Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

BERBERICUS

Vues et vécus en Algérie et ailleurs. Forum où au cours des jours et du temps j'essaierai de donner quelque chose de moi en quelques mots qui, j'espère, seront modestes, justes et élégants dans la mesure du possible. Bienvenue donc à qui accède à cet espace et bienvenue à ses commentaires. Abdelmalek SMARI

Elections présidentielles en Algérie du 17 avril 2014 - One, two, three… !

حجّة وفرجة

« Votez pour l’Algérie, notre

futur est entre nos mains. »

le Consulat d’Algérie à Milan

 

Aujourd’hui dimanche 13 avril 2014 je suis allé voter au consulat général d’Algérie à Milan. Pour moi, il fallait participer à ces présidentielles et ne pas crier d’avance comme certaines mauvaises langues à l’imbroglio !

Peu importerait pour moi ensuite qui vaincra. Celui qui vaincra sera le président de l’Algérie, mon pays, et mon président par inclusion.

Il était dix heures passées et le temps était brumeux, humide mais tiède : il suffit d’un peu d’effort physique pour ouvrir les cataractes de la sueur !

Malgré l’appel au boycott il y avait une grande foule devant et à l’intérieur de la bâtisse de notre consulat.

Les mauvaises langues diraient que c’est dimanche et les gens s’y étaient rendus non pas pour voter mais - une manière comme une autre - pour passer le dimanche et pour retrouver les amis et s’échanger les nostalgies et les joies de se rencontrer…

Cela serait vrai si ces gens venaient des quartiers de la même ville ou de ses proches banlieues, mais quand on sait que la plupart d’entre eux avaient fait des trajets qui couvraient toute l’Italie du nord, de Florence à Turin en passant par Gênes et Vintimille ; de Venise à Milan en passant par Padoue et Vérone ; de Boulogne à Lodi en passant par Parme et Plaisance…  

Quand on sait ça, on se rend compte que les Algériens et les Algériennes d’Italie se sont déplacés à Milan pour voter, non pas pour tchantcher (cianciare) comme disent les Italiens.

Car si c’était seulement pour se rencontrer ils auraient du s’en passer face aux prix exorbitants du train et aux fatigues du voyage.

Et croyez-moi, du repos, ces Algériens et ces Algériennes ont en un grand besoin, sachant comment et combien il est fatigant pour eux terminer une semaine de travail harassant dans un pays dont la constitution est fondée sur le Travail.

La communauté algérienne est presque inexistante en Italie. On est trop peu par rapport aux immigrés des autres nationalités, on est presqu’invisibles et souvent on nous confond avec nos frères Tunisiens ou Marocains.

L’accueil, dois-je reconnaître, au niveau de notre consulat était des plus chaleureux.

D’abord tous les fonctionnaires étaient là à vous accueillir déjà dès votre arrivée : le Consul, ses collaborateurs et les autres volontaires qui sont là à leur donner un coup de main dans cette situation d’exception.

Avec des sourires et des gentillesses ces accueillants exceptionnels vous chuchotaient presque : « T’faddal, d’abord passe à prendre un café ou un thé, puis si tu n’as pas la carte de vote, va dans le bureau tel pour qu’on t’en fasse une autre, enfin si tu l’as déjà, fais la queue et attend ton tour… »

Il y avait aussi des bonbons et des photos souvenirs et pas seulement pour les enfants qui parsemaient de joie et de courses-poursuites l’enceinte intérieure et le devant de la bâtisse…

Et nos expatriâtes n’étaient pas moindres : il répondaient par la même gentillesse à la gentillesse des accueillants, par le sourire à leur sourire, par la compréhension à leur souci de l’ordre et de la discipline.

Il y avait deux policiers italiens qui surveillaient l’évènement… ils étaient - plus que tranquilles – tranquillisés ; ils pourraient même s’en aller que cette ambiance de fête et cet ordre pourraient rester intacts, tellement les Algériennes et les Algériens n’ont plus besoin du bâton pour se comporter civilement.

Bien qu’il y ait eu une foule assez nombreuse devant les locaux du consulat, la rue est restée libre et les passants et les voitures passaient sans problèmes.

Le déroulement du scrutin était rigoureux. Et cela ne faisait de lui qu’un scrutin propre et honnête. D’ailleurs ça se voit à l’œil nu :

  • la présence du chef, c’est-à-dire le Consul, qui veillait en personne sur l’opération,
  • l’absence dans l’enceinte du vote des portraits de tous les candidats y compris celui du président sortant,
  • l’électeur a à sa disposition six fiches, au nombre des candidats à la présidence, il pouvait en faire ce qu’il voulait, en totale liberté.
  • personne ne s’était entendu dire qu’il avait reçu des conseils ou des suggestions ; personne ne venait à vous demander pour qui vous aviez l’intention de voter ou pour qui vous aviez voté.
  • enfin il était exigé des électeurs de signer rigoureusement et exclusivement avec leur propre empreinte digitale.

Notre consulat était scrupuleusement fidèle au mot d’ordre de neutralité qui tapissait les lieux et qui avait été envoyé via sms à tous les électeurs inscrits de notre communauté présente au nord de l’Italie (lire frontispice).

Plus honnêtes et plus transparents, l’on se meurt…

Personnellement c’est pour la première fois dans ma vie que j’ai fait une photo avec un groupe de mes compatriotes - que je ne connaissais d’ailleurs même pas (comme au lendemain de l’indépendance ?) - tous enveloppés ou empoignant un pan d’un grand étendard, notre bel emblème national.

Je souriais aussi et pourtant personne des photographes (ils étaient quatre ou cinq !) ne me l’avait demandé ou rappelé ! moi qui souris peu… C’était la faute à cette ambiance de fête et de douceur tout simplement.

Les locaux sont certes petits mais à voir le nombre du personnel organisateur, l’on peut dire que les lieux ne sont pas si exigus que ça : même s’il y avait eu des sales grandes, il y aurait été également un peu de confusion et une queue à faire.

Ceci pour donner une idée sur l’affluence aux urnes ici à Milan et sur la manière dont se déroulaient les élections : c’est-à-dire en fête et en discipline.

C’était comme l’a si bien décrit un électeur une véritable hadja et fardja.

L’attestent aussi ces cris désormais liés au destin de l’Algérie et qui sont en passe de devenir un second hymne national - : One two three, viva l’Algérie ! – que la foule avait entonnée en pleine rue et à tue-tête.

Oui il pourrait bien être considéré comme un second hymne. Bien entendu il ne pourrait supplanter celui de notre grand Moufdi Zakaria.

Il pourrait l’inclure ou, mieux encore, le présenter sous un jour nouveau avec un nouveau lustre et de nouvelles couleurs fraiches à l’image de cette Algérie qui change et se rajeunit dans la fidélité à son âme et à ses constantes.

One two three !  

 

Abdelmalek Smari

 

 

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article