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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Le plaisir de servir chez les bédouins (20)

أوروبا كلُّها، اليوم، تقريباً تساعد العرب في استئناف اللغة التي كانت تعاديهم وتنبذهم بسببها: اللغة القروَسطية القديمة - لغة المذاهب، والطوائف، القبائل والعشائر. بعيداً عمّا بَنَتْه هي في هذا المجال، بعد خروجها من القرون الوسطى: الوطن، المجتمع، المواطنيّة، المدنيّة، التعدديّة، العلمانيّة... إلخ

« Aujourd’hui presque toute l’Europe aide les Arabes à reprendre la langue à cause de laquelle elle les exécrait et leur faisait la guerre : la vieille langue médiévale - la langue des doctrines, des sectes, des tribus et des clans - loin de celle qu’elle avait construit dans ce domaine, après sa libération du Moyen Age: la patrie, la société, la citoyenneté, le civisme, le pluralisme, la laïcité, etc ... » Adonis – le quotidien El-Hayat 30-08-12

N’est pas Adonis qui veuille…

Mais le problème c’est qu’aujourd’hui cette Europe ne se donne plus aucune peine pour couvrir de ce genre de mépris les pauvres enculés-par-elle : les intellectuels et journalistes enculés en ont fait leur propre affaire. Ils ont adopté béatement cette terminologie de haine.

En sont-ils conscients ?

comprennent-ils ce déluge d’insultes et d’humiliations ?

peu leur importe, l’essentiel est qu’ils sont bien heureux d’accéder au langage de leurs maitres, leurs enculeurs.

De toute façon personne ne pourra nous le dire, même pas eux-mêmes puisque s’ils en ont la sensation, de toute façon ils n’auront pas le courage de se l’avouer à eux-mêmes, figurons-nous s’ils auraient le courage de venir le crier à la face du monde.

N’est pas Adonis qui veuille…

En fait un tel langage envers les enculés vise à les prendre de force et de ruse, à les mettre dans un sac et à les reporter

à l’ère de la pierre et des cavernes,

à l’ère du bédouin errant et brigand,

à l’ère du sauvage barbare assoiffé de sexe et de sang et qui ne cherchait que les pâturages et l’eau.

Le quotidien El Watan s’aime à mourir à parler de conflits intercommunautaires en Algérie quand c’est le marasme des habitants de Ghardaia - et non de la particularité superficielle, quoi qu’on en dise, de quelques rites religieux - qui les a poussés à manifester avec colère et force.

D’ailleurs ce genre de protestation est devenu chez les Algériens une manière comme une autre de se battre pour leurs droits ou ce qu’ils pensent qu’ils soient leurs droits.

Ainsi depuis la banalisation de l’ingérence néocolonialiste directe, manu militari, dans les affaires des pays faibles,

depuis la pulvérisation de la Somalie et de la Yougoslavie, en passant par la chute de Bagdad et de Kabul jusqu’à la division du Soudan et la bordélisation de la Syrie et l’occupation de Tripoli et de Bamako,

depuis ces transformations géopolitiques à échèle planétaire ce genre de protestations est devenu chez les Algériens un sport préféré avec lequel ils croient faire chanter nos gouvernants.

En fait - surtout depuis 2011 - il ne se passe plus un jour où il n’y ait pas une ou deux émeutes qui éclatent ici ou là, dans toute l’Algérie, à ses est et ses ouest, dans ses monts et ses vallées, dans ses villes et ses déserts…

Même Hamma Bouziane( !) tente de temps en temps des marches de protestation, coupe quelque route et brûle quelque pneu ou quelque changla de caoutchouc en hululant quelque slogan.

Hamma, qui l’aurait dit !!!

A propos du tribalisme dans les pays dits arabes…

s’agit-il là aussi de troubles tribaux ?

En tout cas, le penser ce serait ridicule … et ce ne seront pas les mots creux, sans provisions, de quelques uns de nos journalistes aliénés ou vendus qui vont tribaliser Hamma ou notre Algérie.

Le même quotidien, El Watan, n’utilise pas le terme intercommunautaire quand il rapporte les violences qui secouent la France de temps en temps.

Non, ce quotidien, ce journal français parfait, excusez je voulais dire ce journal francophone, utilise un autre terme, scientifique celui-ci, et civil ; il recourt à un concept, quoi : les évènements des banlieues qu’il les appelle !

Eh ben oui, tout de meme ! là on est dans un pays civil…

comme si la France était faite de toute une pièce, de la même étoffe, elle qui contient des dizaines de communautés parvenues d’abord de tous les coins de la France, elle-même, et de toute la terre ensuite et de toutes les cultures !

El watan ne voit pas que si conflit intercommunautaire peut y avoir, c’est en France qu’il faut aller le chercher et en parler.

Je regrette pour les journalistes d’El Watan, mais en Algérie ça n’existe pas une communauté italienne, sénégalaise, togolaise, bulgare, arménienne, péruvienne, juive, française (les Algériens sont berbères), arabe, kurde, espagnole, grecque, portugaise, teutonique, corse, bretonne, chinoise, vietnamienne ou indienne ou autre… et la liste en est encore longue…

Non dans l’esprit et le langage tendancieux de ce genre de journalistes et intellectuels, enculés et fils d’enculés comme ils sont, c’est l’Algérie, c’est la Libye, c’est l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan qui pètent de communautés ; communautés qui seraient par-dessus le marché hostiles les unes vis-à-vis des autres, infréquentables entre elles, rigoureusement imperméables les unes aux autres !

Et que dire des USA, le pays communautaire par excellence, dont la raison d’exister est faire la guerre aux autres peuples pour échapper justement (mais pour combien de temps encore ?) à une probable mais inexorable déflagration, quand les supermarchés se videront, et ils se videront un jour) ?

A cette déflagration suivra une désintégration que d’ailleurs tous les empires du passé avaient connue et tous les empires de l’avenir connaitront.

Mais nos sodomisés de journalistes et intellectuels sont aveugles et sourds à ce genre d’insultes quand ils tendent à nous tribaliser, à nous parcelliser… on dirait que leurs enculeurs les avaient sodomisés dans les yeux ou dans les oreilles !

Ecoutons (lisons) cet autre journaliste confus et algérien, Hadj Mostefaoui, qui avait titré au Quotidien d’Oran du 05-11-12 « El-Bayadh : Affrontements entre deux tribus, quatre blessés »

et il s’étale, sot et pédant, sans gêne : « L’ouverture de la saison des labours-semailles donne lieu, comme d’habitude, à des frictions tribales. »

Selon son langage deux tribus se seraient disputé la propriété des terrains agricoles et se sont livrées à une véritable bataille rangée.

Ecoutons maintenant comment que s’appellent ces deux tribus : la première s’appelle « Des éleveurs qui défendent des terrains de parcours » et la seconde s’appelle « des fellahs [laboureurs] qu’ils voulaient récupérer des terres longtemps mises en jachère. »

Cette mao-maoisation de la société algérienne ressemble à la virgule près à la fameuse division des colonialistes anglais de certains peuples de l’Afrique noire en tribus tutu et tsutsu pour diviser ces peuples soumis, les pulvériser, les rendre étanches les uns envers les autres, les inimitier entre eux (les mots tutu et tsutsu sont fictifs).

Ensuite, l’aliénation aidant - ou plutôt la force des armes et des armées, la propagande, l’hégémonie universelle, absolue, du discours des colonialistes dominateurs –, ces peuples mêmes pourtant faits d’une même chair finissent par croire qu’en fait ils n’ont rien à partager les uns avec les autres, même s’ils se trouvent parmi eux des frères qui ont partagé le même utérus et tété le même lait de la même mère…

La mao-maoisation systématique des enculés de la terre

Certes ces peuples sont divisés en groupe divers selon les religions qu’ils professent,

selon les langues qu’ils parlent,

selon la diversité de leurs origines géographiques (montagnes, forêts, campagnes, villes…),

selon la division de travail qu’ils ont adoptée pour organiser leurs sociétés (forgerons, éleveurs, agriculteurs, pécheurs, pasteurs, enseignants, gouverneurs…)

Certes ces peuples ont donné des noms à ces réalités qui les distinguent, comme un Lyonnais se distingue d’un Parisien, mais jamais ils ont osé élever ces différences à de véritables races, voire – à en croire certains mystificateurs zélés – à des espèces distinctes et étanches.

Certes ces noms n’étaient ni français ni anglais, ni espagnols ni portugais et encore moins italiens ou hollandais : d’ailleurs ces peuples n’ont que faire de ces noms européens puisque, eux, ils ont leurs propres langues pour nommer leurs choses, leurs lieux et leurs réalités.

Profitant de l’étrangeté des noms et des langues des peuples dominés, profitant de l’hégémonie discoursielle euro-centrique, les dominateurs ont fait de tels sons des réalités en chair et en os ! ils croient en plus nous convaincre de l’existence réelle de telles vacuités !

En fait ils utilisent ces formes sémantiques en insistant sur leurs caractères ou nature exotiques, étranges et dépaysant, pour les donner enfin comme noms de tribus différentes et rigoureusement incompatibles !

Après avoir ainsi divisés ces citoyens vaincus, mais qui appartiennent au même peuple, leurs effrontés de vainqueurs ont eu le culot de les dresser les uns contre les autres, et ils sont venus nous dire qu’eux, les dominateurs – caritas urget – sont là pour apprendre( ?) à ces barbares à ne pas se haïr, à ne pas se faire du mal… à ne pas se tuer !

En fait l’arrogance et la mauvaise foi font en sorte que ces dominateurs - avec la complicité des ethnographes et à présent des journalistes détenteurs de discours et des moyens de domination absolus - ne comprennent pas ou ne veuillent pas comprendre que de tels noms ne correspondent pas à des tribus mais indiquent plutôt

ou l’origine géographique de ces peuples,

ou leurs différences culturelles comme la langue, la religion et les modes de vivre,

ou leur division sociale du travail.

Je sais qu’aux yeux des racistes colonialistes l’existence de telles caractéristiques civiles chez ces peuples dominés relève de l’incroyable, puisqu’ils ont décrété que les enculés de la terre soient des tribus et des sauvages, rien que des tribus et des sauvages.

Les colonialistes et leurs histrions et chantres, les exécrables ethnographes et orientalistes, avaient inventés et continuent d’inventer jusqu’aujourd’hui des myriades de noms de tribus arrivant parfois à faire d’une même personne plusieurs tribus à la fois : par exemple, un Kurde peut être chrétien, chiite, sunnite, musulman, irakien, syrien, iranien, turc… il peut être originaire de toutes les villes et les campagnes que recouvre le grand Kurdistan géographique… mais les nominateurs, dominateurs de la terre et des discours, nous présentent ce Kurde comme appartenant à une dizaine de tribus à la fois, si non de plus !

Les nominateurs, ces colonialistes et leurs hordes d’ethnographes et de journalistes vont te présenter ce Kurde non pas comme un seul Kurde musulman ou chrétien, s’exprimant aussi en arabe, en turc ou en persan, s’habillant en bédouin ou en citadin, militant pour un Kurdistan uni et indépendant… non : ils vont le pulvériser en plusieurs clans et identités.

Si ces colonialistes et leurs serfs d’ethnographes et journalistes la pensent ainsi, ils demeurent compréhensibles, bien entendu intolérables ; mais les perroquets nostrani, nos journalistes et experts éditorialistes, en mal de brillance et de pertinence, eux, sont injustifiables, impardonnables. Car ils doivent savoir que ce n’est pas leur rôle que de servir les cons ou de leur prêter main forte contre leurs propres peuples, pour la simple raison qu’ils nous dominent.

Dans leur manie de briller ou de servir leurs maitres (du moment), nos bédouins de journalistes ne craignent pas de se couvrir de ridicule…

Il y en a parmi eux, ceux qui ont comparé les troubles de Ghardaïa aux massacres en série que l’armée israélienne mènent depuis presque un mois à Ghaza en Palestine !

Abdelmalek Smari

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