحد. و ما يصدم في كلامك هو أنك صنفته في صف الظلاميين من دون أن تقدم أشياء تدين الرجل.

أنا لم يسبق لي أن قرأت له كتابا قبل هدا لكنني أعجبت بمضمون الكتاب. زد على دلك أنني لم يسبق لي و أن تابعت حصصه على التلفزة إلا مرة واحدة و لم أر منه شيئا يجعل منه شيطانا إلى هده الدرجة.

لا تظن بأنني هنا بصدد الدفاع عن عمرو خالد. يعني بالدارجة مايش هو اللي غاضني. اللي غاضني هو الموقف تاعك الدي أراه غير موضوعي و غير مؤسس و مجاني.

Comprendre la moitié du coran, n'est-ce pas en soi un exploit fantastique, grandiose, immense? Comprendre la moitié d'un texte comme le coran, ça peut signifier qu'on est apte à comprendre la moitié de l'univers... Ce qui est un peu trop pour le cerveau de l'homme en général et celui d'un kehl erras en particulier.

Tu n'as pas idée non plus de ce que peut être la condition d'un Gitan (car c'est de ce peuple que je te parle): une condition d'enfer sur la face de la terre.

Les Gitans sont persécutés sans délits, accusés et condamnés sans fautes, affamés, raillés et humiliés, isolés même s'ils vivent en communautés, mis en quarantaine sans avoir de peste, tournés en dérision même s'ils sont nobles, hais même s'ils veulent du bien au monde, redoutés même s'ils sont des brebis dociles et inoffensives, exploités et pillés, tués et ensevelis alors qu'ils vivent et qu'ils végètent!

Tu sais pourquoi ce destin noir, injuste? Ils ignorent l'histoire et ne savent pas ou sont convaincus qu'ils n'ont pas de patrie. On les a même chantés et on les chante encore comme des gens libres et gais et amant de la poésie et de la musique pour bien les leurrer, les piller et les asservir. On incite même d'autres peuples à être comme eux, oublier jusqu'au sens de la patrie, arracher tous les mots qui y mènent!

Et ça ne va pas finir comme ça: quand les gens qui possèdent une terre se piquent d'envie, entre eux, ou se sentent spoliés de leurs richesses et se voient donc en droit de piller quelqu'un, ce n'est pas chez leurs prédateurs qu'il vont réclamer leurs droits et leurs dus mais chez les faibles (les Gitans, les sans-terre) qu'il vont se venger de leurs prédateurs!

صدقني أنني فهمت قصدك من قراءتي للجملة الأولى. فهمت بأنك ستجعل الغجر مدخلا لتبرير الإحتلال الصهيوني لفلسطين.

هنا يجب أن أوقفك لأقول لك بأن قضية الغجر لا تشبه و لا علاقة لها بالموضوع. الغجر شعب قدم من آسيا و انتشر في ربوع الأرض بمحض إرادته. و اختار نمودجا للعيش هو حر فيه. فعل دلك من قبل أن تكون هناك دولا معاصرة أو حدودا لدول كما نعرفها الآن.

سبب مشاكلهم في دولهم الآن هو عدم قدرتهم على الإندماج في النسيج الإجتماعي كباقي الشعوب. أما إدا كانوا يبحثون عن وطن فما عليهم إلا العودة إلى الهند.

و هل ستقبلهم الهند؟

Le peuple juif, que nous autres Arabo-musulmans voulions ou non, fut un peuple sans terre comme les Gitans en ces jours.

اليهود انتشروا في الأرض بمحض إرادتهم و لسنا مسؤولين عن تيههم

Que nous, Arabo-musulmans, voulions ou non, le peuple juif est retourné à sa terre après des siècles de souffrances et d'errances.

هده مغالطة تاريخية كبرى لأن أرض فلسطين سكنها الكنعانيون قبل اليهود بأكثر من 2000 سنة. فكيف تكون الأرض أرضهم؟ و ما هي مرجعيتك؟ اللهم إدا كانت مرجعيتك التاريخية هي الوعد الإلهي المدكور في العهد القديم.

هل نسيت بأن أول مملكة لليهود على أرض فلسطين جاءت بعد صراع بين سيدنا داوود و جالوت الكنعاني و انتصر فيها داوود؟

Pendant que le Gitan semble se réjouir de son errance et de son apatridité, à cause de son ignorance de sa géographie et de l'histoire, le Juif s'indignait car s'il avait été vaincu à travers des millénaires, il n'a jamais perdu le sens de la géographie et celui de l'histoire. L'histoire de l'Europe fascio-naziste le crie haut et fort.

Et les Palestiniens? Eux aussi avaient failli perdre cette règle capitale: posséder le sens de la géographie et de l'histoire. Et les voici qui résistent.

Mais nous ne devons pas oublier qu'il y a même des Palestiniens plus intelligents et surtout plus palestiniens que toi et moi qui reconnaissent cette vérité. Une vérité vraie car elle répond à une réalité historique bien établie, concrète, documentée, indiscutable.

نعم اليهود كانوا أدكياء و جعلوا العالم يصدق كدبتهم. ثم إن تحالفهم مع الصهيونية المسيحية التي تعنبر وجود إسرائيل ضرورة كي ينزل السيد المسيح هو ما جعل من تلك ال"حقيقة " الوهمية حقيقة ثابتة عند البعض. ثم تعالى و قل لي من هم هؤلاء الفلسطينيين الأدكياء الدين أقروا بهده الحقيقة؟

هل تقصد ياسر عبد ربه أو محمد دحلان أو محمود عباس أو صائب عريقات؟

ثم قل لي مند متى كانت القضية الفلسطينية قضية تخص الفلسطينيين دون باقي العرب و المسلمين؟

لمادا نعطي الحق لليهود بأن يتحدثوا ككتلة واحدة بينما نقسم أنفسنا إلى شيع و أحزاب؟

Bien sûr il y a de l'abus, bien sûr il y a de l'injustice, bien sûr il y a des massacres et des expropriations, mais il ne faut pas répondre à l'injustice par l'injustice. « Oua la youjrimennakoum chana-aanou qaoumin 3ala ella ta3dilou, i3dilou houa aqrabou lit-tequa ».

و الله أتأسف لما أسمع كلاما مثل هدا. كيف يمكن لرجل مثقف أن يعطي الحق لشعب أن يقيم دولته على أرض شعب آخر.

ألم تقرأ كيف قامت دولة إسرائيل؟

أ لم يكن الفلسطينيون موجودون على أرضهم عام 1948  لما غزتهم جحافل اليهود بتواطئ غربي و طردوهم من ديارهم؟ بأي حق نقبل أن يأتي شعب من كل بقاع الأرض يحتل أرضنا ثم يقول "أرض بلا شعب لشعب بلا أرض"

هل كان الفلسطينيون حشرات؟

Je ne sais pas si nous serons de ce monde, mais un jour arrivera où Palestiniens et Israéliens arriveront à un accord de fraternité et de bon voisinage.

و الله صدق المصريون لما قالوا " رضينا بالهم و الهم مش راضي  بينا"

هل أنت تعيش في المريخ؟

العرب على ضعفهم و قبولا منهم بالأمر الواقع قدموا مبادرة للسلام إسرائيل. قبلوا بأراضي 1967 و التي تساوي 20/100 من فلسطين التاريخية. فمادا كان رد الصهاينة. قال لهم شارون " هده المبادرة لا تساوي قيمة الحبر الدي كتبت بواسطته"

Cher F., tu ne peux plus te permettre de rentrer dans l'optique des ténèbres et de la haine dans laquelle l'istidmar (comme disait Mouloud Kacem) nous avait fourrés depuis presque deux siècles déjà, si l'on exclut les trois autres siècles d'injustice et d'oppression ottomanes.

سبحان الله

3.5 مليون فاسطيني يعيشون تحت الإحتلال و 5 ملايين لاجئ فلسطيني في الشتات يعيشون كالكلاب أو أدنى.

كل هؤلاء لم يرق لهم قلبك و لم تشفق عليهم و تنصحني بأن أكون طيبا مع جلاديهم

Il faut comprendre que si nous avons un ennemi, celui-ci ne peut être que les Puissances de l'istidmar. Ennemi que, sans le savoir, nous préservons et cultivons dans le fond de notre âme en le nourrissant et renforçant de notre ignorance historique, de notre insensibilité politique et de nos passions brutes.

Pense à l'Algérie sous la domination ottomane et plus tard française: comment étions-nous? Nous n'existions tout simplement pas car notre terre ne nous appartenait pas.

و مند متى كان الوجود العثماني في الجزائر إحتلالا.

هل من المعقول أن نضع على قدم المساواة الإستعمار الفرنسي و الوجود العثماني؟

كيف دخل العثمانيون إلى الجزائر؟ أليس بطلب من الجزائريين لحمايتنا من الإحتلال الإسباني؟

الجزائر تحولت إلى جزء من الخلافة العثمانية فهل تعتبر الخلافة العثمانية إستعمار

إدا كان كدلك فإن الأمويين و العباسيين و الفاطميين وووووووووو كلهم محتلين

لو قلت لي بأن الحكم العثماني كان جائر لاتفقت معك. فنحن اليوم نعاني الظلم في ظل الإستقلال لكن أن تقول بأن العثمانيين محتلين فهدا ما لا يقبله المنطق

Oua qiss 3ala dalika pour ce qui concerne le peuple juif: il n'est pas méchant au fond, le peuple juif. Il a tout simplement une peur noire de retomber dans les siècles de l'enfer.

فليسقط في جهنم. هده ليست مشكلتي

Les Arabes et les Palestiniens en tête devraient comprendre cette vérité et essayer de trouver des moyens pour aider ces frères, nos frères, dont la langue avait prêté à notre Coran près de trois cents mots aux dires d'el-3alim el-jalil Essouyouti.

 

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Que Les Arabes et les Palestiniens en tête sachent ou apprennent que nous sommes ahra oua aoula qui devons restituer à ces frères leur bout de terre et leur honneur historique, avec sincérité, avec joie et avec reconnaissance.

بقدر ما صدمني هدا الكلام بقدر ما استفزني و أثار غيضي

باسم مادا نقدم لهم فلسطين؟

باسم التوراة؟

لا شيئ في العصر الحديث يعطي الحق لشعب أن يطالب بأرض لأسباب تاريخية

فقط اليهود من حصلوا على هدا الحق

فإدا تحدثنا بالتاريخ ففلسطين ليست لهم و إدا تحدثنا بالدين فأنا لست ملزما بمعتقداتهم و إدا تحدثنا بالقانون الدولي من دون الهيمنة الأمريكية فكيف يحق لشعب أن يطرد شعبا من أرض و يسكنها؟

Qu'on ne laisse pas ce privilège aux autres, aux loups de l'histoire, aux moustadmirine qui seulement hier ont tués les Juifs par des centaines de milliers, mais aujourd'hui les voici à pleurer une fausse mea cupla et plaider une fausse solidarité et un fausse justice avec de fausses larmes de crocodile!

بدون تعليق

Les voici, les mystificateurs, oujouh el-qazdir, les effrontés, les assassins,... les voici qui nous accusent aujourd'hui, nous le Sémites, d'être des antisémites, d'être des peuples violents, d'être des misanthropes, d'être incapables de conscience historique, d'être incapables de gratitude, d'hospitalité et de coexistence dans la paix et la fraternité!

بدون تعليق

Demande à l'histoire, elle te dira que dans les armées des Musulmans, dans les bouyout el-hikma, dans les cités et les habitations... il y avait, côte à côte, en pleine harmonie et entente, des Juifs qui vivaient et souffraient comme vivaient et souffraient leurs frères musulmans.

أنت الآن تردد كلامي الدي قلت لك فيه بأننا لم نظلم اليهود تاريخيا و حتى الأقلية التي بقيت تعيش بيننا كانت لها حقوقها كاملة

إسأل التاريخ و سيجيبك بأن اليهود و هم بيننا وضعوا أيديهم في أيدي المستدمرين و خانوا الشعب الدي كانوا منه و كان منهم

و أبسط مثال على دلك يهود الجزائر. لكن هده ليست قضيتنا الآن

Hélas, on est arrivé à chasser de l'islam, dar essalam, le peuple le plus musulman (les Chiites), figure-toi si on ne chasse pas le Juif!

مع أنني أحب الشيعة و أرى نفسي من أكبر المؤيدين لحزب الله في العالم لكنهم ليسوا أكثر إسلاما من بقية المسلمين.

الدين يكفرونهم هم الوهابيون من آل سعود أتباع الأمريكان و أصدقاء إسرائيل

و إدا كنت صادقا في كلامك عن الشيعة فل اتناقض نفسك و اعترف بأنهم أكثر المسلمين كرها للصهاينة

Et tu sais pourquoi l'on retourne notre piqûre et notre venin contre les Juifs?  

بدون تعليق

 

Ne me dis pas que c'est à cause de la Palestine, car combien de terres jadis avaient appartenu à Diar-el-islam, aujourd'hui sont devenues terres des koffar!

هناك فرق بين أن تفقد أرضا استعادها أهلها كالاأندلس

و أن يتعرض شعبك للإحتلال و الطرد من طرف غرباء عن هده الأرض

Non, la raison vraie de notre injustice est qu'on agit en vertu de « meghloubtek a marti! » parce qu'on pense – puisqu'on ne lit pas, et on n'est pas pour ce motif à jour – que les Juifs soient encore ce peuple dominé, écrasé, faible, sans dignité, sans stratégie, sans pays, sans amis et alliés, sans conscience historique et existentielle...

Oh combien nous sommes ignorants et combien notre ignorance est aggravée par la lâcheté, l'aliénation, l'opportunisme et autres bas et stupides égoïsmes!

و الله لا يوجد جبن أكثر من أن نترك فلسطين للصهاينة

هل تعرف لمادا طلبت منك أن تقرأ عن عوفاديا يوسف؟

لتعرف بأن الحبر الأعظم و أكبر صهيوني عرفته البشرية لم يقل كلاما مثل هدا

Cher F., tu vois, le problème est plus complexe que comme nous le présentent la tv et ses images-clichés.

Et il ne nous reste donc que la sève des mots qui peut pénétrer cette grande et importante problématique (le sens de l'histoire et surtout de sa constante, la géographie) et l'explorer et rendre compte de sa complexité, de son ampleur et de ses méandres.

ما زلت أتساءل من أين أتيت بهدا التاريخ و هده الجغراقيا

أنا هنا أتحدى العالم كله بأن يأتيني بمعلومة تاريخية واحدة يثبت لي فيها أحقية اليهود بأرض فلسطين

حتى لو أتوا بالتوراة و الإنجيل

أ لا تعلم بأن سيدنا إبراهيم أب اليهود و العرب ولد في بلاد الرافدين ثم رحل إلى فلسطين. فهل وجدها خاوية على عروشها؟

أ لم يكن الكنعانيون هناك قبلهم بمئات السنين؟

ثم مند متى كان التاريخ المعاصر يعترف بالشرعية الدينية؟

إدا كانت الأمور بهدا الشكل فقد يأتي نبي جديد يعد اليهود بكل أراضي العرب

و لأننا طيبون فسنمحها لهم بكل حبية هههههههه

Cher F., ma tetbaggarche ante thani, ouach bik

لن أقول لك ما تتبقرش لأنهم بقروك و نجحوا لأبعد الحدود

صدقني هدا الرد لا يساوي 0.1 /100 مما يدور في دهني

يمكنني أن أؤلف كتابا حول هدا الموضوع و ليس جرنان

لكنني لن أفعل دلك و أنت لا تملك معلومات تاريخية

كل ما قلته أنت  عن اليهود مجرد كلام إنشائي مبني على مغالطات تاريخية لا تمت للتارخ و لا للجغرافيا بصلة

خلاصة القول

في رسالتي السابقة حاولت أن أبين لك عدم كراهيتي لليهود كيهود و بأن عدائي للصهاينة. المشكلة هي أنني من خلال رسالتك أكتشفت بأنك تتبنى الفكر الصهيوني بحدافره

هدا الفكر الدي يعطي الحق (و أضفت لها أنت الواجب) لكل يهود العالم أن يعيشوا في فلسطين

و يمنع 5 ملايين فلسطيني(أصحاب الأرض) في الشتات من نفس الحق

هدا الفكر الدي يجعل من الإحتلال حق و من مقاومته إرهاب

 

ما عساي إلا أن أقول "إن لله و إن إليه راجعون"

 

بالمناسبة يمكنك أن تنشر رسالتي على مدونتك لكن بشرط

أن تضع النص الأصلي و إدا شئت أن تضع معه الترجمة فلك دلك.

السلام عليكم

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 19:24

 

« On a coutume de considérer que le monde

arabe est de tradition orale. Rien n’est plus faux.

... ...

L’oralité du monde arabe n’est qu’un effet du

recul de l’enseignement. L’analphabétisme a

favorisé la régression de la pensée arabe. »

 

Rachid Mimouni

« De la barbarie en général et de l’intégrisme en particulier »

 

 

Mise au point

 

Dans la première partie de cet écrit, si j’avais parlé de souche sémitique, c’était seulement pour me faire comprendre. Car qui peut croire aujourd’hui à l’existence vraie et scientifique des races et des souches sinon un malade mental, un mystificateur ou un crétin né ?

L’humanité, les gens intellectuellement honnêtes le savent et le disent, a toujours été (aussi) un mélange scandaleux de bâtards qui s’ignorent ; une saga infinie d’immoralités et de guerres, d’incestes et de dangereux mariages consanguins…

Tous les Algériens conscients de l’importance historique et stratégique d’être et de rester soudés à leurs concitoyens qui les gouvernent (sans pour cela perdre le sens critique et la critique propositive), doivent travailler pour promouvoir et consolider cette valeur politique fondamentale dont dépend la survie de chaque société, de chaque pays, de chaque nation.

Et il n’y a pas de doute que parmi ces citoyens lucides et propositifs il y a déjà des gens qui sont en train de travailler dans ce sens afin de souder la fracture infâme et mortelle que la mal-gouvernance des gouvernants d’une part et les frustrations des citoyens d’autre part ne cessent d’opérer dans l’âme de la nation, dans leur propre âme !

Je cite l’exemple de deux écrivains algériens dont la condition et la vocation pourraient très bien incarner un grand paradoxe bien de chez nous, un paradoxe ennuyeux en plus ; l’un de nos deux écrivains est musulman et arabe, Mohamed Kacimi, qui a tous les droits de et sur l’Algérie, même celui d’envoyer son pays à se faire foutre ou à brûler dans l’enfer de l’humiliation et de l’anéantissement.

L’autre, Pierre Fréha, juif et algérien de souche lui aussi, qui aime et respecte sereinement l’Algérie et les Algériens mais qui reste privé du droit d’être « officiellement » Algérien !

Et franchement cet état de choses ne saurait nous laisser indifférents.

 

Berbericus librophobe et antisémite

Dans cette deuxième partie, chers lecteurs, je vais vous faire part de l’une des lettres que j’ai écrite à un ami pour parler un peu de certaines mœurs négatives de Berbericus librophobe et antisémite et pour chercher à y voir clair.

La lettre :

Cher F., me voici encore avec mon Itnab, ma logorrhée. J’espère seulement qu’il ne te donnera pas plus d’ennui que de plaisir.

Tu as raison, je souffre de cette anomalie: le temps, le talent et l’énergie manquent et moi j’ai tant de choses à dire et je veux leur être fidèle, les bien dire. Crois-moi.

Souvent je m’arrête pour réfléchir sur le sens de mon écriture et souvent, tout en découvrant cet effroyable constat, je ne sais pas ne pas récidiver!

Je suis encore, peut-être, enfant ou au moins je ressemble à l’enfant quand je m’abandonne à ces gazouillements et à ces écholalies. Que veux-tu ? je prends mes mots pour de la musique, mes sentiments pour de la profondeur d’idées et mes délires pour de la poésie!

Hélas ! désormais je suis concrètement vieux et, même si je ne le suis pas totalement, il y a des lustres que j’avais commencé déjà à m’y acheminer.

Quant à mes dizaines de lignes avec lesquelles j’aurais cherché à faire le docte maître et te montrer les bienfaits de la lecture, elles signifient tout simplement que le précieux don de la lecture ne devrait absolument pas être battu par la tv. Car la tv est faite pour parler avec des images, et les images c’est plein autour de nous.

Ne les trouve-t-on pas jusque dans les scènes oniriques, dans le délire des fous, dans les hallucinations des soukaraa ouel mastouline?

 

Le mot et l'image

Qu’est-ce à dire? Les images sont partout et ne peuvent rendre compte que de la superficie des choses et de la réalité; et c’est pour cela qu’elles sont justement superficielles et que la culture qu’elles distillent peut être plate et insipide.

Et c’est toujours vrai quelque soit la justification des promoteurs et chantres de la tv de la consommation par excellence, de l’image.

L’image reste la première des données immédiates où la bête et l’homme, le petit et le grand, le primitif et le civilisé, le dormeur et l’éveillé, l’idiot et el alim el jalil… s’égalent et se ressemblent.

As-tu idée de combien ça nous coûte un tel instrument d’homologation et de tromperies quand on le laisse abuser de notre esprit et de notre temps?!

Vient ensuite, sur l’échelle des facultés mentales, la capacité d’abstraire et de s’abstraire pour rendre perméable la réalité. Car si nous nous armions de la seule passivité: l’attente que les informations viennent à nous de la part de la déesse image, la réalité resterait opaque et réfractaire à toute investigation et à toute intelligence.

Cette capacité d’abstraire et de s’abstraire, j’en conviens avec toi, est très difficile ; souvent, pour nous donner un gramme de satisfaction, elle nous demande un quintal d’efforts et de fatigues.

L’image, tu la subis. Quant à la descente aux enfers, à la volonté de transpercer les viscères du monde, au désir d’en percer les mystères, de les comprendre et de les exploiter... tout ça nous demande du sacrifice, de l’inquiétude, du tâtonnement, de la déception, de l’ennui; parcours difficiles qui peuvent s’avérer ingrats et parfois infructueux et inutiles en fin d’analyse !

Tu vois, ce n’est pas que je voulais t’enseigner à lire ou te montrer l’utilité de la lecture.

Ce n’est pas que je t’accusais d’ignorance (bien que nous sommes tous des ignorants qui s’ignorent).

Ce n’est pas non plus que je t’accuse de nourrir une antipathie ou d’avoir une allergie pour les livres et la lecture, non!

J’ai voulu tout simplement te parler d’un phénomène dévastant qui caractérise notre société: le fléau de ne pas lire.

Tu te rends compte? Cette même société qui se réclame de l’islam mais fait semblant d’ignorer le premier commandement du premier verset de notre Coran « Lis ! »

Et admettons que je t’aie accusé d’être quelqu’un qui ne lit pas, en quoi ça peut t’offenser? Si tu es un lecteur, tu me démentiras. Si tu ne lis pas, tu n’es pas un lecteur et j’aurai raison.

Et puis qu’y a t-il de mal à te parler de ce mal, à le dénoncer? Selon toi, les Algériens sont des lecteurs? Ou veux-tu que je parle plutôt d’autres choses?

En ce qui concerne ce dernier point, tu peux dormir tranquillement sur tes deux oreilles, comme disent les Italiens. Car si j’ai tendance à être parmi les grands motnibine, je n’ai pas encore gagné l’âge d’être un sénile résigné et condamné au silence.

 

Le bien des mots

Cher F., c’est l’hégémonie d’une culture superficielle que la tv distille comme du venin dans nos âmes (paralysant ainsi notre intelligence et notre esprit) que je conteste.

C’est le mot libre et libérateur - qui souffle dans la matière inerte et bête pour lui imprimer vie et conscience - qui m’intéresse personnellement.

C’est le mot, ce souffle de dieu même qu’il avait insufflé à Adam (à l’homme), qui reste le seul capable à faire de nous (nous, matière inerte et bête) des êtres intelligents, justes, et beaux.

L’image, pour intéressante et indispensable qu’elle soit, ne peut et ne doit être que l’auxiliaire du mot et rien d’autre.

Et l’histoire de ton exposé « Silas Marner » confirme ce que j’ai dit ci haut et ce que je dirai de l’impérialisme, de la dictature de l’image.

Heureusement que tu n’as pas été si naïf alors : tu n’étais pas allé jusqu'à te contenter du seul film pour faire ta recherche. Car le film est en soi une autre œuvre et est complètement autonome ; même s’il cherche à se conformer au livre. Il a son langage, son temps, ses rythmes, ses couleurs, ses formes, ses techniques (qui sont justement des images et à base d’image), ...

De toute façon, moi je ne connais pas ton enseignante et je ne sais pas si elle appartenait à la culture visive « superficielle » ou à celle verbale « profonde ». Mais si,  toi, tu te fies de son jugement, moi je me fie du tien... je te crois sur parole.

 

L’homme bibliothèque

« Quand un griot meurt c’est tout une bibliothèque qui disparaît » L’auteur de ce dit serait le poète sénégalais Léopold Senghor.

Je crois que tous les hommes peuvent être considérés, métaphoriquement, des bibliothèques entières et quand ils meurent, dégénèrent ou perdent la raison c’est des milliers d’ouvrages et de catalogues d’images qui brûlent avec eux... et jusqu’ici je suis d’accord avec toi, avec Senghor et avec tous ceux qui rapportent ce dit.

Mais, cher F., tu n’as pas réfléchi un instant sur cette histoire de la présumée oralité des cultures africaines?

Moi j’y vois plutôt une insulte à l’homme africain qu’on continue toujours, avec de nouveaux termes sophistiqués et déguisés, de traiter de primitif, pour la dire terre à terre: d’animal!

Eh bien, ceux qui ont inventé cette infamie d’oralité pour la coller ensuite comme un timbre à homo africanus, ceux qui ont fait dire à Senghor ce qu’il aurait dit, sont ceux-là mêmes qui refusent d’être traités d’oralistes, ou de bibliothèques encore vives ou déjà brûlées et disparues.

Ici aussi, comme pour l’image, cette caractéristique pèche par son immédiateté; elle renvoie l’homme oralisé, à l’état naturel où il n’aurait aucun mérite à glaner, aucun service à rendre à la culture humaine et aucune gloire pour s’en vanter.

Cela veut dire que l’homme oral est, ni plus ni moins, un animal fini; un animal bi atemmi ma3na el-kalimah!

Cher F., je t’avais déjà anticipé dans mon dernier email que ta lettre est fort stimulante: en effet, ça me donne envie de m’y arrêter longtemps sur chaque sujet que tu avais traité...

 

L’œuf/poule, la poule/œuf

Mais tu es certain que tu ne connais pas de réponse au dilemme que tu t’es posé dans ta dernière lettre? Afi dhalika chekkoun?

Pour moi, il n’y a ni poule ni œuf, la dajajah ouala baidah oua la houm yahzanoun: nous sommes arriérés parce qu’on ne lit pas. Ce qui signifie que nous ne lisons pas parce que nous sommes arriérés. Deux sophismes pour dire notre misère, voilà !

Et il n’y a pas de quoi chercher ici midi à quatorze!

Sache, cher F., que l’important c’est de lire, contracter l’habitude de lire (lire n’importe quoi mais lire) et jamais songer à la perdre ou chercher à la substituer ou à en guérir, et surtout pas par le faux médicament, eddaoua-ou eddejjal, qu’est la tv.

Que tu sois un exemple pour tes enfants d’abord et tes proches, pour tes amis et les gens de Hamma Bouziane ensuite et enfin pour tout le reste de tes semblables! Et Limithli hada fel-ya3mali el-3amilouna.

Personnellement j’ai entendu un jour du bout de mes oreilles discourir le Dr Omro Khaled sur un sujet dont je n’avais retenu rien sinon la figure d’un homme qui ressemblait à un stupide arrogant et sa manière de discourir qui faisait penser à de l’autosuffisance.

Je l’avais vu (en tv!!) entouré de quelques fillettes et demoiselles enveloppées dans ce qu’on appelle désormais el-hijab pendant que lui, adulte, savant, extrêmement pieux et prédicateur, restait frisé, civilisé et moderne au lieu de porter lui aussi un hijab.

C’est cette contradiction ou cette incohérence scandaleuse (pour utiliser ton langage) que j’avais retenu de ce docteur.

Et quand, quelques années plus tard je me suis trouvé à fouiller les librairies de Constantine à la recherche de quelques livres à acheter, je suis tombé sur l’un de ses ouvrages, je l’avais écarté sans mollesse et sans le moindre regret.

C’était là et ce jour-là que j’avais appris son nom justement en voyant sa photo d’efféminé sur la couverture du livre (car c’est aussi cette manière efféminée qui me rebute de lui, me fait venir la nausée). « Efféminé - pensais-je - et il ne porte pas le hijab! » Sincèrement je ne vois pas en quoi il peut servir à l’éducation de nos filles et nos fils...

Bien entendu, je ne vais pas pour autant crier à l’interdiction de ses livres. Non ! Je ne le ferai jamais et cela pour deux grandes raisons:

D’abord je crois en quelque sorte à l’utilité fondamentale des ténèbres pour exalter encore davantage la splendeur du jour et des lumières.

Ensuite je suis convaincu que les gens sont non seulement libres de lire ou de regarder la tv, non seulement libres de lire tel ou tel auteur et snober tel ou tel autre, mais aussi qu’ils sont assez mûrs pour savoir être responsables et pouvoir choisir et comprendre ce qu’ils choisissent. Enfin comme on dit « ma testa3dam ma yakhrej fik a3dm ».

Et puis il n’est pas dit qu’un jour viendra où moi aussi je finirai par le lire... et si je te dis ça, c’est que je ne suis jamais sûr des aléas du chemin redoutable, du grand hasard qu’est notre vie.

Je ne sais pas à quel destin l’instant qui meurt va me vouer et livrer avant qu’il meure... et en outre je me connais assez bien pour faire le charlatan mounejjim.

Combien tu es optimiste quand tu dis que « quand on lit le coran on le comprend à moitié! » Comprendre la moitié du Coran, n’est-ce pas en soi un exploit fantastique, grandiose, immense? Comprendre la moitié d’un texte comme le Coran, ça peut signifier qu’on est apte à comprendre la moitié de l’univers... Ce qui est un peu trop pour le cerveau de l’homme en général et celui d’un kehl errass (un shwarzcopf) en particulier qui n’a pas encore appris et compris ce que signifie l’injonction « IQRA’! » ...

 

Peuples sans terre

Cher F., tu n’as sûrement pas vu à quoi ressemble la condition d’un peuple sans terre. Ressemble-t-elle à celle d’un chien? Et alors ici aussi tu n’auras pas vu à quoi ressemble la condition d’un chien citoyen de Milan ou de Paris...

Tu n’as pas idée non plus de ce que peut être la condition d’un Gitan (car c’est de ce peuple que je te parle): une condition d’enfer sur la face de la terre.

Les Gitans sont persécutés sans délits, accusés et condamnés sans fautes, affamés, raillés et humiliés, isolés même s’ils vivent en communautés, mis en quarantaine sans avoir de peste, tournés en dérision même s’ils sont nobles, hais même s’ils veulent du bien au monde, redoutés même s'ils sont des brebis dociles et inoffensives, exploités, pillés, déportés (Sarkosy des derniers mois), tués et ensevelis alors qu’ils ne cherchent qu’à vivre, qu’à végéter!

Tu sais pourquoi ce destin noir, injuste? Ils ignorent l’histoire et ne savent pas ou ils sont convaincus qu’ils n’ont pas de terre.

On les a même chantés et on les chante encore comme des gens libres et gais, amants de poésie et de musique pour bien les leurrer, les piller et les asservir.

On invite même d’autres peuples à être comme eux, à suivre leur exemple, à oublier jusqu’au sens de la géographie, à leur arracher tous les mots qui y mènent!

Et ça ne va pas finir comme ça: quand les gens qui possèdent une terre se montrent envieux entre eux ou se sentent spoliés de leurs richesses et se voient donc en droit de réagir, ce n’est pas chez leurs prédateurs qu’ils vont réclamer leurs droits et leurs dus mais c’est chez les faibles qu’ils vont se venger de leurs prédateurs!

Le peuple juif, que nous autres Arabo-musulmans le voulions ou non, fut un peuple sans terre comme les Gitans en ces jours.

Que nous, Arabo-musulmans le voulions ou non, le peuple juif est retourné à sa terre après des siècles de souffrances et d’errance.

Pendant que le Gitan semble se réjouir de son errance et de son apatridité, à cause de son ignorance de sa géographie et de son histoire, le Juif s’indignait car s’il avait été vaincu à travers des millénaires, il n’a jamais perdu le sens de la géographie et celui de l’histoire. L’histoire de l’Europe fascio-nazie le crie haut et fort.

Et les Palestiniens? Eux aussi avaient failli perdre cette règle capitale: ils avaient failli oublier de posséder le sens de la géographie et de l’histoire. Et les voici qui résistent.

Mais nous ne devons pas oublier qu’il y a même des Palestiniens plus intelligents et surtout plus palestiniens que toi et moi qui reconnaissent cette vérité.

Une vérité vraie car elle répond à une réalité historique bien établie, concrète, documentée, indiscutable.

 

Les crocodiles pleureurs

Bien sûr il y a là de l’abus, bien sûr il y a là de l’injustice, bien sûr il y a des massacres aussi et des expropriations, mais il ne faut pas répondre à l’injustice par l’injustice. « Oua la youjrimennakoum chana-aanou qaoumin 3ala ella ta3dilou, i3dilou houa aqrabou lit-tequa ».

Je ne sais pas si nous serons de ce monde, mais un jour arrivera où l’on verra Palestiniens et Israéliens arriver à un accord de fraternité et de bon voisinage.

Cher F., tu ne peux plus te permettre de rentrer dans l’optique des ténèbres et de la haine dans laquelle l’istidmar (comme disait Mouloud Kacem) nous avait fourrés depuis presque deux siècles déjà, si l’on exclut les trois autres siècles d’injustice et d’oppression ottomanes.

Il faut comprendre que si nous avons un ennemi, celui-ci ne peut être que les Puissances de l’istidmar.

Quant à nous, sans le savoir, nous continuons à préserver cet ennemi dans le fond de notre âme en le nourrissant de notre ignorance de l’histoire, de notre insensibilité politique et de nos passions brutes et aveugles.

Pense à l’Algérie sous la domination ottomane et plus tard française:

comment étions-nous?

Nous n’existions tout simplement pas car notre terre ne nous appartenait pas.

Oua qiss 3ala dalika pour ce qui concerne le peuple juif: il n’est pas méchant au fond, le peuple juif. Il a tout simplement une peur noire de retomber dans les siècles de l’enfer, dans les pays inventeurs et exécuteurs de la Shoa.

Les Arabes, les Palestiniens en tête, devraient comprendre cette vérité et essayer de trouver des moyens pour aider ces frères, nos frères, dont la langue avait prêté à notre Coran près de trois cents mots aux dires du grand penseur Essouyouti.

Que les Arabes, les Palestiniens en tête, sachent ou apprennent que nous sommes ahra oua aoula, que nous devons être les premiers à restituer à ces frères leur bout de terre et leur honneur historique, avec sincérité, avec joie et avec reconnaissance. Non, nous n’aurions pas dû laisser ce privilège et cet honneur à ces bons, trop bons, crocodiles pleureurs.

Nous n’aurions pas dû laisser ce privilège aux autres, aux loups de l’histoire, aux moustadmirine qui seulement hier ont tués les Juifs par des centaines de milliers, par millions, mais aujourd’hui les voici à pleurer une fausse mea cupla et plaider une fausse solidarité et un fausse justice avec de fausses larmes!

Les voici, les mystificateurs, oujouh el-qazdir, les effrontés, les assassins,... les voici qui nous accusent aujourd’hui, nous le Sémites, d’être des antisémites, d’être des peuples violents, d’être des barbares, d’être privés de conscience historique, d’être incapables de justice, de solidarité et de coexistence dans la paix et la fraternité!

Demande à l’histoire, elle te dira que dans les armées des Musulmans, dans les bouyout el-hikma, dans les cités et les habitations... il y avait, côte à côte, en pleine harmonie et entente, des Juifs qui vivaient et souffraient comme vivaient et souffraient leurs frères musulmans.

Hélas, on est arrivé à chasser de l’islam, Dar-el-islam, le peuple le plus musulman (les Chiites), figure-toi si on ne chasserait pas, plus que volontiers, le peuple juif!

 

Meghloubtek a marti

Et tu sais pourquoi l’on retourne notre piqûre de venin contre les Juifs?

Ne me dis pas que c’est à cause de la Palestine, car combien de terres jadis avaient appartenu à Diar-el-islam, aujourd’hui sont devenues terres des koffar!

Non, la raison vraie de notre injustice est qu’on agit en vertu de « meghloubtek a marti! » parce qu’on pense – puisqu’on ne lit pas, et on n’est pas pour ce motif à jour – que les Juifs soient encore ce peuple dominé, écrasé, faible, sans dignité, sans stratégie, sans pays, sans amis et alliés, sans conscience historique et existentielle...

Oh combien nous sommes ignorants et combien notre ignorance est aggravée par la lâcheté, l’aliénation, l’opportunisme et autres bas et stupides égoïsmes!

Cher F., tu vois, le problème est plus complexe que comme nous le présentent la tv et ses images-clichés.

Et il ne nous reste donc que la sève des mots qui, elle seule, peut pénétrer cette grande et importante problématique (le sens de l’histoire et surtout de sa constante, la géographie) et l’explorer pour rendre compte de sa complexité, de son ampleur et de ses méandres.

Essaye plutôt de comprendre une fois pour toutes que nos frères les Juifs ont su vaincre la misère des siècles. Ils sont devenus riches, cultivés, raffinés, ordonnés, propres, libres, lucides, consciencieux, redoutables, influents, forts, puissants et donc respectueux et respectés non pas parce que le Destin les a élus (bien que leurs croyances, et les nôtres aussi, l’affirment) mais tout simplement, grandiosement toutefois, parce qu’ils ont appris de leurs misères et de leurs humiliations historiques l’art de vivre, le savoir et la capacité d’extraire du roc du Destin la dignité, la liberté, la force et la prospérité.

Sache aussi qu’ils sont trop peu numériquement pour pouvoir se permettre le luxe (risque) mortel de se laisser diviser en mille et une factions. Ils sont tous des Juifs, qu’ils soient sionistes ou non. Ils sont avant tout et viscéralement des Israéliens.

Et ceux parmi eux qui se trouvent encore loin d’Israël, ils ont le droit, sinon le devoir, de rejoindre Israël quand et s’ils le veulent. Ils ne sont en tout cas pas comme nous qui sommes trop et encore futiles, qaouyine ou merbiyine.

Et si tu me dis « puisque le mot existe, il doit lui correspondre nécessairement une réalité ; et c’est justement ce que ce nom nomme! », je te dirai qu’une telle stupidité ne prend que dans la terre des stupides.

Nous sommes malheureusement les seuls à croire encore à ces stupidités. Nous croyons encore qu’entre un Algérien et un autre Algérien (le Chaoui, l’Arabe, le Kabyle, le M’zab, le Chiite, le Sunnite...) il n’y aurait aucun rapport de continuité ethnico-culturelle et encore moins de fraternité et de solidarité. Et nous croyons qu’au contraire il n’y aurait que de l’hostilité et de l’aversion des uns pour les autres ! Le comble est que nous pensons qu’il devrait en être ainsi pour tous les peuples de la terre et pour les Juifs en particulier !

Détrompons-nous, cher ami, la vie d’un peuple est trop précieuse et trop forte pour pouvoir la liquider avec de telles stupidités.

Notre mentalité est encore incapable de discerner ces complexités historiques et ces enjeux politico-stratégiques. On est encore au stade magique, au stade de la croyance aux miracles, malheureusement.

Et - oh comble! - on continue encore à bouder les livres et la lecture!!

Et puis c’est quoi concrètement cette Algérie qui devrait être éternelle et être en plus l’ennemie d’Israël?

Où est-ce que tu vis?

 

Des mots pour nos maux

Tu crois vraiment qu’Israël soit un problème pour les Algériens, et le plus grand parmi ses problèmes? Oh!!!

Nos problèmes sont autres, cher F.. Nos problèmes sont :

- la saleté de nos maisons et de nos rues, la fraude fiscale tout en profitant des services de l’État (l’école, la sécurité sociale, la santé et j’en passe…) ;

- la violence aveugle contre les autres et contre nous-mêmes ;

- l’ignorance et l’absence des idéaux d’honnêteté et de dignité ;

- la carence du sens de l’État et de la citoyenneté ;

- le désordre et la paresse ;

- la dictature publique et officielle (des gouvernants à travers l’Etat) et la dictature privée (des - -individus – du simple balayeur de la commune de Hamma Bouziane au grand avocat, médecin ou journaliste d’Alger en passant par le chercheur universitaire et l’imam recteur de l’université Emir Abdelkader à Constantine) ; 

- le désintérêt pour l’histoire et la politique ;

- la terreur de jouir de la vie ;

- le gaspillage de notre temps, de nos ressources et de nos énergies ;

- l’égoïsme et l’opportunisme stupides ;

- les perversions sexuelles et économiques ;

- la bureaucratie, la corruption, le ben3ammisme, la rachoua et le profitage...;

- la négligence de notre santé, et les autres négativismes et négationnismes et et et...

Cher F., pour ne pas sortir hors du sujet, je t’invite à m’expliquer un peu ce que tu entends par le terme Occident; car vu le contexte où tu l’as utilisé s’est avéré à mon avis un terme généralisant, imprécis, impropre, faux et donc inutile et vain.

L’Occident dont tu parles (et dont je crois avoir saisi le sens) veut apparaître justement comme le défenseur - exclusif ! - d’Israël - pour poursuivre avec une manière neuve, plus subtile encore et tranquille, sans sens de culpabilité, la chasse au Juif après avoir failli dans sa tertre entreprise de la « Solution finale ».
Cet Occident-là est arrivé facilement à nous faire croire qu’il est l’allié et l’ami d’Israël et on l’a cru car on n’est pas allé chercher dans les livres... de l’histoire.

Mais sa mystification ne peut pas tromper les Juifs qui, eux – peuple qui lit et qui travaille et qui veut vivre libre dans la prospérité et dans la dignité -, ne sont pas dupes de cette supercherie.

Ils savent bien si un jour ils abdiquent devant les Palestiniens, ils retourneront à cette Europe qui avait failli les exterminer. Et tu peux imaginer leur cauchemar alors…

Ils savent que dans un tel cas, quelques nostalgiques nazi-fascistes tenteraient de terminer la sale besogne d’un Hitler, d’un Mussolini ou d’un Pétain et de leurs soldatesques...
Enfin, cher F., je voudrais te dire par ces six-sept longues pages combien la lecture est importante pour notre formation morale, si nous voulons vraiment devenir des gens qui se respectent et qui respectent les autres.

Je voudrais te dire combien elle est importante, la lecture, dans notre formation d’être des gens dudit juste milieu, des gens de « La darara oua la dirara » et cela est l’esprit même de la Justice, el-3adlou.

Quant à el-Ihcène, la solidarité, pour le moment il est trop loin encore pour nous.

Passe une bonne soirée et embrasse-moi les vrais amis.

 

Abdelmalek Smari 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 22:27

 

 

 

« Face à une glossolalie, deux possibilités se présentent :

la première, rire et proclamer la nudité du roi qui baragouine

un sabir solipsiste ; la seconde : le psittacisme, autrement dit,

la manie du perroquet qui répète cet idiome avec sérieux et

gravité, convaincu que cette langue ne voulant rien dire fait

sens, puisqu’une poignée de disciples y souscrit de manière

appliquée. Soit : démystifier ou s’agenouiller pour prier. »

Michel Onfray « Le crépuscule d’une idole »

  

A l'occasion de la Journée de la mémoire, je tiens à souhaiter de meilleurs vœux de paix et de respect à nos frères Sémites qui ont eu à affronter l'horreur nazi-fasciste.

Je le fais en mon nom propre et au nom de ceux de mes concitoyens qui ont une conscience historique, une sensibilité, une dignité et du respect pour les autres.

Quant à ceux qui doutent encore de la fraternité qui nous lie au reste des populations sémitiques, j'espère que le jour arrivera où ils décideront enfin de sortir de leur égoïsme étriqué et borné.

 

Indigène, haïs-toi toi-même !

L’an dernier, en ce moment et en cet espace, j’avais parlé des fumades à l’occasion de la Journée de la mémoire et ce pour dire à mes compatriotes algériens de s’y arrêter, eux aussi, un instant pour méditer sur l’horreur coloniale subie par nos parents et nos ancêtres et sur celle nazi-fasciste infligée à nos frères (de sang et, pour une partie, de sol aussi) juifs et aux Gitans.

Ces derniers sont malheureusement, aujourd’hui encore, errants et encore maltraités et persécutés au cœur de l’Europe des droits de l’homme et des lumières (voir la France d'un Sarkosy).

J’avais alors demandé à mes compatriotes – à ceux qui parmi eux n’avaient pas encore compris que les Juifs sont nos frères (ne sommes-nous pas les uns et les autres des sémites ?) – d’aller visiter l’histoire de l’Algérie pendant l’occupation française et voir comment et en quelle manière notre pays avait succombé.

J’ai parlé alors des horreurs et des incivilités des fumades, chambres à gaz avant le terme, avant que les nazis eussent créé les leurs où ils envoyaient périr les Juifs.

Si les nazis avaient fait construire ces chambres - horreur des horreurs ! – par les victimes mêmes, les envahisseurs français, eux, s’étaient contentés des grottes, des chambres déjà prêtes, des chambres amples où l’on y poussait les gens, par villages entiers, à mourir vifs par le feu et l’asphyxie et ce dans la joie féroce de la soldatesque d’occupation et de colonisation !

A présent les Algériens, grâce à dieu, ont échappé désormais à l’anéantissement et à l’humiliation historiques.

Mais, semble-t-il, ils ne sont pas encore sortis de l’état de médiocrité morale où les avait murés le système colonial. Ils souffrent encore des œuvres dé-civilatrices de la France… coloniale et ils ignorent que leur mal constitue un grave déficit civilisationnel.

L’égoïsme restreint, dans lequel la misère coloniale les a fourrés, empêche les Algériens de compatir avec leurs frères de misère. Ils sont, parait-il, incapables d’aimer deux réalités, pourtant nécessairement complémentaires, que sont leur Moi et l’Autre !

D’où deux réactions contradictoires : la première regroupe des gens qu’on considère, et qui se considèrent eux-mêmes, comme des Arabes antijuifs « innés », « éternels », indéboulonnables, implacables, convaincus...

Malheureusement on ne dispose pas de statistiques à ce sujet, mais la réalité et le cliché disent que ce genre d’égoïstes aliénés font légion.

L’autre moitié est celle qui semble être sortie de son propre égoïsme pour s’ouvrir à l’amour de l’Autre et à son respect. Seulement cette sortie s’avère un peu trop zélée pour que ses auteurs puissent garder un peu de dignité et de respect pour soi ! seraient-ils incapables de tenir deux boules dans une même main?

Alors on assiste à une espèce de mépris de soi affichée vertement, bruyamment, joyeusement, bêtement, avec un béat masochisme dégoûtant,… !

Si on y réfléchissait bien, on comprendrait en fait que les Algériens – classés, sans recours aucun, comme un peuple oriental, donc sémitique - avaient « hérité » de l’exécrable système colonial (l’istidmar, disait Mouloud Kacem), une antivaleur mortelle qui est devenue un impératif existentiel : la haine de soi-même, des Sémites donc ; ce qui veut dire par extension: la haine des Juifs aussi et surtout.

Voilà pourquoi nous sommes, nous autres algériens, incapables d’aimer si non par réaction. Ce n’est pas par amour de nous-mêmes que nous aimons les Juifs ou que nous les haïssons. Dans un cas comme dans l’autre nous ne faisons que haïr l’une ou l’autre partie de ce grand corps (la souche sémitique) auquel nous appartenons, que nous constituons.

Inutile de dire qu’il y a heureusement outre ces deux parties une troisième qui, elle, cherche à comprendre et à être, le plus possible, juste (voir dans ce même blog Lettre à Cristina).

Bref, en nous haïssant nous-mêmes, nous ne faisons qu’appliquer bêtement ce grand enseignement de tout système d’oppression et d’humiliation dont le point culminant chez nous est le colonialisme français : « Indigène, haïs-toi toi-même ! »

 

La haine de L’Orient après l’amour 

Inutile de dire aussi que des gens de la sorte versent directement dans le ridicule : on y trouve une large gamme qui va des analphabètes aux intellectuels de marque, en passant par les boulangers et les boulangères, les coiffeuses et les coiffeurs, les maires et les imams,… Et alors comme une fumade, le discours de ces gens auto-haïssants agit sur la conscience, sur la décence et sur la dignité personnelle des individus et des sociétés et les asphyxie.

Que voulez-vous ? partout où ils vont, nos hommes auto-haïssants traînent avec eux leur médiocrité, leur misère, leur servilité, leur émasculation et leur masochisme.

C’est de cette ivraie morale (amour/haine de soi) de homo Berbericus que je vais parler dans le présent article et dans le prochain.

Je viens juste de terminer la lecture de « L’orient après l’amour », un récit de voyages de Mohamed Kacimi - Edition Actes sud.

Si j’exclus un certain Magdi Allam, connu en Italie comme le croquemitaine des Arabes et des Musulmans (de soi-même donc), je vous assure chers lecteurs que je n’ai pas encore trouvé une personne humaine qui se hait à un tel point ! Non, pas encore.

Magdi Allam croit avoir échappé au destin auquel le vouent inexorablement le teint de sa peau ostentatoirement arabe et son nom ostentatoirement arabe et musulman, en lynchant médiatiquement à longueur des jours et des saisons les Arabes et les Musulmans.

Il croit avoir échappé, le pauvre, à son destin d’arabe et de musulman en troquant sa dite arabo-islamité contre une croix et une hostie en rajoutant un appendice sonore à son nom pour qu’il devienne « Magdi Cristiano Allam ».

Quel exploit! Comme il a pissé plus loin! Et quel service a-t-il rendu à l’humanité ! Mais ne lui en voulons pas trop ; c’est un aliéné de l’histoire et du Capital.

Et puis c’était l’ère de Bush et des néo cons… et puis encore sa vocation et sa mission furent de servir l’empire aveuglément, a-critiquement, stupidement… Mais ne dit-on pas : Ouqtoul lekhdim ou khelli sidou) ?

L’Algérien quant à lui, il s’agit de l’écrivain Mohamed Kacimi, n’a pas encore franchi le seuil d’une telle bassesse, bien qu’il ne lui reste qu’un pas à faire : changer son nom…

Qui sait ? peut-être que changer de nom ou se convertir, ce n’est plus de mode. Peut-être qu’il a conclu que ça ne lui sert pas, ou ça ne vaut plus le coup d’y insister outre mesure.

Quoi qu’il en soit, son document est intellectuellement malhonnête et moralement sans dignité. C'est un écrit émasculé, servile, insultant, mystificateur et non pour cela moins masochiste. Et rien !

Plus que ça encore: son auteur va jusqu’à falsifier la réalité et l’histoire pour pouvoir soutenir sa folie auto-meurtrière ?

Pourquoi se hait-il à ce point ?

Faut-il le haïr ? surtout pas ça : il faut le plaindre. Ça, oui ! et le plaindre avec des vallées de larmes et des tonnerres de rires aussi.

Ça, il le mérite bien.

 

Le cirque infâme

J’avais pensé ça, durant toute ma lecture, jusqu’à l’avant-dernière phrase dudit récit où j’ai rencontré un verset du Coran qui a semé le doute dans ce que je crois avoir compris du récit : cette fin semble me dire qu’il y a une autre lecture de ce « manifeste de masochisme » .

Mais à y réfléchir de nouveau, je me suis débarrassé du doute : le récit reste quand même une ode, une espèce d’hymne, une apologie du masochisme. Car quelque soit l’exigence de la fiction, l’homme doit rester toujours homme et ainsi en sera de sa dignité et de la décence de dire et d’imaginer ses affinités et ses antipathies.

Et puis ce qui est scandaleux c’est que l’auteur n’applique pas les mêmes critères méthodologiques pour dire des réalités analogues. Il dessine l’enfer, en prend conscience, s’en effraie et meurt d’épouvante et puis il s’étonne de son cirque infâme !

Il croit peut-être, par l’ostentation d’un savoir approximatif de la langue française, de l’histoire et de sa valeur personnelle, être en droit de dire n’importe quoi et de prendre ses délires pour des vérités…

Mais, en attenant que l’auteur finisse de mâcher la gomme de goudron qu’il avait pris pour de la réglisse – identique en cela à ses frères Chiites/Sémites qu'il accuse dans l’une de ses abondantes bouffées délirantes d'être incapables de distinguer le bitume de la réglisse !...

En attendant que notre auteur finisse de trinquer avec les richards émirs des pays du Golf pour fêter l’arrivée de Ramadan…

En attendant qu’il comprenne cette langue étrangère qu’est l’Algérie (à ce point, peut-on croire à ce qu’il a dit et expliqué de cette langue durant toutes les 204 pages de son récit ?)...

en attendant ça et plusieurs autres choses encore, méditons cette fin.

Gageons quand même que la fin est très ambiguë et laisse heureusement les portes grand ouvertes sur l’espoir de commuer un tel enfer en une douceur esthétique. Et à cet égard, seule la lecture des ses autres ouvrages pourrait nous permettre de nous orienter dans le brouillard de l’ambigüité de l’œuvre et de comprendre l’auteur, apprécier ses efforts et juger de sa moralité intellectuelle.

Cette fin, virtuellement salutaire, nous présente le récit de Kacimi comme un tableau noir sur lequel l’auteur dessine avec de la craie blanche l’hypothétique enfer de son peuple, donc son enfer propre, et quand le lecteur en aura bu l’horreur jusqu’à la lie, l’auteur prend la brosse et efface le tout ! Et alors il nous vient de penser à une espèce de parodie des thèses antisémites et racistes des orientalistes en mal d'inspiration et de grandeur.

Kacimi est algérien. Il a écrit des choses. Mais le présent livre semble plus lepeniste que tous les Le Pen de toutes les Droites fanatiques, haineuses et racistes de la planète et de l'histoire.

Je ne sais pas s’il est payé pour ça. Et si oui, quel prix peut lui laver la souillure du mensonge, du mépris et de la déshonnêteté intellectuelle !? Seule la parodie le sauvera.

Les maisons d’édition en mal de gain, de gros gains, ne reculent devant rien pour se prostituer et faire prostituer les auteurs qui leur confient leurs œuvres.

Il y a quelques années j’ai assisté à la présentation d’un livre écrit par un Sénégalais vivant à Milan. Un des intervenants fit observer à l’éditeur la présence de tant d’erreurs graves dans l’écrit. L’éditeur lui répondit que c’était voulu. « Car, expliqua-t-il, nous voulons garder la fraicheur de la langue italienne de l’auteur » tout simplement !

Le cas de Kacimi, selon moi, rentrait dans cette logique, cette fois appliquée par une maison d’édition française envers l'œuvre d'un écrivain qu’on dit algérien.

Ne peut-on pas comprendre par cette manœuvre louche une espèce de consécration de cet écrivain de série « Z » dans sa condition de sous-écrivain, puisqu’il est originaire de l’un des pays dits d’Orient, pays des sous-hommes et des damnés par excellence ?

Quoi qu’il en soit, Kacimi se montre incapable d’apprendre les règles les plus élémentaires du respect des autres, fussent-ils des Arabes, fussent-ils des Musulmans… (après tout ils ne sont que des hommes !) et d’imposer sa dignité, je ne dis pas sa dignité d’Algérien, mais sa dignité d’être un homme tout court ou d’être un homme de plume, de poésie et de savoir.

Son style, la langue de son écriture (qui n’est pas sienne évidemment), ses références aux penseurs et poètes français… tout ça prouve au lecteur que Kacimi peut, s’il veut, ne pas être un perroquet, une bête donc.

Hélas ! il semble qu’il a choisi le chemin de la servilité et de l’auto-mépris.

Que voulez-vous ? Kacimi, comme tant d’autres heureux aliénés, éblouis, est un poveraccio qui, comme diraient nos gens du terroir: « Cheffe addifa, tallaq moulat eddar ! ».

 

Briller même si l’on se grille !

En attendant un démenti, je tends à penser que le dessein de cette maison (Actes sud) rentre dans ce cadre : elle a été très attentive aux fautes d’orthographe, de grammaire et de style, car il y va justement du prestige de la langue française, mais sur le plan contenustique, la maison a été largement, plus que suffisant, indulgente pour ne pas dire complice et complaisante.

Quant au contenu, il n’engage que le crédit/discrédit de l’auteur qui, plus, est algérien qui s’auto dénigre, qui s’auto-mutile moralement en exhibant sa perversion personnelle (pensant d’exhiber la vergogne de son peuple !) afin que ses maîtres jubilent de joie et lui lancent quelques miettes ou quelques os de fausse flatterie littéraire.

En se limitant à ce chef-d’œuvre d’auto-insultes gratuites et de distorsion des réalités historiques et culturelles, on peut affirmer que l’auteur, dans son envie névrotique de provoquer, démontre qu’il est frustré et anonyme et il cherche donc à briller jusqu’à se griller, pourvu qu’il sorte des ténèbres mortelles de l’anonymat.

Je parie même que notre auteur n’hésiterait pas à implorer quelque fatwa de quelques mollahs aliénés et cyniques comme lui pour compléter le cadre sans retouche de la victime persécutée pour ses idées innovatrices. Pour qui veuille approfondir la connaissance d'un tel personnage, il suffit d'aller consulter « Les frères Karamazov ».

Et puis pourquoi aller jusqu'à remuer Dostoïevski dans sa tombe: un tel cas est représenté en ces jours par certains conducteurs de télévision italiens qui - après la fameuse irruption téléphonique de Berlusconi dans le talk show di Ballarò, il y a une année de ça – ne manquent plus à chaque transmission de souhaiter que le chef du gouvernement, les appellent pour leur tirer les oreilles. Ainsi espèrent-ils devenir, par enchantement, des gens de défi exceptionnels; ainsi espèrent-ils redoubler le nombre de leurs spectateurs; ainsi espèrent-ils enfin devenir de grands personnages de la vraie opposition, censés et donc dignes d'être maudits, persécutés, maudits et auréolés en fin de toute analyse d'une certaine gloire qui les accommoderait magari dans l'olympe d'un Voltaire doublé d'un Antonio Gramsci...!

L'attitude de notre auteur, Kacimi, procède de la mentalité magique : en célébrant la littérature et la culture françaises, et seulement françaises; il croit être adopté par elles, il croit être devenu lui-même un lettré français, un acteur indispensable dans la culture française; il croit être devenu un français à part entière, quoi !

Il pense s’être débarrassé de l’ encombrant bagage etnico-culturel de son douar et il ne lui reste donc qu’à se dire français, après s’être fait français, pour se sentir français.

Le voilà donc, notre auteur, appartenant aux mêmes ethnies constitutives du peuple français, les français de souche, non ceux importés par les migrations et les autres déportations qui avaient alimenté et alimentent encore la machine esclavagiste classique et présente.

Mais s’il arrive à se convaincre lui-même qu’il est désormais français - en prenant ses vœux très chers, ses lubies, ses affirmations arbitraires, ses mystifications et ses mensonges pour des réalités inaliénables ; s’il arrive à se croire français, il sent (hélas pour lui !) quelque chose en lui qui le rebute et quelque chose dans son entourage qui le repousse avec force de preuves et d'évidences. D'où cette haine féroce qu'il nourrit envers la culture de ses gens et de ses origines.

Un portrait de colonisé parfait, sans retouche, auquel la description et les analyses d'un Fanon ou d'un Albert Memmi ne pourraient rien ajouter de nouveau.

Mais il ne va pas s’en faire pour autant, notre Français-par-magie ; il va continuer dans sa douce fantasmagorie en se pensant magari comme le descendant direct de François premier ou de Voltaire ou - pourquoi pas? - comme quelqu'un qui a des liens de proche parenté avec Rimbaud…

A propos de ce dernier, que notre auteur cite et admire et que, parait-il, connaît bien et comprend à fond… il ne fait aucune référence au métier mondain, séculaire, extr-poétique que faisait Rimbaud dans sa vie.

Notre auteur ne dit pas un mot sur le métier de marchand d’esclave que le poète faisait et auquel, parait-il, devait l’aisance matérielle de sa vie.

« Carmina non dant panem » disait Horace. Et Rimbaud, parait-il, avec sa vie de marchand d’esclaves avait donné complètement raison à son prédécesseur illustre.

Mais Mohamed Kacimi, dans sa grande magnanimité (et aussi solidarité entre Français de souche oblige), entend pardonner au grand poète, au génial et sensible poète qu’était Rimbaud, son délit imprescriptible.

Mais, et ça se comprend puisque c’est logique, aussi vaste et ample soit sa magnanimité, une personne sensée ne va pas demander à Kacimi de pardonner au milliard et des poussières des Sémitiques/Musulmans leur retard civilisationnel, leur péché de parler l’arabe, l’hébreu, le persan ou l’ourdou ou de pratiquer l’islam !

Quand-même !

Kacimi n’est pas Jésus-Christ. Ou au moins il ne l'est pas encore!

Et même s’il l’était, aurait-il la force de pardonner des péchés si mortels aux centaines de millions de pécheurs ?

Et puis que peut représenter ce caprice (le commerce d'esclaves) caressé par ce poète de génie devant les scandaleux fellahs libanais, les Chiites s’entend, qui cultivent du haschich comme les autres cultivent les grains ?

Ah ces cafards de Chiites qui ne savent pas distinguer le goudron de la réglisse ! Semble regretter notre auteur meurtri que ces primitifs puissent encore exister parmi les hommes.

Mais puisque c'est lui le maître de son œuvre (après la maison d'édition bien sûr), il a pu dire ce qu'il voulait; et, pour paraphraser encore une fois Michel Onfray nous savons que: « Le maître est un juge absolu et, comme tout dictateur, sa parole se confond à la loi: elle fait loi. »

 

La seule arme est défier les menteurs

La défaite historique et civilisationnelle produit deux grandes réactions qui sont le masochisme et le sadisme, l’avers et l’envers d’une même médaille : le mépris de soi.

Ces deux réactions sont extrêmement exagérées, sont poussées jusqu’à la paranoïa. Mais tant qu’elles restent coincées entre les murs d’une conscience historique endormie ou aphone, on peut en rester tranquille car même si on la voit, on peut la tolérer comme une forme de folie douce.

Le mépris de soi sera-t-il pour la victime une manière de s’identifier à son bourreau afin d’échapper (magiquement !) aux sévices du bourreau ?

Ainsi paradoxalement la victime donne-t-elle une main à son propre bourreau dans son œuvre (dé) civilisatrice !

Une telle folie ressemble à celle du nazi en mal d’existence qui voulait échapper aux tortures de sa Faute par le suicide, il se convertit alors en Juif : « Ainsi, expliqua-t-il, avec mon suicide ce sera un Juif en moins » !!

A ce point il faut bien faire quelque chose : à défaut d’être utiles à l’histoire, il faut rire de la bêtise humaine, certes, mais il ne faut pas désespérer de démystifier les mensonges et démentir les menteurs.

En attendant donc qu’un jour, de nouveau, l’histoire nous recrutera pour faire quelque chose de vraiment sérieux, en tout cas pas pour mépriser soi ou les autres, il faut s’armer de défi.

À suivre

 

Abdelmalek Smari

 

 

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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