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BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Le plaisir de servir chez les bédouins (19)

A votre santé, prédateurs !

 

« Notre devoir, votre devoir, vous qui êtes la génération de l’indépendance, qui avez eu la chance d’avoir une formation et une connaissance des réalités, vous devez faire prendre conscience à nos jeunes que l’indépendance du pays doit être protégée.

Protégée par le travail, par le respect de son Etat, par l’engagement de tous les jours pour consolider cet Etat, par le fait de donner à chaque chose son véritable poids et de comprendre les enjeux.

L’indépendance n’est pas acquise si on ne la défend pas. Il est vrai qu’il existe des problèmes dans la construction de chaque Etat.Il faut qu’ensemble, nous nous organisions pour affronter et régler ces problèmes.

C’est de notre responsabilité à tous.

Il s’agit de combats politiques.

Aux Algériens de connaître leur histoire.

Que les Algériens se mettent à lire leur histoire.

C’est le meilleur bouclier qu’on puisse avoir pour répliquer aux attaques contre l’Algérie. » Zohra Drif Bitat

 

 

La dignité suivra…

« Il y a une trentaine d’années » écrit Maurice Maschino - El Watan 29-11-13 « les musulmans, comme tels, n’existaient pas [en France]. Existaient les immigrés, dont certains dirigeants, tel V. Giscard d’Estaing, redoutaient l’invasion. L’invasion ne s’est pas produite, mais les élites françaises, qui ne raisonnent plus depuis longtemps en termes de classes, ont découvert ou plutôt décidé, lors des grèves ouvrières de 1982-1983, que ces immigrés étaient musulmans. Protestant contre les licenciements massifs dont ils étaient victimes, les travailleurs maghrébins de Citroën-Aulnay et Talbot-Poissy revendiquaient, en effet, d’être traités comme leurs camarades français. Le patronat prétendit qu’ils étaient manipulés par des fondamentalistes venus du Moyen-Orient et insista lourdement sur leur appartenance religieuse. »

Et Maschino s’explique mieux :

« La construction du ‘‘problème musulman’’… s’explique avant tout par la convergence idéologique entre élites patronales, politiques et médiatiques. »

Le suc de l’observation de Maschino est que justement l’islamisme comme menace ne sert que comme un épouvantail pour les puissants, nations et patrons, gouvernants et prélats du monde-qui-compte, pour préserver leurs intérêts, en tête l’intérêt de maintenir la partie faible de la race humaine en état d’impuissance pour l’asservir et l’utiliser à leurs propres fins… Marx ne disait pas autre chose…

Quel est l’état actuel des pays arabes face à cette menace réelle et tragique comme sont réelles et tragiques la mort et la destruction que les drones obamiens et les légion sarko-holladiennes ne cessent d’infliger aux damnés de la terre ?

Ces malheureux et misérables, après les glorieuses années des résistances et de la dignité anticoloniales, tendent à présent à baisser la garde révolutionnaire que ce soit au niveau de la Conscience ou de la Praxis.

Et c’est justement cet état de mort ou de maladie de la vigilance militante que l’empire cherche à préserver par tous les moyens à sa disposition.

N’est-ce pas cet état de lucidité historique suivie de l’action déterminée qui a porté les nations écrasées par les colonialistes à revendiquer et reconquérir leur dignité et leur liberté ?

Il faut donc reprendre le travail pour d’abord réveiller cette conscience qui avait dû s’assoupir suite aux grandes fatigues exténuantes de la lutte révolutionnaire, suite à l’euphorie des victoires remportées, suite enfin au violent et incessant travail des impérialo-colonialistes pour recouvrir leurs colonies et leurs serfs perdus.

Ensuite il faut qu’ils sachent, ces misérables et écrasés, que si la résistance est en soi un espoir, elle est aussi et surtout une victoire, la Victoire.

 

Il y aura l’avant 2011 et l’après 2011

Il faut qu’ils sachent enfin que la dignité suivra inexorablement.

Il n’est pas de doute que les récentes saccades enregistrées dans le corps dudit monde arabe relève de cette verve qu’ont tous les peuples (et d’ailleurs tous les vivants et jusqu’aux inertes éléments) de lutter pour leur autoconservation.

Pour les humains surtout – dotés comme ils sont d’une conscience existentielle et historique, de liberté et d’action - il s’agit d’une lutte contre la menace fondamentale, l’inertie, qui risque de les tétaniser pour les laisser mourir fétides et fétidant, proie de leurs propres frères arrogants et égoïstes.

Cette lutte contre l’inertie est commune à tous les peuples de la terre et de l’histoire : pour s’en convaincre il suffit de regarder ce qui se passe dans tout le monde y compris les pays dits sans problèmes ou sans malcontents comme les pays riches et développés, USA en tête.

Il n’est pas de doute qu’il y a eu intensification de ces saccades arabes après janvier 2011 qui ont fait penser à une rupture radicale, totale, entre le passé récent de ces peuples et leur présent immédiat après une longue période de peur et d’oppression.

Il n’est pas de doute qu’il y a eu une espèce de spartiacque où désormais l’on peut parler du 2011 comme une date charnière dans l’évolution politique des peuples arabes : il y aura l’avant 2011 et l’après 2011.

Il n’est pas de doute que les manifestants - transformés (évolués, puisque la révolution vient en luttant) plus tard en insurgés - visèrent à changer vers le mieux leur condition : pour plus de pain, plus de dignité, et surtout pour la levée des états d’urgence et de l’infâme destin d’opprimés qu’ils subissaient de la part de leurs propres gouvernants en complicité avec le reste de la classe détentrice de pouvoir et d’autorité (commerçants et soi-disant intellectuels).

Il faut entendre ici par Pouvoir non seulement les gouvernants et autres fonctionnaires de l’Etat mais leurs mentors et soutiens ou hommes de mains et complices, c’est selon : les riches autochtones et la société dite civile corrompue, rouillée comme une vieille tôle, et les multinationales de la rapine et des saccages qui sont par essence des oppresseurs irrespectueux des droits de l’homme.

Il faut aussi ajouter à cette classe de détenteurs de pouvoir, la classe des corrompus intellectuels maitres incontestés des mass media et de la mystification, chasseurs de primes, mercenaires de plume et complices des puissances prédatrices parasites et des patrons opprimants.

Souvent ces masochistes d’intellectuels locaux, complices et mercenaires, ne cessent de lécher les bottes d’un patron (de préférence celui qui a les yeux bleus et les cheveux blonds, catho-protestant et franco-anglo-saxon) qu’après avoir trouvé un autre plus frais, et plus payant, plus sévissant…

 

Humiliés mais indignés

Il n’est pas de doute que ces révoltés avaient de bonnes intentions (comme l’étaient celles des travailleurs immigrés cité ci-haut par Maurice Maschino)… comme celles entre autres de mettre de l’ordre dans la religion qui s’était révélée désordre et moyen et instrument de mystification et d’exploitation au service des appareils d’oppression et de saccage des peuples.

Il n’est pas de doute que le leur fut un cri authentique suscité par une souffrance authentique et une vraie soif de la justice et de la dignité.

Mais comme je l’avais écrit au début de l’année 2011 dans ce même blog pour saluer les Tunisiens insurgés, le Pouvoir (la nébuleuse de pouvoirs : Le pouvoir est partout disait Michel Foucault) qui régit ces sociétés arabes aurait su récupérer pour son compte cet élan insurrectionnel qui aurait pu révolutionner vraiment ces sociétés…

Ce Pouvoir soi-disant chassé se révéla maître à mater ladite révolution : voir le coup d’état réussi de Al-Sissi en Egypte et avalé par tous les amis de ladite démocratie.

Hélas, non è andata così : ce n’était pas dans ce sens décent et logique que les choses s’en étaient allées !

L’intervention des mercenaires, payés exorbitamment par les cheikhs pétrodollars et leurs mandataires et maitres, les escrocs des régimes des pays prédateurs, ont eu raison de ces mouvements émancipateurs authentiques.

Ils ont fait tout ce qui était en leur pouvoir et devoir (le devoir de ruiner les peuples proies et victimes) pour livrer la révolution à l’islamisme et au fanatisme religieux afin de pouvoir dire ensuite qu’ils sont menacés par le fanatisme islamique puisqu’il sera alors une réalité qui prouve qu’ils ont raison !!!

Et c’est ainsi qu’ils cultivent ces insurrections légitimisables pour les détourner ensuite en leur faveur. Et, ma foi, ils ont réussi d’avoir d’une seule pierre deux coups : d’abord ils ont fait échouer ces mouvements d’émancipation, ensuite à présent, ils sont procèdent tranquillement dans leurs immondes croisades de destructions et de saccages contre les misérables de la terre.

La France avait essayé une telle démarche - et persévère aujourd’hui même par la propagande et toute la force du mensonge dont elle dispose - croyant de transformer la révolution algérienne de novembre 54 en une sorte de guerre entre tribus hostiles les une aux autres ; une sorte de guerre entre des hordes de fanatiques sanguinaires, révoltants, hideux, barbares… et qu’elle, la France civilisée, était là pour le bien de ces barbares afin de les empêcher de s’entre-tuer !

Et tel un cancer en phase terminale, ces pratiques et mensonges colonialistes, infernaux, systématiquement destructeurs et assassins tendaient à conduire à mort certaine notre révolution et celles des peuples humiliés mais indignés.

Il était donc impératif pour les régimes néocolonialistes prédateurs de maintenir le statut quo de leurs proies.

 

Mercenaires appelés djihadistes, hyènes et cerbères à la solde de l’empire

Mais puisque l’insurrection, toute insurrection, finit toujours et inéluctablement par épuiser l’état, n’importe quel état, et lui fait baisser ses gardes, les prédateurs font pourrir la situation socio-économique et morale des peuples ciblés par la déstabilisation.

Un tel pourrissement, activement recherché et appliqué, constitue la voie royale qui porte directement le malchanceux peuple/état ciblé à la confusion et à l’anarchie dans ses moyens et méthodes de lutte et de résistance.

Ensuite les prédateurs passent à une phase ultérieure en donnant plus de visibilité aux faux angélismes et aux mérites mensongers des groupes criminels de leurs mercenaires appelés djihadistes (hyènes et cerbères créés de toutes pièces par eux et dressés après les avoir cultivés dans leurs pouponnières et laboratoires de subversion et de chaotisation) en les faisant passer non seulement pour une opposition, mais par l’Opposition, l’opposition de tout le peuple !

Ainsi donc ce qui était une protestation sociale pour l’obtention d’une manière civile et responsable des droits citoyens, naturels, comme ça se passe dans tout le monde de notre époque moderne, est devenue une guerre sainte moyenâgeuse, meurtrière, destructrice et infamante.

Ainsi donc ont-ils réussi, ces prédateurs et mercenaires et autres chiens aboyeurs, à éloigner par calcul stratégique les insurgés du chemin qui les aurait menés directement à la réalisation de leurs objectifs sains et légitimes : leur droit à la vie digne et au digne pain quotidien et surtout à la sécurité contre l’oppression et la rapine des forts et des arrogants.

Ils ont fait de ces cris de détresse, de ces sursauts pour la dignité et la démocratie, une fosse où ils ont par contre enterré la dignité et la démocratie. Ils y ont semé la mort et la destruction, l’anarchie et l’insécurité, la misère et la confusion…

Ainsi l’idée de démocratie s’est imprimée dans l’imaginaire des insurgés ou des insurgés potentiels (ceux qui attendaient d’analyser mieux la situation avant de s’engager) comme la signification d’une pratique politique signifiant anarchie, délinquance, barbarie, destruction, saccage et mort.

Les stratèges de la sodomisation des peuples savent bien qu’il se passera des lustres pour que de ce coté de la planète - en Arabland, la point felix Arabie - les Arabes se remettent à penser de nouveau à la démocratie.

Quant à passer à la lutte pour sa réalisation… d’autres lustres et siècles passeront pour que les dits Arabes se décident de passer de nouveau à l’action !

Le but stratégique des puissances fauteuses de troubles et de chaos est donc de lier - avec un conditionnement pavlovien parfait - l’idée de démocratie (liberté, justice, dignité et solidarité) à celle de l’anarchie, de l’effusion de sang, de la destruction, de la haine et de la criminalité…

Ainsi donc quand dorénavant les sodomisés pensent à la démocratie, ce qui leur vient immédiatement à l’esprit c’est son aspect artificiellement négatif, hideux, ruinant, misérable, mortel…

Et les sodomisés s’effrayent, s’enfuient et renoncent à leur droit de vivre dans la paix, la liberté et la dignité.

Ils préfèreront paradoxalement l’enfer de l’inertie, du despotisme, de l’obscurantisme et du servilisme pourvu qu’ils restent en vie (à l’état végétatif) au lieu de choisir le camp du mouvement et de la conscience et se battre pour la liberté, pour la justice, pour la dignité…

Ce renoncement de la part des damnés de la terra au mouvement et à la conscience serait de la planque pour les prédateurs.

A votre santé, prédateurs !

 

Abdelmalek Smari

 

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