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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Un seul héros, le peuple ?!

« [..] On s’est évertué à dénaturer l’insurrection algérienne, on a refusé de lui reconnaître la noblesse d’une guerre de libération nationale.

On a inventé à plaisir les préalables dont on sait ce qu’il est advenu.

On a ressuscité un fonds d’imagerie médiévale pour figurer l’état de sauvagerie congénital des Arabes et des Berbères.

En vain.

Les Européens d’Algérie ne se sont pas trompés sur la signification réelle de l’insurrection. Elle a toujours constitué à leurs yeux un attentat sacrilège, une transgression intolérable, le seul crime sans excuse, quelque chose qui s’apparenterait au péché contre l’Esprit.

C’est bien ce qu’est en effet l’insurrection : un attentat contre l’ordre colonialiste, par nature irréformable […] »

J. E.M. Amrouche

 

 

Certains Algériens, fraîchement embarqués sur la nef des soi-disant anti-système, se pensent, voire même se vantent d’être plus honnêtes et plus malins à la fois que leurs compatriotes qui sont au Pouvoir. Dans l'imaginaire de ces malades de cette nef, leurs frères au Pouvoir auraient le couteau de la « régalité » du côté du manche !

Et c'est pourquoi ces fraîchement-embarqués-sur-leur-nef-délirante-et-béate prétendent, et il vous le jurent même sur ce qu'ils ont de plus précieux (leur stupidité), que les hommes algériens, leurs compatriotes-au-Pouvoir, sont tous, sans exception, des escrocs.

Vas leur dire, par exemple, que parmi ces leurs-compatriotes-au-Pouvoir il y en a ceux qui avaient participé à la guerre de libération comme maquisards et pas comme goumi ou harki.

Tu sais ce qu'ils te répondront ?

Que ces valeureux maquisards – dont l'authenticité est authentifié par des documents et même par les pierres et la poussière de notre terre – ne sont que des imposteurs.

Demande-leur un argument, le plus insignifiant soit-il, pourvu qu'il ait un brin de vraisemblance et de logique, et les-voilà te répondre, essoufflés presque suffoqués par l'émotion de pouvoir te clouer le bec une fois pour toutes : « Il n'y a qu'un seul héros, le peuple » !

Amen…

Ces fraîchement-embarqués-sur-leur-nef-délirante-et-béate se recrutent à essaims d'abord sur facebook, puis sur youtube, puis sur presse on line, puis sur presse classique, puis sur livres, puis sur les plateaux de télévisions... enfin partout et même dans certaines chancelleries étrangères d'orient comme d'occident, et de France surtout.

Eh bien à ces fraîchement-embarqués-sur-leur-nef-délirante-et-béate, je dis :

Une bonne partie de notre valeureux peuple fut anti-héros, malheureusement... ne l'oublions pas...

Par anti-héros j'entends dire les goumia et les harki qui ont la face de zinc rouillé et qui sont une espèce de cafards très prolifique...

Et en plus de ces cafards et leurs héritiers, qu'y avait-il alors durant cette nuit coloniale en Algérie, à part ce cha3b, ce peuple ?

Y avait-il un docteur en physique nucléaire qui siégeait comme ministre de l'éducation ou de l'Université… d'ailleurs existait-il une université dans ce pays rasé alors au sol ?!

Y avait-il un Saidani qui siégeait à la tête du premier Parti politique de l'époque ?

Y avait-il un Gaid Salah qui chapeautait en empereur le ministère de la guerre, pardon, de l'armée ? ...

Et continuez vous-mêmes la liste... elle est assez longue... je vous en ai donné la mesure...

Par contre il y avait cette partie de cafards - ça oui! - qui léchaient les semelles aux salauds mercenaires maltais et portugais et autres bâtards de la Légion étrangère, que ces cafards considéraient comme leurs maîtres et seigneurs.

Il y avait les exécrables kaid, bachagha (immondice ottomane) et il y avait des députés, utilisés comme des chouada (des singes de spectacles).

Il y avait aussi les nobles, tant de nobles, vaincus, certes, mais qui résistaient silencieusement.

Il y avait enfin des lions, tant de lions; tant l'Algérie en est généreuse et fertile. Des lions pour qui même le soleil et la lune se sentiraient honorés de se prosterner devant leurs noms ou leurs ombres.

Mais ces mêmes lions n'avaient que faire de l'avilissement des créatures. Ils avaient prohibé à eux-mêmes l'adoration même des anges, même de leur propres personnes.

Dans leurs cœurs propres il n'y avait pas de place à la vileté ou à la servitude.

Et c'est de cette pureté qu'ils avaient voulu l'Algérie et le reste des damnés de la terre et tout l'univers...

Si le peuple de Novembre 54 fut de ce type, celui de 2016 n'en est pas très loin... la différence est que quiconque - par mérite, lutte, compétence, abnégation, courage, culture, patriotisme... - pourrait arriver même à faire un Bouteflika... Oui Bouteflika, car il y a des cons qui pensent que ce nom soit une promotion, un métier ou un burnous, et qu'il suffit de faire part de passagers de cette nef des délirants béats pour endosser ce burnous, devenir Bouteflika - comme l'on devient coiffeur ou gargotier !

 

Abdelmalek Smari

 

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