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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

ENTRE LE CŒUR ET LA RAISON – Partie I – (6)

 

« Daoud conclut : “Audin est enfin reconnu comme victime de torture et sa mort comme un crime. Très bien. Mais s’il est nécessaire pour le colonisateur de sortir de la mémoire coloniale avec honneur, il est aussi nécessaire aux décolonisés de dépasser le passé, et assumer leur présent, avec sincérité.” Les déclarations du président Macron, concernant Maurice Audin et le colonialisme en Algérie, suffisent-elles pour parler d’"honneur” à leur propos ? Le reste serait donc insignifiant ? C’est-à-dire la destruction d’une société dans ses structures matérielles et culturelles, la tentative de lui appliquer la «solution indienne», c’est-à-dire l’éliminer pour la remplacer par des colons français, sans parler des méfaits commis par l’armée française durant la Guerre de libération nationale algérienne. » https://www.algeriepatriotique.com/2018/11/26/peau-basanee-masque-neocolonial-2/

 

Repentance

Quoi qu’on ait dit ou qu’on continue de dire de la repentance, les Algériens ne sont point dupes. Dans le sens qu’ils n’ont pas les bras croisés et attendent une reconnaissance digne d’une âme généreuse et noble (si le colonialisme a une àme).

Ils n’attendent pas non plus une réparation en honneur  d’une entité qui n’a pas d’honneur ou une réparation matérielle d’un rapace, un assassin pillard qui est venu pour nous effacer mémoire et genre et s’emparer de nos terres et de nos ressources.

Ce que par contre ils doivent faire, c’est l’effort de ne pas oublier... ne pas oublier ce que la France a fait de nous, non seulement sémantiquement mais aussi physiquement des êtres hybrides, des êtres à mi-chemin entre le singe et l’homme.

Même un esprit qui se croit (qu’on croit désormais) grand et malin, comme Kamel Daoud, parait ne plus savoir résister aux charmes de cette bougnoulisation, quand il affirme faire la guerre à la guerre d’indépendance qui l’avait pourtant fait sortir du noir de l’inexistence à la lumière de la liberté et de la dignité dont il est en passe de devenir le chantre et l’enchanté.

Bougnoulisation qui continue, grâce à l’aliénabilité chronique qui continue de sévir chez les Algériens et parmi les plus malins parmi eux !

Et si on avait attendu la réparation, sans construire, on n’aurait pas eu - entre autres exemples - des académiciens ou des Goncourt dans un pays où il n'y a ni académie ni Goncourt.

La différence entre un sodomisé par violence mais en jérémiade et un autre sodomisé par violence mais avec un semblant de sourire sur les lèvres, est que l’un est digne puisqu’il résiste et se débat et l’autre est vil puisqu’il se résigne à son destin de lâche, comme une buche, comme un corps mort, voire il y trouve du plaisir.

Jusqu’ici c’est totale liberté… on ne va pas vous empêcher de penser ce que vous voulez de votre pays, de son histoire et de ses gouvernants… pour l’amour du ciel.

Mais quand le soumis par amour s’échine à convaincre ou persuader le résistant à baiser le godemichet de son sodomiseur, ce serait totale lâcheté.

Je crois pour ma part que les Algériens n’aient vraiment pas besoin de ladite repentance... et Daoud l’avait majestueusement formulé quand il a dit, sur les plateaux d’une chaine de Télévision française, France 5 : que ce truc-là (la repentance) est plutôt un problème franco-français.

Et, ma foi, il a bien dit.

Après tout, ce crime crapuleux et sa laideur n’entachent de honte et de bassesse que le hideux visage de celui qui l’a commis, c’est-à-dire le criminel lui-même.

C’est lui le responsable d’une telle lâcheté historique gigantesque.

C’est lui qui doit payer pour son crime devant d’abord sa propre conscience (s’il en a une), puis ensuite devant les hommes et l’histoire.

C’est lui que cet acte odieux concerne.

Et c’est lui qui devrait en laver la souillure, il y va de sa propre réputation.

Le passé immoral de la France, c’est sa propre affaire.

Ses victimes peuvent lui tendre une main, magnanimement, en le lui rappelant persévéramment, afin de l’aider à le laver.

Et c’est ce dont les Algériens ont vraiment besoin. Et c’est ce que leur conscience d’humains authentique doit leur intimer de faire.

Les Algériens doivent seulement – et c’est déjà un effort immense et une charge immensément noble - avoir la capacité et la force morale de ne jamais oublier cet affront historique immoral et criminel qu’a été la colonisation de l’Algérie par la France.

La capacité de ne jamais se laisser tenter par la banalisation de ce MAL historique extrême.

Donc Kamel sur France 5 n’a pas encore - dit ce que les Français veulent entendre de lui... il s’est montré très malin... du moins jusque là il avait su et pu résister...

Ou ce qu’il leur a dit ne leur semble pas suffisant... et c’est peut-être pourquoi ils ne perdent pas d’espoir et c’est pourquoi ils insistent encore.

S’il puisse résister à cette tentation de récupération pour des fins de bougnoulisation, Daoud sera encore plus grand, doublement plus grand.

 

Ne t’en va pas l’Algérie t’aime

Donc s’il arrive quoi que ce soit à Daoud, c’est l’Algérie qui s’en ressentira. Mais il ne doit lui arriver rien du tout.

Il faut que nous le protégions comme nos yeux, car il y va de la survie de notre pays.

Certes, ce n’est pas pour avoir écrit ses banalités de Cologne ou ses ridiculités sur la guerre d’indépendance de l’Algérie que nous l’admirons, mais pour avoir ridiculisé Camus, quand il a démoli ses creux châteaux meursaultois, édifices de la honte et des ridicules mensonges et propagandes colonialistes.

Oui, c’est son joyau de Contre-enquête qui a forcé notre admiration.

C’est lui qui a attiré en conséquence l’envie malveillante des ratés en Algérie et ailleurs dans le pays de ladite grandeur et du passé immoral.

Et ce sont ces malveillants d’ici et d’ailleurs qui ont engagé ce Hamadache, ce mercenaire d’imam, ce tueur à gages.

Il faut que la justice cherche les mandataires de ce délit en puissance.

Ces mandataires sont sûrement des médiocres en mal d’inspiration, imposteurs autoproclamés génies de la littérature et propriétaires privés exclusifs des chefs-d’œuvre.

Ces médiocres ayant vu qu’ils ne brillaient pas du tout, ils ont alors décidé, pour pouvoir briller, d’éclipser notre astre montant.

Et qu’on sache que ce n’est point pour ses Chroniques qu’on en veut à Daoud, mais pour son fulgurant succès récent, pour sa fulgurante œuvre, sa fulgurante Contre-enquête.

Il faut que la justice cherche les mandataires de ce délit en puissance. Et il ne faut surtout pas qu’elle reste au niveau de ce dit imam, imam de m.

Que la justice fasse son travail !

On en a assez de la dictature des médiocres et des obscurantistes !

Crions avec fierté et orgueil : Vive l’Algérie des lumières !

Je crois, chers Algériens, qu’on a là un grand homme, dans la personne de notre grand écrivain Kamel Daoud, ne le perdons pas.

La France a humé qu’il est grand et elle veut se l’approprier, nous le voler.

Pour ce faire, elle a désigné un de ces mercenaires, qui se recrutent à essaims parmi lesdits islamistes, parmi les bigots terroristes.

M. Daoud, sachez que c’est un traitre de mercenaire et de néo-goumi qui voulait vous vendre. Ne sois pas injuste envers nos gouvernants, ce qui ne veut pas dire cautionner la médiocrité ou la corruption de certains parmi eux.

Ni, d’autre part, que tu doive t’autoproclamer un Torquemada.

Donne le temps à notre justice et fais-lui confiance et assume avec conscience et courage (tu n’en manques ni de l’un ni de l’autre) la volonté et la constitution (au sens que John Loke donne à ce terme) de ton pays.

Ne te renie pas !

Ne reniez pas tes frères Algériens.

Ne reniez pas notre grande Algérie, celle de Massinissa, de Jugurtha, d’Apulée, d’Augustin, de Ben Tachfine, de l’Emir, de Benbadiss, de Yacine et des autres Maamri, Arkoune et Dib… l’Algérie de ton « Contre-enquête ».  

C’est à cet imam mercenaire de rejoindre son employeur, l’empire-pourtant-déchu.

RESTEZ, M. Daoud, en Algérie… restez Algérien.

Les Algériens authentiques vous aiment et vous aimeront toujours. Et puis c’est votre pays, votre mémoire, votre honneur, votre grandeur.

Autrement, tu ne serais qu’un vil ingrat.

Et l’Algérie sait être modeste pour ses grands, hautaine pour ses cons et ses futiles.

Restez, vous êtes notre fierté dans ces temps de grandes sécheresses morales et spirituelles.

Ce n’est pas cet imam de m. que vous représentez, mais les Algériens authentiques qui vous aiment et vous honorent.

Votre Contre-enquête est un chef-d’œuvre de la littérature qui va faire date et école.

Il va défier le temps et écraser ces crasseux d’imams et ces ordures de mercenaires qui se font vendre à quatre sous, pourvu qu’ils te chassent de la terre que tu aimes et qui t’aime, pourvu qu’ils offensent l’Algérie et la privent de sa matière noble.

 

Abdelmalek Smari

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