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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

L’empire, le grand bédouin, berbericus et la naissance de homo islamicus

« Les Protoméditerranéens capsiens constituent certes

le fond du peuplement actuel du Maghreb, mais

le mouvement qui les amena, dans les temps

préhistoriques, du Proche-Orient en Afrique du Nord,

ne cessa à aucun moment. Ils ne sont que

les prédécesseurs d’une longue suite [quasiment

incessante au cours des millénaires], de groupes

certains peu nombreux, d’autres plus importants. » Gabriel Camps

Ou tout, ou tout !

L’islam politique est une création coloniale qui répondait au but stratégique impérissable, si non avec la fin du système colonial lui-même : maintenir l’hégémonie des nations puissantes et prédatrices sur les peuples désarmés ou pacifiques. Ainsi par exemple l’Angleterre avait puni l’Inde en l’amputant de vastes territoires pour créer deux états islamiques (Pakistan et Bengladesh).

Avant ça, à l’aube du siècle écoulé, la même Angleterre, avec les autres pays colonialistes dominants (la France et l’Italie), avait puni l’empire ottoman en l’amputant de ce qui lui était resté de ses vastes territoires arabes qu’il occupait.

Là où les armes ou les conditions historico-géographiques ne le permettaient pas (la Syrie, l’Irak et les territoires de la Péninsule arabe), les puissances impérialistes rivales, convoitant le legs de l’ « homme malade », opposèrent à celui-ci l’arabisme et le nationalisme arabe des nations conçues à table avec règle, compas et équerre (Sykes Picot) et le bras armé du mercenariat, dont le chef illustre fut Lawrence dit d’Arabie.

Une fois l’empire turco-ottoman parti en fumée et ces territoires « libérés », voici les libérateurs colonialistes (ayez l’obligeance de comprendre l’oxymore) lancés sur ces territoires directement ou indirectement, via protectorat ou vassalité, pour se les accaparer, en toute bonne conscience. Seulement ils n’avaient pas fait le compte avec les Arabes, ces bédouins.

Les prédateurs colonialistes en bons calculateurs stupides, avaient pensé que ces arabes bien servis auraient été si reconnaissants à leur faire cadeau de ces territoires, par eux, grâce à eux, libérés du méchant vilain ottoman. En fait ces bédouins avaient sacrifié l’Irak, la Syrie historique (Liban, Syrie actuelle, Palestine et Jordanie). Mais les colonialistes – c’est bien connu – ils sont insatiables : ou tout, ou tout !

Mais les Arabes n’étaient pas si « arabes » que ça : ils se révélèrent eux aussi calculateurs et plus qu’utilisés et manipulés, utilisant et manipulant leurs prédateurs.

Les presque malins bédouins n’avaient pas fait cependant de bons comptes devant la réponse toujours prompte et impeccablement efficace des prédateurs colonialistes.

Les prédateurs colonialistes ont dans le sang, dans les gènes, cette capacité de ruser et d’avoir immanquablement les bédouins.

Péril bédouin

Les colonialistes, donc, stratèges de génie, comprirent immédiatement, en un clin d’œil – peut-être même avaient-ils déjà tout prévu depuis 1492, qu’ils avaient créé un monstre géopolitique indomptable, fatidique pour leurs plans de domination et d’hégémonies : le monde arabe, ou une redoutable puissance, une sorte de fédération des Etats Arabes Unis.

Désormais tous les territoires arabes libérés étaient à disposition des impérialistes. Mais les piteux et puériles bédouins qui avaient commencé à se frotter les mains pour un tel butin – presqu’inattendu et à très bon marché - ne tardèrent pas à comprendre que leur ruse était puérile voire même idiote.

Ainsi donc, quand ils commencèrent à se débattre, leurs escrocs de prédateurs leur avaient déjà préparé ou sorti le plan D : le projet wahhabite.

Cette fois ils n’allaient pas opposer leur croisade au nom de l’arabité, comme au temps de la guerre aux ottomans, mais au nom de l’islam.

D’ailleurs on ne peut faire la guerre aux Arabes au nom de l’arabité; c’aurait été une erreur tactique grossière et contre productive, puisque toutes les foules, arabes, en attente de guerroyer et de mourir n’auraient pas cru à une cause pareille.

Guerre froide aidant, les stratèges colonialistes et les génies gérant leurs think tank avaient fait en sorte que se créassent deux visages idéologiques à cette fédération des Etats arabes : progressiste laïque et libéral-réactionnaire théologique.

Etant de nature destructrice, les colonialistes (impérialistes) savaient bien quel champ ils allaient choisir pour maintenir leur hégémonie : le champ des réactionnaires.

Donc avec l’argent de ces énergumènes - ces bédouins qui avaient bien appris à servir leurs maitres les colonialistes pour survivre - ils avaient créé les mouvements islamistes pour combattre les progressistes laïcs, non seulement dans le terrain de ses derniers, mais en allant les poursuivre trop loin dans le temps et dans l’espace, jusqu’à nos jours et jusqu’aux territoires les plus lointains possibles, jusqu’à l’Urss elle-même pays qui les inspirait et les protégeait !

Naissance de homo islamicus, intérêt du Capital et antisémitisme

Qu’on se souvienne de la conspiration du siècle, cette longue croisade qui avait uni en une trinité sacrée le néo-colonialisme, le Vatican et le grand bédouin qu’est l’Arabie saoudite pour cisailler les jambes de l’ex hyper-puissance.

La force de frappe et de propagande de l’impérialisme, l’argent des Fahd de l’Arabie et le lavage de cerveaux de Wojtila, se sont unis dans un projet unique redoutable et extrêmement puissant pour casser le progressiste, unique force démystificatrice et briseuse du mal de l’impitoyable et vrai Satan qu’est le Capital : les guerres totales et l’exploitation massives des peuples et de leurs richesses.

Ainsi, cette trinité du mal absolu réussit-elle à faire de l’homme arabe qui combattait pour sa dignité et son émancipation du joug ottoman, un homo islamicus et ce en orientant sa mission historique vers une autre fin dont on pouvait tout dire sauf qu’elle était adapté à la vie libre et digne.

L’avait-elle fait, cette trinité du mal, au su et vu de tout le monde ? non, voyons !

Elle était, et est, assez lâche pour assumer ses crimes et ses mensonges. Elle l’avait fait et continue à le faire « en douce », « avec discrétion ».

Comment ? en y fourrant les Juifs et Israël qui pourraient être tout sauf responsables du malheureux, misérable et ridicule destin des arabo-musulmans !

Lâche trinité du mal, elle a toujours utilisé les juifs et Israël comme torchon pour essuyer le couteau ensanglanté de ses crimes.

Cette trinité de rapaces réactionnaires vend les Juifs et Israël, aux masses arabes et musulmanes ignorantes et endoctrinées par les wahabbites surtout, comme de véritables responsables du malheur arabe !

Mais il n’y a pas que le wahhabisme, il y a le chiisme de Khomeiny, les faux progressismes de Nasser et de Saddam et même de Boumediene.

Les experts du Vatican, détenteurs dudit Verbe, eux aussi ne cessent de jeter de l’huile sur ce feu de haine crétine entre frères sémites et monothéistes, quand ils cherchent et trouvent et portent (en les inventant de toutes pièces bien entendu) des preuves tangibles, irréfutables, sur l’existence d’une haine innée, atavique, spécifique, biologique, de l’Arabe vis-à-vis du Juif !!!

A chaque fois que quelque esprit honnête et illuminé accusait ces cette trinité du mal et de la Réaction ou en dénonçait les manœuvres et les magouilles destructrices, la foudroyante machine de leur propagande se déchaine et crie au complot sioniste.

Un tel réflexe de mensonge et de mystification, systématiquement brandi, est devenu une explication presque naturelle, logique, qui va de soi, de cette bordélisation du monde arabo-musulman.

Le harem de l’empire

Et pourquoi est-ce que l’Arabie saoudite accepte-t-elle presque volontiers ce rôle de lâche et de mercenaire ?

Elle n’est pas le seul pays à le faire : les autres pays voudraient bien, eux aussi, mais ils ne le peuvent soit par décence (en tous les cas ils ne peuvent pas rivaliser avec les Bédouins qui, eux, n’ont plus aucune décence), soit parce que le champ est assez saturé pour que l’empire puisse assumer d’autres masses de serfs et de mercenaires.

En plus, avec les serfs on ne sait jamais : après tout ils ne sont que des serfs. Certes ils sont prêts à servir n’importe quel maitre et le changer comme une pute change de « client » ; il suffit que le nouveau maitre sévisse fort ou promette plus…

Les serfs risquent aussi de solidariser entre eux et se retourner, comme un seul corps, comme la légion de Spartacus, contre l’empire qui les recrute. On le sait, imperia servīs nõn semper iùcunda sunt. Tamen imperiīs parent.

Bref, pour le moment c’est l’Arabie saoudite qui tient le rôle de la courtisane préférée, la Carmen du harem de l’empire. Elle sous-traite pour le compte de son protecteur et proxénète.

Ceux qui se soumettent à elle et à son maitre, elle les accepte et elle les honore avec de petits rôles, de serfs de serfs. Mais ceux, comme par exemple Najibullah, Milosevic, Kadhafi, Saddam ou Assad, qui avaient voulu traiter directement avec sa majesté l’empire sans la chafa3a, l’intercession, du grand bédouin, ceux-là eurent le sort qu’on sait.

Bref, le grand bédouin sert l’empire et il le fait pour trois motifs principaux :

  1. Par chantage existentiel des habitudes. Il l’a toujours fait depuis leur arrière-grand-père et manitou enculeur, Lawrence. Et s’il refuse de le faire, il risque de contracter le syndrome de l’oie de Lorenz, ou la névrose du chien de Pavlov.
  2. Par reconnaissance à ses créateurs les Anglo-Saxons (mère et fils, Angleterre et States) et leurs mercenaires et vassaux (France et autres pays colonialistes). Souvenons-nous comment on avait extirpé le corps du grand bédouin du corps ottoman, dans les douleurs que l’Histoire sait et qu’elle a écrites.
  3. Les familles royales qui dominent chez le grand bédouin non seulement doivent agir en dociles hommes de main pour les intérêts de leur maitre l’empire (exclusivement Anglo-saxon, car ils se foutent des autres peuples, qui ne sont d’ailleurs que des vassaux comme eux et redoutables rivaux donc), mais elles doivent montrer ostensiblement qu’elles sont des vassaux, au service de leur allah, l’empire.

Chantage par menace d’anéantissement

En fait ces monarques, pseudo souverains, savent et redoutent - pour avoir participé eux-mêmes à la damnation des autres souverains, leurs rivaux - ce qu’il les attendrait si jamais il leur passait par l’esprit de dépasser les limites du territoire de servitude que l’empire leur a tracé. Ils savent que leurs pays ne sont aucunement exempts de connaitre le même sort qu’avaient connu Urss, Yougoslavie, Somalie, Afghanistan, Irak, Pakistan, Libye, Soudan, et en ces jours Yémen, Mali, Syrie et autres à venir.

Les pays arabes devaient tolérer les criminels islamistes, car justement c’est par cette arme, ce cancer, que le venin de l’empire s’infiltre et s’insinue jusqu’aux particules vitales de nos cellules pour les détruire, et les mettre hors de l’Histoire.

L’empire se comporte ainsi non pas pour s’accaparer lesdites ressources naturelles dont recèlent ce monde maudit et éternellement damné - ces ressources, l’empire les gèrent comme si elles étaient son exclusive propriété privée. Et il n’y a pas souveraineté qui tienne – mais il le fait pour une question de puérile narcissisme, pervers et criminel : commander tout seul et se sentir le seigneur des damnés de la terre et maitre de ces larves d’arabes et de musulmans…

Donc les pays arabes devaient tolérer les criminels islamistes. En Algérie, ces mercenaires et esclaves de l’empire payés par les pétrodollars du grand bédouin, sont arrivés à une arrogance telle qu’ils avait cru avoir le droit sur la vie et la mort des citoyens, droit sur leurs femmes et leurs propriétés, droit sur leur conscience et leurs mœurs. Et ils ne s’étaient pas arrêtés à ce point de confusions et de délires, ils avaient menacé l’Algérie dans son existence même !

Ils étaient passés à l’acte en mettant en feu tout le pays, en tuant, en détruisant les infrastructures et en œuvrant pour détruire l’Etat.

Arabe et fier de l’être, y a-t-il encore de quoi ?

Mais notre pays n’a pas été une proie facile. Nous avons encore dans le sang cette fièvre révolutionnaire qui avait fait abdiquer la France coloniale avec ses légions de mercenaires et de goumiya et autres harka.

On n’avait pas besoin des Lawrence pour nous libérer et nous n’en aurons jamais besoin. Nous ne sommes pas des arabes.

Nous avons résisté, mais les lâches dit-on meurent plusieurs fois. Ce qui veut dire qu’ils ne meurent jamais. En fait ils ne meurent pas tant qu’on la garde baissée et la vigilance assoupie.

Maintenant ils font le dos rond, sport où excellent les lâches. Ils se sont réduits à des vacuités propagandistes pour une cause bête et ridicule puisqu’injuste, du type : « Qui tue qui ? » et autres lynchages et harcèlements médiatiques, aboyés pendant des années, des siècles…

Après ça puis-je me reconnaitre, dans ce cafard de homo islamicus ?

Non, moi je suis d’abord moi et puis Algérien… et tant pis si, étant une unité carbone, rien me serait étranger de ce qui fait l’unité carbone.

De toute façon je suis né, je vis et je mourrai certes, mais toujours en moi.

Qui es-tu, Algérien ?

Je suis ici comme algérien. Ce que cela signifie d'être algérien?

Cela signifie se limiter à parler des Algériens.

Cela signifie également que je ne suis pas arabe, mais de langue arabe.

Cela signifie aussi être de la foi musulmane, si je suis croyant bien entendu.

Cela signifie également avoir un patrimoine juif qui fait corps avec ma culture algérienne, parce que les Juifs sont arrivés en Algérie avec les Phéniciens. Si nous avons été puniques, nous étions juifs aussi en quelque sorte.

Cela signifie que j’ai un non-indifférent patrimoine chrétien qui était la principale religion de l'Algérie pendant plus ou moins dix siècles (en sont témoins Augustin et Monica).

Cela signifie que même quand je ai perdu cette immersion complète dans les religions juive et chrétienne, l'islam que j’ai épousé plus tard m’a remis en plein à l'intérieur de cette matrice du monothéisme. Ici aussi, les témoins ne manquent pas: Dante considère Mahomet comme un fauteur de schisme et de sédition dans la candide foi catholique chrétienne. Montgomery Watt ne voit dans le Coran qu'un plagiat total de la Bible.

Cela signifie que les ottomans nous avaient sucé le sang pour construire les palais d’Istanbul et pour défendre leur fortune et leur empire. Et quand ils n’arrivaient plus à défendre l’étable que fut pour eux l’Algérie, ils nous vendirent aux nouveaux rapaces avec un contrat rédigé dans la langue turque.

Cela signifie également que pour 132 ans, nous avons accueilli les Français et leur culture laïque et religieuse, leur langue et leur mode de vie, et nous avons même accueilli la capitale française: Alger fut pendant quelques années la capitale de la France pendant la Seconde Guerre mondiale 39- 45. Cela signifie que je ne suis point – ni d’ailleurs la plupart de mes concitoyens et encore moins mon Gouvernement – hono islamicus.

En effet durant de nombreuses années l'Algérie a dû combattre toute seule une guerre atroce contre les terroristes islamiques d’obédience saoudiano-vaticano-impérialiste.

Et ceux qui aujourd'hui pleurent Charlie de Paris et Bardo de Tunis, considéraient alors ces criminels fanatiques comme des rebelles, combattants pour la liberté, contre un régime qui les écrasait !

Ceux qui pleurent aujourd'hui Charlie de Paris et Bardo de Tunis accusaient alors le gouvernement algérien d'être tyrannique et point respectueux des droits humains, par la fameuse et redoutable arme de propagande « Qui tue qui ? » pensant semer ainsi le doute et la confusion et par là l’abdication de notre gouvernement devant ces effrontés criminels et assassins.

Enfin cela signifie que j’ai fait mes études en Algérie, en français et j’ai donné des conférences en langue française dans le cadre de mon travail. D’ailleurs la langue de l’Algérie a toujours été la langue de l’autre : punique, latine, arabe, turque, française et de nouveau arabe… un jour on retournera à notre langue mère : l’état actuel du tamazight nous le dit clairement et fermement. Mais quel qu’ait été ou soit cette langue de l’autre, notre âme a toujours été et reste algérienne.

Les français eux-mêmes, si on exclut leurs patois et dialectes régionaux, ont développé une langue à partir du latin, un dialecte de Rome et environs.
c’est ça etre algérien.


Le reste est une affaire personnelle de chacun de nous : moi par exemple, je suis blogueur et écrivain. Ceci me donne la possibilité et m’assigne donc, en tant que citoyen vivant dans une cité, le devoir évident de suivre les nouvelles du monde où je vis, de les lire, d’essayer de les comprendre, de prendre position et d’agir en conséquence , en me confrontant avec mes semblables ou mes contraires.

Et c’est en tant que tel que je vous parle, que je parle au monde.
Vous voyez que l'Algérien n’est pas si homo islamicus que ça, même si l’empire se vend au diable pour le réduire à une telle piètre identité.

Abdelmalek Smari

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