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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 06:58

Au début, il éprouva une grande joie à l’idée que Nastasia serait parmi les invités. Il lui écrivit une lettre dans laquelle il indiqua la date et le lieu de leur rencontre. Il était un peu inquiet, cependant : comment annoncer la nouvelle à la famille et surtout à Adra, sa future épouse ?

Il était certain qu’il n’aurait pas pu cacher sa relation avec Nastasia. Comment réagiraient les parents de la fiancée ?

L’Italienne arriva dix jours avant la cérémonie. Le jour du rendez-vous, Samir se rendit à l’aéroport avec la voiture de son frère. Il avait expliqué aux siens qu’il avait invité un couple d’Italiens, mari et femme.

En arrivant à l’aéroport, Samir aperçut Nastasia parmi d’autres passagers qui attendaient le bus pour la ville. Ils s’embrassèrent et montèrent dans la vieille Peugeot 504.

Après un rapide parcours dans les rues étroites et grouillantes de la vieille Constantine, ils arrivèrent à la maison. Elle ne s’était étonnée de rien puisque Samir lui avait décrit, avec précision, le panorama algérien, ses beautés et ses coins obscurs.

La famille lui avait réservé un accueil chaleureux et, déjà, une chambre lui fut attribuée dans la modeste demeure que Samir partageait avec les autres membres de la famille. Malgré l’austérité de la vie, il ne manquait rien à Nastasia et l’Algérie de Samir lui plut beaucoup.

Pendant que Samir se reposait dans sa chambre, sa mère l’appela :

- Où est son mari ?

- Il est à l’hôtel.

- Il l’a laissée toute seule avec toi ?!

- Je ne vais tout de même pas la manger, plaisanta-t-il, tu vois, eux, ils ne sont pas comme nous.

- Mais elle va le rejoindre à l’hôtel ? Autrement ce serait un scandale.

- Ne t’en fais pas pour elle. Elle sait ce qu’elle fait.

Son père les écoutait sans rien dire. Évidemment, il était, lui aussi, gêné.

Après cette mise au point avec sa mère, Samir sortit pour prendre un bol d’air. Les invités commencèrent déjà à envahir la vieille maison. Nastasia, pour sa part, essayait d’utiliser ce qu’elle avait conservé de son français scolaire et, tant bien que mal, elle arrivait à se faire comprendre. Son sourire ne quittait pas ses lèvres.

Elle invita la sœur de Samir à sortir avec elle, mais puisque la jeune fille n’était plus en âge de sortir sans l’autorisation de son père, Nastasia dut renoncer à sa compagnie. Les premiers jours, elle sortait avec Samir qui ne tarda pas à trouver une solution. « Tout le monde sera content » pensa-t-il « et j’espère que Nastasia ne se doute de rien ».

- Nastasia sortira avec toi, Rayane, dit-il à sa sœur avec l’autorité du frère aîné, ainsi mettrons-nous fin aux commérages. « Quant au mari fictif, continua-t-il au fond de lui-même, je leur dirai qu’il est allé voir l’un de ses vieux amis à Alger ».

Les deux jeunes femmes ne tardèrent pas à devenir amies. Les femmes ne faisaient plus rien sans demander, au préalable, l’avis de Nastasia : le décor des chambres, l’habillement, la coiffure, le maquillage, les cadeaux, les gâteaux… jusqu’à la couleur des draps et des couvre-lits !

Le cortège, qui devait aller accueillir la mariée, était prêt, mais Nastasia était encore enfermée dans une chambre pour donner les derniers conseils à Rayane sur le parfum et le rouge à lèvre et elle n’avait pas encore décidé si elle allait, elle aussi, accueillir la mariée ou rester à la maison. C’était Rayane qui l’avait convaincue de participer au cortège.

- Tu n’as pas idée de ce que peut être la sortie de la mariée, un spectacle royal, ni imaginer – continua-t-elle rêveuse – la joie et la beauté des filles, les bavardages avec les garçons, la musique, la promenade en voiture !

Les garçons avaient déjà pris place : chacun avait pour mission de veiller sur les filles choisies pour aller accueillir la mariée.

Ali, le cousin de Samir, préféra rester à la maison de l’époux avec les rares personnes chargées d’aménager, pour la troupe des musiciens, le garage, cadre de la fête pour les hommes. Les garçons, avec l’aide de Nastasia, avaient mis presque une semaine pour vider le local et pour le nettoyer : embelli, il devint un véritable salon.

Le cortège était sur le point de partir et tout le quartier était empli de vacarmes et de curieux. De chaque voiture s’échappaient des airs de musique de volume assourdissant : rai, staifi, gasbah,… Les filles choisirent les belles voitures, soit pour leur luxe et leurs couleurs criardes, soit pour les garçons qui les conduisaient, soit pour les belles chansons qu’elles émettaient… Elles surent enfin se transformer, pour l’occasion, en des nymphes de beauté et de coquetterie.

Elles veillaient, avec une grande vigilance, à éviter la compagnie de quelques vieilles dames. Après tout, elles voulaient seulement s’amuser un peu avec le chauffeur et son doubleur, irremplaçable, l’ange protecteur des femmes. Elles voulaient rire, se défouler, connaître de près ce que pourraient être ces créatures étranges, ces nébuleuses, que furent les garçons et - pourquoi pas ? - les aimer un coup.

C’était une belle journée fraîche et ventilée, malgré l’été qui, voici déjà deux mois, dévastait champs et bois et asséchait puits et sources.

Nastasia, l’Italienne, ne cessait d’épater les filles. En fait, elle avait mis pour l’occasion une simple chemisette de soie blanche déboutonnée jusqu’aux seins et une jupe bordeaux qui lui couvrait à peine les genoux.

- Elle a une peau de soie, s’exclamaient les Algériennes. N’a-t-elle pas peur de se la faire cuire ?

Les invités, qui venaient juste d’avoir vent de cette étrangère, l’assaillaient qui avec un regard furtif, qui avec quelques blagues, qui avec quelques questions. Rayane devint, en raison de son amitié exclusive avec Nastasia, une véritable diva, estimée et enviée.

Immédiatement le photographe se mit au travail. Tout en étant étranger à la famille, il ne se gênait pas d’accéder à chaque coin de la maison et les femmes ne se cachaient plus de lui ; au contraire, elles l’appelaient, lui parlaient, rigolaient avec lui et l’invitaient même à les photographier.

L’appareil photo sur la poitrine et la caméra à l’épaule, il sortit avec la dernière femme et se dirigea vers une « sport décapotable » rouge. Il continua ses prestations devant la maison de l’époux, volant quelques premiers plans à Nastasia et Samir, encore occupés à bavarder à côté de la voiture avec la portière ouverte, à quelques femmes de beauté stupéfiante, à la foule des curieux du quartier et aussi à la Mercedes de la mariée.

Dans ces fêtes, riches et pauvres n’étaient pas différents : ils devaient tous faire appel à un photographe pour immortaliser le mariage, comme la mode l’exigeait.

Les voitures s’élancèrent, et avec elles le vacarme, laissant à leur place une paix et un silence que seuls quelques murmures ou froufrous osaient troubler. Les femmes restées à la maison retournèrent vers la cuisine pour préparer le repas.

Le cortège ne serait de retour que dans deux ou trois heures : la mariée était déjà prête et parée, mais on devait lui faire faire une petite promenade dans les rues de la ville.

Ce fut la saison des mariages. Il était rare qu’un jeudi se passait sans plusieurs fêtes à la fois. Tous les quarts d’heure, on entendait le vrombissement des voitures et le vacarme de quelque cortège, pré-annonçant l’arrivée ou le départ d’une mariée.

Chaque fois que les enfants entendaient les klaxons, ils se mettaient à crier « La mariée ! Elle est arrivée la mariée ! » Ils arrivaient même à tromper les grandes personnes qui du coup sortaient de la maison ou se mettaient aux fenêtres, inclinés, épiant la source du bruit.

L’affaire Nastasia se répandit comme une tâche d’huile dans cette partie retirée de la banlieue pour arriver jusqu’au quartier où habitait la fiancée.

- C’est donc vrai que Samir a déjà une épouse italienne ! s’exclama la belle-mère, aussitôt qu’elle aperçut Nastasia qui arrivait avec le reste du cortège.

Rien ni personne ne l’aurait pu convaincre du contraire. Elle fut catégorique - Le mariage n’aura pas lieu. Je ne permettrai jamais à ma fille de prendre pour mari un dépravé. Regagnez votre domicile !

Le père, par contre, jugea qu’il valait mieux éviter la rupture - Dans l’intérêt de notre fille..., dit-il, il serait préférable que le mariage soit reporté à une date ultérieure, mais pas annulé ; au moins jusqu’à ce que l’époux prouve sa bonne foi et que l’intruse retourne dans son pays.

Nastasia, qui ne se doutait de rien, pensa que de tels pourparlers entre les parents de la mariée étaient inclus dans le rituel du mariage ; elle décida donc de se faire expliquer la situation par son ami, au moment opportun.

Entre-temps, ayant fini de préparer le garage pour la fête, Samir et ses amis s’installèrent autour d’une meida pour siroter un café avec des gâteaux de la maison. Les autres invités, en l’attente de la mariée, ne suspectaient rien. D’ailleurs Samir lui-même n’en savait rien ; après le café, il se retira avec certains de ses amis dans la maison prêtée,  pour la circonstance, par un voisin. Ces amis lui serviraient de maquilleurs, coiffeurs, habilleurs pour sa toilette de marié.

Plus de trois heures passèrent, mais la mariée ne s’était pas encore annoncée. Les gens commencèrent à s’impatienter.

- Un accident est peut-être survenu…, dit une vieille dame, les chauffeurs de nos jours roulent à une vitesse infernale.

- Ne dites pas ce genre de choses, au nom de dieu, conjura la tante de Samir, ça porte malheur. Et puis nos enfants sont jeunes. Ils ne sont pas pressés et n’ont pas peur de s’éloigner de leurs gourbis comme nous autres vieilles.

Fatigués, les enfants gisaient ça et là, comme les soldats morts sur un champ de bataille, sur les marches des escaliers, dans les corridors et dans les chambres.

Les musiciens étaient en train d’essayer leurs instruments quand la première voiture arriva. Elle était silencieuse. Les gens accoururent de toutes les directions pour voir la mariée.

- Où est la mariée, que s’est-il passé ? Ce fut la même vieille dame qui rompit le silence. Chantez, jeunes filles, dansez ; nous ne célébrons pas des funérailles. Pourquoi ce silence, et cette obscurité ? Allumez les lampes, criez vos youyous, chantez…

Les autres voitures ne tardèrent pas à affluer, dans une bien triste ambiance. Le spectacle sombra de nouveau dans un silence inquiétant. Personne n’osa révéler la vérité. Tous attendaient l’époux qui n’avait pas encore quitté la maison du voisin.

En réalité, le silence ne dura pas plus d’une dizaine de minutes car juste après, s’éleva un concert de murmures, de rires étouffés et de mouvements brusques mais discrets. Quelqu’un sanglotait.

Peu à peu, l’embarras augmentait pour donner lieu à un vacarme assourdissant de pleurs et de hurlements. Certains invités juraient contre la mariée et sa famille, d’autres se disputaient ou se bagarraient, d’autres commencèrent à préparer leurs valises pour retourner à la maison.

Avisé par Ali, Samir, perturbé dans son for intérieur et humilié, se montra toutefois calme. Mais comment expliquer à Nastasia la nouvelle situation de chantage de la part de la famille de la mariée ?

Les invités se retrouvèrent tôt chez eux, d’une part très désolés par l’échec de la fête mais d’autre part contents d’avoir trouvé là motifs et matière pour alimenter la machine de leurs potinages. Les autres frères de Samir s’éparpillèrent au quatre coins de la ville pour informer les retardataires que la cérémonie était annulée.

Retiré une nouvelle fois dans la maison du voisin, Samir passa une nuit sans sommeil. Le lendemain il parut paradoxalement très détendu. Nastasia et lui firent une promenade, mangèrent dans un restaurant et rentrèrent très tard dans la soirée.

Elle était triste - Je suis navrée, lui dit-elle, je m’en irai le plus tôt possible.

Samir insista pour qu’elle restât encore quelques jours en Algérie. Elle accepta à condition de loger à l’hôtel. Ils passèrent les derniers jours et nuits ensemble.

Quelques jours après son retour en Italie, Nastasia lui écrivit une brève lettre dans laquelle elle l’invitait à un mariage. Dans l’avion, un souvenir se mit à tournoyer dans son esprit, le souvenir d’un temps tendre et beau à Milan…

Le juge se réveilla trempé de sueur, mourant d'épouvante. Il pensait que le réveil l'aurait libéré du mauvais rêve, mais son désarroi augmenta à la vue du spectre qui, venait juste de terminer le chapitre du cauchemar pour passer, impitoyable et imperturbable, à celui de l'enfer.

 

Abdelmalek Smari

 

 

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 23:58

«لما كنت قد ولدت مواطناً في دولة حرة، وعضواً في دولة ذات سيادة ، فإنني أشعر انه مهما يكن من ضعف نفوذ صوتي في الشؤون العامة ، فإن حقي في التصويت على هذه الشؤون يجعل من واجبي دراستها». ج. ج. روسو.

 

 

 

C’est dire que chacun loue ses propres fèves et dit qu’elles sont tendres

 

El watan

57,1 % d’abstention
Le taux officiel de participation aux législatives d’hier est de 42,90% des 21,65 millions d’électeurs en Algérie et…

 

France 24

Même titre que celui d’El Watan

 

Le monde

Législatives en Algérie : revers pour les islamistes

 

Jeune Afrique

Législatives en Algérie : succès-surprise pour le FLN, qui frôle la majorité absolue


Le Quotidien d’Oran

Législatives : des questions en attendant des réponses

 

El Hayat

 الجزائر : توقّّعات بفوز "ضئيل" للإسلاميّين ... و"القوى الاشتراكيّة" تكتسح مناطق القبائل

 

El Moudjahid

42,90 de taux de participation total

 

El Khabar

أكثر من 21 مليون جزائري لاختيار 462 نائب : محاكمة شعبيّة ل"مصداقيّة" السّلطة

 

Le matin

57% d’Algériens ont boudé les urnes, selon les chiffres officiels

 

Horizon

Le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions Taux de participation 42,90%

 

La tribune on line

Législatives 2012 / Scrutin : Un taux de participation de 42,90% aux élections législatives au niveau national et à l'étranger.

 

Le courrier d’Algérie

LE TAUX DE PARTICIPATION EST DE 42,90 %
AUX LÉGISLATIVES 2012
L’urne a parlé !

 

L’expression

21 MILLIONS D'ÉLECTEURS CONVOQUÉS AUX URNES Combien d'Algériens iront voter?

 

Edito du quotidien Le Monde, le 12-05-12

« Les élections du 10 mai ont produit une autre spécificité algérienne, beaucoup plus positive : l’irruption massive des femmes au Parlement, à la suite de l’introduction de quotas dans les listes électorales. Elles seront 145, soit près d'un tiers des députés, dans la nouvelle Assemblée algérienne. Plus d’un pays européen, à commencer par la France, rêverait d’un pareil chiffre. »

 

Bouteflika discours du 08-05-12 à Sétif

« C’est pourquoi, le peuple algérien, notamment ses générations montantes, doit comprendre que la liberté, la stabilité, le progrès et la démocratie dont jouit le pays sont le fruit d’énormes sacrifices et d’importants efforts qu’il importe de mesurer à leur juste valeur afin que ces acquis considérables soient préservés avec fierté et confortés par la poursuite de l’édification et de la réforme en vue d’atteindre le progrès escompté et d’occuper une place respectable dans le concert des nations. »

 

C’est dire que chacun loue ses propres fèves et dit qu’elles sont tendres ! c’est dire aussi que les Algériens – les votants et les boycottants, même si les uns ne comprennent pas la position des autres et vice versa - ont été responsables et consciencieux : libres en tout cas de s’exprimer d’une manière ou d’une autre.

 

Nous étions aux anges

Enfin quoi qu’on dise de ces élections législatives en Algérie, les vainqueurs ne devront pas oublier leur précarité qui est prête à rendre vaine toute leur victoire s’ils n’œuvrent pas – comme le tient à souligner M. Saadoune le Quotidien d’Oran 14-05-12. pour « une intégration libre des citoyens dans un système respectueux des libertés, du droit d’association et d’expression. Et surtout [s’ils n’œuvrent pour] un système où le pouvoir rend des comptes à une représentation nationale disposant des moyens de le contrôler et de vérifier l’usage qu’il fait des ressources… [car] Le Parlement algérien a été réduit au rôle d’institution alibi dans le cadre de la contre-réforme qui s’est évertuée avec constance à effacer tous les progrès, même théoriques, contenus dans la Constitution de février 1989. »

Quant à moi, citoyen en exil voulu, dimanche passé j’étais allé au consulat général de Milan pour voter. Il y a eu une marée de votants! On ne peut pas imaginer cet air de fête et la joie de ces Algériens auxquels la ghorba a enseigné ce que avoir un pays et un drapeau veut dire.

Tous sont venus voter, non pas qu’ils se sentaient aliénés ou acritiques ou complices des malversations de certains parmi les gens qui nous gouvernent, mais tous ils étaient là pour montrer d’abord à eux-mêmes que les Algériens sont mûrs et autonomes dans leurs décisions et dans leurs positions politiques ou autres ; qu’ils savent reconnaître et observer leurs droits et leurs devoirs de citoyens libres.

Tous ils étaient là pour montrer qu’ils aiment leur pays ; qu’ils n’acceptent à aucun prix que quelques inconscients, irresponsables ou nostalgériques le touchent de quelques malheurs.

Ils étaient là, hommes et femmes, entre amis, avec leurs enfants à fêter cette journée particulièrement significative, à jouir de cette joie.
Quelqu’un brandissait le drapeau, ce plus beau et plus précieux habit qui nous couvre, tous, de dignité et d’honneur et dont on n’en aura jamais de pareil.
Une femme avait même ébranlé l’air de la morose et assoupie ville de Milan avec la plus suave des mélodies, un youyou bien de chez nous!
On n’a pas idée de ces Algériens qui s’aiment entre eux quand ils sont sereins ; et d’où leur viendrait cette sérénité si non du fait de servir et de se savoir servir leur pays, en accomplissant avec conscience et enthousiasme leur devoir de citoyens, et en exerçant avec force, reconnaissance et joie leur droit de dire leur mot dans la détermination des destinées de l’Algérie?

On n’a pas idée de ces Algériens qui se respectent réciproquement et qui surmontent volontiers leurs différents et leurs égoïsmes quand l’Algérie les sollicite ou les appelle.

J’imagine que nos ancêtres et plus particulièrement les hommes de mai 45 et ceux Novembre 54 ressemblaient beaucoup à leur postérité dans son élan de répondre à l’appel de l’Algérie, à ressusciter le souvenir et la mémoire de nos valeureux chouhada et chahidate et de tous les Algériens qui ont combattu pour la récupération de notre terre, de notre mémoire, de notre dignité.
Ainsi donc nous étions aux anges ce dimanche-là malgré le mauvais temps et la morose Milan, malgré les admonitions ou si vous voulez les conseils des boycottants...
 

اللي نحاتلو الدولة شلاغمو ما يسماش طحان  ou de la gratitude forcée

Pour l’amour de dieu, il est tout à fait légitime que les citoyens boycottent, s’ils le veulent, tout ce dont ils ne sont pas convaincu ou dont ils ne partagent pas avec leurs compatriotes. Ça fait partie non seulement des jeux démocratiques mais de la vie même.

L’état, le pouvoir, sont par définition une limitation de la liberté pas toujours exempte de l’arbitraire et de l’hostilité envers ceux qu’ils sont censés gouverner.

Mais tous, nous avons trouvé une consolation, d’une manière ou d’une autre, avec l’esprit de ce dicton qui a accompagné nos pères et nos ancêtres pendant les moments difficiles de notre histoire et surtout pendant la longue nuit coloniale, longue de cinq siècles presque, avec ses deux volets terribles : turque et français.
اللي نحاتلو الدولة شلاغمو ما يسماش طحان

Le fait demeure que la violence et la coercition sont la marque sui generis du pouvoir, quel que soit le lieu ou l’époque. C’est humain, trop humain.

Mais pour les gens du parti des boycottants, il n’y a rien à faire : seuls nos gouvernants sont égoïstes et despotiques.

Il semble, à leurs yeux offusqués par quelque corps étranger, que nos gouvernants soient des brigands patentés quand ils ne sont pas des histrions !

Il semble que nos pauvres gouvernants soient les seuls en leur genre (dans le monde et dans l’histoire) auxquels on se permet de demander d’être impeccables, d’être des dieux sur terre pour gérer les affaires de leurs gouvernés et administrés.

Le comble de cette erreur de perspective, qui reste une erreur politique bien entendu, chez nos boycottants est que ces administrés sont considérés comme des innocents violés.

C’est dire la confiance dont nos concitoyens jouissent chez eux : en d’autres termes tous ceux qui sont allés voter sont de simples buches accostées : خشب مسنّدة ليس إلاّ

Alors que Innocence et Humanité ou humanisation s’excluent mutuellement et nécessairement : Adam est devenu homme justement après avoir péché, pas avant. Et, je crois, nous sommes ses fils, ses dignes héréditaires.

Et si quelqu’un nous conteste cet héritage, il ne peut nous contester le droit de nous faire appel à ce mythe.

 

Le but de l’Administration

Ces boycottants, qui veulent apparaître comme des champions de l’honnêteté et de la compétence, des génies en science po’ si ce n’est en caritas urget, oublient ou feignent d’oublier que gouverner c’est trouver à chaque instant de la vie sociale des équilibres, toujours précaires, discutables donc et perfectibles, à des dynamiques explosives, mortelles, insoutenables.

Cet équilibre – comme écrit Jean-Baptiste Colbert - consiste à « Augmenter la force publique sans nuire au bonheur des particuliers, voilà peut-être le but de l’administration des Finances [qui dit finance publique, dit res publica, dit politique]. Ce but est grand, sans doute, mais il est difficile à remplir; car les moyens qui constituent la puissance de la Société contrarient souvent le bonheur de ses membres: l’une demande des sacrifices, l’autre ne veut que des jouissances. L’Administrateur tempère ces options, sans pouvoir les détruire, et ses succès sont annoncés par l’accroissement de la population: car elle naît du bonheur et c’est elle qui produit la force. C’est à la faveur d’une aisance générale, que les hommes se multiplient; et c’est par le respect du Souverain [l’État] pour leurs libertés et leurs propriétés, qu’ils s’attachent à la Société qui les a vu naître, qu’ils la servent, qu’ils la défendent, et qu’ils lui rendent, dans leur force, ce qu’ils ont reçu d’elle dans leur faiblesse. »

Ces équilibres sont toujours et nécessairement précaires et imparfaits. Ils sont donc souvent injustes et frustrants, vu la nature louvine des hommes (homo homini lupus), leur conflictualité innée, l’antagonisme de leurs intérêts et de leurs opinions, leur égoïsmes originels.

Je voudrais bien voir la tête que feraient ces purs et durs, ces incorruptibles, ces infaillibles, s’ils pouvaient accéder un jour à ce banquet.

Oui banquet : à voir le zèle qu’ils mettent dans leurs anathèmes/dénigrements contre ceux qui s’y trouvent attablés et servis.

Peut-être ils sont de cette race d’hommes qui ne comprennent que lorsqu’ils se cassent le nez contre le bâton de la réalité… comme l’esclave de El Moutanabbi.

Seul le bâton de la réalité peut-être serait capable de les illuminer et redimensionner leur arrogance, leur mystification et leur hostilité.

Je suis sûr qu’alors ils se sentiraient très humiliés si quelqu’un les traitait de brigands ou de farceurs comme ils n’hésitent pas à le faire actuellement contre d’autres. Si au moins ils étaient des juges chargés d’enquête et d’instruction… si au moins ils pouvaient apporter des preuves tangibles aptes à démontrer qu’ils ne mentent pas, qu’ils ne mystifient pas.

Ces hostiles gratuits se nourrissent abondamment de la propagande nostalgérique qui voudrait tant que nos gouvernants soient et restent nos ennemis.

Et, ma foi, il est presqu’impossible de les guérir d’un mal qui enfonce ses racines dans les 50 ans d’indépendance (toutefois gérés tant bien que mal pour répondre à l’urgence de gouverner un pays complètement détruit et exsangue avec de l’inexpérience et des pauvres moyens de fortune) ; un mal qui enfonce ses racines surtout dans l’exclusion systématique qui interdisait aux Algériens de participer au fait politique durant les 132 ans d’occupation et d’oppression françaises en plus des 300 ans de despotisme turque ottoman.

Ce camp des hostiles et des autres Torquemada voudrait par le mensonge et la mystification déresponsabiliser leurs concitoyens en faisant d’eux ou du moins en les présentant aux yeux de leur monde comme des victimes absolus. Alors que dans la vie, l’Absolu même, ni comme réalité ni comme abstraction, ne pourrait exister.

Et à ce point même leurs mensonges ne sont pas aussi absolus que ça.

 

Vous les tout-puissants pèreternels

Mais dans la logique de l’égoïsme, de l’envie et de la haine, tous les coups sont permis : l’Algérien peut ne pas payer les impôts, ne pas payer ses factures, ne pas respecter l’ordre et la propreté, ne pas être honnête dans ses affaires et ses commerces… ce serait toujours la faute à ceux qui les gouvernent (l’enfer n’est-il pas l’autre ?) ;

Par contre il a le droit sacré et inaliénable d’exiger et d’obtenir des routes saines, une bonne instruction, de la santé, de la sécurité de ses biens, du pouvoir de traiter et décider souverainement de la res publica… tout ça, selon ses pèréternels de protecteurs et d’avocats, devrait relever de son droit sacré car dû et mérité !

Non messieurs les infaillibles ce n’est pas comme ça qu’on peut vouloir du bien aux Algériens, peuple et état !

Ce n’est pas en harcelant nos gouvernants et en déresponsabilisant nos concitoyens qu’on honore notre esprit et qu’on rend service à notre pays et qu’on s’acquitte de notre devoir envers les hommes et envers l’histoire.

De cette sorte on ne fait que commettre une injustice envers nos gouvernants, une humiliation envers ceux qu’on croit protéger et des mensonges envers nous-mêmes.

Et toutes ces prises de position ou attitudes sont lourdes de conséquences car elles consacrent l’injustice, le mensonge et le manque de respect dans la vie de la société et encouragent la fainéantise, la servitude et le parasitisme.

«En 2005 – écrit Maurice Tarik Maschino, El Watan du 16-05-12 -, la contribution globale des [citoyens français] au budget des administrations publiques – c’est-à-dire la différence entre les taxes et les cotisations encaissées et les prestation offertes – s’élevait à 1500 euros par personne.»

C’est dire que l’Etat français coûte à chaque citoyen français [contribuable], moyennement, la belle somme de 1500 euros  par an ! Et les citoyens doivent la payer, cette somme, chaque année qu’ils le veuillent ou non.

Et chiche, s’il vient à l’esprit de l’un d’eux de refuser de verser son quota ou de mettre en question une telle « Lazma » !

Messieurs les infailliblement bons et honnêtes, vous auriez peut-être l’envie de m’objecter que là, en France, on a raison de payer, vu les services – et quels services ! - qu’on reçoit.

Pour une fois je suis d’accord avec vous, mais n’oubliez pas que les Français paient d’abord leur lazma et réclament ensuite les prestations. Prestations qui ne deviennent Droits qu’après paiement de cette lazma.

Alors ?

Alors Messieurs les gardiens du temple de toutes les valeurs progressistes et modernes ;

vous, surtout vous, qui détenez en plus le redoutable IV° pouvoir tout en combattant les autres pouvoirs;

vous qui en plus êtes relayés de l’extérieur et soutenus par les non moins bons que vous, les nostagériques et autre Caritas-urget ;

vous les tout-puissants pèreternels, ayez plutôt l’obligeance et l’honnêteté d’enseigner à ce peuple de victimes, de buches accostées, d’incapables, de handicapés sans défense… enseignez-leur l’art d’être honnêtes avant qu’ils aillent réclamer l’honnêteté chez leurs gouvernants.

Enseignez-leur à ne pas être sales et puants dans leurs maisons et leurs rues ;

à ne pas être désordonnés ;

à ne pas voler l’eau, l’électricité et le gaz et jusqu’aux fils électriques des poteaux de la Sonelgaz ;

à ne pas détruire le peu d’infrastructures que le Système, malgré sa proverbiale méchanceté, a réalisées ou accepte de réaliser ;

à ne pas vendre la marchandise avec le double ou le triple de son prix réel ;

à ne pas construire sur le territoire public ou sur celui de leurs voisins ;

à ne pas jurer pour bien mentir ;

à ne pas se balader avec des oreillers de banque-notes et déserter les banques ;

à ne pas se dérober à leurs devoirs fiscaux ;

à ne pas être avides dans leur opportunisme ostentatoire en allant jusqu’à exiger – vociférant et bavant – tous les biens qu’ils imaginent sans payer un sou, sans la moindre contrepartie (même si pour le moment personne ne leur demande de faire le moindre sacrifice)…

Oui, magnanimes pèréternels, providence pour ce peuple de victimes, illuminez-les avec votre science infaillible, votre honnêteté infaillible et votre force infaillible.

Faites-leur savoir – admettons que vous en soyez vous-mêmes avertis - que l’Etat, quelque soit le lieu ou l’époque ressemble au système nerveux central ; car pour votre connaissance et la leur : la vie sociale procède de la vie biologique. Elle la prend pour modèle, l’unique modèle efficace capable de la fonder et l’orienter.

Qu’ils sachent, et que vous sachiez vous aussi si vous l’ignorez, que la vie de toute société dépend de l’Etat et que celui-ci, pour accepter de la prendre en charge, doit lui aussi vivre, et vivre avant tout autre organisme.

Car de sa vie dépend la vie des autres organes, aussi vitaux soient-ils, et donc ils ne peuvent en aucun cas avoir la primauté sur lui.

 

Société et coercition

Si les entrées fiscales, l’oxygène de toute nation, viennent à manquer à l’Etat, la priorité absolue demeure toujours à lui qui s’en abreuve à suffisance. Et ce n’est qu’après qu’il se serve, qu’il consent aux autres organes de se servir à leur tour de ce qui reste.

C’est comme l’humidité dans l’air, si les océans et les surfaces d’eau ne renvoient rien au ciel, il n’y aura pas de pluie. Et s’ils lui renvoient peu, ce peu sera volatilisé et happé par l’atmosphère qui en privera la terre.

L’Etat – conscient de son importance vitale et fort de ce primat - se sert nécessairement d’une manière despotique.

Et le despotisme de l’Etat n’est pas une spécificité algérienne ou du seul Tiers monde : c’est un phénomène – mal nécessaire si vous voulez – plus qu’universel, il est inhérent à la vie en groupe ou en société.

Ce phénomène n’est-il pas l’incarnation de la fameuse raison d’Etat ? Un concept d’ailleurs qui n’a pas été inventé par nous, ni chez nous.

Qu’on pense aux mesures cruelles d’austérité de ces jours que les pays traditionnellement et vraiment démocratiques ont prises à l’égard des tranches faibles de leurs sociétés, en augmentant les impôts, en coupant des dépenses sociales, en liquidant des milliers et des milliers de travailleurs ! Pourquoi ces violences contre leurs propres concitoyens ? « C’est, expliquent-ils sans sourciller, pour faire face à la crise financière qui menace de nous mettre à genoux ou même à nous emporter. »

En réalité ils font ça d’abord pour sauver leurs Etats, puis les banques sur lesquelles ceux-ci reposent.

Quant aux gouvernés, étant donné qu’ils sont les payeurs habituels, il ne leur reste que payer les pots que les mauvaises politiques économiques et financières menées cassent au fil des années et de gestions.

Mais crise ou pas crise, l’Etat doit continuer à vivre tout comme avant. et rien ne peut l’empêcher de réclamer et d’attirer à soi d’une manière effrontée et vorace tout l’oxygène qu’il juge nécessaire pour sa survie. Et c’est après qu’il commencera à raisonner et à voir clair dans la situation et les problèmes des gouvernés.

Des exemples de cette injustice( ?) fort nécessaire – de cet acte vital, dirais-je – nous les fournissent les fraudes fiscales et les scandales financiers des banques qui ne font plus le travail de banques mais celui des agences de spéculation et d’extorsion de fonds. Leurs victimes sont les épargnants des petits peuples qui ne peuvent se défendre.

Mais l’histoire est pleine de ces exemples et d’autres encore plus tragiques : qu’on pense aux budgets colossaux que toutes les nations riches ou pauvres, démocratiques ou despotiques, anciennes ou nouvelles, consacrent aux inutiles dépenses de l’industrie des armes et de leur commerce.

Est-ce un mal ? sûrement mais nécessaire en quelque sorte.

 

Voix des abstenus, voix du FIS

Au lieu de se reprendre pour examiner à tête reposée les résultats du scrutin et en interroger la signification réelle, l’élite partisane perdante et les intellectuels dissidents et boycottants perdent la tête et ne savent plus quoi dire, si non insulter, vociférer, écumer...

Pourtant des hypothèses fertiles pour expliquer objectivement ces résultats fâcheux – sans qu’ils perdent leur dignité -, ça existe. Et c’est ce qu’a tenté d’explorer K. Selim du quotidien d’Oran quand il écrit : « L’Alliance verte n’a pas réussi à drainer un électorat islamiste, qui s’est surtout retrouvé dans le camp anomique de l’abstention. »

C’est dire combien est forte la voix du Front du Salut Islamique. Car il serait préférable aborder le problème de ce côté du FIS. Ce parti dissout n’a pas été de dissoute action : il a appelé au boycott de ces élections.

Et ce n’est pas la première fois depuis sa mise à l’écart qu’il se fait entendre, ne serait-ce que pour rappeler ses partisans de son existence ; si ce n’est pour jauger de l’existence de ses partisans et en mesurer l’étendue et l’obédience.

Et ces 57% d’abstenus ne sauraient appartenir aux seuls RCD, à ladite société civile, aux a-politiques ou autres non participants, bien qu’une part leur revienne légitimement, mais la grande part revient au grand géant qu’on dit à jamais disséminé, désintégré et que, lui, semble-t-il, existe encore bel et bien et agit ; même à distance et indirectement.

Vu le désastre que l’irruption d’un tel parti a provoqué dans l’histoire récente de l’Algérie, il ne faut pas écarter cette lecture ou la sous-estimer : au moins pour en démentir l’hypothèse de son existence, ou des tentatives de résister à la mort politique ou ressusciter de ses cendres qui – est-il besoin de s’en méfier – ardent encore et menacent la paix.

L’on comprend maintenant que la victoire dite écrasante du FLN n’est pas si victoire que ça : elle n’est que la conséquence logique des agissements, tout à fait politiques mais incohérents de ces partis boycottants qui se considèrent à tort bien sûr un peu trop purs pour se mélanger à la mêlée. Mais ils se mettent à pleurnicher quand ils réalisent que ce qu’ils pensaient être la réalité n’était en fait qu’un tour que leur ont joué leurs propres désirs strictement égotiques et chimériques.

Donc ces partis (sans le FIS) sont trop maigres électoralement pour déterminer quoi que ce soit de perceptible dans le désastre (par abstentionnisme) qu’ils comptaient provoquer.

Si l’on veut avoir un cadre plus complet et plus explicatif, il faut introduire la donne FIS. Ce n’est point indifférent si ce parti, pourtant dissout, a pris part aux débats s’abstenir/participer pour peser de tout son poids (mort ?) sur le sort de la participation.

Sa consigne est connue : boycotter. Et les gens encore nostalgiques ne peuvent être de si courte mémoire.

Le FIS continue son combat, et ses partisans, ceux non encore reconvertis ou lassés, obtempèrent à ses consignes et ses injonctions.

Et ainsi c’est grâce au FIS que les abstenus ont comblé les rangs presque vides d’un parti comme le RCD, de certains intellectuels ou d’une partie de la société civile ou des indifférents.

C’est ce que dit aussi, si je ne me trompe, K. Selim « Ceux qui insultent les Algériens et les traitent de tous les noms devraient se réveiller. Le FLN a ses électeurs. Arithmétiquement, ils ne sont pas majoritaires… si l’on prend en compte le corps électoral. Mais [enfin] le vote, ce sont les suffrages exprimés. »

Après quatre jours, K. Selim du Quotidien d’Oran revient sur cette hypothèse le 21-05-12 pour nous dire ou nous confirmer : « L’échec électoral de «leurs» islamistes participationnistes, ceux qui sont officiellement des «modérés», «respectueux des règles de la République », ne signifie pas que le courant islamiste a soudainement été réduit, voire qu’il ne représente plus qu’une tendance minoritaire. Quand on est confronté à une masse aussi importante d’abstentionnistes, une telle conclusion paraît pour le moins insolite. »

 

Abdelmalek Smari

 

 

P. S :
« En 1986, Jacques Berque affirmait que deux pays arabes - l'Algérie et l'Irak - ne pouvaient pas exercer leur puissance, car ils possèdent à la fois la terre, la population, l'eau et le pétrole, et jamais l'empire ne le tolérera. »
Lire l'article sur Jeuneafrique.com :

Abderrahmane Hadj-Nacer : "L'autorité n'a pas d'adresse" | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique



Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 23:34

M. Kamel Daoud,

vous avez écrit au Quotidien d’Oran on line, le 12-05-12 : « Du coup, on devine un peu le rire immense des hommes du régime et des seigneurs de ce pays, bombant le torse devant les seigneurs des autres pays arabes: «Les nôtres, nos serfs, on sait les traiter, leur faire peur, les faire asseoir et ils nous sont obéissants et cela marche, contrairement à ce qui se passe chez vous. »

Vous avez écrit ceci, en abusant bien entendu de votre situation de privilégié : journaliste à publication assurée. En plus vous l’avez écrit tout en abusant de l’incontestable sensunicalité de vos prétendues analyses.

Sachez qu’en agissant de la sorte, vous démontrez que vous n’êtes ni plus ni moins que l’un de ces mêmes Algériens que vos critiques ne cessent de fustiger à longueur de vos articles.

Toutefois, aujourd’hui vous auriez pu vous passer de cette rhétorique inutile qui pue la haine, ou plutôt une certaine rancune, et l’insulte.

Vous auriez dû la laisser aux idiots, aux ignorants, aux médiocres et autres lâches. Car vous, vous êtes plus grand pour vous abaisser à ces petitesses.

Vous êtes intelligent, certes, votre ironie fait rire et réfléchir d’accord, vous êtes, et vous vous estimez beau, adoré donc et peut-être aussi un peu dieu, c’est humain... mais de là à vous arroger le droit d’insulter une tranche non indifférente des Algériens (les 8/9 millions des votants) - dont certains sont pareils à vous, d’autres sont un peu mieux que vous et d’autres enfin sont un peu pire que vous - pour le seul motif qu’ils ne la pensent comme vous ; de là à vous permettre d’insulter ces Algériens pour le fait qu’ils ont accompli l’un de leurs devoirs de citoyens, c’est du manque de respect pour l’autre. Et c’est le moins que l’on puisse dire de vous.

C’est du chauvinisme, malheureusement pour vous d’abord et pour tous les Algériens et la race humaine, c’est une sorte de fanatisme qui n’est pas digne d’un intellectuel comme vous.

Ça ne fait pas honneur ni à votre journal ni à votre intelligence ni à votre cause (si vous en avez une) et pas même à votre jeunesse et beauté.

Je crois que ce qui vous a permis d’insulter les Algériens qui sont allés voter, procède de la même mentalité bien enracinée chez Berbericus, c’est-à-dire, comme vous l’avez dit vous-même dans votre article cité plus haut : Ou moi ou le chaos.

Est-ce de la faute de ces votants s’ils n’ont pas accepté de vous suivre ? Navré pour vous ! car aussi paradoxal soit-il même les moutons ont des règles et des choix.

Le jour où vous serez de ce point de vue assez différent de vos concitoyens les-votants, ce jour là, vous seriez crédible et vous sauriez peut-être enseigner la dignité et la civilité à ces crétins et barbares qui n’ont pas su se défendre des bourreaux qui les ont conduits aux urnes, comme on conduit un bétail à l’abattoir ou à la prairie.

Qui sait ? vous sauriez les convaincre aussi… après tout rien n’est donné pour définitif, meme si notre impatience nous pousse à croire le contraire.

Pour le moment, je crois que vous vous ressembliez, comme deux jumeaux monozygotes, aux dits « hommes du régime et des seigneurs de ce pays » et comme eux vous ne faites que bomber votre « torse devant les seigneurs des autres pays [pas exclusivement] arabes : Les nôtres, nos [bougnoules], on sait les traiter, leur faire [sentir la honte d’aller voter], les faire [taire] et ils [sont consentants] et cela marche, contrairement à ce qui se passe chez vous. »

Puisque c’en est ainsi de ceux qui ont choisi d’aller voter, eux au moins ils sont honnêtes et courageux puisqu’ils ont annoncé la couleur de leur position politique, que vous identifiez à la servitude, et dénoncé volendo nolendo ceux qui les asservissent.

Mais qu’en est-il de la couleur des gens comme vous ? quels sont vos maitres que vous ne pouvez voter ni osez dénoncer ?

Enfin votre gaffe M. l’unique illuminé, l’unique Algérien progressiste et courageux, votre gaffe est que, semble-t-il, vous êtes incapable de concevoir le monde politique que comme une cour peuplée de seigneurs et des serfs.

Personnellement j’aimerais bien voir où vous vous situerez… ou bien est-ce que et les gens de votre caste font exception ? ou bien appartiennent-ils à une autre espèce… supra-humaine ?!

Vous avez écrit ce que vous avez écrit parce que vous savez pertinemment que les Algériens ne possèdent pas encore le pouvoir ni peut-être l’envie (par indulgence) de vous attaquer en justice pour diffamation.

Et même s’il se trouve quelqu’un censé en avoir les moyens, vous avez déjà la réponse prête : la censure contre la liberté de la presse !

Jouissez donc de ce paravent mais sachez que les jours savent bien comment dénuder les rois, redimensionner les arrogants et confondre les mystificateurs.

Enfin, personnellement je ne vous demande pas, jamais( !), de vous excuser mais seulement d’apprendre à être intellectuellement honnête.

Et c’est ce qui manque terriblement à l’Algérien, et vous le savez bien autant que moi, autant que tout Algérien

Merci !

 

Abdelmalek Smari

 

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 01:13

Chers lecteurs, ne ratez pas le prochain post.

 

Abdelmalek Smari

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 20:19

Les chiens sont faits pour aboyer

et les méchants envieux aussi ;

les caravanes pour marcher

vivre et respirer la liberté

et l’Algérie aussi.

C’est la nature des chiens

et c’est aussi la nature de ces méchants

qui dans leur DNA ont inscrit le mal

absolu;

qui sont faits pour nuire aux autres

par envie par méchanceté

qui veulent que les Algériens

renoncent à leurs devoirs et à leurs droits

boycottent leurs élections législatives !

Ils veulent peut-être qu’on les délègue pour qu’ils votent à notre place ?

Quelle idée !

Qu’ils fassent une demande de nationalité

à la généreuse république algérienne

et ils auront et la nationalité et le droit de vote

en Algérie, et qu’ils se reposent,

qu’ils s’arrêtent d’aboyer inutilement

et de nous casser les tympans

et agacer notre sensibilité !

Mais les méchants, c’est leur nature,

sont stupides

et ils ont faim aussi de notre chair,

de notre terre,

et soif de nos larmes, de notre sang

et un peu( ?) – juste un peu ? – de notre pétrole.

Autrement, pourquoi se donneraient-ils tant de peine

à nous détourner de nos droits et devoirs,

de nous souhaiter la mort et le chaos ?

Mon pays n’a pas besoin des conseils de ces méchants.

Et moi non plus.

MOI J’IRAI VOTER le 10 MAI

J’IRAI au CONSULAT d’ALGERIE

à MILAN

en ITALIE.

Et là, bien entendu, je vais voter

avec joie,

je vais voter,

avec volupté,

et si ça ne suffit pas

avec orgasme.

Je vais dire OUI à un parti,

n’importe lequel,

pourvu qu’il ait la nationalité Algérienne,

pourvu qu’il accepte de vivre et mourir

pour ma terre, pour notre mémoire,

et, un peu aussi, pour ma dignité d’Algérien.

Ou dois-je attendre l’avis con

des NEOCOLONS

Ou le conseil de leurs exécrables serfs,

lesdits traitres ?!!

Qu’ils viennent donc les uns ou les autres

Ou même ensemble

- ceux qui veulent décider pour moi -

me barrer la route

s’ils sont vraiment des hommes !

Les Algériennes et les Algériens ne vous écouteront pas

Oh méchants qui êtes à la solde de votre égoïsme,

Oh vermine ! Oh parasites !

Les Algériens iront plutôt remplir leur devoir de citoyens libres

et le monde découvrira – si besoin en est –

que l’Algérien est mûr, majeur, vacciné.

Il y va de sa dignité et de notre existence même.

 

Abdelmalek Smari

Par Malik - Publié dans : rencontres algériennes - Communauté : Points d'appui
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