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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

ENTRE LE CŒUR ET LA RAISON - Partie I – (5)

 

 ألم أخبرك أنّهم بقر؟!!

  " في خلافة الرّشيد كان يدخلُ عليه ويُسامِرُه شاعرٌ أديبٌ ظريفٌ حلوُ المنطق اسمُه كلثوم العتّابي وكان الرّشيد يُحبُّه وكان من أشراف قومه ووجهاء النّاس .

فشوهد يومًا يأكل خبزا على قارعة الطّريق فقال له أحدهم أماتستحي أن يراك النّاس هكذا ؟

فقال له أتُراكَ لو كُنتَ وَسَطَ مجموعة من البقر أكنت تستحي منهم ؟

فقال الرّجل لا .

فقال له العتّابي فَهَيَا أُرِيكَ أنّهم بقر . فقام في النّاس مُناديًا : يامعشر النّاس ! حتّى تجمّع الخلقُ والتَفُّوا حوله فأنشد وقصّ ووعظ ثمّ قال : بلغنا مِن غير ذي وجه (أيْ مِن أكثرَ مِن مصدرٍ) أنّ من بلغ لسانُه أرنبةَ أنفِه يُعتَقُ مِن النّار .

فما بقي واحدٌ من الواقفين إلّا وأخرج لِسانَه يُومِئُ بِهِ ليَرَى أَيَبْلُغُ أرنبةَ أنفِه أم لا .

فَالْتَفَتَ لِصاحِبِه وقال له :

ألم أخبرك أنّهم بقر؟!! "  

Anonyme (je l’ai retrouvé chez el Jahidz in Les avares)

 

Le vieux bateau et le jeune chalutier

Il faut faire la part des choses entre l’homme poétique et l’homme politique qui ont à charge des projets de société éthique et esthétique.

Et en tant que tels, ils sont en quelque sorte des schizophrènes : dans le sens que souvent l’art suivant l’élan du cœur et des désirs nous guide sans paravent ni hypocrisie au-delà ou loin de ce que nous souhaitons sciemment montrer à nos semblables.

Les idées et surtout les opinions, elles, suivent le reste, c’est-à-dire le pouvoir du moment, en tout cas le pouvoir qui vend le plus, dont on espère le plus. Elles nous leurrent souvent, mais elles trompent peu de personnes d’esprit.

Ce qui ne veut pas dire que les écrits à thèses (non-fiction) souffrent d’élégance ou de poésie. Non ! Les Chroniques de Daoud, par exemple, sont parfois de véritables joyaux dans ce sens.

Bref, aussi bien Boudjedra que Daoud sont d’abord des hommes politiques, puisque chacun d’eux a un projet éthique à réaliser et un autre, esthétique celui-ci, à caresser.

La différence est que Boudjedra est un vieux bateau un peu fatigué, certes, mais plein de sagesse navigationnelle et d’expériences dans la praxis littéraire.

Daoud, quant à lui, n’est encore qu’un jeune chalutier frais de bois et d’équipements, à ses premiers pas, à ses premiers nœuds marins (il n’a écrit encore qu’une œuvre de fiction), mais il est plein de forces et de rêves.

Quand nous entendons un Boudjedra tonner contre Daoud, il nous faut peut-être retourner aux écrits de Daoud, les analyser, les évaluer et en montrer les points de force, du point de vue esthétique littéraire, si l’on veut vraiment démentir les propos de Boudjedra.

Car rester à la phase de l’étonnement et du scandale, cela fait de nous des incapables, des simples pleurnichards sur les sorts des autres, des caritas urget pleins de stupide zèle militant.

Nous avons vu que Boudjedra n’appuie pas la condamnation à mort de Daoud ni l’interdiction de son œuvre ou l’incendiation de son livre.

Tout ce qui apparait de tels propos de Boudjedra, c’est une sorte de conseils - peut-être voilés par discrétion voulue par l’auteur (Boudjedra est grand amant de la liberté et est méticuleux respectueux des choix de l’Autre) - ; conseils de quelqu’un qui a connu le monde ; un monde plein de risques et d’enjeux louches et dangereux, et que Daoud commence à peine à entrevoir, à s’y introduire, à expérimenter et exprimer.

Ce serait là une simple mise en garde d’un citoyen jaloux non seulement de son Algérie, mais de tout ce qui est algérien, y compris la littérature et les Lettres algériennes.

Ou bien est-ce là l’attitude d’un père ou celle d’un paternaliste ?

Peut-être l’attitude des deux figures à la fois, en tout cas ce n’est point de l’indifférence.

Si l’on veut vraiment être justes et solidaires avec Daoud, on ne doit pas profiter de son cas pour vilipender un autre grand écrivain algérien, en la personne de Boudjedra.

Boudjedra, oui qu’il a vieilli, mais pas mal vieilli. D’ailleurs sa créativité est encore vive comme, et parfois mieux, que celle de certains moins vieux que lui.

Même dans mille ans il sera toujours un bon vin exquis. Il est l’un des astres de l’Algérie qu’il éclaire et qu’il va éclairant pour toujours.

Daoud aussi, Sansal, Zaoui et tous les enfants, doux ou terribles, de notre Algérie sont à honorer.

On ne doit pas être comme des concubines bêtement jalouses, jalouses à l’obsession, qui restent fidèles toutes ensemble à un seul mâle.

Non.

Bien entendu, quand ils déconnent, il faut le leur dire en face et avec un langage clair, un langage qu’ils comprennent

Avec nos poètes, écrivains et hommes de science et de valeur, il faut être des grands cœurs  capables de les aimer tous à la fois, tout le temps, grandement, également… sans omettre bien sûr de les aider à se soulever s’ils tombent ou les envoyer se balader s’ils trahissent leur art ou leur humanité ou s’ils commencent à nous faire la guerre.

Seuls les obscurantistes, les lâches, les mercenaires, les délinquants sont à reprocher, à dénoncer, à corriger même avec la force, à traduire en justice, à condamner ou, s’ils sont récupérables, à rééduquer de toute façon.

 

M. H. comme Mufti Hamadache

Personnellement j’ai signé une pétition pour « gronder » un certain Hamadache quand il s’était posé comme policier et juge des mœurs et des consciences.

Je l’ai signée non pas pour inviter( !) ces dits sionistes (dont on accuse Daoud d’être le laquais et le relai intérieur) à venir nous résoudre nos problèmes personnels, mais pour que les Algériens prennent conscience du mal que peut nous procurer ce genre de policiers de la conscience du type torquemadien que Mufti Hamadache incarne et représente.

Obligez ce scélérat et ses pairs, les bédouins mercenaires, à respecter nos citoyens, intellectuels ou gargotiers, et vous verrez que M. Daoud se repentira d’avoir de la dent contre les siens.

D’ailleurs il n’a pas manqué de remercier les amis de la justice, de l’art et de l’esprit qui lui ont été solidaires.

Mais il n’y a pas que les incohérences d’ordre politique/éthique qu’on reproche à notre écrivain, il y a aussi – et c’est plus grave encore, et nous le verrons après analyse d’œuvre faite – ceux qui voit dans son œuvre « Meursault – contre-enquête » un navet, un rien !

Voici par exemple ce qu’en pense Tahar Lamri, un écrivain italo-algérien( ?) dans un post facebook qu’il m’avait adressé le 20-12-14 (4 ans déjà !) :

« Wa koullou chay'in khourti", chantait, dans les années 90 Rabah Don quishoot du groupe MBS, ya Si Abdelmalek. Khourti Kamel Daoud qui n'a pas écrit un chef-d’œuvre, mais un livre très modeste qui rappelle el-incha [la rédaction] qu’on faisait à l’école.

Mouloud Feraoun et, surtout, Kateb Yacine avaient déjà répondu à Camus. Ils l’ont simplement liquidé en quelques mots. Il ne méritait pas plus.

Il n’y a dans le livre de Daoud aucune contre-enquête.

Khourti encore Kamel Daoud car il a milité lui aussi dans l’islamisme khouroutou algérien et, probablement, a tenu à peu près les mêmes propos contre, que sais-je, Tahar Djaout par exemple.

J’ai vu l’émission « On n’est pas couché » sur F2 et je dois dire que je n’ai pas aimé ses propos contre la révolution algérienne, ni ceux contre les palestiniens et moins encore lorsqu’il dit que les Algériens ne doivent pas s’indigner seulement lorsque meurent des palestiniens de Gaza, mais également pour les autres morts.

Même les français présents sur le plateau - qui lui ont rappelé que l’Algérie a toujours soutenu les mouvements de libération dans le monde - lui ont dit : il nous semble que vous êtes très durs envers l’Algérie Monsieur.

Très dur ne signifie pas profond ou illuminé. … »

Que Camus ne mérite pas tout ce chahut, soit. J’en conviens moi aussi. Mais qu’il se croie quitte, innocenté, après avoir enseveli vifs les Algériens, seulement parce que Feraoun et Yacine lui avaient déjà répondu, cela est insuffisant.

Il n’y a pour le moment que Daoud qui a su lui répondre bien comme il faut. Ce jeune loup de l’écriture a su le prendre dans le filet des ses propres mots, en lui faisant toucher du doigt une contradiction monumentale.

 

La logique du révolté qui manquait à Camus !

En fait, « La logique du révolté, dixit Camus quelques parts dans la jungle de ses mots, est de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel. »

Conseil qu’il avait omis lui-même de suivre, quand il s’était montré assez paresseux pour chercher et trouver un nom à son « Arabe » ou à celui de son Meursault.

Logique qui manquait à Camus lui-même !

Quoi qu’on puisse dire, par cette omission voulue ou subie, Camus s’était trahi lui-même. Il avait sacrifié l’esthétique, faisant taire l’art, au profit de l’idéologie, et quelle idéologie : l’exécrable idéologie du système colonial avec son leitmotiv « Tuez l’Arabe ! ».

Daoud ne s’est pas mis à pleurnicher sur ces ensevelis vivants de Camus, mais il les a tirés de sous les décombres de la bêtise et de l’aliénation, des viscères de la médiocrité et de la haine gratuites ; ils les a tirés plus vifs et plus dignes que jamais.

Son « Meursault – contre-enquête » a pris par la main Camus (les camusistes) et lui a fait relire ce qu’il avait écrit élégamment et sagement dans un certain moment de sa vie.

Il lui a fait lire son incohérence ou du moins la superficialité de son sens éthique ou la banalité de sens esthétique, où son « L’étranger » serait un roman à thèse au service de quelques maitres.

Il l’a ridiculisé en tous les cas, quand il lui a montré sa docilité avérée, facilement démontrable.

Mais, Tahar, franchement, l’idée du roman de Daoud ne te séduit pas ?!

Je n’ai pas convaincu mon ami Tahar.

Et il ne m’a pas convaincu non plus.

Et alors je me suis contenté d’un « وما شهدت إلّا بما علمت ».

Mais le jugement de Dieu - ou même celui des hommes justes - ne repose-t-il pas sur ce que le jugé croit savoir ?

Il me semble, quant à moi, que l’idée de son "petit" roman soit une idée brillante, voire géniale ... et tant pis si, n’étant pas moi-même un génie, je me suis permis d’usurper le mot et de l’attribuer à un tiers.

Après tout, l’art et la critique en général sont également une sorte d’appréciation, l’appréciation de la vie en général.

Je ne parle pas mal de Boudjedra et je n’ai pas parlé mal de lui, même si j’ai utilisé des termes bruts et crus (sa langue et son œuvre s’en chargent).

Par contre je parle mal de ce mufti, non pas parce que c’est lui, mais parce qu’il est l’emblème d’une gangrène qui nous ruine - du moins moi – l’âme et la vie.

Je ne sais pas ce que, toi, cher Tahar, tu ressentes au milieu de cette conspiration du siècle contre les peuples innocents et maudits, mais moi, je suis en train de devenir fou ...

Je parle de cette alliance de criminels entre l’empire américain, le Vatican, l’Europe au passé immoral et l’Arabie saoudite avec son vilain Qatar, de leurs mercenaires (du type Hamadache et Erdogan) qui ont et sont en train de détruire mezzo mondo !

Ce que Daoud croyait, ce qu’il pensait, je n’y ai pas eu accès à ses méninges.

Je lis souvent ses "Chroniques",  je les approuve et les partage quand je pense que leur auteur a raison, qu’il est honnête et cohérent.

Et je ne suis pas d’accord avec eux (chroniques et chroniqueur) quand ils me semblent médiocres, injustes ou vils.

Et à ce propos, je lui ai envoyé naguère une lettre dans laquelle je l’avais "lavé" à cause des élections législatives.

Et il a mal, très mal, réagi à ma "Lettre ouverte à M. Kamel Daoud qui a insulté les Algériens qui sont allés voter..."  vous pouvez le trouver sur mon blog.

Il a très mal réagi, tout comme ses détracteurs réagissent maintenant à ses écrits et souhaitent qu’il ne les écrive plus.

Comme eux, il pensa que j’eusse insulté sa personne, ses principes et ses constantes, et j’eusse dépassé les limites rouges qu’il a tracées… tout comme ses détracteurs pensent de lui !

Mais d’ici à lui souhaiter la mort, Non !

D’ici à ne pas lui reconnaître les qualités d’un jeune écrivain de talent, fort prometteur pour la littérature algérienne, Non !

Me taire quand j’entends qu’un mercenaire à la solde des exécrables bédouins incite nos concitoyens au lynchage d’un de leurs frères, un homme innocent, Non !

 

Mercenaires du monde, tuez Daoud, le suspect n’en serait que Mufti Hamadache !!!

Maintenant, Daoud est dans la ligne de mire de quelque snipper en puissance : et quiconque veuille l’abattre, il n’hésiterait point.

Pourquoi ce probable snipper devrait-il avoir peur si le suspect (Hamadache ou ses lieutenants) est déjà connu dans le monde entier ?

Et toi (je m’adresse à un autre ami internaute), qui dis que tu le connais assez, es-tu sûr qu’il n’y ait personne dans notre monde (un monde plein d’envieux frustrés, de voyous et de mercenaires par hobby et vocation) qui ne lui en veuille à mort ?

Et que dire de l’impérialisme sévissant, chaotisant notre monde d’arabo-musulmans surtout, penses-tu vraiment que les criminels de l’empire vont rater – via les mercenaires à sa solde – l’occasion pour semer la confusion dans nos sociétés, en l’abattant et en en accusant nos services de sécurité - pourtant seuls garants de la sécurité de nos citoyens – pour faire chanter l’état algérien… comme on a essayé de le faire profitant du cas des massacrés de Tibhrine ?

Mais admettons qu’il ait vraiment un ennemi « mortel » (d’autant plus, ses Chroniques ne laissent personne indifférent, ami ou ennemi), auquel cas le criminel qui veut sa mort pourrait le tuer, puisque aux yeux du monde ce serait Mufti Hamadache à payer… après tout, n’est-ce pas lui qui a voulu sa mort, qui l’a condamné à mort, au lynchage ?

Tu me diras que les mots du mufti ne sont que des mots.

Et moi je te dis que les miens aussi et les tiens ne sont que mes mots... mais avec de tels sophismes, arriverions-nous vraiment à résoudre un tel problème, à éviter le pire pour un citoyen innocent ?

En ce qui concerne les mystifications - le déniisme? – de Daoud, vis-à-vis la Révolution algérienne, elles ne seront certes que des stupidités, et je suis sûr qu’il ne va pas tarder à s’en apercevoir et à les regretter, s’il est un véritable algérien ... mais s’il ne l’est pas (je dis par absurde), il n’y aurait plus le cas de parler de son éloge ou de son déni.

Mais Daoud est bien algérien, et un Algérien précieux.

La noblesse de l’âme se voit parfois à travers des gestes (mots ou actes) anodins, comme ce geste de l’un des personnages de Pouchkine, un capitaine de l’armée du Zar, qui – remarquant, sur la diligence, sur laquelle il venait de monter, la présence d’un misérable en loques, presque nu, qui mourait de froid – s’enleva son manteau et le couvrit avec.

Il fit ce geste spontanément, sans jamais avoir connu auparavant cette âme morte de laquelle il n’attendait d’ailleurs rien.

Et il ne lui demanda même pas son nom.

Un geste qui, plus tard, dans la suite de l’histoire, sauvera la vie à ce capitaine condamné à une mort inexorable !

Je pense à l’opinion de Daoud concernant cette histoire – selon moi, inutile -, ce faux problème entre l’Algérie et la France : ladite repentance.

Le comble de l’absurde et du philistinisme chez certains, chez nous, qui se prennent pour le Père éternel de l’Algérie et du patriotisme ont eu la lâcheté et la connerie d’aller la quémander jusque chez un hongrois, Sarkozy, ce mercenaire et fils de mercenaire à la solde de la France.

Chez ce fils - que pourtant son père avait tué les meilleurs Algériens - qui tuera plus tard les meilleurs des autres peuples africains !!!

 

Abdelmalek Smari

 

  

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