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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 00:57

 

« A ce Néron repu qui rit parmi les traîtres

Ivre deux fois, immonde encore plus que féroce,

Pourceau dans le cloaque et loup dans le charnier. »

Victor Hugo

 

 

  « Jamais bouchier ne detailla mieulx chair à la boucherie » !   Rabelais

 

Oh grand homme

que seuls les traîtres de marque

savent et jubilent

et froidement assassinent

repose maintenant en paix

sache que ta graine bénie

donnera moult et généreux épis

oh fils de ta mère

oh mon frère

ce n’est pas l’empire, ce Néron,

ni ses mercenaires

les tueurs à gage

qui t’ont assassiné mon frère

sur leurs Phantoms,

sur leurs Mirages

mais ce sont les traîtres

chair de ta chair, nos frères

et si tu as répondu quand même

à l’appel de ton destin

au martyre, à ton calvaire

c’est seulement parce que la mort existe

et tu es mortel

assassins de mon frère

immondes encore plus que féroces

vous aussi vous aurez votre agonie

atroce puisque lâche

la mort vous surprendra vous aussi

mais elle sera une mort de lâches

pour vous les moins que lâches

les moins que vils, les riens

les moins que rien

porcs dans les cloaques

vous qui excellez dans l’art

d’abattre les déjà-morts

hyènes…

loups dans les charniers

avec tous mes respects pour les hyènes

et les loups et les porcs

vous mourrez donc en lâches

seuls désertés par vos semblables

et vos pairs les traîtres

dans des lits froids et sombres

vous aurez pour linceul

peut-être

l’ombre

peut-être

de votre triomphe sinistre

la gloire vous ne saurez la voir

et toi cher frère

vivant tu as été généreux

avec ces assassins mêmes

mort tu les promus héros !

Voyez-vous, hyènes, porcs, loups

moi aussi

je suis en liesse

comme vous, les lâches,

j’exécute toutes les danses

que les bottes de l’empire

votre maître, votre dieu seigneur

m’indiquent

mes mots, mes larmes

toutefois vous accusent de crime

contre cet homme

vrai celui-ci et vivant et sensible

il n’est pas abstrait ni faux

comme ceux des vos mensonges

et des cartes de l’onu et des ong

je vous accuse bande de lâches

et de sadisme et de cruauté…

oh grand frère

si tu étais encore en vie

tu verrais que quelqu’un ici

t’est resté ami

il t’a même pleuré

et récité la plus belle prière

celle de gloria mundi

pour toi béat martyr,

homme de cohérence, homme de gloire

il s’est complimenté aussi

avec tes assassins, mercenaires

et traîtres confondus,

pour leur cirque qu’ils ont monté

de la cruauté des loups dans le charnier

et de la traitrise des porcs…

Oh grand homme

que seuls les traîtres de marque

savent et jubilent

et froidement assassinent.                                Milan le 21 octobre 2011 – 01 :15

 

Abdelmalek Smari

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 19:01

incontro agostiniano

  

 

« Le fait que ce que je ne suis pas soit loin de moi n’est pas si

étrange ; par contre quelle est la chose la  plus proche de moi que

moi même? Et voilà, je ne peux comprendre la force de ma mémoire,

quoique je ne puisse pas dire moi-même en dehors d’elle. »

Aurèle Augustin – Confessions

 

 

 

A Rome, toute !

« Tu n’as pas idée, ai-je dit un jour à l’une de mes collègues, de ce que Saint Augustin est ignoré par les Algériens ! »

« C’est évident, me dit-elle ; il était catholique et vous êtes musulmans ! »

Sa réponse me rappelle, par sa superficialité, la réponse d’un enseignant de Français à l’école primaire pendant un cours de recyclage qui - à la question « Qui était Ben Khaldoun ? » - répondit : « Un docteur au Coran ! » ‘‘quelle idée ! aurait-il ajouté ’’

Voilà ce qu’on voudrait faire d’Augustin : "un docteur en Bible" ! et c’est en tant qu’homme d’église, et seulement d’église, qu’on nous le présente et que les Algériens le perçoivent ! Et c’est pour cette raison qu’il ne les concerne pas.

Et du reste, n’est-ce pas ce que se fait pour tous les peuples qui se réclament tambours battant de l’islam : s’ils ne sont pas des docteurs au Coran, ils sont cheikhs, imams ou prêtres !

Cette anecdote me fait venir à l’esprit la réponse que me donna un jour un jeune homme à qui j’avais demandé des informations sur un château que la négligence et notre ignorance, en plus de l’action corrosive des éléments, abîmaient et continuent à abîmer : « C’est un bâtiment romain ! trancha le jeune homme. »

En réalité il s’agit d’un monument architectural arabe beau et fort précieux. Et, par surcroît, c’était un des châteaux qui avait accueilli comme hôte, Ibn Khaldoun, le précurseur illustre de la Sociologie "ante litteram".

Ces monuments historiques, entre autres, si nous excluons les ruines romaines, sont très rares en Algérie parce que la France coloniale était plus attentive à l’héritage romain qu’à celui d’origine arabe ou Turque.

Les stratèges de la colonisation se sont précipités à achever ce que les éléments n’avaient pas encore fini d’abîmer.

« Il faut faire oublier à ces macaques d’Indigènes qui ils sont ! » prêchaient à cor et à cri ces stratèges funestes.

Et pourtant ils auraient pu être plus gagnants encore s’ils avaient su être un tantinet plus justes ; car la richesse matérielle ou morale d’une terre qu’ils avaient conquise, et qu’ils voudraient à jamais  posséder, aurait pu être la leur aussi !

Mon maître de Français de l’école primaire m’a avoué récemment dans un mail qu’enfant – à l’époque de l’Algérie dite française -, il mourait d’envie de participer à la procession qui avait lieu tous les ans à Annaba pour rappeler Saint Augustin.

Avec quelle nostalgie me décrivait-il la gravité et la force de ce désir jamais assouvi, malheureusement, car mon vénérable Taleb était alors petit et sa mère le lui interdisait !

« Pourtant, m’écrivait-il, je mourais d’envie d’y participer, marqué par l’ambiance solennelle qui se dégageait au passage des croyants qui chantaient durant tout le parcours des chants à la gloire de Dieu et de Saint Augustin. »

La présence de Saint Augustin se sentait vivement donc, mais seulement dans les cœurs des Européens chrétiens qui habitaient l’Algérie.

 

Raisons d’une exclusion

Pour les Algériens de souche, Augustin ne leur appartenait pas pour la simple raison qu’il était accaparé par le champ adverse, l’occupant et usurpateur de leur terre et de partie de leur mémoire ; Augustin était une affaire chrétiano-chrétiennes, quoi.

Cela se passait dans le temps où il fallait, selon les enseignements du maréchal Bugeaud, « empêcher aux Arabes [Algériens indigènes] de semer, de récolter, de paître… » ;

Cela se passait dans le temps du « Code de l’indigénat » dont la visée stratégique fut de déposséder les Algériens de tout bien moral ou matériel et de les intimider quotidiennement (Abdallah Laroui in "Histoire du Maghreb" II, Petite collection Maspero, Paris1975).

A cette amputation mémorielle s’ajoute une exclusion de type sémantique où l’Indigène, via le langage mystificateur, se trouve taxé d’une différence irréductible, incompatible avec le reste de l’humanité, avec ces Chrétiens qui partageaient alors avec lui sa terre, son histoire, son sort et sa quotidienneté.

L’Indigène est du coup ramassé et fourré pêle-mêle dans un sac qu’on ficelle et sur quoi on écrit : « Autre, différent, intouchable, inapprochable… »

« Nous - affirme en effet Mgr Teissier -, nous avons une idée et une expérience de l’agir de Dieu par la grâce qui n’existe pas dans la pensée musulmane. L’islam Aussi sait que l’homme, pour être fidèle à Dieu, a besoin d’être guidé par Dieu, mais il n’y a pas une réflexion élaborée sur la grâce et la liberté, qui est un sujet spécifiquement chrétien. »

Ici avec cette affirmation de Teissier aussi bien catégorique qu’injustifiée nous touchons le fond de l’exclusion de homo islamicus entier de la sphère de l’humain spirituel !

C’est une affirmation fausse ou du moins injustifiée puisqu’elle ignore le mot « Fadl » qu’on peut tranquillement traduire et définir comme équivalant le mot « grâce ».

Cette gaffe épistémologique, de la part d’un homme de dieu, d’un homme de prétendu savoir universel, ignore de même les réflexions philosophiques élaborées par un Ghazali, entre une pléiade de penseurs et philosophes musulmans.

Ainsi se complète le tableau de la méfiance totale de la part de Berbericus vis à vis de l’occupant de jadis et du mystificateur d’aujourd’hui.

Cette attitude ad escludendum peut être une - mais pas la seule - explication de l’ignorance que les Algériens – dans leur presque totalité – affichent aujourd’hui vis à vis de la mémoire et de la personne de leur illustre aïeul.

Toutefois l’on constate la naissance, même tardive, d’un certain intérêt de la part des Algériens pour leur patrimoine culturel de l’époque chrétienne.

Est-ce signe d’un complexe d’aliénation ou s’agit-il d’une vraie prise de conscience?

Augustin peut être comparé aux pyramides de l’Egypte et sa culture aux richesses historiques de ces pyramides qui étaient restées longtemps méconnues à leurs héritiers légitimes.

Ou bien est-ce qu’il nous fallait les yeux des autres pour que nous puissions enfin nous rendre compte du génie algérien… ignoré par les Algériens ( !) ; pour que nous puissions enfin connaitre la valeur de notre trésor de savoir et de sagesse, et en éprouver orgueil et fierté ?

Les pionniers de la reconquête de cette partie de l’histoire de l’Algérie semblent nous dire: « Il faut se débarrasser de chaque prétexte pervers et de chaque complexe de nous sentir étrangers à nos écrivains et philosophes anciens, nos seules pyramides.

 

L’histoire d’Algérie, arbre Algérie

L’histoire constitue les racines de l’arbre Algérie ; et les habitants actuels en sont le feuillage et les fruits dans la présente saison.

Compter d’une façon ou d’une autre sur notre histoire pour aller y puiser de l’eau et des aliments est une nécessité vitale pour les feuilles, les fleurs et les fruits que nous sommes ; même si nous sommes loin de cette origine et de cette source nutritive, perchés comme nous sommes là-haut dans le ciel de l’instant présent.

Les colonisateurs ont trouvé les moyens pour couper ce mouvement d’aller et retour avec leur intox et leurs mystifications, avec leurs crachats de mépris du type : 

« Vous n’êtes qu’une mosaïque de tribus et de clans hostiles les uns aux autres !

Vous  n’avez pas un État! 

Vous n’avez pas le sens de la citoyenneté !

Vous n’existez  que grâce à nous et par notre grâce !

Vous n’avez pas et vous ne saurez avoir le sens de l’histoire… ! »

Et nous ? nous avons cru à ces crachats, à ces mensonges, à leurs mystifications! Le malheur c’est que cette aliénation, cette croyance plus bête que naïve n’épargne aucun Algérien.

Et que l’on ne pense pas que les gouvernants algériens soient descendus de quelque Olympe pour gouverner leurs concitoyens ; ce serait bête.

Car à l’instar de leurs compatriotes, nos gouvernants sont eux aussi enfants de la même terre et de la même histoire, notre terre et notre histoire.

Eux aussi subissent les mêmes inhibitions, les mêmes fautes, les mêmes faiblesses, les mêmes clichés et autres lieux communs…

Peut-être que c’est justement le problème de l’éloignement de la propre histoire ancienne qui produit une identité schizoïde et ambiguë, tantôt refusée tantôt hosannée.

Notre malheur viendrait de notre embarras devant cet héritage anomal, incompris, mal assumé donc puisqu’il est entendu comme doublement étranger : romain et de surcroit chrétien catholique dans un pays complètement arabisé, complètement islamisé !

                                                                                                          A suivre

 

Abdelmalek Smari

 

* Conférence faite à l’occasion de la semaine augustinienne, le 1er septembre 2007, à Cassago Brianza (Cassiciacum) Varèse pour l’association Historique-culturelle St Augustin.

 

 

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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 19:56

 incontro agostiniano

 

« L’un des traits communément cités comme distinctifs des temps modernes est la "sécularisation". Or ce concept, que la pensée allemande, de Hegel à Weber, a constitué en instrument majeur d’interprétation de l’histoire occidentale, est marqué par une profonde ambivalence : s’il peut recouvrir l’idée d’un déclin du religieux comme "secteur dominant" de la vie sociale, il peut aussi bien viser un mouvement de transformation ou de " transfert " de schèmes, de valeurs ou de concepts religieux ou théologiques au plan " mondain ". »

www.decitre.fr/livres/La-querelle-de-la-secularisation.aspx/9782711615674/0x00000001ce76fee0

 

Pourquoi les Algériens, descendants d’Augustin, l’ignorent, le snobent, et ne lui attribuent aucun intérêt ? 

J’ai encore dans la mémoire la question que le docteur Langella, professeur de Littérature à l’Università Cattolica de Milan, m’avait posée un jour pendant l’une de nos rencontres : « Pourquoi, me demanda-t-il,  la langue arabe est possédée par le discours religieux ? »

J’ai tâché de lui répondre tout de suite. Je ne me rappelle plus ce que je lui ai dit sur le moment, mais en revenant à la maison, en ruminant la question, je découvris qu’il fallait beaucoup de temps, de recherche et de réflexion pour pouvoir y répondre complètement… et encore !

Ainsi pensais-je lui répondre avec un mail, à tête reposée. Cependant, plus j’essayais et plus je me rendais compte que je n’en avais pas la capacité.

Quand le professeur Taddeo m’a contacté pour me parler de cette rencontre sur Augustin et quand j’ai su que ça a été Langella, lui-même, à proposer mon nom à votre association, j’ai pensé alors que le moment était favorable pour tenter une réponse plus approfondie à la belle et difficile question.

Je pars donc de cette question pour dire d’emblée, avec Amartyia Sen, qu’il existe chez l’homme une tendance à catégoriser unidimensionnellement la réalité humaine pourtant extrêmement ramifiée, riche, complexe et insondable. 

S’il ne s’agit vraiment que de ça, c’est de la mystification, c’est de l’ignorance aussi. Et dans les deux cas il s’agirait alors de mépris des efforts de l’homme - en sa version non occidentale.

Mépris qui conduit à la réduction et à l’avilissement du désir légitime de cet homme-de-second-rang d’être spécial, particulier ; de son désir de se détacher des ténèbres de l’anonymat pour jouir du soleil de l’individualité, pour naître et vivre vraiment.

Augustin « est situé d’une manière telle que les principales aventures de l’âme occidentale opèrent déjà en lui, sont à l’œuvre chez lui… C’est déjà un moderne parce qu’il se sentait obligé de repenser le tout… » (Le Magazine littéraire n° 439 – février 2005).

Augustin, justement « il ose parler de lui-même, des émotions de son propre corps et de son âme, il dit "moi"… »

Beaucoup a été écrit sur Augustin, aussi bien sur sa biographie que sur son œuvre entière. Une infinité d’auteurs en ont écrit et continuent d’en écrire : historiens, théologiens, philosophes, poètes, psychologues, lettrés…  mais ce qui m’intéresse personnellement chez lui c’est de savoir : « Pourquoi les Algériens, descendants d’Augustin, l’ignorent, le snobent, et ne lui attribuent aucun intérêt ? »

Est-ce à cause de la religion actuelle de l’Algérie (dispute rétroactive entre christianisme et islam) ?

Est-ce à cause de l’ignorance, tout simplement ; ignorance qui demeure cependant innocente (?) 

Ou faut-il déceler ici une forme d’exclusion (et par là même une mystification) voulue par les colonialistes ? Car en fait ces "Seigneurs des destins des autres" ont toujours considéré comme race inférieure, à mi-chemin entre l’homme et le singe, les hommes soi-disant pas blancs ; les Africains par excellence, y compris ceux du nord. Et ils seraient de ce fait et par définition incapables d’un exploit spirituel de portée universelle, tel à générer un Augustin !

Est-ce à cause de l’autre face de la mystification – l’aliénation - qui par réaction contraint les Algériens à penser que le philosophe Augustin est "trop digne" pour être africain ?

In « Sociologie d’une révolution » Franz Fanon a analysé cette aliénation et il est arrivé à la conclusion qu’elle n’est qu’un phénomène apparent.

En fait Fanon avait mis sous la loupe d’analyse psycho-sociale un phénomène linguistique-mental fort curieux que les Algériens indigènes avaient développé durant leur condition de colonisés, à savoir : toutes les choses et tous les objets précaires ou sans valeurs devraient être arabes et seulement arabes – à commencer par les personnes elles-mêmes !!!

L’efficience et la perfection sont françaises et seulement françaises !

Ainsi donc, nous avons "rue arabe" pour le sentier poussiéreux et étroit de terre battue; "française" est la rue large, goudronnée et propre. 

Ce n’est pas du masochisme ou de l’aliénation affirme Fanon. Bien au contraire, explique-t-il, il s’agit d’une simple prise de position pour montrer à l’occupant que les Natifs aussi ont leurs choses et leurs objets.

Eux aussi ont les noms pour indiquer leurs choses et leurs objets et possèdent par conséquent ces choses et ces objets.

Eux aussi sont en quelque sorte maîtres et propriétaires de quelque chose et de quelque destin.

Et, possédant ces choses et ces objets, ils peuvent se passer tranquillement desdits bienfaits du colonialisme et avoir enfin, eux aussi, leur dignité. 

Oui, le colonialisme est une situation anormale et absurde car il engendre des attitudes et des comportements non moins anormaux et absurdes.

À propos de cette espèce de fixation sur la supériorité prétendue du prétendu homme blanc, les historiens et anthropologues d’obédience raciste n’ont-ils pas nié l’origine noire de la civilisation des pays du Nile, comme l’affirme, avec beaucoup de documents à l’appui, Cheikh Anta Diop ?

De toute façon, civils ou barbares, "les autres" ont aussi une dignité. Et ils ont même fait de cette exclusion un trait d’identité, de dignité et d’orgueil !

 

In primis le langage

Comment agit cette mystification et quels sont les mécanismes qui la sous-tendent et la maintiennent lui permettant de réussir dans ses visées destructrices ? 

In primis le langage, bien évidemment : on continue souvent à nommer la topographie des lieux avec des termes passés, obsolètes, vagues donc et imprécis car non contextualisés et non ajournés par rapport à l’actualité géographique ; des termes comme : Afrique, Madaure, Hippone, Thagaste, Milev, Césarée, Cyrénaïque…

Les noms de personne n’échappent pas, eux non plus, à ces déformations, comme dans le cas des Africains Faust, Fronton et Apulée qui, dans la version française (la langue qui intéresse le plus Berbericus), semblent étrangers à l’endroit même de leur origine, d’ailleurs comme la présence, par exemple, du son P.

Fronton semble un vrai et authentique terme français ! Et que dire de Saint Augustin ? un mot illisible en arabe… mais il a toutes les caractéristiques linguistiques pour être un mot français (catholique, par-dessus le marché !)

Sont étrangers donc à l’Algérie actuelle et le nom et le nommé des personnes et des lieux !

Au lieu de nommer avec plus de précision ces lieux et ces personnages comme ils sont connus avec leurs noms actuels, l’on s’obstine à les étrangériser et l’on se perd donc souvent et volontiers dans des généralités du passé et dans ce brouillard parsemé d’archaïsmes ; brouillard sémantique dans lequel l’on ne peut plus reconnaître ni les endroits ni mêmes les gens, aussi illustres soient-ils !

L’usage donc des noms latins, abandonnés depuis des siècles et qui sont maintenant ésotériques, contribue à cette désorientation des actuels Algériens. 

Le latin était étranger, aux débuts, à Augustin même. Il a y eu un temps – confesse-t-il - où « … de latin, je ne savais pas un traitre mot… »

D’ici à voir en ces lieux et personnes des entités complètement étrangères, sinon abstraites et irréelles, des réalités qui ne concernaient pas les Algériens (pourtant héritiers directs et légitimes d’Augustin), il n’en faut qu’un poil.

Toutefois le grand Congrès scientifique international à Alger et Annaba de 2001, du titre "Africanité et universalité de Saint Augustin" a confirmé que la figure de ce grand philosophe est, malgré tout, en train de devenir populaire dans la terre qui l’a vu naître et mourir.

« Il est le plus illustre parmi les Algériens », souligne-t-on en effet dans les actes du congrès.

Malgré sa réputation et sa grandeur universelles, il n’en demeure pas moins qu’Augustin reste encore peu connu en Algérie de par son nom, figurons-nous ses écrits et ses idées.

Dans son livre "Bianco d’Algeria", il Saggiatore, Milan1998, Assia Djebar - en parlant des victimes de la période noire du terrorisme en Algérie - a inséré, très laconiquement cependant, Saint Augustin - qui se trouve encore à Pavie en exil, pourtant mort il y a 16 siècles auparavant ! - dans la saga des destins spéciaux, et parfois tragiques, de beaucoup d’écrivains algériens.

Augustin a été donc un sujet tabou pour longtemps et il l’est encore aujourd’hui pour la plupart des Algériens.

Et de ce fait ils sont peu ceux qui le connaissent et encore moins ceux qui veulent le connaître comme grand homme de culture philosophique-théologique universelle et le reconnaître comme fils de leur terre. 

Cela l’affirme aussi et l’explique, en passant, Mgr Henri Teissier - archevêque d’Alger - à Giovanni Cubeddu - qui lui demande:  « Qu’est-ce que signifie pour l’Algérie musulmane célébrer un saint comme Augustin? »

Le sacerdoce répond : « … jusqu’ici dans ce pays on n’a jamais parlé de l’Algérie des premiers siècles, chrétienne, mais seulement de celle postérieure au VIIe siècle, c’est-à-dire celle datant de l’arrivée de l’Islam et en prenant en considération le seul patrimoine historico-religieux arabo-musulman. Donc ce congrès n’est pas un congrès quelconque: il montre qu’aujourd’hui l’Algérie accepte son patrimoine culturel intégralement, se réapproprie l’époque chrétienne comme partie intégrante de son identité nationale et reconnaît la personnalité exceptionnelle de Saint Augustin. Et ce, non pas parce que l’histoire de ce pays manque de grandes personnalités musulmanes comme le grand philosophe du siècle XIV Ibn Khaldoun ou l’émir Abd-al-Kader qui fut protagoniste de la résistance à la pénétration française… »

« Qu’entendez-vous par le mot africanité ? » demande encore le journaliste.

« Ici se pose un problème, pour nous et pour les Algériens. Il y a celui qui affirme que Saint Augustin était un "Romain", parce qu’il écrivait en latin, il avait un nom latin, Augustinus, et cetera, et donc il ne serait pas un vrai Africain… en outre…  dans la société algérienne le débat est encore vivant sur sa position "politique" : selon certains il [Augustin] aurait pris le parti de Rome contre ceux qui représentaient alors l’identité nationale algérienne en opposition à l’empire, c’est-à-dire les Donatistes. »

Mais pour ce qui me regarde, le but de mon intervention est justement chercher à expliquer cette attitude irrévérente de mes compatriotes ; attitude plus stupide qu’ingrate. 

Je voudrais tant creuser, tant rechercher, dans cette attitude hostile qu’ont eu les Algériens vis à vis de l’un des grands personnages de l’histoire, de ce fondateur de la culture dite occidentale ; et ce que je vais dire à ce propos sera une espèce de compte rendu de ma prise de conscience personnelle de la nécessité de me réconcilier avec un pan non indifférent de l’histoire algérienne ; histoire à nous niée à cause de notre ignorance, complice de l’œuvre mystificatrice d’autrui.

J’entends par le terme "autrui" la culture tendancieuse des colonialistes qui ont un intérêt vital à créer des barrières - tant fausses qu’imbattables - entre les peuples ; peuples qui du reste ne sont pas si différents entre eux.

Car ils sont voisins et ont en commun une histoire, des échanges commerciaux, des mots, des sensibilités, des idées, une culture, une philosophie, des territoires, des traditions, des mythes et des destins…

Réhabiliter cette tranche importante de l’histoire algérienne fait partie maintenant des priorités d’une classe d’intellectuels de l’Algérie d’aujourd’hui : Assia Djebar par exemple et tant d’autres en passant par le président de la République, jusque au Conseil suprême de l’Islam, entre autres institutions.

Et moi aussi, à présent que j’ai saisi l’importance historique d’un tel personnage, je voudrais contribuer, à partir de mon petit coin, à ce noble projet.

Peut-être seulement ainsi, l’on arrive à instaurer un dialogue d’amitié et de respect mutuel entre des peuples voisins qui semblent différents, lointains, incompatibles et hostiles les uns envers les autres ; alors qu’en réalité ils sont très proches et peuvent très bien être frères et solidaires – Augustinus docet.

Peut-être seulement ainsi, l’on arrive à poser les fondations d’une entente vraie et durable, car authentique, d’abord entre Algériens et Algériens et ensuite entre eux et les autres.

Si Augustin l’Algérien n’est pas propriété privée de l’Algérie, il ne saurait être non plus propriété privée de l’Église. Et ses enseignements appartiennent à toute l’humanité, tant qu’ils continuent à lui servir encore.                                 A suivre

 

Abdelmalek Smari

 

* Conférence faite à l’occasion de la semaine augustinienne, le 1er septembre 2007, à Cassago Brianza (Cassiciacum) Varèse pour l’association Historique-culturelle St Augustin.

 

 

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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 20:27

 

 

« Plus que jamais, les démocrates arabes

se doivent de refuser d’être les jouets de

puissances et d’intérêts qui se jouent

cyniquement de leur aspiration à la liberté

et à la démocratie. » Kharroubi Habib

 

 

 

J’y suis, j’y reste !

« Libye : Obama joue et gagne: La révolution est belle. Même si les acteurs les plus efficaces ne sont pas les plus visibles »

Ecrit en titre de son article au Quotidien d’Oran du 7-9-11 le journaliste Abed Charef, amer et non moins ironique, et il explique :

« … derrière l’image de rebelles déterminés, se cache en fait le redoutable appareil militaire américain, qui a permis d’écraser l’armée libyenne. La mobilisation du dispositif de l’OTAN, la participation de la France, avec un Nicolas Sarkozy qui adore parader quand on lui donne le beau rôle, et des rebelles très médiatisés, ont largement permis de cacher le rôle central de l’armée américaine dans la chute de Kadhafi. Seuls quelques rares analystes y ont fait allusion,… »

 

« L’Otan - écrit de sa part M’hammedi Bouzina Med au Quotidien d’Oran du 7-9-11 citant le SG de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen - restera en Libye tout le temps qu’il faudra, sans une minute de plus. »

Et Rasmussen précise : «L’arrestation de Kadhafi est un élément qui compte dans la suite des opérations de l’Otan, mais notre mission ne prendra fin que lorsque nous serons certains de la capacité du CNT libyen à assumer la protection des civils. »

 

Voilà, les cartes sont découvertes : les puissances prédatrices sont en Libye et elles y restent ! Et d’ailleurs les Libyens seraient-ils plus intelligents que les Irakiens ou les Somaliens qui ne sont pas encore arrivés, des lustres après leur occupation par ces mêmes puissances prédatrices, à assumer la protection de leurs civils et à se débarrasser de leurs occupants ?

 

Autre martyre intime du 22-08-11… ça n’en finit plus !

Il semble que Kadhafi non seulement est condamné à lâcher prise mais aussi qu’il va mourir ;

tellement la haine à son encontre est inouïe, sans limites ;

tellement il a été salaud en abusant du pouvoir ;

tellement est grande et impitoyable la force destructrice des instincts animaliers, carnassiers, déchainés des puissances prédatrices et de son opinion dite aussi mondiale (mondialisée) !

Cela dépend des points de vue ; le mien est que cette révolte libyenne a été l’œuvre de ces mêmes puissances carnassières.

A écouter Abdeljalil, chef/porte-parole du CNT libyen à la chaine tv El-Jazeera, on note qu’il n’a pas omis de rappeler dans son discours la promesse de traitement d’honneur que recevront d’abord l’Empire, maître d’œuvre et chef d’orchestre sine qua non, puis ses métastases et enfin les miettes pour les métastases des métastases comme le Qatar et Omro Moussa…

Je dois avouer que ce masochiste de porte-parole est un beau parleur ! Seulement il omet de mentionner le rôle des religieux dans ce scenario de malheur, pourtant son discours est garni de Hadiths !

Il ne nous reste qu’à prier pour que l’Etat libyen se recompose et renaisse promptement de ses cendres.

J’espère que ces puissances de malheur vont se contenter de cette proie… mais avons-nous jamais vu ou entendu parler de quelqu’un qui dit ‘‘Non au pouvoir, à la richesse, à la puissance, à l’expansion, à l’impérialisme’’ ?

De cette libido dominandi, il n’y a pas que nos dits dictateurs qui en sont férus, assoiffés, morts d’envie…

Cette constante de voracité est humaine et vaut aussi bien pour l’individu (Kadhafi, Sarkozy, Obama, le directeur d’un journal ou le patron de la chaine Al Jazeera) que pour les nations ;

que l’on pense aux empires et aux Etats à travers l’histoire…

Que l’on pense à la guerre des sables où le Maroc voulait faucher à l’Algérie une part de son territoire au lendemain même de sa sortie exsangue et quasi morte de sa guerre d’indépendance…

Que l’on pense aux guerres infinies entre Allemands et Français à propos de l’Alsace et la Lorraine qui, à deux reprises ont débouché sur des charniers planétaires…

Que l’on pense au frère qui exclurait volontiers, par ruse ou par force, son frère ou sa sœur d’hériter de leurs parents le moindre sou ou le moindre cm2 de terre…

Oh mon dieu, fais que la proie Libye se révèle venimeuse pour ces puissances prédatrices ; et elle le sera – n’est-ce pas ? - par la logique inexorable que tu as écrite et décrétée dans le DNA même de tout virus tueur, de toute cellule métastasique, de tout individu égoïste, de toute nation prédatrice qui finissent nécessairement par mourir après l’élimination du corps qu’ils sucent, usent et détruisent.

Autrement ce serait bête de croire au ciel et aux dieux ;

Ce serait bête de croire à l’ordre et à la sagesse de la nature et de la vie ;

Ce serait bête de croire à la justice et au bien en général.

La révolte syrienne sera renforcée par la pour-le-moment « victoire » remportée par l’empire et ses métastases.

A chi tocca, maintenant que la Libye a succombé ? à la Syrie peut-être…

Mais ces puissances de malheur ont déjà dérouté la Syrie. Elles l’ont déjà chaotisée, envenimée, tétanisée… et elles attendent qu’elle tombe, et elle tombera inexorablement, d’elle-même.

Les mauvais génies au Pentagone, sous Bush, ont théorisé la chaotisation des pays des Enculés de la terre ; leurs disciples (Obama avec ses hommes de main comme Sarkozy, Cameron et autres métastases microscopiques) sont en train d’exécuter à la lettre tous les enseignements de ces théoriciens criminels, ces germes du malheur et de la misère humaine.

Le chaos créateur prêchait Condoleezza Rice… elle sait très bien (avec sa bande et ses maîtres à penser et tramer le malheur et la misère des peuples) que le progrès et la prospérité des nations Enculées n’adviennent que dans la paix, l’ordre et la sérénité…

C’est pourquoi ils ont juré, elle et ses maîtres à penser et à nuire, de n’épargner aucun moyen (et – putain !- des moyens, ils en ont) pour venir à bout de ces nations qui osent prétendre à la liberté et à la vie dans la prospérité et la dignité.

C’est pourquoi ils ont juré, ces chefs criminels et leurs lieutenants de par le monde, de semer la guerre, l’anarchie et l’incertitude dans le cœur même de ces pays misérables afin qu’ils les détournent de leur aspiration, pourtant légitime, à la vie et au respect.

Ils les veulent toujours pauvres, ignorants mais asservis afin de les exploiter et les spolier tranquillement de leur dignité, de leurs richesse et de leurs territoires ;

la Palestine, la Somalie, la Yougoslavie, l’Irak, le Soudan, l’Algérie, l’Egypte, la Tunisie, la Libye, la Syrie… tous ces pays et autres ne font que hurler cette injustice infâme et infamante.

Tous ces pays, ou ce qui en reste, gisent agonisant sous le poids de cette chaotisation et sont à la merci totale de ces puissances des ténèbres et de la ruine !

Il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura (ils ne leur laissent ?) pas assez de sérénité pour que les gouvernants des Enculés puissent concevoir et mettre à l’œuvre des politiques saines de développements économique et social efficients et de bonne gouvernance.

Il n’y a (ils ne leur laissent ?) pas de sérénité non plus au sein de ces peuples dominés, écrasés et chaotisés pour qu’ils puissent voir clairement dans ce qui est en train de leur arriver et de réagir en conséquence en se mettant d’accord avec leurs gouvernants (comme cela se fait au sein de ces puissances qui sont démocratiques chez elles, à l’intérieur de leurs propres poulaillers, dictatoriales à la maison des autres).

Il n’y a (ils ne leur laissent ?) pas assez de sérénité non plus au sein de ces peuples dominés pour qu'ils puissent prendre conscience de leur condition d’Enculés de la terre,

Il n’y a (ils ne leur laissent ?) pas de sérénité non plus au sein de ces peuples dominés telle à les porter à dénoncer le vrai ennemi, structurel, cruellement et éternellement présent et menaçant, qui les guette tous (gouvernants et gouvernés!) et les utilisent tous, inutilement, impitoyablement, létalement.

Il n’y a (ils ne leur laissent ?) pas assez de sérénité non plus au sein de ces peuples dominés pour qu'ils puissent enfin s'entrider pour construire, la main dans la main, un peu de décence dans leur vie…

 

Ce que paye la Libye à ces mercenaires de l’OTAN, à ces légionnaires et fils de légionnaires, pour qu’ils détruisent… la Libye !

Bien que j’ai mis un point d’exclamation à ce sous-titre, je ne pense pas avoir exagéré en disant qu’il y a des êtres humains qui peuvent aller jusqu’à payer cher, très cher, leur propre mort et la ruine de leur propre pays.

Ces victimes qui se battent ou, mieux, qui se jettent à lécher les bottes de leurs bourreaux de tour et à les remercier d’avance (avec onori e oneri) pour qu’ils leur infligent le maximum du mal, l’extrême humiliation… ces victimes de la stupidité et des défaites historiques, ces masochistes, existent bel et bien dans la nature, vivent et végètent… et avec quelle arrogance, quelle inconscience et quelle joie !

« L’idée diffusée ces dernières semaines et qui alerte sur le coût financier de cette guerre est une grosse "tromperie" – lit-on au quotidien Le Quotidien d’Oran du 14-07-11 -.  Les alliés occidentaux n’ont pas déboursé, en réalité, un seul euro dans cette opération. Car, faut-il rappeler que plus de 150 milliards d’euros de la fortune personnelle de Kadhafi et sa famille [ !!! voir sur ce même blog : Où va l’argent des dictateurs] ont accumulés dans les banques européennes sont sous séquestre ?

Faut-il rappeler que les fonds souverains de l’Etat libyen placés dans des banques européennes, avant la guerre, sont estimés à plus de 250 milliards d’euros ?

Enfin, est-il nécessaire de signaler que le soutien logistique et armé aux rebelles libyens est, d’après les propres déclarations des coalisés, facturé sur tous les avoirs de l’Etat libyen, gelé par les Occidentaux ?

Outre ces données, rappelons enfin que les rebelles et Occidentaux contrôlent depuis le deuxième mois de la guerre (avril) la production et la commercialisation du pétrole des ports de Benghazi et Misrata et dont les revenus servent, en grande partie, à couvrir les frais de la guerre contre Kadhafi. Ainsi, la guerre contre Kadhafi et son armée est non seulement financée par les Libyens eux-mêmes, mais fait tourner également l’industrie de l’armement européen et américain.

"La guerre a déjà coûté 100 millions d’euros à la France", avancent les officines de propagande française, "soit un million d’euros par jour" précisent-elles.

En plus du ridicule du montant et le mépris du coût en vies humaines libyennes et autres victimes collatérales; en plus de la tragédie des centaines de milliers de réfugiés dans les camps de fortune, [il] faut bien se rendre compte qu’un nouveau cap, celui du cynisme et de l’abjection, vient d’être franchi par les coalisés, principalement, la France de Sarkozy, pour mettre sous tutelle politique la Libye de "l’après Kadhafi". »

Voir aussi, à ce sujet, ce lien :

 http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5157327&archive_date=2011-09-04

où la journaliste Ghania Oukasi parle « d’une lettre transmise à l’émir du Qatar dans laquelle les membres du Conseil national de transition libyen (CNT) reconnaissent réserver 35% du pétrole de leur pays à la France, ils [les Français qui ont démenti l’existence de cette lettre] avouent cependant officiellement que la guerre qu’ils mènent contre Maâmar El Khadafi leur permet d’avoir des privilèges dans ce sens. »

Il va de soi que, quand on dit Français ou Libyens, on entend les groupes d’intérêts qui comptent effectivement dans le pouvoir stratégique et décisionnel.

On entend donc cette nouvelle Trinité (cette nouvelle alliance sacrée entre la finance, la politique et les média) dont la vocation consiste essentiellement à semer la mort et la destruction afin de pouvoir piller en toute impunité les morts et saccager les ruines.

A propos de cette alliance trinitaire sacrée entre les finances, la guerre et les média, Robert W. McChesney et John Nichols écrivent  in Le Monde diplomatique – Août 2011 :

« Selon le fondateur du National Voting Rights Institute, M. John Bonifaz, la possibilité donnée aux multinationales d’user sans limites de leur trésorerie générale pour diffuser leurs opinions politiques va faire d’elles les propriétaires effectifs de notre démocratie. »

 

Ma lecture d'un segment de l'histoire : le chaos libyen, un remake de la révolution française ?!

« La France, écrit Antonio Gramsci, donne un type achevé de développement harmonique de toutes les énergies nationales et spécialement des catégories intellectuelles;  quand en 1789 un nouveau regroupement social émerge à l’histoire politiquement, il est complètement équipé pour toutes ses fonctions sociales et il lutte donc pour la domination totale de la nation, sans venir aux compromis essentiels avec les vieilles classes, mais par contre en les subordonnant aux propres buts."Les intellectuels et l’organisation de la culture"

Je suis un grand lecteur - ceci ne veut pas dire que je suis un grand savant ou un grand intelligent - et si quelqu’un me demandait de lui citer un seul poète libyen, je ne saurais lui répondre! De la Libye il ne nous arrivait pratiquement rien !

Ceci dit, la faute de cette ignorance est entièrement mienne, mais ceci n’exonère pas ce pays, la Libye, qui n’a jusqu’à présent fait aucune politique culturelle sérieuse apte à promouvoir à l’extérieur sa propre littérature comme font l’Egypte, le Liban, la Tunisie ou même l’Algérie!

Mais la littérature libyenne existe heureusement, en barbe à mon ignorance personnelle, même si elle reste trop locale.

La France, déjà avant 1789, avait le Roi Soleil, Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Lavoisier et les encyclopédistes comme Diderot et D’Alembert entre autres grands esprits universels avant et après la révolution comme Pascal, Descartes, Molière, Racine, Corneille ou Anatole France, Chateaubriand, Hugo  et la liste est presque infinie.

Dans l’introduction écrite à une édition française du « Les souffrances du jeune Werther », Goethe, en visite à Paris à la veille de la Révolution, avait remarqué que les Parisiens (et qui dit parisien, dit français) avaient tous l’habitude presque maniaque de tout lire, partout !

Pour ce qui concerne le monde dit arabe, une enquête d’il y a quelques années effectuée par un organisme de l’Onu a montré que, en matière de production, traduction et consommation littéraire, tout le monde arabe (Egypte, Liban et Libye compris) n’arrive pas à battre la minuscule Grèce!

En revenant aux Français et à leur révolution, qui mieux qu’un Victor Hugo pouvait comprendre et exprimer l’apport des cavaliers du siècle des Lumières à la révolution française ?

Hugo en effet faisait comprendre que la révolution eut lieu dès le moment où même les "Misérables" étaient arrivés à assimiler la pensée de Voltaire et de Rousseau, quand il mettait dans la bouche d’un Gavroche : "C’est la faute à Voltaire … C’est la faute à Rousseau."

Sincèrement, même si l’histoire n’est pas si stupide ou ridicule à vouloir faire le bain deux fois dans la même eau qui court, je ne crois pas que les révolté libyens aient quelque chose à partager avec les révolutionnaires de1789.

Non, ce n’est pas possible!

La Libye changera sûrement mais il n’est pas dit qu’elle le fasse dans le sens radical-positif.

Et internet, dans tout ça ?

Il est évident qu’internet est en train de jouer un rôle très important dans la diffusion de la communication entre les hommes et ce en tous les sens et à chaque instant du jour et de la nuit. Mais il n’est pas dit qu’internet agisse seulement dans l’avantage des "damnés" de la terre :  avec des illusions inédites, ce moyen terrible de la communication moderne enfonce encore davantage « ces-encore-bédouins » dans leur habitus mental magique et fataliste où brillent « luxuriantes » la stupidité et l’inconscience historiques.

Après tout internet est né de la côte du Pentagone, substance, cœur, cerveau, épine dorsale du pouvoir des Messieurs les dominants de la terre.

C’est pour cette raison, évidente et pertinente, que je ne pense pas que le pouvoir d’internet vienne offert sans contrepartie (les utilisateurs parasites doivent payer principal et intérêts chèrement, très chèrement, vu l’immense Alieni apetitio qui meut l’Empire et fait ramper ses lieutenants et ses métastases de serfs imbéciles.

Quant à Obama, il est encore au début du troisième an de son mandat premier, et il a déjà eu sa guerre. Personnellement, ce Monsieur m’est encore sympathique et je crois (je le souhaite) que sa guerre lui ait été dictée par une espèce de tactique pour contenter cet ogre de pouvoir médiatico-impérialistico-financier auquel il appartient et dont il dépend.

Mais, hélas, je suis très sceptique. Je n’entend pas faire le prophète mais seulement lire, à partir de mon coin microscopique dans cette terre immense, les événements tragiques ou heureux de notre époque;  événements qui sont le déroulement d’un petit segment de la longue histoire de l’humanité.

Quant l’hypothèse selon laquelle le chaos libyen serait une révolution similaire à celle de 1789, je ne saurais souscrire à une telle abjection épistémologique.

Je savais par ailleurs que 1848 était une seconde révolution française, mais de portée historique moindre par rapport à celle de 1789, mais je ne savais pas que ce fût une date de portée européenne, même si la France de cette époque, la France postnapoléonienne, était elle-même de portée européenne...

 

Mamma li turchi ! ou le ballet des nakassate

Oh toi, le supporter, le fan des révolutionnaires par procuration, tes analyses et ton zèle militant ne me convainquent point car tu as une idée un peu partisane mais trop étriquée pour ce qui regarde les enjeux historiques des malheureux pays des Enculés de la terre.

Peut-être c’est plus à cause de ton tempérament qu’à cause de ton savoir ou la pertinence de tes idées politiques.

Peut-être c’est à cause de ton choix idéologique qui répond plus à une mode qu’à une position politique élaborée et construite dans la sérénité nécessaire à tout raisonnement et à toute pensée ou opinion sérieuses.

Peut-être c’est à cause de quelques gènes de stupidité civilisationnelle qui ont toujours caractérisé homo berbericus de Massinissa, le traitre de Carthage,

à Bocchus qui a trahi Jugurtha,

en passant par ceux qui ont fait appel aux exécrables Turcs ottomans

qui, plus tard, nous ont vendus à leur tour aux Français de 1830,

à ceux qui n’ont pas su chasser (à cause de leurs divisions et égoïsmes mesquins) ces féroces et barbares pillards,

à ceux qui, aujourd’hui encore continuent, sans vergogne, fidèles à ces gènes de stupidité civilisationnelle, à ne pas savoir préserver la dignité de leurs propres pays et peuples ; dignité pourtant payée cher, très cher, en sang et en larmes

à ceux-ci mêmes qui, aujourd’hui encore, continuent à ne pas comprendre encore que le navire Berbérie est en train de couler une autre fois encore et dieu seul sait pour combien de temps encore nous serions effacés de la face de la terre et de l’histoire…

Et ce serait scandaleusement tendancieux et calomnieux de la part de ces gens atteints de ces vices ou de l’un de ces vices quand ils interprètent tout scepticisme vis-à-vis de leurs velléités maso-destructrices comme une espèce de pliement aux soi-disant théories complotistes au lieu d’y voir une saine et civile résistance, un soubresaut de dignité et de liberté…

Ces gens qui, tout comme Kamel Daoud qui s’est révélé figure emblématique du défaitisme et de l’auto-flagellationisme (voir l’article précédent sur ce même blog), sont fatigués « de ces analyses lassantes par l’hypernationalisme. » « de ces gémissements sur le pétrole que l’on veut nous voler. » « de ces théories du complot mondial contre nous,… » « des anti BHL assis, bien que BHL soit une façon de manger tout à fait détestable. » « de l’anti-impéralisme du gémissement et des analyses derrière la télé, sans les balles ni les cadavres. » Ces gens, dis-je, qui se moquent de la fière liberté des autres oublient, ou croient e faire oublier au monde et à l’histoire, leurs propres bosses, leur propre laideur morale, et voient dans tout mouvement politique marginal une sorte de défaitisme et de stagnation historiques !

Entre temps ce même Kamel Daoud fait de l’arbre Erdogan une forêt de citoyens qui ruissèlent de tolérance et de démocratie.

Et c’est en vertu de cet Erdogan-forêt que ce Kamel Daoud veut nous donne une Turquie démocratique comme exemple à suivre !

Il ne manquait plus que ça aux Algériens !

Après l’expérience de trois siècles entiers d’appauvrissement, d’obscurantisme et de despotisme passés sous le joug et les bottes des hordes des janissaires et de leurs beys et aghas et autres bachaghas !

Après trois siècles entiers qui nous ont valu l’expulsion totale et sans recours du monde de la modernité et de l’évolution socio-culturelle, économique et politique dans une époque justement propice au progrès et à la modernité… nous voilà à présent pressés et admonisés, de la part de ce militant des droit de l’homme, de nous re-plonger, tête en bas, dans l’enfer de nos anciens bourreaux qui nous avaient vendus, après nous avoir décharnés et désossés, à leurs héréditaires de droit : les Français.

Il nous presse à nous rechuter et admirer un pays qui nous a vendu en signant l’acte de vente - comble de l’humiliation ! - en langue ottomane. Cette langue même que les Algériens admiraient à tel point de lui préférer l’élégance et l’intelligence du pet d’un berbericus !

En voilà une définition en chair et en os de la mystification et de l’aliénation !

Ce Kamel Daoud ignore (ou complote ; puisqu’il accuse de complotistes ses concitoyens qui s’alarment légitimement de la présence française en Libye) que la Turquie est un membre actif et déterminant dans l’Otan.

Elle est un œil guettant, épiant et délateur ; elle est main féroce, redoutable, à la solde de l’empire ; elle est le fer de lance qu’utilise ce même empire pour arracher le monde dit musulman des griffes du dragon chinois.

A propos des Chinois, ce Kamel Daoud ne cache pas son antipathie, son allergie, son aversion épidermique comme s’il était face à une peste, envers ce peuple – qui a été pourtant, l’histoire le dit, parmi les peuples les plus pacifiques de la terre ; en tous les cas plus pacifique que la France, la Turquie ou l’Angleterre d’hier et d’aujourd’hui !

Ce Kamel Daoud pense de cacher son credo, lui aussi ( !), derrière le tamis de la théorie du complot : lui aussi croit que la présence des Chinois en Algérie et ailleurs dans le monde n’est pas due à leur dynamisme économique et à leur savoir faire et à leur capacité incontestée en matière d’affaires et de business, mais est l’œuvre d’une conspiration montée – sciemment ou par ignorance - par nos gouvernants corrompus ou idiots ou les deux à la fois avec les exécrables arrivistes de Chinois !

Quant à l’intelligence et à l’honnêteté c’est du ressort de ce même Daoud, de ses pairs et ses encensés maîtres auxquels il faut ajouter, dernièrement, les Turques !

Vous voyez comme c’est simple et même simpliste d’accuser ceux qui ne la pensent pas comme nous de tous les maux et de n’importe quoi… et tout tient debout.

Mais là où il doit y avoir de l’hésitation et de l’ambigüité – et il n’y a que ça dans ladite nature de l’homme -, l’on peut dire qu’aucune théorie explicative de l’homme et de ses mœurs ne peut être valable à cent pour cent... 

En réalité ces gens, eux-mêmes complotistes même s’ils l’ignorent ou font mine de l’ignorer en le cachant à eux-mêmes et aux autres, ces gens ne pensent qu’à leurs intérêts présents et savent que tôt ou tard ils vont mourir et tout sera néant pour eux, alors ils préfèrent laisser que ruines et honte à leur postérité.

Ces gens stupides (ou malins ou maléfiques ou frustrés ou condamnés à être serfs, défaitistes ou maso-fatalistes, malheureux en tous les cas) ne pensent pas qu’ainsi ils vont sortir de l’histoire et mourir en parasites et sans dignité, dans l’anonymat total et irrémédiable de l’histoire.

Ces gens stupides ne pensent pas que ce sont leurs enfants et leurs petits-enfants qui vont hériter les fruits amers de leurs lâcheté injustifiable, criminelle et, tout simplement, inutilement tragique.

Je t’invite, oh toi, le sympathisant de cette révolution par procuration, à être serein et à creuser un peu en toi-même, à lire surtout et à ne pas te fier trop de tes caprices, de ta taghennanet, de ton ignorance et de tes peurs et couardises en les prenant pour des vérités établies.

Ceci étant dit, tu es enfin libre de croire que, partis Kadhafi, Bouteflika ou autres, tous les Algériens et tous les Enculés de la terre auraient les cheveux blonds,

les yeux bleus ou verts,

les lèvres écarlates,

les épaules larges,

la bouche pleine de sourire et de poésie,

les cœurs pleins de fraternité et d’amour,

l’estomac de délices,

les poches de dollars ou d’euros,

les cerveaux (surtout ceux-ci) de génie,

et la personne couverte de d’honneurs et de gloires…

Pour ce qui me concerne, je doute de ces miracles.

Peut-être que je suis pessimiste, peureux, ou sénilisant ou tout ça à la fois mais seules les générations futures sauront dire de nos paroles si elles ont eu tort ou raison.

Moi et toi, nous n’y serons plus en tous les cas pour le savoir.

J’espère de tout cœur que tu as raison et moi tort; malheureusement je ne vois dans notre cas ni espoir ni raison mais seulement une énième neksa

tragique,

trop tragique.

 

la Ahlan oua la marhaban à l'inconscience historique...

Un tel discours (chanter des miracles), Kadhafi l’aurait fait à la veille, au jour et au lendemain de « sa révolution » de septembre 1969.

Et de ce point de vue toi, cher « révolutionnaire » par procuration, et ceux qui la pensent comme toi ne m’apprenez rien de nouveau. En d’autres termes, la démonisation de nos gouvernants et nos gouvernements par les mystificateurs et la crédulité de leurs ouailles trompées, aliénées ou opportunistes ne m’étonnent pas... ou plus.

Si toi et ceux qui la pensent comme toi souhaitez la bienvenue à notre damnation éternelle dans son nouvel habit ; libre à vous de le faire.

Quant à moi, je ne peux que (je dois) crier: la Ahlan oua la marhaban à l’inconscience historique... et libre à moi de le faire.

Ce qui par contre te classe, toi et ceux qui la pensent comme toi, dans la lignée d’un dictateur sanguinaire comme Kadhafi, c’est cette haine cruelle et irrationnelle, cette envie de faire du mal à une personne pour la simple raison qu’elle est tombée (précipitée) en disgrâce, cette soif de vengeance (aveugle) par la mort, cette arrogance d’ôter la vie (dont vous n’êtes pour rien les auteurs) à quelqu’un qui l’avait reçue d’un tiers.

Quant aux jours qui viendront, jamais ils ne seraient capables de nous éclairer, car il y aura toujours le tamis de la mystification, de l’arrogance et de la stupidité qui nous embrouillerait en cherchant de cacher le soleil... de la vérité (?)

Que dire de la position du gouvernement de l’Algérie? Selon moi c’est une bonne position, non pas parce qu’elle est juste (personne ne peut détenir les clés de la vérité) mais parce qu’il l’assume tout simplement avec lucidité et avec responsabilité.

Et tant pis si cette position n’est pas superposable à la position que toi et des gens comme toi avez choisie et adoptée.

« Le silence de la diplomatie algérienne, écrit Salem Ferdi su le Quotidien d’Oran du 24-08-11, « ne traduit nullement une gêne quelconque face au changement de régime en cours en Libye »… « c’est bien l’Algérie qui a souffert le plus des nuisances de l’ancien régime [de Kadhafi] sur de nombreuses questions sensibles telles que les frontières, le Censad, l’Etat unitaire touareg ».

Ceci étant dit, il ne faut pas me prendre pour un pro Kadhafi. Je suis pour la révolution (voir sur ce même blog mon article sur la révolte de la Tunisie), mais la vraie révolution, la révolution authentique, faite par les fils et les filles de la terre libyenne.

Je n’aime pas ces « Dirou 3arsi ouana ghaiib », ces « Fêtez-moi pendant que je suis absent », ces pseudo révolutions, ces révolutions faites par procuration car elle ne porteront qu’à un autre asservissement, à une autre oppression et à une autre injustice encore plus tragiques et plus scandaleux.

« L’information fait partie de la guerre, écrit encore Salem Ferdi. On peut décrypter son fonctionnement ces derniers jours sur la Libye. La première mission est de mettre en exergue que la libération de Tripoli est le fait des rebelles libyens et il fallait mettre au second plan la grande part de l’Otan. Et surtout éviter de poser les questions sur le subit renversement de la situation militaire qui serait, selon des analystes non médiatiques, le fait d’un apport externe qualitatif constitué par l’intervention de forces spéciales occidentales sur le terrain. »

Donc, je n’aime pas Kadhafi pour une autre raison que sans doute tu as notée toi aussi: le soutien du terrorisme international.

Je ne l’aime pas pour une troisième raison car il a confisqué pour lui seul la révolution et les luttes de son peuple.

Je ne l’aime pas parce qu’il n’était qu’un shady, un histrion, qui faisait rire de pitié ou de ridicule les gens qui se respectent. Il les faisait mourir de honte aussi.

Je ne l’aime pas parce que il s’est proclamé chef de l’Etat libyen à vie. Par principe, je considère la politique comme un simple service à rendre par un citoyen à sa communauté. Sur mon blog, j’avais crié "Non au troisième mandat". Et j’avais prêché dans d’autres articles l’alternance politique comme unique et vraie voie de salut des damnés de la terre.

Je ne l’aime pas et je lui en veux tant pour avoir toujours cherché à déstabiliser les pays de ses frères et voisins comme le Tchad, l’Egypte, la Tunisie et dernièrement (depuis toujours ?) l’Algérie. Souviens-toi quand il avait appelé à la création d’un Etat saharien espérant amputer l’Algérie de son désert pour le compte de ses maitres à Londres et à Paris. Crime que les Algériens avaient fait payer cher à De Gaulle et ses Paras et mercenaires !

Je ne l’aime pas parce qu’il s’est révélé incapable de gérer le début de l’insurrection comme ses voisins Ben Ali et Moubarak. Au contraire, c’est par sa stupidité, par ses calculs funestes ou par sa complicité assassine qu’il a contribué à la réinstallation des légions de l’exécrable alliance des pillards et dévastateurs du néocolonialisme, séminateurs de mort et d’injustice.

Je ne l’aime donc pas mais je me considère trop "incompétent" pour le juger et le condamner à mort. Seuls des gens, bons et infaillibles comme toi et qui la pensent comme toi, pouvez (pourriez ?) avoir cette compétence déshonorante.

Enfin une action accomplie par procuration est une action qui demeure toujours aliénée, inachevée ou mieux encore perverse et contre-productive car elle prend en otage perpétuellement les clients auxquels elle est refilée et fait d’eux des êtres chantables, vulnérables, aliénés, mesquins…

Je crois, du moins pour le moment, avoir épuisé mes arguments en ce domaine. Et si je devais continuer je ne ferais que me répéter et sincèrement je ne n’aime pas perdre un temps précieux et rare. Non je ne peux me le permettre.

Cher révolutionnaire, je te plains et je plains surtout ton supporter, comme je plains cet irresponsable de Kadhafi.

Mais je vous estime également pour être homme comme vous, pour être votre frère. J’estime votre ténacité, vos arguments que je partage, pour certains, avec vous, complètement… mais je crois encore à « oua la youjrimennakoum chana-aanou qaoumine 3ala enla ta3dilou… »

Ne t’en fais pas, cher révolutionnaire par procuration, cette maxime je me la dis toujours à moi-même avant de la réciter aux autres.

 

            « Plus que jamais, les démocrates arabes se doivent de refuser d’être les jouets de puissances et d’intérêts qui se jouent cyniquement de leur aspiration à la liberté et à la démocratie. » Kharroubi Habib

 

Abdelmalek Smari

 

 

Nota bene : Enfin, chers lecteurs, l'amélioration de nos idées reste tributaire de vos lectures vigilantes mais compréhensives, de votre soutien donc à nos efforts et de votre critique, surtout. Merci !

 

 

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 15:24

 ci-vileté Corps-Calcinés

 

Des corps humains calcinés... ça vous rappelle l’abri d’El Amiriya in Irak, n’est-ce pas ? Là au moins Georges W. Bush avait reconnu sa frappe... Ici, dans cette photo prise à Tripoli, on en accuse Kadhafi qui déjà "n’existait plus" au moment de cette Fumade... Mais l’OTAN y était déjà… justement pour détruire le pays et brûler vifs les gens, n’est-ce pas ?

 

 

 

 

 

 

 

Nos bêtises, nos malheurs … enfin d’autres termes pour les dire…

 

« Quel rôle – se demande Philippe Ségur avec lucidité et ironie - joue le peuple réel en définitive ? Celui d’un simple opérateur dans le processus de sélection des représentants. En aucun cas, il n’est réellement celui qui décide. Il n’est  qu’un tiers dans le mécanisme juridique de la représentation, même s’il est politiquement celui à qui son idéologie s’adresse. »

« Objectera-t-on qu’il [le peuple] infléchit au moins les grandes options politiques en orientant dans un sens ou dans l’autre les majorités gouvernantes, de même que l’observation du vol des oiseaux, les auspices, à Rome pouvait décider de la tenue d’une assemblée ou de l’engagement d’une bataille ? »

Et l’auteur conclut le chapitre « Toute parole est mensonge » : « Il n’est pas d’Etat ou d’organisation collective qui puisse faire prévaloir authentiquement la liberté de l’individu sur ses propres intérêts. »

Philippe Ségur « Le pouvoir monstrueux » Ed. Buchet/Chastel 2010

 

Il n’en demeure pas moins toutefois que « Tout citoyen est obligé de mourir pour sa patrie -Montesquieu enseigne -; [mais ] personne n’est obligé de mentir pour elle. »

 

La retraite paisible des assassins de marque

« Jeune Afrique » du 12-07-2011 a reconnu un certain mérite à Human Rights Watch pour avoir dénoncé George W. Bush (ou plutôt l’ad-mi-nis-tra-tion de l’ancien président George W. Bush ( !) pour son comportement, le moins qu’on en puisse dire, dévastateur, gratuitement dévastateur, dans sa guerre à l’Afghanistan et à l’Irak.

Notez en passant le langage de la revue africaine de … Paris ( !) : il n’y a pas de traces aux mots « sanguinaire, dictateur, régime ou autres péjoratifs qui, eux, sont réservés aux Enculés de la terre et à leurs gouvernants.

Certainement, il faut reconnaitre un grand mérite et un grand courage à H.R.W., mais il ne faut pas que cette institution nous fasse oublier les principaux crimes du Régime de la haine et de la dévastation à des dimensions planétaires ; le Régime de George Bush et de ses lieutenants et mercenaires, qui se font appeler « alliés » ou « communauté internationale ».

Qu’elle ne nous fasse pas oublier la destruction des Etats souverains comme l’ex Afghanistan et l’ex Irak et l’assassinat à sang froid, et avec un certain plaisir, avec une orgastique jouissance même, des centaines de milliers d’Afghans et d’Irakiens.

Cette sale corvée, macabre, M. Obama est en train de la poursuivre actuellement, méticuleusement, avec fin scrupule. Mieux encore, il est en train de lui donner un nouveau souffle !

Que comptent les bavures d’un Saddam, Al Bachir ou autres Kadhafi, devant ces crimes monstrueux qui se comptent par centaines de milliers de victimes sans compter le reste des pertes astronomiques en droits, en mémoire, en paix et en richesse matérielles ?

D’ailleurs Saddam était pendu pour ses fautes. Al Bashir et Kadhafi le seront sous peu... Mais quid de ce boucher de Bush et de ses lieutenants qui resteront à jamais impunis; au contraire ils passeront par être de grands hommes de morale et de politique ?

Quid de ces nouveaux maîtres tueurs, de ces mercenaires (en Libye et ailleurs dans et de par le tiers monde), à commencer par la bande de Sarkozy, le régime de Cameron et celui d’Obama évidemment ?

En plus ce qu’il ne faut surtout pas oublier, c’est que le régime de G. W. Bush n’a pas fait que torturer des présumés terroristes (une poignée, ce qui est en soi déjà grave, injuste et criminel) ; avec l’aide de ses complices de mercenaires, il a surtout assassiné impunément, effrontément, voluptueusement, ostentatoirement… des centaines de milliers d’innocents pour le simple motif qu’ils sont incapables de se défendre de l’enculation historique et médiatique.

« Mais tout est possible - écrit Kamel Selim du Quotidien d’Oran - dans un pays qui a été littéralement assassiné et massacré par la décision prise par Bush, Cheney, Rumsfeld et les idéologues néoconservateurs d’envahir l’Irak. Ces hommes, qui sont directement responsables de crimes massifs, jouissent d’une paisible retraite. »

…/…
« Le procureur du TPI, qui, à juste titre, a une dent contre les dictateurs africains, ne songerait même pas en rêve à demander des comptes à des criminels qui ont menti à leur peuple et au monde entier pour entreprendre la destruction massive d’un pays. » précise encore Kamel Selim

 

A propos des fanatismes et des donneurs de leçons de morale

« Les émeutes des communautés musulmanes à propos des caricatures de Mahomet publiées dans un journal danois restent dans toutes les mémoires. On a unanimement condamné la réaction de ces ‘’fanatiques’’. Personne n’a osé remarquer cependant que ces caricatures, publiées dans une presse scandinaves supposée attachée aux droits de l’homme, ressemblaient étrangement aux caricatures antisémites qu’on voyait entre les deux guerres dans le Strümer. » Jean clair

Quand ces mêmes Arabes (les Arabes chrétiens aussi ?!) ont protesté contre cette offense qui leur a été décochée de la part d’un pays dit civilisé, un certain Danemark, tous les autres pays dits civilisés n’ont pas parlé d’une révolte arabe pour se faire restituer la dignité et le respect, mais ils ont traité ces indignés de fanatiques, de violents et de barbares ; insultes qui sonnent, historiquement et géo-stratégiquement, pire que les insultes de Kadhafi à ceux qui lui ont contesté le pouvoir.

Pourtant c’est de l’esprit de cette même indignation que procède la colère contre les infâmes caricatures !

Mais que nos dits fanatiques se rassurent ; en matière de fanatisme, militant et meurtrier, le monde compte des espèces pire encore : « Non que j’oublie ces scouts brancardiers qui, à Lourdes, en 1972 - encore ! -, parlaient de partir en Afrique brûler les idoles – ceux-là ont fait plus tard de beaux candidats aux ONG, j’imagine ! » Hervé Juvin et Gilles Lipovetsky : L’occident mondialisé – Ed. Grasset et Pasquelle 2010

Et c’est de l’histoire ! Et apprendre l’histoire, paraphrasant Laurent Mauvignier, ça sert à mieux mépriser ces colonialismes ; hydre, pétrie de haine et de cruautés, aux têtes multiples et que si l’une de ses têtes tombe, il en naissent d’autres…

Apprendre l’histoire, ça sert à rendre nos mots assez adroits pour combattre les mensonges et les mystifications et amadouer ce besoin - de je ne sais quelle humiliation ou frustration qu’ont les menteurs et les mystificateurs - de se venger

Je parlais d’absence de stratégie dans ces dites révolutions arabes, Raymond Aron dit qu’il ne suffit pas de fixer des buts pour déterminer une stratégie. Figurez-vous si ces buts n’existaient même pas lors du déclenchement des émeutes ou – comble ! – s’ils sont fixés a posteriori, par procuration, par les chefs mercenaires des nations prédatrices à Londres, Paris ou Washington comme c’est le cas de la Libye aujourd’hui et des autres Irak et Afghanistan hier…

« Même en consentant d’immenses sacrifices, même en supposant au Sahara des gisements pétroliers d’une exceptionnelle richesse, le niveau de vie d’une population trop nombreuse [relativement au nombre inactif des enfants, et dans une certaine mesure de la population des vieux et des femmes - ndlr] sur un sol trop pauvre ne s’élèvera que lentement. » objectait déjà Raymond Aron à ceux qui pensaient que le pétrole soit une panacée de développement et de progrès pour les damnés de la terre, nos Indigènes.

Notons qu’un sol n’est jamais trop pauvre ; il est seulement insuffisamment travaillé et mis à profit, comme c’est le cas des Algériens où la culture du travail était entamée sinon détruite par le fâcheux héritage de l’histoire, le colonialisme, qui avait contraint l’Algérien à voir le travail non pas comme une activité libératrice mais comme un esclavage, comme un asservissement, comme une exploitation…

Que les pourfendeurs de tous bords arrêtent de dénigrer bêtement nos gouvernants et cessent donc à nous donner des leçons de bêtises et d’inepties !

 

Une révolte contre le régime ?

Mais de quoi parle-t-on ?! c’est une révolte contre l’injustice établie par la complicité entre des gouvernants corrompus et chantés par les non moins corrompus chantres et défenseurs des intérêts des puissances prédatrices.

Alain Gresh - dans « L’Egypte en révolution » Le Monde diplomatique, juillet 2011 - parle d’une série de révoltes qui avaient préparé et mené à la révolte décisive de 2011 : révoltes centrées sur la démocratie et la liberté au Caire et à Alexandrie, « sur le chômage, l’éducation, les prix, et où la critique des Etats-Unis et d’Israël se faisait entendre ; » dans les villes moyennes et les campagnes « et enfin les régions ‘‘périphériques’’ (le Sinaï, une partie de la Haute-Egypte, Marsa Matrouh), où les interrogations portaient plus sur le statut de ces régions délaissées, sur l’identité des populations souvent méprisées par le pouvoir central. »

Et Alain Gresh d’ajouter : « Pourtant, ces mouvements sont limités et n’expliquent en aucun cas les problèmes économiques du pays, dus non seulement à la chute du tourisme et au rapatriement de cinq cent mille travailleurs de Libye, mais surtout aux politiques libérales menées depuis des décennies. »

Voici le diagnostic posé : ces révoltes ont racine et raison non pas contre les gouvernants des pays qui les mènent, mais dans l’injustice planétaires perpétrée par les puissances prédatrices via FMI, Banque Mondiale, Veto du Conseil de sécurité de l’ONU, ONG férues et malades de Caritas urget, OTAN, trafiquants d’armes, assoiffés de pétrole et d’hégémonies, … le tout au service du capital mondial.

Quant aux gouvernants corrompus complices par calcul politicien, par cupidité, par ignorance et stupidité ou tout simplement par peur et lâcheté, eux, ils constituent des maillons faibles et sans pouvoir d’influence sur cette conspiration planétaire infernale contre le pauvre sort des enculés de la terre.

Mais les prédateurs sont prédateurs justement parce qu’ils détiennent les moyens de désigner la proie, de la prendre et de persuader, par mensonges et mystifications interposés, les niais parmi ces proies mêmes que la responsabilité du mal n’incomberait pas du tout – jamais( !) - au loup ou (ce qui aurait été plus réaliste et scientifique même) à la complicité proie/prédateur mais elle est exclusivement du ressort du seul agneau !

On est dans une nouvelle de Boccace où le personnage coupe les cheveux aux dormeurs et le matin se met à chercher avec les chercheurs l’effronté coupable qui a osé s’introduire dans le lit de la reine et du roi.

Mais Berbericus est trop paresseux pour assumer ses responsabilités historique et c’est pourquoi il se perd donc dans des discours que lui dictent son aliénation et sa couardise, malheureusement !

Le paradoxe est que le même Berbericus ne se lasse pas - comme cet éditorialiste (Kamel Daoud), pourtant assez lucide d’habitude – d’afficher ostentatoirement sa trouille et sa couardise, face à sa responsabilité de s’assumer, d’assumer ce qu’il est. Il se dit :

« Fatigué donc de ces analyses lassantes par l’hypernationalisme. Fatigué de ces gémissements sur le pétrole que l’on veut nous voler. Fatigué de ces théories du complot mondial contre nous, et qui, par la bouche des nôtres, explique que nous sommes des moutons manipulables et que l’Occident est une puissance divine. Sommes-nous à ce point incapable de faire l’histoire sauf comme des figurants ou des manipulés aux yeux de nos propres gens? Fatigué donc des anti BHL assis, bien que BHL soit une façon de manger tout à fait détestable. Fatigué de l’anti-impéralisme du gémissement et des analyses derrière la télé, sans les balles ni les cadavres. » Un hululement de loup, quoi ! Pauvres de nous, nous autres Berbericus !

Comme les Sans-culottes en 1793, pour paraphraser Alain Gresh, c’est pour le pain et la liberté que les Arabes et pas seulement eux aujourd’hui et pas seulement aujourd’hui descendent à la rue, prennent les armes et acceptent de mourir ; hier les révoltes étaient contre les puissances prédatrices aidées par leurs serfs stupides d’Indigènes, avec leurs systèmes et arts de dévastations et de génocides pour mieux saccager et piller, aujourd’hui contre les puissances prédatrices (les mêmes que celles d’hier !?) aidées par les mêmes ( !?) serfs d’Indigènes stupides avec leurs systèmes et arts de dévaster et de génocider pour mieux saccager et piller…

Au lieu de ceci ou justement à cause de ceci les arrogantes puissances prédatrices, comme c’est de leur habitude et coutume, donnent des leçons à leurs ouailles d’aliénés, d’opportunistes et de stupides, pour qu’ils apprennent à mieux se laisser prendre dans les rets de leurs mensonges dangereux et de leurs prédations !

En réalité, la réalité que la légende de ce nouveau « grand mystificateur » veut nous faire croire, c’est que notre monde actuel, nos nations grandes ou petites, nanties ou pauvres, prédatrices ou proies souffrent de « trois crises qui - comme l’écrit Denis Duclos dans Le Monde diplomatique de juillet 2011 – et manifestent ainsi les mêmes contraintes excessives de l’argent [les désastres qui secouent les Mecque et les Karbala des finances mondiales], de la technologie [désastres de Fukushima] et du pouvoir [les prétendues révolutions arabes] ».

Ce qui implique « dès lors une attente de ‘‘trois libérations’’ : celle d’un travail humain… ; celle de la nature ; celle enfin de la participation libre à la vie politique du ‘‘peuple planétaire’’… »

 

Oh, mercenaires ! Oh, bande d’assassins impunis ! Oh, prétendus démocrates et amants de la race humaine…

J’ai tâché d’exprimer ce que je voudrais crier à la face du monde et de notre siècle : Oh, mercenaires ! Oh, bande d’assassins impunis ! Oh, prétendus démocrates et amants de la race humaine… arrêtez votre injustice, arrêtez vos mensonges, arrêtez de jouer votre comédie mortelle, bande d’assassins impunis !

Mais je ne crois pas au bourreau absolu et encore moins à la victime absolue;  il serait de ma part une autre violence à infliger à la déjà souffrante et idiote race humaine... non !

Et puis je ne voudrais pas vexer davantage cette race humaine malheureuse en lui refusant le privilège d’être responsable de la propre destinée et d’être digne donc de liberté et de respect.

Tout ce que je pense, j’apprends et j’écris est au service de ce cri, de ce credo... le mien.

J’espère avoir été à la hauteur et avoir honoré ma présence sur le forum des débats de ces récentes années et ce que vous, chers lecteurs, vous attendiez de mon intervention.

En fin d’analyse il s’agit d’un espèce de « harcèlements stratégiques » de la part des pays prédateurs qui veulent et travaillent pour obtenir ceci : Que personne ne doive effleurer, même de loin, l’état de sérénité sociale et politique ; car la sérénité porte les Enculés de la terre tout droit à la maturité civile, à la dignité donc et à la véritable libération.

J’avoue que je suis conscient de quelques contradictions : j’ai pensé, et je l’ai écrit aussi, que ma vision pourrait être la frousse d’un "réactionnaire". 

Mais sincèrement je ne crois pas que l’histoire avance en absence de sérénité et de conscience historique de toute la collectivité; encore que ces deux conditions doivent traverser la société, toute la société, de part en part et en tous les sens et directions. 

Certainement, l’incompétence et la méchanceté de la plupart de nos gouvernants est en soi un mal et non des moindres, et il n’est donc guère un mal nécessaire.

Mais si ce mal se voit davantage c’est à cause de la responsabilité spécifique qui caractérise ces gouvernants;  responsabilité qui fait que la projection ou la portée de leurs actes s’énormise et donne l’impression d’être apocalyptique.

D’ailleurs d’où viennent ces gouvernants, nos gouvernants ? Ils sont presque tous paysans ou fils de paysans, ouvriers ou fils d’ouvriers... fils de notre peuple, en tous les cas...

Ceci signifie donc que les valeurs/dis-valeurs qui les agitent et les parcourent sont les mêmes qui habitent les entrailles du reste du peuple.

En d’autres mots les proportions apocalyptiques des désastres de notre état moral, économique, social et politique deviennent effectifs, tragiques, seulement quand entrent en jeu la complicité passive (l’indifférence ou l’hébétude) ou active (l’opportunisme) dudit innocent peuple.

Sans cette complicité, nos gouvernants - pour méchants, bêtes ou despotes qu’ils soient - n’auraient jamais raison de la volonté et de la dignité de nos masses populaires.

Il faut donc que ce peuple, ces masses injustement et exagérément victimisées, apprenne un peu à être responsable et cesse enfin de pleurnicher pour une fausse présumée innocence présumée perdue !

Autrement on ne peut plus aller en avant, à moins que nous importions de l’Etranger des "coopérants techniques" pour nous faire gouverner !!

Mais même dans ce cas-là, nous ne serions pas capables non plus de combiner quelque chose de digne et de positif et résoudre le problème de la gouvernance dans notre pays: ils ont essayé les Turcs et après eux les Français pour presque cinq siècles.

Les conséquences de cette coopération de malheur (coopération forcée et imposée aux Algériens par le feu et le fer) ont été, non sans raison, cet état d’inexpérience/incompétence pour nos gouvernants de gouverner, et d’être de responsables citoyens, pour notre peuple.

Quant à l’éducation, je la vois plus comme victime que comme cause de notre marasme général. Enfin, seules notre conscience historique et l’assomption de notre responsabilité d’être des hommes nous sauveront.                               À suivre

 

Abdelmalek Smari

 

 

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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