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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

ENTRE LE CŒUR ET LA RAISON - Partie I – (2)

 

« Une chose plutôt étrange se produit : le singe chasseur devient un singe enfantin. Cette astuce de l'évolution n'est pas unique, mais elle s'est déjà produite dans plusieurs cas différents.
En bref, il s’agit d’un processus (appelé néoténie) par lequel certaines caractéristiques du jeune ou de l’enfant sont conservées et prolongées dans la vie adulte. »

Desmond Morris – Le singe nu (à poil ?)
 

 

Heurs et malheurs !!! (*)

La dernière fois, c’est-à-dire la première(!), je vous ai invités, chers lecteurs, à visionner une vidéo où notre auteur s’exhibait dans les plus hautes sphères de l’honnêteté intellectuelle, de la modestie des grands et de la dignité des forts, dans les sphères du génie enfin.

Il n’a pas été épaté par celui qui cherchait à le poser en un encore-colonisé et à l’acculer au mur du plat-ventrisme par un présumé encore-maitre, comme si Daoud était un encore-bougnoul, un encore-Momo, un auto-haïssant, auto-flagellant, auto-dénigreur !

Notre auteur a su assumer cette dignité avec brio, quand il a pu tenir tête au journaliste qui le sollicitait, mais en vain, à se plat-ventrer, à s’auto-avilir, à se renier et renier sa liberté et sa dignité.

Aujourd’hui, je vous propose une autre vidéo où le même auteur semble tomber du ciel du génie et de la dignité pour s’embourber avec toutes les joies et complaisances du monde dans les marécages stagnés de la fétidité des lieux communs, de la malhonnêteté (absence ?) intellectuelle et de la superficialité, dans les marécages du ridicule enfin... quand il ose tranquillement généraliser en crachant des préjugés (même si certains – en les forçant – peuvent être légitimisés, à la limite, défendus... avec perte de cause bien évidemment), quand il nivelle et jette dans un même sac à ordures le plus du milliard desdits musulmans ou les quatre cents millions âmes dites arabes, y compris lui-même !!!

Mais Daoud, ce faisant, sait-il qu’il ne fait que suivre la trace de tous les Camus qui réduisaient les millions d’algériens en un seul Arabe, puis relançaient l’impératif moral, le projet-programme du régime colonial de leur pays : « Tuez l’Arabe ! » ?

Cette fois cet avatar d’éternel bougnoul qui semble couver encore dans ses viscères aurait-il réussi à prévaloir sur sa décence d’être libre, souverain et digne ?

Je vais en parler, mais je vous invite à visionner d’abord cette autre vidéo : https://www.facebook.com/algerie.penser.librement/videos/2276468469049379/

En fait un Algérien comme lui, né dans les heureuses années de l’honneur et de l’indépendance algérienne, ne devrait pas avoir honte d’être souverain et libre.

Pourtant, même dans cette nouvelle vidéo, il ne cesse de réclamer haut, fort et clair sa tendance individualiste, typique d’ailleurs de toutes les âmes nobles et tendant à la liberté !

Si le mot bougnoul signifiait quelque chose, il signifie être ingrat envers son propre peuple, mémoire et terroir.

Et l’on pourrait dire que parfois notre auteur semble verser dans l’ingratitude incarnée, totale, et donne l’impression d’être donc un bougnoul d’O.C. (d’origine contrôlée), un bougnoul patenté, sans retouche !

Il a eu même l’audace de rire en éclat de ceux qu’il présente comme un seul spécimen clonés à plus d’un milliard de fois.

Il en a ri, lui, qui semble-t-il ne savait pas rire ; lui, l’Algérien, qui pourtant dit qu’on ne rit pas du côté de l’Algérien !

Pourtant toute la splendeur de son roman unique (pour le moment) lui vient de cette correction géniale, de cette remise au rang, dudit génial Camus qui avait consacré, parafé et vidimé l’humiliation de l’Algérien, la confiscation de son nom par le régime colonial. Une blessure à mort que Camus avait infligé à la suite de son régime criminel à l'Algérien. Une humiliation historique qu'il avait confirmée, ratifiée, validée avec toute la force de son art! L'injste, l’arrogant, l’immoral!

Eh bien toute cette splendeur, notre auteur, dans cette interview, l’avait soufflée, éteinte, reniée quand il est retourné à appeler les Moussa, pas seulement algériens, pas seulement arabes, mais musulmans, comme Camus-Meursault appelait sa victime innocente : l’ARABE !!!

Cependant c’est cette ambigüité qui confère à Daoud cet intérêt spécial. Un intérêt dont les grands personnages ne manquent jamais d’avoir, et qui semble être leur lot, leur nature !

En fait l’un des traits caractéristiques des grands personnages (en réalité de tels traits appartiennent à tous les hommes même aux non-parlants, ceux qui délèguent les autres à parler à leur place, ceux qui s’en foutent ou les vaincus qui n’arrivent à se faire entendre que par « avocats » interposés) est le tandem défi-provocation.

Ce trait se note souvent grâce à sa capacité (sa longueur d’onde, sa force et sa pertinence) à secouer les indéboulonnables opinions données pour vérités sûres et bien établies, à tester l’efficacité, la résistance et l’utilité des mœurs et à proposer enfin à la place de ces ruines fumantes de nouvelles idées et de nouvelles mœurs fraiches à croquer.

Les hommes ont tendance à s’attaquer farouchement aux idées et aux attitudes qui les environnent, à profaner le sacré et à se moquer des mœurs... pourvu qu'ils y hument quelques bénéfices égoïstes.

Il semble que Daoud soit en passe d’opérer une telle profanation, une telle déconstruction, une telle iconoclastie. D’où cette levée massive de boucliers de toutes parts.

D’où aussi ces tsunamis injustifiés de toute façon, souvent ridicules, mais paradoxalement utiles à la seule cible qui joue bien volontiers la victime pour en boire tous les bénéfices secondaires inhérents que sont la propagande entre autres calculs…

Le cas de Salman Rushdie n’est pas loin de nous.

Bien au contraire il a fait école, ce sacré Salman avec sa comédie et son statut de martyr.

Plutôt son cas médiatisé à outrance a ouvert une grande et prestigieuse prison où les talents et les génies issus du wonderful world of homo islamicus, tels des insectes luxophiles ou photophiles, vont se jeter allègrement pour s’y enfermer à jamais, s’y complaisant en parfaits auto-satisfaits dans une parfaite moisissure due à une parfaite immobilité.

Ces caprices des malchanceux génies du wonderful continent of homo islamicus mettent en branle paradoxalement une très puissante machine de propagande qui consiste à affirmer et alimenter et encore affirmer comme des super-valeurs des présumées autocritiques et qui ne sont en fait que des dénigrements envers soi et envers son peuple.

Le dénigrement est aussi critique, certes, mais il n’en a que l'apparence. Car il n'est point cette critique méthodique, intellectuellement honnête, logiquement conduite et factuellement prouvée.

Il est justement dénigrement et basta.

Le dénigrement, contrairement à la critique constructive, est cet aveuglement dans l’évaluation, cette absence de discernement par aliénation, cette complaisance dans l’injustice, la lâcheté et la médiocrité.

Le dénigrement est généralisation et mystification.

Il est insulte quand il est adressé à l’autre. Il est auto-insulte et masochisme, quand il est adressé à tout le peuple y compris soi-même.

Mais quand le dénigrement est à la Washoe, la singe des époux Gardner, il est tout simplement doublement ridicule.

Concluons, paraphrasant Desmond Morris qui explique que ce processus de maturation tardive, la néoténie, dure chez l’homme jusqu’à l’âge de 23 ans !

Il semble que chez les Algériens, gargotiers ou génies soient-ils, non seulement ce processus existe, mais il peut s’allonger exagérément et peut les accompagner jusqu’à la tombe.

Et donc tout comme l’axolotl, une espèce de salamandre - qui peut rester à l’état de têtard pour toute sa vie tout en maintenant sa capacité de se reproduire en cet état ! –, les Algériens rechignent de grandir. Ils préfèrent rester des enfants éternels pour avoir des pères éternels !!!

Et ces derniers ne manquent pas, jamais : il suffit de traverser la Méditerranée et râteler un tantinet pour en ramasser à la pelle. 

Vous avez compris, la néoténie serait une sorte de bougnoulite qui peut être chronique et qui n’épargne ni génie ni gargotier (mais seulement s’ils sont algériens) sans toutefois le risque d’entamer leur capacité reproductrice !

 

Abdelmalek Smari

 

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